Pour le test terrain du nouveau Sony A7R II, nous avons demandé au photographe Lénaïc Sanz de prendre en main le boîtier sur une journée de test. Un temps trop court pour fouiller dans tous les menus et utiliser toutes les fonctionnalités du COI 24x36 de Sony, mais l'occasion idéale de tester le boîtier dans des conditions réelles. Vous pouvez visualiser les images en pleine définition en cliquant sur les vignettes.

Site internet de Lenaic Sanz, accueil, capture d'écran

Focus Numérique – Depuis quand exerces-tu le métier de photographe ?

Lénaïc Sanz – Je suis un "jeune" photographe : j'exerce cette profession depuis 2011 seulement. Je pratiquais la photographie de manière occasionnelle, au début, puis elle a pris de plus en plus d'importance. Avant, j'étais professeur d'histoire-géographie et j'ai enseigné à l'étranger dans des lycées français.

Focus Numérique – Comment es-tu devenu photographe finalement ?

Lénaïc Sanz – J'étais au Chili et je suis tombé gravement malade là-bas ; je suis revenu en France, ce qui m'a permis de prendre un peu de recul et j'ai simplement eu envie de faire de la photo. J'ai acheté un [Canon] 500D et quelques mois après, j'ai craqué pour un 5D Mark II ! J'avais soif de connaissance et ce boîtier m’a permis de progresser rapidement. En ce moment, je découvre l'argentique. J'ai depuis quelques semaines un Hasselblad 500 et je n'y connais rien, tout est nouveau pour moi. L'idée est de pouvoir mélanger les rendus argentique et numérique. J'ai eu l'impression d'aller trop vite avec le numérique, j'ai besoin de revoir les bases avec l'argentique et de découvrir de nouvelles techniques, car j'ai sans doute des lacunes.

Sony A7R 2 (Alpha 7R 2), test terrain par Lénaïc Sanz, image d'exemple
Crédit photo : Lénaïc Sanz.

Focus Numérique – Quels sont tes domaines d'activité ?

Lénaïc Sanz – Je fais beaucoup de packshots en ce moment, de plus en plus de mariages, aussi, et je suis en train de passer la certification Business View [NDLR : via Google ; le nom devrait changer dans les mois à venir] pour réaliser des visites virtuelles. Je fais également du portrait et de la photo de mode, notamment pour des magazines étrangers. C'est toujours compliqué de définir son style d'image, mais je suis à la recherche d'un certain esthétisme. J'aime bien Tim Walker ou Paolo Reversi pour la lumière.

Focus Numérique – Alors, quels sont tes premiers sentiments vis-à-vis du Sony A7R II ?

Lénaïc Sanz – Sa prise en main est agréable. C'est un petit boîtier. J'ai déjà essayé un boîtier plus petit, le X-T1 de Fujifilm. Je suis habitué à travailler avec un 5D Mark II, et la différence est importante. L'A7R II est léger et compact. Mais j'avoue que ce n'est pas un critère très important. Je suis habitué à transporter beaucoup de matériel. Pour travailler, j'aime avoir un boîtier que j'ai bien en main. Pour de la photo sur le vif, dans la rue, il est vrai que l'A7R II est sans doute intéressant.

Par contre, je ne trouve pas le boîtier très intuitif. Je suis habitué au Canon, du coup je n'ai pas forcément trouvé tout de suite mes repères. Il y a beaucoup trop de commandes et de boutons. Je n'ai pas eu le temps de configurer l'appareil, mais je n’en ai pas forcément besoin. Je déclenche le plus souvent en manuel alors pour moi, l'important c'est l'ouverture, la vitesse et la sensibilité ISO.

Sony A7R 2 (Alpha 7R 2), test terrain par Lénaïc Sanz, image d'exemple
Crédit photo : Lénaïc Sanz.

La molette de correction d'exposition, par exemple, ne me sert à rien. Je ne l'utilise pas. Du coup, pour moi, c'est de la place perdue. J'aurais largement préféré une molette ISO. Mais c'est un choix personnel. Les menus sont également très denses, longs, et mélangent photo et vidéo. Au bout de quelques minutes, j'ai abandonné. J'ai pourtant un petit côté geek, mais là, il y a trop de possibilités.

Par défaut, le viseur est impressionnant, mais j'ai l'impression d'être dans un simulateur de vol, et encore : j'ai vu qu'on pouvait afficher un niveau électronique et plusieurs grilles de visée ! C'est impressionnant, mais je sais qu'il est possible d'afficher plus ou moins d'options, car il faut pouvoir se focaliser sur le sujet. Au final, j'ai trouvé ce viseur plutôt agréable. Je n'accorde pas d'importance au niveau électronique, car finalement, j'aime bien les photos pas trop "carrées" et le décalage peut se corriger très facilement avec un logiciel.

Pour moi, le plus problématique est sans doute la sélection de la zone autofocus. Sur le Canon, je peux changer le point AF directement avec le joypad à l'arrière. Ici, j'ai eu du mal à trouver comment faire ; il faut rentrer dans le mode autofocus puis déplacer le point. Il est sans doute possible de configurer cette option pour y accéder directement, mais je pense qu'elle devrait être accessible beaucoup plus facilement. Pour moi, c'est un vrai défaut.

Sony A7R 2 (Alpha 7R 2), test terrain par Lénaïc Sanz, image d'exemple
Crédit photo : Lénaïc Sanz.

Focus Numérique – Au niveau du rendu des images ?

Lénaïc Sanz – Pour la gestion du bruit électronique, je ne suis pas monté trop haut et franchement, le rendu est parfait. Pour les couleurs, j'ai été assez séduit : justement, je n'ai pas noté de dérive colorimétrique dans les hautes sensibilités. Globalement, le rendu des images est vraiment intéressant. Je suis plutôt agréablement surpris. J'ai pu essayer le 55 mm f/1,8 et le 135 mm f/1,8 [en monture Alpha, NDLR] et j'ai bien aimé le bokeh et le rendu des détails.

De plus, l'autofocus fonctionne vraiment bien. C'est rapide. Même avec le 135 mm f/1,8 avec la bague d'adaptation, c'est plus rapide qu'avec mon 85 mm f/1,2 Canon par exemple.

Focus Numérique – As-tu remarqué que le boîtier est stabilisé ?

Lénaïc Sanz – Non, je ne savais pas, mais j'étais étonné par certaines photos que j'ai réalisées au 1/20 s. Je comprends mieux maintenant ! C'est effectivement très pratique, car habituellement, avec ces réglages, j'ai des photos floues.

Sony A7R 2 (Alpha 7R 2), test terrain par Lénaïc Sanz, image d'exemple
Crédit photo : Lénaïc Sanz.

Focus Numérique – Et 42 Mpx, est-ce important pour toi ?

Lénaïc Sanz – Pas forcément. Pour ouvrir les fichiers bruts, j'ai utilisé Lightroom et Photoshop et j'ai été surpris par la réactivité des logiciels. J'ai travaillé avec un dos à 60 Mpx et mon ordinateur avait du mal à digérer les fichiers. Ici, je n'ai pas eu de réels problèmes pour la retouche. D'un autre côté, je n'ai pas été impressionné par la haute définition des images, mais c'est confortable. Pour l'instant, je n'ai pas vraiment de demandes pour de "gros" fichiers et la majorité des images que je livre en TIFF finissent en JPEG de 900 pixels de large. Pour les mariages, je n'ai pas ce type de demande et il faut pouvoir traiter rapidement des images.

Focus Numérique – Selon toi, que manque-t-il à l'A7R II ?

Lénaïc Sanz – J'aime bien les écrans LCD de contrôle sur le dessus des boîtiers pour vérifier rapidement les paramètres de prise de vue.

Sony A7R 2 (Alpha 7R 2), test terrain par Lénaïc Sanz, image d'exemple
Crédit photo : Lénaïc Sanz.

> Le site de Lénaïc Sanz

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