Pour notre test, la scène est éclairée sous environ 250 lux. Notre appareil étalon est le Canon 5D Mark III qui, pour un gris neutre 18 %, requiert le couple f/5,6 - 1/8 s à une sensibilité de 200 ISO. Le Sony Alpha 7R II est également calé pour exposer correctement un gris 18 % avec une sensibilité de 100 ISO et une ouverture de f/5,6. Nous faisons alors varier la vitesse et la sensibilité ISO. Les images sont visibles à 100 % (JPEG) et vous pouvez télécharger les fichiers bruts (ARW). Le boîtier est configuré par défaut, notamment pour ce qui est de rédaction du bruit électronique.

Les JPEG

Après Canon et son capteur CMOS 24x36 de 50 Mpx, c'est au tour de Sony de dégainer son modèle très haute définition. Mais le constructeur nippon nous a réservé une surprise de taille : en plus d'une définition supérieure de 42,4 Mpx (contre 36 Mpx sur les précédents modèles), le nouveau CMOS dispose de la technologie BSI (Back Side Illuminated), c'est-à-dire qu'il est rétroéclairé.

Ce système de fabrication de capteur, qui date de 2008, est d'abord apparu en petit format sur les compacts, car il permet de collecter plus de lumière. Il s'est généralisé sur de plus grands modèles (1") avec le Sony RX100 Mark II (2013) pour être enfin adapté au 24x36 avec l'A7R II. Notez qu'il n'existe pas de modèle APS-C BSI chez Sony ; que pour l'instant, seul Samsung propose cette technologie sur un capteur de 28 Mpx au format APS-C avec le NX1.

Un capteur rétroéclairé en 24x36, voilà qui est diablement alléchant ! Il sera intéressant de comparer les images de ce nouveau capteur avec les clichés du Sony A7S qui était jusqu'à présent le boîtier le plus sensible avec son imageur 24x36 à "seulement" 12 Mpx.

Sony Alpha 7R 2 (A7R 2) test review taille de capteur
Comparaison des tailles (agrandies 4x) de différents capteurs.

Comme pratiquement tous les boîtiers équipés d'un capteur 24x36, les images visualisées sur écran à 100 % sont excellentes de 50 à 800 ISO ; même à 1 600 ISO, le grain est difficilement perceptible et il faut examiner les aplats à la loupe pour deviner les premières granulations. Cette plage est donc parfaitement exploitable, ce qui offre déjà une belle polyvalence. Vous noterez toutefois quelques variations d'exposition, l'image à 1 600 ISO devenant un peu plus dense.

Le premier saut qualitatif est décelable à 3 200 ISO. Le grain est visible sur les aplats colorés, mais il reste fin et peu coloré. Le traitement des parasites est bien assuré, et seul le bruit de luminance est visible. La dynamique reste encore très agréable avec des nuances bien visibles dans les zones denses et les hautes lumières. Le niveau de détail reste impressionnant et seules certaines textures (notamment la toile du livre) semblent poser problème aux algorithmes de traitement du bruit électronique. Le cliché se densifie un peu plus.

Dès 6 400 ISO, le moutonnement devient plus présent dans les zones denses et la dynamique baisse un peu : les images sombres perdent en délicatesse et les noirs deviennent très denses et moins subtils. En revanche, toutes les images sont facilement exploitables pour des travaux courants, car les détails sont encore nombreux et la haute définition permet de travailler les images sans "tirer sur les pixels".

Les sensibilités supérieures sont plus problématiques. Le bruit envahit peu à peu toutes les nuances des images, les détails fondent sous l'action cumulée du lissage et du moutonnement, les couleurs deviennent un peu moins franches et, globalement, les images perdent en tonicité. On pourra toutefois les utiliser pour un affichage sur écran ou un tirage A4.

Une baisse de qualité se manifeste à 12 800 ISO, mais le niveau est encore très bon. Le rendu colorimétrique amorce un affadissement et le grain devient plus grossier avec un aspect "électronique" trop carré et peu esthétique. Le niveau de détail reste cependant impressionnant pour une telle sensibilité ISO et, pour des tirages raisonnables, cette valeur est encore utilisable.

On pourra pousser à 25 600 ISO, mais les images deviennent un peu ternes avec des couleurs plus grisées. La dynamique baisse encore d'un bon cran, mais pour des petits tirages et avec un passage en noir & blanc, c'est encore exploitable.

Les deux sensibilités supérieures "étendues" le sont un peu moins. Le grain devient vraiment gros et vient diluer les détails des images, la dynamique baisse. Ce sont des valeurs de secours, mais l'A7R II en est capable.

Sony A7R II : Réduction du bruit standard 50-400 ISO
Sony A7R II : Réduction du bruit standard 800-102400 ISO

Vous pouvez également télécharger les fichiers Raw (50-100-200-400-800-1600-3200-6400-12800-25600-51200-102400 ISO)


Comparaison à tirage équivalent

Nous avons choisi de confronter le Sony A7R II à quelques boîtiers emblématiques actuels, tels le Nikon D810 (24x36 à 36 Mpx), l'A7S de Sony (24x36, 12 Mpx) et le Canon 5Ds (24x36 à 50 Mpx). Nous avons donc 3 boîtiers à plus de 30 Mpx et un capteur peu défini, mais théoriquement plus sensible.

Nous comparons naturellement les boîtiers à "tirage équivalent". Nous avons "normalisé" les images pour un tirage 40 x 60 cm en 180 dpi, soit une définition de 12 Mpx environ. Les images sont réalisées à 6 400 ISO avec ci-dessous des détails à 100 %.

Attention, les boîtiers ne sont pas équipés d'optiques équivalentes, le piqué initial n'est donc pas le même. Il faut essayer de comparer uniquement le niveau de bruit électronique... Pas si simple.

À 6 400 ISO, il n'est pas aisé de désigner un vainqueur : tous les protagonistes délivrent des images de qualité correcte. Il est intéressant de noter que le capteur à 12 Mpx de l'A7S offre effectivement un niveau de bruit très bas, avec une belle modulation dans les rendus des valeurs, mais il est pénalisé par un rendu des détails moindres par rapport aux capteurs à plus de 30 Mpx. Le Nikon D810 est en retrait par rapport aux deux autres boîtiers : le grain est plus visible et le rendu, moins précis. Au final, c'est le nouveau Sony A7R II et son capteur BSI qui remporte ce comparatif. Les progrès réalisés par Sony dans la gestion du bruit électronique lors de la création des fichiers JPEG sont vraiment impressionnants.

Oscilloscope

Passons certaines images de l'A7R II de Sony sous l'œil de l'oscilloscope pour un avis plus "mathématique".

Notre outil confirme notre perception visuelle : les images sont vraiment excellentes jusqu'à 1 600 ISO avec une dégradation bien visible à 6 400 ISO. Les images sont assez facilement exploitables jusqu'à 12 800 ISO, mais la granulation est déjà très présente dans les aplats denses. Au-delà, le bruit vient consteller nos zones de gros avec un moutonnement vraiment perceptible qui dilue les plus fins détails des images.

Sony Alpha 7R 2 (A7R 2) test review bruit électronique sur gris 100 ISO
Sony A7R II – 100 ISO
Sony Alpha 7R 2 (A7R 2) test review bruit gamme gris graphique 100 ISO
Sony Alpha 7R 2 (A7R 2) test review bruit électronique sur gris 1600 ISO
Sony A7R II – 1 600 ISO
Sony Alpha 7R 2 (A7R 2) test review bruit gamme gris graphique 1600 ISO
Sony Alpha 7R 2 (A7R 2) test review bruit gamme gris 6400 ISO
Sony A7R II – 6 400 ISO
Sony Alpha 7R 2 (A7R 2) test review bruit gamme gris graphique 6400 ISO
Sony Alpha 7R 2 (A7R 2) test review bruit gamme gris 12800 ISO
Sony A7R II – 12 800 ISO
Sony Alpha 7R 2 (A7R 2) test review bruit gamme gris graphique 12800 ISO

Les fichiers bruts

Nous mesurons également le bruit de fond du capteur en reconduisant le protocole de test précédent, mais dans le noir complet avec un bouchon sur l'objectif.

Le graphique ci-dessous représente la déviation standard (donc le bruit) pour les différents pixels colorés : rouges, verts, bleus, et verts. Pour simplifier les résultats, nous n'affichons ici les résultats que pour une des séries des pixels verts.

Ce graphique est un peu surprenant, avec un bruit en léger recul à 800 ISO et un plateau à 25 600 ISO. Il est probable qu'un traitement du signal soit appliqué dans les fichiers bruts — Sony est d'ailleurs coutumier du fait.

Sony Alpha 7R 2 (A7R 2) bruit électronique fichiers bruts ARW

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