fujifilm xt10

Le Fujifilm X-T10, nouveau prodige selon la marque, rejoint la série X et fait son entrée sur le marché très concurrentiel des hybrides. C'est vrai qu'il est doué ce petit frère du X-T1 ! Pour ce dernier, appareil haut de gamme de la marque, il ne reste sur le papier que la tropicalisation, une définition d'écran supérieure, un viseur plus large et une ergonomie plus appropriée à un usage professionnel.

Bien que positionné à un tarif relativement attractif de 699 euros en kit avec le zoom 16-50 mm f/3,5-5,6, le X-T10 est richement doté. Outre son capteur APS-C X-Trans CMOS II d'une résolution de 16,3 Mpx, dépourvu de filtre passe-bas et à la sensibilité maximale de 51 200 ISO — uniquement en JPEG —, le X-T10 égrène des caractéristiques très honorables pour le public visé : châssis en aluminium, écran de 940 000 points pour une diagonale de 3 pouces (7,6 cm) et monté sur charnière, viseur électronique OLED de 2 360 000 points et, cerise sur le gâteau, un nouveau système d'autofocus à corrélation de phase comportant 49 collimateurs, extensible à 77 zones en mode Wide/Tracking et capable d'un suivi du sujet en 3D. 

Sur le terrain, l'autofocus sort gagnant de nos différents tests. Il y a peu de déchets et un sujet en mouvement aura toutes les chances d'être net — qu'il se déplace horizontalement ou face à vous. Certes, la mise au point n'est pas des plus rapides mais on apprécie les efforts réalisés par la marque. En revanche on reste déçus par la rafale qui ne pointe qu'à 5,6 images par seconde sur 12 vues avec le suivi 3D. Sans suivi autofocus on arrive presque aux 8 images par seconde annoncées par Fujifilm, mais sur seulement 12 vues là aussi. Ensuite, la cadence s'écroule pour atteindre une vitesse de croisière de seulement 2 images par seconde.

Autre défaut agaçant, l'autofocus pompe sans arrêt en mode continu, même lorsque le sujet ne bouge pas. Un point qui n'empêche pas le X-T10 d'obtenir une image nette mais qui reste déroutant lorsque l'on traque sa cible.

Au rayon des doléances on remarquera surtout que le Fuji X-T10 présente quelques loups ergonomiques. Certes sa silhouette est particulièrement attractive et son dessin inspiré du grand frère X-T1 a de quoi séduire, mais la disposition de ses molettes de réglages et leur trop grande mollesse nuisent à leur utilisation. De la même façon, le bouton de déclenchement de la vidéo est mal placé et difficilement utilisable. En outre, la molette de motorisation placée sur l'épaule gauche du boîtier présente quelques pictogrammes obscurs, tels que les ADV1 et ADV2. Ces modes obligent d'ailleurs à configurer une touche de fonction pour utiliser les différents filtres artistiques. Enfin, on regrettera que l'écran ne soit toujours pas tactile, et que le dégagement oculaire soit trop faible. En dépit de ces aspects négatifs on reste très satisfaits par la qualité d'image, laquelle se situe parmi ce qui se fait de mieux dans la catégorie des capteurs APS-C. Le traitement JPEG est vraiment intéressant, tant aux niveaux du rendu des couleurs et de la dynamique que du traitement en hautes sensibilités... Du moins jusqu'à 3 200 ISO par défaut. Au-delà il sera préférable de totalement désactiver la réduction du bruit au risque d'un trop fort lissage. Il n'est malheureusement toujours pas possible de travailler au dessus de 6 400 ISO en RAW. Pour les amateurs d'images animées, le X-T10 propose la meilleure qualité d'image de la série X avec une exposition réglable manuellement.

Au final, ce Fujifilm X-T10 est agréable à utiliser et nous nous réjouissons de l'évolution de l'autofocus. On notera aussi que les objectifs de kit que nous avons utilisés — le 16-50 mm f/3,5-5,6 et 50-230 mm f/3,5-5.6 — sont très satisfaisants et offrent un piqué de bon aloi, en dépit d'un manque de luminosité. C'est donc sans grande hésitation que l'on recommande le X-T10, à la fois aux amateurs avancés qui désirent s'équiper d'un deuxième boitier et au grand public qui souhaite s'initier au plaisir photographique d'un grand capteur. Cet appareil est cependant à prendre en main avant une possible acquisition, les grandes paluches risquent en effet de se sentir un peu à l'étroit.

Points forts

Points faibles

Deux molettes cliquables

Molettes beaucoup trop molles

Possibilité de filmer en mode M

Autonomie de la batterie vraiment limitée

Autofocus avec suivi de sujet performant

Ecran LCD trop brillant et non tactile

Excellente gestion du bruit électronique jusqu'à 3 200 ISO

Menus compliqués

Viseur électronique intégré de qualité

Pas de sortie casque. Entrée micro stéréo en 2,5 mm (et non 3,5 mm, plus standard)

Ecran LCD monté sur charnière

Niveau électronique sur un seul axe

Flash d'appoint intégré

Pas de vidéo 4K

Parc optique de qualité

Format RAW (RAF) propriétaire

Connexion Wi-Fi pour un pilotage distant sans fil

Mode autofocus continu avec suivi 3D qui pompe fortement

Stigmomètre électronique pour faciliter la mise au point manuelle (possibilité d'avoir du focus peaking)

Bracketing d'exposition sur 3 vues uniquement (paliers de 1IL)

Rafale à 5,6 ips avec suivi autofocus sur 12 vues

 

Face à la concurence

Sony Alpha 6000

sony A6000


Le Sony A6000 est un très sérieux concurrent du Fujifilm X-T10. Intégrant un capteur APS-C de 24 Mpx, il s'avère tout aussi compact et doté d'atouts importants : un menu mieux organisé, un mode rafale à 11 i/s, un système autofocus à 179 points avec détection du sujet, un système panoramique par balayage, un mode vidéo en HDTV 1080p 60 ips plus précis. En outre, le parc optique de Sony en monture E devient réellement intéressant, avec plus de 20 modèles différents actuellement disponibles.

De son côté, le Fuji propose un zoom de kit beaucoup plus performant que le modèle de Sony, ainsi qu'un look plus séduisant pour les nostalgiques du design argentique. Le suivi 3D de l'autofocus assure une meilleure régularité en dépit d'une rafale à la traîne une fois les 12 premières vues passées.

> Test Sony A6000

Olympus OM-D E-M10
tamron 24-70 mm f/2,8


Le compact à objectifs interchangeables d'Olympus est séduisant à plusieurs titres. Il dispose d'un viseur électronique intégré, d'un système de stabilisation par déplacement du capteur — qui fonctionne avec toutes les optiques — et d'un écran orientable et tactile. L'autofocus est très rapide, même en basse lumière, et les filtres créatifs sont vraiment alléchants. En outre, l'OM-D E-M10 bénéficie d'un parc optique conséquent avec plus de 40 modèles.

Bien que n'étant pas la référence du genre, les menus du X-T10 sont un peu mieux pensé que ceux de l'Olympus et son capteur X-Trans délivrera des images beaucoup plus agréables, surtout en hautes sensibilité.

> Test Olympus OM-D E-M10

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