Le Sony Cyber-shot RX100 IV est une exception sur le marché et la série des RX100 est l'un des plus grands succès photographiques de Sony. Cette quatrième itération peut-elle s'inscrire dans la même veine ?

Sur le papier, le Sony RX100 IV intègre quasiment tout ce que la plupart des photographes désirent... et bien plus encore. Jugez plutôt : viseur électronique rétractable, flash intégré, zoom 24-70 mm f/1,8-2,8, capteur 1" de 20 Mpx, stabilisation optique, Wi-Fi, rafale montant à 16 images par seconde (i/s), écran orientable, vidéo 4K et modes de vidéo ralentis jusqu'à 1 000 i/s !

Sony Cybershot RX100 4 test review vue de face

Inutile d'énumérer davantage la liste des fonctions présentent sur cette quatrième version du RX100 : il sait tout faire. Oui, tout, car si quelque chose vous manque, vous pouvez passer par la liste des applications Sony et jouer avec le time-lapse, l'exposition multiple ou encore la décomposition d'image en mouvement !

Du coup, on s'amuse à imaginer la brièveté de la réunion des ingénieurs de la marque pour la conceptualisation de ce RX100 IV :
– Chef, qu'est ce qu'on ajoute à cette nouvelle mouture ?
– Tout.
– Êtes-vous bien sûr, chef ?
– Absolument, j'ai dit tout.

Ainsi, il sera beaucoup plus efficace d'énumérer ce qu'il n'a pas : il n'a ni écran tactile, ni GPS, ni touches rétroéclairées, ni entrée micro, ni sortie casque. Théoriquement, cette liste pourrait s'arrêter ici, mais dans la pratique, un appareil photo n'est pas uniquement un objet bardé de gadgets et de fonctionnalités. Il faut déjà que la magie opère et qu'il séduise son propriétaire, et surtout qu'il soit efficace sur le terrain.

Prise en main

Capteur 1" Exmor RS

À première vue, difficile de distinguer le RX100 IV de son prédécesseur le RX100 III. Pourtant, un bond technologique les sépare : le Mk IV embarque un nouveau capteur 1" appelé Exmor RS. Le S fait référence à "Stacked", une nouvelle technologie mise au point par Sony en 2012 pour sa gamme de téléphones.

L'idée est d’intégrer sous la couche photosensible une couche électronique contenant de la mémoire et des puces de traitement des données, afin d'accélérer les processus liés à la captation d'une image.  C'est grâce à cette couche que le nouvel RX100 est capable de traiter de la vidéo 4K XAVC-S avec un débit de 100 Mbits par seconde, de la vidéo très haute vitesse en haute définition (250, 500 et 1 000 i/s) ainsi qu'une rafale capable de pointer à 16 i/s.

Néanmoins, le capteur en lui-même reste un Exmor R rétroéclairé (BSI) dont la définition stagne à 20 Mpx, ce qui est a priori déjà bien suffisant et permet de contenir le bruit en haute sensibilité. La densité de pixels ne bouge pas, et nos tests en laboratoire ont montré que le traitement du signal entre les deux dernières itérations du RX100 ne variait presque pas.

Un boîtier qui ne se laisse pas facilement apprivoiser

Si nous étions charmés par les précédentes versions du RX100, nous sommes un peu déçus de ne pas le voir évoluer esthétiquement. Il eût été intéressant par exemple que le design intègre un renfoncement un peu plus prononcé pour le pouce, ou qu'une mini-poignée intégrée face son apparition de façon à ce que le majeur, qui trouve naturellement appui sur le devant du boîtier, ne glisse pas aussi facilement.

Sony Cybershot RX100 4 test review vue de dos

Par ailleurs, les reproches ergonomiques faits au Mk III n'ont pas été corrigés. Ainsi, le nouveau venu n'intègre toujours pas de griffe porte-accessoire et, surtout, ce viseur intégré fini par être agaçant : une fois éjecté grâce au levier situé sur la tranche gauche, il faut finir de le positionner à la main en le tirant vers soi. Un geste facile, qui pourtant lasse au bout d'un temps. Malheureusement aussi, les porteurs de lunettes pâtiront d'un dégagement oculaire assez faible ; de plus, il y a de grandes chances que le bord supérieur de votre monture tape dedans et le fasse se rétracter... ce qui fausse la dioptrie et donne une image toute floue dans le viseur. Un défaut énervant, qui empêche de profiter pleinement de la hausse de définition de la dalle Oled passant à 2,35 millions de points.

Notons néanmoins que l'un des défauts du RX100 III était qu'il s'éteignait lorsque l'on rangeait le viseur. Ce loup est enfin corrigé, puisqu'une option offre la possibilité de ne pas commuter l'appareil avec le viseur.

Interface

La disposition des touches ne change pas et on retrouve exactement les mêmes fonctions de personnalisation que sur le RX100 III. Il est possible de paramétrer la touche Fn, C (pour "Customize"), le trèfle de sélection ainsi que la roue qui encercle l'objectif. Vous pourrez donc par exemple lui demander de contrôler la sensibilité ou l'ouverture du diaphragme, comme sur un objectif à "l'ancienne", mais l'absence de crantage rend la manipulation un peu déroutante. On passe toujours un peu trop rapidement sur la valeur désirée.

L'écran monté sur charnière reste identique, avec 7,5 cm de diagonale pour 1 228 000 points, et le système de double charnière autorise un angle de 180° vers le haut et 45° vers le bas. C'est bien, mais habitués que nous sommes à nos smartphones, on tapote désespérément dessus pour valider une option ou prendre une photo, en vain : le tactile n'est toujours pas de la partie. L'interface n'évolue pas non plus. Au contraire même : en comptant les possibilités de réglages de la vidéo, elle se densifie et devient désormais trop complexe.

Sony Cybershot RX100 4 test review menus

Si pendant de longues années, les menus Sony étaient souvent cités en référence, avec notamment une classification des fonctions par onglets et un ordonnancement cohérent, il n'en est plus tout à fait de même avec le RX100 IV.

Les réglages sont très nombreux, l'aide contextuelle, quasi inexistante, certaines options restent obscures, comme le réglage de la "qualité d'affichage" (pourquoi ne voudrais-je pas que la qualité soit "élevée" simplement ?) et pire encore, trop disséminés : on passe d'un réglage concernant la photo à la vidéo, puis de nouveau à la photo pour enfin retourner à la vidéo sans trop comprendre la logique. Et nous vous épargnons pour l'instant les réglages de profil d'image personnalisable (de PP1 à PP6), éminemment intéressants mais la moindre aide disponible.

À sa sortie, nous avions un peu de mal à définir le placement marketing du RX100. Compact pour amateurs éclairés, sa qualité d'image avait largement de quoi satisfaire les experts, voire les professionnels. Aujourd'hui, le RX100 IV a un positionnement tout à fait différent. Si sa très large palette de fonctionnalités lui permet de toucher tous les publics, la densité de son interface et ses très nombreuses options de personnalisation le destinent à un public averti ou professionnel qui seul saura tirer la quintessence de ce bijou de technologie.

Mise en route 

À l'allumage, le RX100 IV est un peu lent. Il faut compter un peu plus de 1,5 seconde pour que le zoom 24-70 mm f/1,8-2,8 se déploie, et plus de 2,5 secondes pour pouvoir enregistrer la première photo.

En revanche, une fois le boîtier allumé, sa vélocité est excellente. Il faut à peine 0,3 seconde pour faire le point et déclencher, quelles que soient les conditions lumineuses, et à peine 0,2 seconde entre deux images.

La nouvelle architecture du capteur Exmor RS promet une rafale pouvant atteindre 16 i/s, mais il faudra activer l'obturateur électronique et couper l'autofocus continu, l'exposition étant bloquée sur la première image. Dans les mêmes conditions avec l'obturateur mécanique, on arrive à une rafale à 10 i/s et on chute respectivement à 6 i/s avec l'AF continu activé et l'obturateur électronique enclenché et 2,5 i/s en obturation mécanique.

Qualité d'image : test terrain

Le couple objectif lumineux / capteur 1 pouce fait bon ménage et la qualité des images délivrées par le RX100 IV est excellente dans la plupart des circonstances.

Côté optique, on retrouve les mêmes caractéristiques que sur la version précédente, avec un excellent piqué au centre dès la pleine ouverture, du grand-angle 24 mm jusqu'au 35 mm, mais une faiblesse assez marquée sur les bords jusqu'à f/4. À fond de zoom, l'ensemble paraît homogène à la pleine ouverture f/2,8, mais le piqué décroît rapidement. On pourra d'ailleurs se référer au test optique du RX100 III pour plus de détails.

Sur le terrain, on retrouve ces caractéristiques avec une acutance élevée au grand-angle dès la pleine ouverture, mais des bords un peu mous.

Marque : SONY
Modèle : DSC-RX100M4
Vitesse : 1/500 s, ouverture : f/2.8
Sensibilité : 400 ISO
Focale : 8.8 mm, décalage expo : 0 IL

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Marque : SONY
Modèle : DSC-RX100M4
Vitesse : 1/125 s, ouverture : f/1.8
Sensibilité : 125 ISO
Focale : 8.8 mm, décalage expo : 0 IL

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Sur les scènes à forts contrastes, des aberrations chromatiques sont bien présentes, mais restent contenues.

Marque : SONY
Modèle : DSC-RX100M4
Vitesse : 1/400 s, ouverture : f/5.6
Sensibilité : 400 ISO
Focale : 8.85 mm, décalage expo : 0 IL

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Au grand-angle et à la pleine ouverture, le vignetage est peu visible.

Marque : SONY
Modèle : DSC-RX100M4
Vitesse : 1/500 s, ouverture : f/1.8
Sensibilité : 125 ISO
Focale : 8.8 mm, décalage expo : 0 IL

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En fermant le diaphragme, la sensation de netteté est remarquable et l'image devient plus homogène.

Marque : SONY
Modèle : DSC-RX100M4
Vitesse : 1/160 s, ouverture : f/8.0
Sensibilité : 800 ISO
Focale : 8.82 mm, décalage expo : 0 IL

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Marque : SONY
Modèle : DSC-RX100M4
Vitesse : 1/125 s, ouverture : f/4.0
Sensibilité : 125 ISO
Focale : 8.82 mm, décalage expo : 0 IL

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Sur les focales intermédiaires, l'image délivre un bon niveau de détails, mais il faut fermer le diaphragme pour accroître la netteté des bords.

Marque : SONY
Modèle : DSC-RX100M4
Vitesse : 1/500 s, ouverture : f/2.8
Sensibilité : 4000 ISO
Focale : 25.7 mm, décalage expo : 0 IL

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Marque : SONY
Modèle : DSC-RX100M4
Vitesse : 1/500 s, ouverture : f/4.0
Sensibilité : 1600 ISO
Focale : 13.34 mm, décalage expo : 0 IL

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Grâce au capteur de 1 pouce, au 70 mm, et à la pleine ouverture on pourra jouer avec le flou d'arrière-plan, mais le bokeh est assez nerveux. En fermant le diaphragme, le centre de l'image produit est d'excellente facture.

Marque : SONY
Modèle : DSC-RX100M4
Vitesse : 1/200 s, ouverture : f/4.5
Sensibilité : 125 ISO
Focale : 25.7 mm, décalage expo : 0 IL

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Marque : SONY
Modèle : DSC-RX100M4
Vitesse : 1/160 s, ouverture : f/2.8
Sensibilité : 125 ISO
Focale : 14.9 mm, décalage expo : 0 IL

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En dépit d'une nouvelle architecture, le capteur Exmor RS ne peut faire de miracle face à sa propre densité de pixels. Si les images délivrées par le RX100 IV sont remarquables jusqu'à 800 ISO, les hautes sensibilités restent un terrain sur lequel il faudra rester prudent. Le bruit commence à faire une apparition marquée à 1 600 ISO, même s'il n'est pas dérangeant. Au contraire, il donne même à l'image un côté texturé qui n'est pas désagréable.

Marque : SONY
Modèle : DSC-RX100M4
Vitesse : 1/60 s, ouverture : f/2.8
Sensibilité : 800 ISO
Focale : 8.8 mm, décalage expo : 0 IL

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Marque : SONY
Modèle : DSC-RX100M4
Vitesse : 1/15 s, ouverture : f/2.8
Sensibilité : 800 ISO
Focale : 25.7 mm, décalage expo : 0 IL

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Marque : SONY
Modèle : DSC-RX100M4
Vitesse : 1/60 s, ouverture : f/2.8
Sensibilité : 1600 ISO
Focale : 20.25 mm, décalage expo : 0 IL

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Passé ce stade en revanche, à 3 200 ISO, les détails commencent à être grignotés par le bruit numérique. Le lissage perturbe la sensation de netteté pourtant flatteuse dans les basses sensibilités et les couleurs deviennent un peu plus ternes. Selon nous, 3 200 ISO est la sensibilité à ne pas dépasser si vous souhaitez garder une image encore "propre". Notez aussi que le RAW permet de travailler sur le bruit coloré et qu'à condition d'apprécier les images granuleuses, cette sensibilité s'en tire honorablement dans le format brut.

Marque : SONY
Modèle : DSC-RX100M4
Vitesse : 1/60 s, ouverture : f/2.8
Sensibilité : 3200 ISO
Focale : 18.7 mm, décalage expo : 0 IL

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Marque : SONY
Modèle : DSC-RX100M4
Vitesse : 1/80 s, ouverture : f/2.8
Sensibilité : 3200 ISO
Focale : 21.79 mm, décalage expo : 0 IL

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Marque : SONY
Modèle : DSC-RX100M4
Vitesse : 1/80 s, ouverture : f/2.8
Sensibilité : 4000 ISO
Focale : 18.7 mm, décalage expo : 0 IL

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Au-delà, cela se complique. À 6 400 ISO, le bruit numérique parasite l'image et une foultitude de pixels aberrants fait son apparition. Les fins détails sont dilués par la granulation excessive et il devient difficile de lire l'image. Évidemment, pour une vignette web, cela passera sans problème, mais en fonction de votre niveau d'exigence, il faudra renoncer au tirage grand format. 

Marque : SONY
Modèle : DSC-RX100M4
Vitesse : 1/160 s, ouverture : f/3.2
Sensibilité : 6400 ISO
Focale : 8.8 mm, décalage expo : 0 IL

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Marque : SONY
Modèle : DSC-RX100M4
Vitesse : 1/20 s, ouverture : f/4.0
Sensibilité : 6400 ISO
Focale : 12.06 mm, décalage expo : 0 IL

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À 12 800 ISO, l'image perd franchement sa tenue et ne sera exploitable qu'en secours ou en noir et blanc.

Marque : SONY
Modèle : DSC-RX100M4
Vitesse : 1/250 s, ouverture : f/5.6
Sensibilité : 12800 ISO
Focale : 25.7 mm, décalage expo : 0 IL

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Marque : SONY
Modèle : DSC-RX100M4
Vitesse : 1/50 s, ouverture : f/5.6
Sensibilité : 12800 ISO
Focale : 8.8 mm, décalage expo : 0 IL

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La dynamique du petit capteur 1 pouce est correcte, mais ne nous a pas bluffés. En contre-jour par exemple, et avec le mode DRO activé en automatique, le RX100 IV débouche les ombres mais fait monter le grain sensiblement. En désactivant cette fonction, les noirs sont assez denses et peuvent paraître vite enterrés. À l'inverse, si on souhaite exposer les ombres, les détails dans le ciel disparaissent malheureusement rapidement et il faudra utiliser le RAW ou les profils d'images personnalisables pour essayer de gagner en dynamique.

Marque : SONY
Modèle : DSC-RX100M4
Vitesse : 1/100 s, ouverture : f/4.0
Sensibilité : 3200 ISO
Focale : 8.8 mm, décalage expo : 0 IL

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Marque : SONY
Modèle : DSC-RX100M4
Vitesse : 1/160 s, ouverture : f/2.5
Sensibilité : 80 ISO
Focale : 8.8 mm, décalage expo : 0 IL

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Les courbes S-Log et autres effets Cinelike sont en effet disponibles pour l'image fixe. Ce parti-pris intéressant permet de profiter d'une latitude de retouche plus importante qu'avec le JPEG de base, sans avoir à subir le poids du RAW (environ 8 Mo contre 20 Mo la plupart du temps). Ici, la photo est réalisée avec le Profil d'image PP3.

Marque : SONY
Modèle : DSC-RX100M4
Vitesse : 1/125 s, ouverture : f/2.8
Sensibilité : 320 ISO
Focale : 12.35 mm, décalage expo : 0 IL

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