Les amateurs de sport le savent bien : le retour des beaux jours marque également le retour de compétitions en extérieur. Les 24 Heures du Mans pour le sport mécanique, les rencontres d'athlétisme, le Tour de France côté vélo et naturellement les Internationaux de France de tennis, plus connus sous le nom de Roland-Garros, incontournable étape du Grand Chelem de tennis.

Une journée à Roland Garros avec Christophe Ena, photographe pour AP

Que l'on soit amateur de la terre battue ou pas, Roland-Garros reste l'un des événements sportifs majeurs de l'année et l'un des plus médiatisés en France. Les visiteurs se pressent dans les gradins, les télévisions du monde entier multiplient retransmissions et interviews, et les photographes arpentent les courts à la recherche de clichés accrocheurs.

La mécanique semble bien huilée, aussi étais-je plutôt curieux de connaître les coulisses d'une telle manifestation. Qui se cache derrière ces portraits serrés de stars de la balle jaune ? Comment sont-ils équipés ? Comment travaillent-ils ? Une seule direction pour trouver mes réponses : le stade de Roland-Garros.

QG : le centre de presse

Première étape : l'accréditation photo. Car oui, Roland-Garros est un peu le Fort Knox des épreuves sportives. Impossible de rentrer dans l'enceinte sacrée avec un 200-400 mm sans montrer patte blanche et accréditations dûment remplies et validées.

Une fois les formalités accomplies et le sésame (de la journée uniquement) autour du cou, il temps de retrouver Christophe Ena, photographe à l'agence Associated Press (AP), qui sera mon guide pour la journée. À peine ai-je eu le temps de me retourner qu'il est déjà là !

Une journée à Roland Garros avec Christophe Ena, photographe pour AP
Le repos des guerriers.
Oui, les 400, 600 mm f/2,8 sont légions et traînent "négligemment" sur un banc ou un meuble dans la salle photo.

Dans ce premier centre de presse, 3 agences photo sont présentes : Reuters, AFP et AP, donc. Dans l'autre centre de presse, d'autres agences ont leur quartier général : EPA, Getty, L'Équipe...

Ces agences disposent chacune d'une pièce à part dans laquelle les photographes peuvent stocker leur matériel. Christphone me conduit dans le "lab" d'AP pour me présenter à l'équipe. Les deux éditeurs, Bertrand Combaldieu et Peter Dejong (également photographe) sont déjà à pied d'œuvre et commencent à saisir les noms des différents joueurs de la journée dans la base de données de Photo Mechanic afin d'y associer des abréviations et de gagner ainsi un temps précieux lors de l'édition des photos.

Roland Garros 2015 feuille de route lundi 25 mai
La feuille de route du lundi 25 mai à Roland-Garros pour les photographes d'AP.

À quelques minutes du coup d'envoi des premiers matches de la journée, l'ambiance est plutôt détendue et les quatre photographes vérifient leur matos, chaussent les 400 et 600 mm f/2,8 sur leurs boîtiers EOS-1D X et jettent un coup d'œil à la feuille de route de la journée.

L'agence ayant des clients à l'international, il y a des impératifs horaires à respecter, notamment pour un  match entre un Italien et un Japonais. Le décalage horaire étant de plus de 7 heures avec le Japon, les images de cette rencontre sont la priorité du matin. Pour éviter les allers-retours entre les courts et la salle d'editing et aller plus vite, Christophe branche sur son Canon un transmetteur Wi-Fi (WFT-E6, un petit module compact et léger à plus de 500 € le bout...) qui permettra d'envoyer les images directement depuis le banc photo.

Une journée à Roland Garros avec Christophe Ena, photographe pour AP
Christophe prépare son "petit" sac en vue de la première rencontre : 1D X, 300 mm, 400 mm...

La couverture d'un match

La rencontre se déroule sur le court n° 2, une petite enceinte. Christophe opte "juste" pour un 400 mm ainsi qu'un 300 mm f/2,8. Il s'équipe presque en douce d'un 70-200 mm pour donner plus de respiration aux images. Chargés comme des sherpas (une petite dizaine de kilos pour Christophe), nous empruntons l'allée principale de Roland-Garros. En cette fin de matinée, la foule est déjà bien compacte et se déplacer avec des monopodes et des "gros blancs" (les gros télés) n'est pas chose aisée. J'avoue que je n'ose faire le décompte financier de tout ce que nous transportons sur le dos comme si de rien n'était : je marche beaucoup plus sereinement comme ça.

Le court n° 2 est effectivement "petit" et nous sommes à ras du terrain. Malgré la terre battue, qui pourtant ralentit le jeu, les balles fusent et suivre les joueurs au 200 mm se révèle plus compliqué que prévu.

Pour ma première série, j'opte pour un 24-70 mm f/2,8 tout ce qu'il y a de plus classique. Bien plus aguerri, Christophe est déjà sur le pied de guerre et enchaîne les courtes rafales sur le joueur japonais Tatsuma Ito. Entre deux arrêts de jeu, il fait une première sélection à la vitesse de l'éclair. Pas de pitié : mauvais cadrage, pas de balle à l'écran et c'est la poubelle. Une vérification rapide du point et hop les images sont transmises sur les ordinateurs de l'agence pour être éditées et envoyées le plus rapidement possible sur le fil d'info AP.

Une journée à Roland Garros avec Christophe Ena, photographe pour AP
Entre deux arrêts de jeu, Christophe fait un premier tri sur l'écran arrière du boîtier.

Si les principaux courts sont en cours de câblage (Ethernet), les courts annexes ne le sont pas et le Wi-Fi reste pour l'instant la seule solution pour transférer ses images rapidement. Les premières images "passent" facilement, mais le réseau semble vite s'engorger et le voyant de transmission clignote en rouge. "Il y a déjà trop de monde qui utilise le réseau Wi-Fi", m'explique Christophe qui se formalise à peine de ces lenteurs. "Les images sont en attente et vont partir un peu plus tard ; moi je peux continuer à déclencher", poursuit-il.

La série doit être rapidement terminée, mais comme nous n'avons accès qu'à un seul côté du court, il faut attendre le changement de côté pour capter à la fois un coup droit et un revers. J'avoue, les images que me montre Christophe au dos du reflex me "bluffent". Sur pratiquement tous les clichés, la balle est assez proche du corps ou de la tête du joueur, ce qui permettra de recadrer plus facilement. De mon côté, j'ai souvent déclenché beaucoup trop tard et la balle est la plupart du temps hors cadre. Certes le boîtier joue (je n'ai pas un EOS-1D X car je veux profiter de Roland-Garros pour tester le 5Ds R), mais l'expérience et le métier plus encore !

Roland Garros 2015. Crédit photo : Christophe Ena

Japan's Tatsuma Ito returns the ball to Italy's Fabio Fognini during their first round match of the French Open tennis tournament at the Roland Garros stadium, Monday, May 25, 2015 in Paris. (AP Photo/Christophe Ena)

[Retour du Japonais Tatsuma Ito à l'Italien Fabio Fognini durant le match de premier tour des Internationaux de France de tennis au stade Roland-Garros, Paris (France), le lundi 25 mai 2015. (AP Photo/Christophe Ena)]

C'est donc le bon moment pour parler réglages avec mon guide et désormais mentor pour la partie tennis. "Pour le rendu des images, nous [les photographes, NDLR] essayons d'avoir tous à peu près les mêmes réglages de boîtier pour faciliter les retouches lors de l'édition. Moi je vais jouer un peu avec le contraste en fonction de la lumière", m'explique Christophe.

Je m'aperçois avec surprise que Christophe travaille la plupart du temps en priorité... ouverture et non pas en vitesse ou en manuel, contrairement à ce que j'aurais imaginé. "Je veux pouvoir flouter au maximum l'arrière-plan", me précise-t-il. "Je suis pratiquement toujours à pleine ouverture et je dois surveiller la vitesse pour ne pas descendre en dessous de 1/2 000 s". "Depuis le début du tournoi, la lumière est très changeante à cause des nuages. J'ai pas mal utilisé l'auto AV. Mais en revanche j'utilise beaucoup le correcteur d'exposition suivant la lumière, la tenue du joueur et le fond. Il y a un côté manuel dans l'automatisme, en fait".

Une journée à Roland Garros avec Christophe Ena, photographe pour AP
Christophe Ena et son inséparable 400 mm f/2,8.

Les questions dérivent inévitablement vers l'autofocus. Malgré la débauche de moyens mis à disposition par le 1D X avec notamment des suivis de sujet de plus en plus évolués, Christophe se contente d'un collimateur avec les 4 assistants et positionne le module autofocus "classiquement" en mode tennis. Et les résultats sont là : les photos "claquent" et il y a peu de déchets pour la mise au point.

Après quelques échanges, il est temps de retourner à la salle d'édition pour remettre l'ensemble des clichés. Sur place, les deux éditeurs déchargent rapidement les cartes à l'aide de Photo Mechanic. Ce logiciel est utilisé par presque tous les photographes sportifs que j'ai rencontrés. Là encore, on ne perd pas de temps, mais tout se fait dans la bonne humeur. Une fois sur l'ordinateur, l'éditeur sélectionne très rapidement les images essentielles. Elles ne sont quasiment pas modifiées. Elles sont recadrées et l'éditeur dispose de quelques scripts pour éclaircir certaines zones de l'image ou donner un peu plus de tonus. Rien de plus. L'étape de renseignement est importante et permet d'identifier rapidement les principales caractéristiques de l'image et au rédacteur d'avoir rapidement une légende pour un article avec les champs IPTC (vous pouvez pouvoir voir un exemple de légende sous l'image du joueur Tatsuma Ito).

Une journée à Roland Garros avec Christophe Ena, photographe pour AP
L'éditeur Peter Dejong et le photographe François Mori.

La carte vidée, il est temps de passer au match suivant. Et là, on entre dans la cour des grands avec le central, le court Philippe-Chatrier (presque 15 000 places) pour l'affrontement de deux joueuses : la Française Alizé Cornet et l'Italienne Roberta Vinci.

Christophe Ena me propose de passer au support technique de Canon afin de récupérer un peu de matériel pour le match. Canon, comme Nikon, dispose d'un stand, sorte de surplus militaire, où s'alignent de superbes optiques, des doubleurs ainsi que différents accessoires. Aux côtés de Guy Dassonville, responsable au support technique à Roland-Garros, un collègue réalise des prestations techniques à la demande : configuration d'un boîtier, nettoyage, réparation légère. Ce support de la marque est apprécié des photographes qui peuvent emprunter du matériel coûteux, lourd et fragile, et bénéficier du savoir-faire des techniciens de la maison. Christophe se laisse tenter par un doubleur x1,4 et surtout une optique plutôt inhabituelle : un 85 mm f/1,2. Moi qui m'attendais à porter un "petit" 800 mm, je suis pour le moins surpris. "Tu verras, dans la fosse, ça donne un effet terrible", lâche Christophe amusé.

Une journée à Roland Garros avec Christophe Ena, photographe pour AP
Le "petit" stock optiques et boîtiers de Guy Dassonville sur le stand Canon.

Le match a déjà commencé. De même que tous les autres spectateurs, nous n'avons pas l'autorisation de pénétrer dans l'arène pendant les échanges : il faut attendre les pauses pour rejoindre le banc photo. "L'organisation de Roland Garros est très flexible avec les photographes", me dit Christophe, "tu peux t'installer où tu veux sur les gradins du moment que le siège est vide". Une liberté que le photographe n'a qu'aux Internationaux de France.

Nous nous dirigeons toutefois vers le banc photo, au plus près des assises des joueurs. D'ici, il est possible de photographier les deux joueurs sans avoir à se déplacer. À la moindre action, les miroirs crépitent, c'est vraiment impressionnant. Les 1D X et D4s s'en donnent à cœur joie avec de courtes mais impressionnantes rafales. De mon côté, avec mes 5 ips, j'ose à peine déclencher... Toutefois, mon 5Ds R est nettement moins bruyant et c'est toujours appréciable.

Le match est nettement plus disputé que le premier et donc plus intéressant, y compris d'un point de vue photographique. L'Italienne et la Française sont à couteaux tirés, les expressions des visages sont vraiment intéressantes et Christophe se régale. La série est belle ; l'un des clichés de la Française sera même repris par le New York Times aux États-Unis le lendemain.

Roland Garros 2015. Crédit photo : Christophe Ena

Italy's Roberta Vinci celebrates scoring a point in the first round match of the French Open tennis tournament against France's Alize Cornet at the Roland Garros stadium, in Paris, France, Monday, May 25, 2015. (AP Photo/Christophe Ena)

[L'Italienne Roberta Vinci célèbre un point marqué durant le match de premier tour des Internationaux de France de tennis contre la Française Alizé Cornet, stade Roland-Garros, Paris (France), le lundi 25 mai 2015. (AP Photo/Christophe Ena)]

il est temps de porter les photos (aucune n'a été transmise par Wi-Fi à partir du central) aux éditeurs. Aux commandes de leurs ordinateurs, ils entament, en plus du flux régulier de photos, une série sur les chevelures des joueuses. Les queues de cheval prennent des "allures de mode" lors des services ou des frappes puissantes. Un coup d'œil à la télé qui déverse son flot d'informations sur les différents matches du jour nous indique qu'il faut déjà repartir pour suivre le match fratricide entre les Français Gilles Simon et Lucas Pouille.

Christophe profite du peu de monde dans le court Philippe-Chatrier (ex "central") pour réaliser quelques expérimentations qui pourront faire des illustrations. Il joue avec le grand-angle 16-35 mm pour capturer les fleurs (pensées) et créer un cadre bucolique et tente même un reflet dans les lunettes miroir d'une spectatrice au 70-200 mm.

Roland Garros 2015. Crédit photo : Christophe Ena

Lucas Pouille of France is reflected in the sunglasses of a spectator as he returns in the first round match of the French Open tennis tournament against compatriot Gilles Simon at the Roland Garros stadium, in Paris, France, Monday, May 25, 2015. (AP Photo/Christophe Ena)

[Le Français Lucas Pouille se reflète dans les lunettes de soleil d'une spectatrice durant le match de premier tour des Internationaux de France de tennis contre son compatriote Gilles Simon, au stade Roland-Garros, Paris (France), le lundi 25 mai 2015. (AP Photo/Christophe Ena)]

Nous reprenons nos places. Il faut bien avouer que le match qui s'y déroule est moins intéressant et les points gagnés, peu combattus. Christophe décide de me montrer d'autres spots du court et pointe le sommet des gradins : "Viens, on va aller en terrasse". OK. Optiques sur les épaules, nous voilà partis dans les escaliers pour monter au sommet du court central. La encore, les contrôles sont de mise ; à mi-parcours, il faut troquer son badge contre un brassard qui nous assura l'accès aux toits. Encore quelques enjambés et nous voici au plus haut du stade. La vue est imprenable et des clameurs viennent de toutes parts.

Une journée à Roland Garros avec Christophe Ena, photographe pour AP
Christophe Ena sur le "toit du monde" de Roland-Garros.

C'est impressionnant. D'ici et avec la vue plongeante, il est possible d'isoler totalement le joueur de son environnement "publicitaire", de capturer un service en entier et des actions de grande ampleur.

Roland Garros 2015. Crédit photo : Christophe Ena

France's Gilles Simon serves the ball to compatriot Lucas Pouille during their first round match of the French Open tennis tournament at the Roland Garros stadium, Monday, May 25, 2015 in Paris. (AP Photo/Christophe Ena)

[Service du Français Gilles Simon à son compatriote Lucas Pouille durant le match de premier tour des Internationaux de France de tennis au stade Roland-Garros, Paris (France), le lundi 25 mai 2015. (AP Photo/Christophe Ena)]

Il faut redescendre pour les porter les images au pôle édition. Après un rapide editing, Christophe m'emmène dans l'endroit qui pour moi, est le plus intriguant : la fosse.

Là encore, il faut montrer son badge pour suivre un long couloir bardé de câbles techniques. D'autres photographes, des ramasseurs de balles et la télévision sont déjà présents et on est un peu à l'étroit sur place. C'est ici que sont filmés les ralentis à 800 ips qui permettent de capturer les rebonds des balles. Pour ces caméras spéciales, la mise au point est encore manuelle. La vue est vraiment particulière et nous sommes vraiment au plus près des joueurs.

Je tente quelques photos au 200 mm sur le joueur opposé, mais je suis vraiment curieux de voir les images de Christophe au 85 mm f/1,2. Le résultat est saisissant avec flou tournant très marqué et un personnage qui se détache bien. À f/1,2, la mise au point est cruciale, on s'en doute, et il y a souvent des ratés sur les actions, mais quand c'est réussi, l'image est vraiment singulière. La recherche du bokeh est partout, même en sport !

Roland Garros 2015. Crédit photo : Christophe Ena

France's Gilles Simon returns in the first round match of the French Open tennis tournament against compatriot Lucas Pouille at the Roland Garros stadium, in Paris, France, Monday, May 25, 2015. (AP Photo/Christophe Ena)

[Retour du Français Gilles Simon à son compatriote Lucas Pouille durant le match de premier tour des Internationaux de France de tennis au stade Roland-Garros, Paris (France), le lundi 25 mai 2015. (AP Photo/Christophe Ena)]

Le temps file à toute vitesse et sur le central, deux joueuses font leur entrée : la Russe Maria Sharapova contre l'Estonienne Kaia Kanepi. Il faut vite porter les photos au "lab" pour suivre la rencontre. Christophe jette un petit coup d'œil aux joueuses avant de partir. "Il faut toujours regarder si les joueurs n'ont pas un style vestimentaire particulier à mettre en avant dans les photos. Le contexte est toujours important", m'explique-t-il.

Roland Garros 2015. Crédit photo : Christophe Ena

Russia's Maria Sharapova returns the ball to Estonia's Kaia Kanepi during their first round match of the French Open tennis tournament at the Roland Garros stadium, Monday, May 25, 2015 in Paris,  (AP Photo/Christophe Ena)

[Retour de la Russe Maria Sharapova durant le match de premier tour des Internationaux de France de tennis au stade Roland-Garros, Paris (France), le lundi 25 mai 2015. (AP Photo/Christophe Ena)]

Si les photographes des grosses agences ont à disposition des éditeurs, d'autres photographes indépendants ou d'agences plus petites doivent tout faire, de la prise de vue à l'envoi des fichiers en passant par l'editing. Je retrouve ainsi Gwendoline Legoff à qui j'avais confié un des premiers Canon EOS-1D X sur le marché pour un test terrain. Elle a enfin troqué son Mark IV contre le 1D X.

Roland Garros 2015. Crédit photo : Christophe Ena

Russia's Maria Sharapova serves in the first round match of the French Open tennis tournament against Estonia's Kaia Kanepi at the Roland Garros stadium, in Paris, France, Monday, May 25, 2015. (AP Photo/Christophe Ena)

[La Russe Maria Sharapova sert durant le match de premier tour des Internationaux de France de tennis au stade Roland-Garros, Paris (France), le lundi 25 mai 2015. (AP Photo/Christophe Ena)]

Sur le court central, Maria Sharapova laisse peu d'opportunités à l'Estonienne et le score monte à toute vitesse. Christophe me propose alors de grimper en salle de presse pour saisir les derniers moments de la rencontre. La tribune presse surplombe le court, il sera facile d'avoir Sharapova sur le dernier jeu. "Au fil des rencontres, on finit par bien connaître les habitudes des joueurs et joueuses", m'explique Christophe. "Par exemple, Sharapova salue presque systématiquement tous les spectateurs de toutes les tribunes. D'autres tombent souvent, roulent, jettent leur raquette. Il faut toujours anticiper ce type d'actions pour avoir LA photo." Et effectivement Maria Sharapova salue correctement tout le public...

Roland Garros 2015. Crédit photo : Christophe Ena

Russia's Maria Sharapova returns in the first round match of the French Open tennis tournament against Estonia's Kaia Kanepi at the Roland Garros stadium, in Paris, France, Monday, May 25, 2015. (AP Photo/Christophe Ena)

[Retour de la Russe Maria Sharapova durant le match de premier tour des Internationaux de France de tennis au stade Roland-Garros, Paris (France), le lundi 25 mai 2015. (AP Photo/Christophe Ena)]

De retour du "lab AP" pour l'editing, un journaliste anglais vient demander quelques photos supplémentaires à l'équipe, notamment sur la prochaine rencontre qui verra l'Argentin Facundo Arguello s'opposer à la vedette du jour côté masculin : Andy Murray. Je m'attendais à quelques précisions techniques concernant les photos de l'Écossais, mais c'est beaucoup plus surprenant. "Tu me feras des plans sur les chaussures pour voir s'il porte toujours son alliance accrochée aux lacets ?" lance le journaliste. "Normalement sa coach [Amélie Mauresmo, NDLR] et sa femme [Kim Sears, NDLR] devraient également être présentes". Christophe sourit en me regardant. "Oui, nous ne sommes pas que des photographes sportifs. Je fais du reportage, de la politique, du sport et du people. Ces photos sont très demandées, alors pourquoi s'en priver ?"

Une fois sur le court et entre deux photos d'action, Christophe s'attèle "aux commandes". Effectivement, l'anneau est bien là, Amélie Mauresmo est dans les gradins accompagnée de Kim Sears.

Une journée à Roland Garros avec Christophe Ena, photographe pour AP
L'anneau est bien là. Pourra-t-il les aider à les gouverner tous ?

Le soleil est déjà un peu bas sur l'horizon et les ombres se dessinent plus nettement sur le court. Christophe me propose alors de remonter sur le toit du stade pour profiter de ce contraste naturel. "Quand l'ombre est bien marquée, il est possible d'isoler le joueur sur un fond noir et l'image est d'autant plus prégnante." Effectivement, les ombres s'étirent, donnant aux joueurs des airs d'arthropodes. Christophe signera l'une des photos pour moi les plus emblématiques de cette journée. Notez que si la balle jaune n'est pas présente, son ombre, elle, est bien là !

Roland Garros 2015. Crédit photo : Christophe Ena

Britain's Andy Murray returns in the first round match of the French Open tennis tournament against Argentina's Facundo Arguello at the Roland Garros stadium, in Paris, France, Monday, May 25, 2015. (AP Photo/Christophe Ena)

[Retour du Britannique Andy Murray durant le match de premier tour des Internationaux de France de tennis contre l'Argentin Facundo Arguello au stade Roland-Garros, Paris (France), le lundi 25 mai 2015. (AP Photo/Christophe Ena)]

La journée touche à sa fin. Murray remporte le match. Il est temps de descendre porter les derniers clichés de la journée. Dans la salle, les éditeurs préparent les derniers envois sur le fil d'info. Au final, environ 250 photos auront été publiées sur plusieurs milliers prises par les 4 photographes. Les photographes chargent les batteries, rangent le matériel et les éditeurs peaufinent un diaporama final de toutes les images éditées.

Les poignées de mains s'échangent. Il est temps pour moi de prendre congé. Pour eux, ce n'est que le début de l'aventure Roland-Garros 2015.

Je tiens à remercier tout particulièrement Christophe Ena pour son accueil et ses conseils le long de cette mémorable journée. Je remercie toute l'équipe de l'AP présente sur place : François Mori, Michel Euler, et David Vincent ainsi que les éditeurs Peter Dejong et Bertrand Combaldieu.
Un grand merci également à l'organisation de Roland-Garros : Caroline Paturel et Christophe Guibbaud, responsable des photographes lors de la compétition. Je n'oublie pas Roch Lorente de Canon France, sans qui cette journée n'aurait pas été possible.

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