Pour notre test, la scène est éclairée sous environ 250 lux. Notre appareil étalon est le Canon 5D Mark III qui, pour un gris neutre 18 %, requiert le couple f/5,6 - 1/8 s à une sensibilité de 200 ISO (Tamron 24-70 mm f/2,8 Di VC USD). Le Sony RX100 Mark IV est également calé pour exposer correctement un gris 18 % avec une sensibilité de 200 ISO et une ouverture de f/5,6. Nous faisons alors varier la vitesse et la sensibilité ISO. Les images sont visibles à 100 % (JPEG) et vous pouvez télécharger les fichiers bruts (ARW).

Les JPEG

Le RX100 Mark IV est équipé d'un nouveau capteur 1" baptisé Exmor RS. Le S est nouveau et fait référence à une nouvelle technologie "stacked" présentée par Sony en 2012 pour sa gamme de téléphones. Pour faire bref, l'idée est d’intégrer sous la couche photosensible une couche électronique, contenant de la mémoire et des puces de traitement des données afin d'accélérer les processus liés à la captation d'une image.

Sony RX100 Mark IV dos du capter 1 pouce Exmor RS
Au centre, les deux blocs de mémoire intégrés au capteur Exmor RS.

Le capteur lui-même reste un capteur Exmor R donc BSI (rétroéclairé) et la définition est maintenue à 20 Mpx. Étonnamment d'ailleurs, la définition du capteur était absente de pratiquement tous les visuels de la présentation. La définition ne serait-elle plus au centre des préoccupations de nos chers fabricants ? Quoi qu'il en soit, l'arrivée d'un nouveau capteur est toujours un grand moment à la rédaction. Le RX100 Mark IV a-t-il les arguments pour devenir un nouvel étalon ?

Sony RX100 Mark IV test review taille de capteur, schéma
Comparaison des tailles (agrandies 4x) de différents capteurs.

Que donne ce nouveau capteur associé à un nouveau processeur de traitement des données pour les JPEG ?

De manière assez classique, les images entre 80 et 400 ISO ne présentent pas de bruit électronique, même lors d'une visualisation sur un écran HDTV 1080 à 100 %. Seul point un peu étonnant, l'exposition de la scène à 400 ISO est un peu plus dense — un phénomène que nous avions déjà noté avec le précédent modèle. En mode "normal", l'appareil doit sans doute ajuster l'exposition correctement, ce qui n'est pas possible en mode M. Le phénomène est encore plus sensible à 800 ISO et les noirs, un peu bouchés. Le traitement du bruit électronique commence à venir brouiller la restitution des plus fins détails ; on le constate notamment sur la carte IGN. Les lignes de transitions sont également moins franches (zones colorées de la charte Kodak). Les plus fins détails sont gommés à 1 600 ISO (voir sur le billet de banque ou la carte IGN au centre) et l'image se "densifie" encore un peu plus. L'ensemble reste toutefois correct et amplement suffisant pour une impression A3.

À 3 200 ISO, l'image est vraiment dense et l'on perd le rendu des détails dans les zones sombres. Le grain monte, apparaît plus grossier et devient plus facilement observable sur les aplats colorés. Une étape est clairement franchie à 3 200 ISO ; pour s'assurer des images de qualité, il conviendra de ne pas dépasser cette sensibilité.

À 6 400 ISO, l'image devient plus fade : les couleurs sont moins prononcées et les noirs, bouchés. Cette sensibilité est acceptable pour des impressions petits formats. Quant à la valeur 12 800 ISO, elle sera a utilisée qu'en cas de nécessité, l'image étant vraiment dégradée avec un moutonnement peu esthétique et un lissage des détails important.

Sony RX100 IV : Réduction du bruit standard 80-400 ISO
Sony RX100 IV : Réduction du bruit standard 800-12800 ISO

Vous pouvez également télécharger les fichiers Raw (80-100-200-400-800-1600-3200-6400-12800 ISO)


Comparaison à tirage équivalent

Nous avons choisi de confronter le RX100 Mark IV à quelques boîtiers emblématiques actuels, tels que le Sony RX100 Mark III le Panasonic GM5 et le Canon G7X.

Nous comparons naturellement les boîtiers à "tirage équivalent". Nous avons "normalisé" les images pour un tirage 40 x 60 cm en 180 dpi, soit une définition de 12 Mpx environ. Les images sont réalisées à 3 200 ISO avec ci-dessous des détails à 100 %.

Attention, les boîtiers ne sont pas équipés d'optiques équivalentes, le piqué initial n'est donc pas le même. Il faut essayer de comparer uniquement le niveau de bruit électronique... Pas si simple.

Entre les RX100 version Mark III et Mark IV, les différences sont assez peu visibles. Le nouveau capteur Exmor RS n'apporte visiblement aucune amélioration au niveau du traitement du bruit électronique. Le Panasonic GM5 est clairement pénalisé par son manque de définition (16 contre 20 Mpx) ; il donne de bons résultats à 1 600 ISO, mais vous noterez que le vert de la carte IGN n'est pratiquement pas visible. Le G7X propose un cliché un peu trop aseptisé à notre goût et, là encore, la carte manque un peu de relief avec des nuances de gris ou de vert qui n'apparaissent pas. Les deux compacts Sony sortent vainqueurs de cette confrontation.


Oscilloscope

Passons certaines images RX100 Mark IV de Sony sous l'œil de l'oscilloscope pour un avis plus "mathématique".

Notre outil confirme notre perception visuelle : les images sont vraiment excellentes jusqu'à 1 600 ISO, avec une dégradation bien visible à 3 200 ISO. Elles restent assez facilement exploitables jusqu'à 6 400 ISO, mais la granulation est déjà très présente dans les aplats denses. Au-delà, le bruit vient consteller nos zones de gris avec un moutonnement nettement perceptible qui dilue les plus fins détails.

Sony RX100 Mark IV test review bruit électronique sur gris 100 ISO
Sony RX100 Mark IV – 100 ISO
Sony RX100 Mark IV  test review bruit gamme gris graphique 100 ISO
RX100 Mark IV test review bruit électronique sur gris 1600 ISO
Sony RX100 Mark IV – 1 600 ISO
Sony RX100 Mark IV test review bruit gamme gris graphique 1600 ISO
Sony RX100 Mark IV test review bruit gamme gris 3200 ISO
Sony RX100 Mark IV – 3 200 ISO
Sony RX100 Mark IVreview bruit gamme gris graphique 3200 ISO
Sony RX100 Mark IV test review bruit gamme gris 6400 ISO
Sony RX100 Mark IV– 6 400 ISO
Canon 760D test review bruit gamme gris graphique 6400 ISO

Les fichiers bruts

Nous mesurons également le bruit de fond du capteur en reconduisant le protocole de test précédent, mais dans le noir complet avec un bouchon sur l'objectif. Les mesures sont effectuées (c'est le cas ici), dans la zone aveugle du capteur.

Le graphique ci-dessous représente la déviation standard (donc le bruit) pour les différents pixels colorés : rouges, verts, bleus, et verts. Pour simplifier les résultats, nous n'affichons ici les résultats que pour l'une des séries des pixels verts.

Test Sony RX100 Mark IV bruit électronique dans fichiers bruts

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