Le Cyber-shot RX100 IV est le premier compact de Sony à filmer en 4K TV (3 840 x 2 160 px, UHD) et l'un des seuls sur le marché à proposer cette définition avec le Lumix LX100. En outre, il dispose de modes d'enregistrements ultra rapides à 250, 500 et 1 000 i/s afin de faciliter le slow-motion et des ralentis fluides.

Très orienté vidéo, il intègre des modes d'images personnalisables (PP1 à PP6) telles que les courbes S-Log2, ITU709 ou encore Movie qui permettent non seulement de s'inscrire dans un flux vidéo broadcast ou cinéma, mais aussi et surtout d'aplatir l'image au maximum afin de la rendre plus souple à l'étalonnage. Pour mieux comprendre comment fonctionnent ces courbes et leur intérêt, nous vous invitons à lire le très intéressant article de notre confrère Jean-Charles Fouché, "Comprendre RAW, LOG et REC709".

Bien que pourvu de fonctionnalités vidéo qui le destinent à un public éclairé ou professionnel, le RX100 IV n'embarque étonnamment pas de prise casque ni de sortie micro. Un handicap important en reportage, d'autant plus incompréhensible que le bridge RX10 II, qui bénéficie lui aussi de la 4K Télé et de courbes d'images personnalisables, intègre ces attributs.

Pour tous les autres modes vidéos, nous vous conseillons de vous référer au test du RX100 III.

L'enregistrement en 4K TV à 25 i/s est possible durant 5 minutes, ce qui permet au RX10 II de conserver un autre petit avantage. Le format XAVC-S est utilisé afin de maximiser la compression vidéo jusqu'à 100 Mb/s pour accroître le rendu des détails, la fluidité des mouvements et diminuer le moiré. Tous les modes d'exposition sont disponibles et la mise au point est débrayable. De la même façon, on retrouvera avec plaisir les assistants d’enregistrement que sont les zébras et le focus peaking pour contrôler l'exposition et la mise au point. Notez d'ailleurs que cette dernière n'est pas très rapide en mode continu, mais reste silencieuse et fluide.

Le mode HFR (pour High Frame Rate) offre des cadences d'enregistrement permettant de ralentir jusqu'à 40x la vitesse d'une scène se déroulant à vitesse réelle.

On peut passer de la norme NTSC au PAL et inversement en réinitialisant le boîtier. Ainsi, le RX100 IV filme en 960, 480 ou 240 i/s et diffuse en HDTV 1 920 x 1 080 60p, 30p, ou 24p en NTSC. En PAL, les cadences de 1 000, 500 ou 250 i/s sont enregistrées pour être jouées en HDTV 1 920 x 1 080 en 50p ou 25p.

À l'usage, ces modes se révèlent tout simplement captivants et nous aurions presque envie de n'acheter le RX100 IV que pour cette fonction. Toutes les actions de la vie réelle prennent une nouvelle dimension et il est extrêmement agréable de voir la décomposition du mouvement de... tout et n'importe quoi.
Passé l'effet de surprise cependant, on s'interroge sur l'usage de cette fonctionnalité à la longue et, surtout, on se rend compte que la manipulation pour déclencher une séquence en haute vitesse n'est pas simple : il faut d'abord passer en mode HFR sur la molette des modes, ajuster le mode d'exposition, puis la vitesse d'enregistrement ; ensuite, il faut appuyer sur la touche centrale afin de "préparer" le RX100 IV à l'enregistrement ; enfin, ce dernier commence lorsque l'on appuie sur le bouton "Rec". Il est difficile au début de trouver le bon timing et de comprendre ce que le compact enregistre, d'autant plus qu'en qualité optimale, le temps d'enregistrement des séquences haute vitesse est de seulement 2 secondes.

Au final on retient que la vidéo 4K délivre une qualité d'image impressionnante avec un rendu de détails accru par rapport à la HDTV. Les ombres sont mieux gérées, les couleurs un peu moins ternes, le bruit moins visible et globalement, l'image paraît plus piquée. Seul bémol : à moins d'avoir un PC très puissant, oubliez le montage au format natif. Le passage par des proxy est obligatoire.



En ce qui concerne le rolling shutter, nous constatons que le format HDTV gère bien mieux les mouvements rapides.



Le RX100 IV est capable de filmer à des vitesses de fréquence d'image élevée pour offrir des ralentis fluides. En 250 et 500 i/s, la qualité d'image nous a paru tout à fait satisfaisante. Nous sommes en revanche un peu déçus par le mode 1 000 i/s dont l'image manque de netteté. En effet, pour filmer à une telle vitesse, le RX100 IV réduit fortement la définition d'enregistrement à 1 136 x 384 px, puis opère un agrandissement pour avoir un fichier de lecture à 1 920 x 1 080 px.



Il reste que la fonction est plaisante et qu'il est amusant de redécouvrir le monde au ralenti. Mais une fois la découverte passée, l'usage nous semble tout de même trop limité pour justifier une telle différence de prix avec le RX100 III.

Pour finir, le RX100 IV intègre des courbes de réglages offrant plus de souplesse lors de l'étalonnage en post-production. En effet, à moins de tourner en RAW, il est difficile de corriger a posteriori un fichier vidéo. L'image est compressée et la latitude de retouche est faible ; on se retrouve peu ou prou avec la même problématique qu'en photo lorsque l'on souhaite retoucher un JPEG. Pour pallier cette limitation, on utilise des courbes de réglages qui cassent le contraste, désaturent les couleurs et aplanissent l'image au maximum afin d'accroître, justement, les possibilités de réglages.

Dans la vidéo ci-dessous, on peut voir la différence entre un réglage standard, le préréglage PP3 et le préréglage PP6. Le préréglage PP3 permet de récupérer de l'information dans le ciel et les ombres, mais l'image manque de contraste. Le réglage PP6 avec la courbe S-Log2 aplatit complètement l'image, mais si à première vue elle nous paraît plate et grise, on a récupéré beaucoup d'information dans le ciel. En revanche elle n'est pas exploitable en l'état : il faudra passer par un logiciel d'étalonnage comme Speedgrade After Effects.


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