Canon EOS M3 test review avis conclusion

Que de chemin parcouru depuis l'EOS M premier du nom ! Et ce, en 3 ans exactement. Le temps pour Canon de humer l'air du temps, de prendre la mesure de la concurrence sur un marché en devenir tout en vendant des palettes de reflex. Car oui, le reflex reste le segment de prédilection de la marque et les COI (compacts à objectifs interchangeables) ne représentent toujours qu'une petite partie du marché de la photo.

3 ans après un premier essai peu convaincant (Canon n'était d'ailleurs sans doute que peu convaincu), il était temps que la marque remette son petit boîtier APS-C au goût du jour. C'est chose faite avec l'EOS M3 et le travail effectué est important (et nécessaire). Cela suffit-il pour que Canon rejoigne le peloton de tête ?

Le M3 propose une excellente finition, une petite poignée agréable qui permet une bonne prise en main, un écran LCD de qualité à la fois orientable et tactile, des modes d'exposition PSAM, des touches personnalisables, un flash pop-up, deux molettes de réglages. Le boîtier est donc complet et facile à utiliser. Certains apprécieront la présence d'une puce Wi-Fi qui, couplée au NFC (pour fluidifier le processus), permet d'envoyer rapidement des images sur son smartphone en vue d'une publication sur Internet. Si le M3 est plutôt compact, l'optique livrée — un 18-55 mm f/3,5-5,6 IS — est plutôt imposante et on attend avec impatience quelques focales fixes "stylées" pancake (crêpe). Toutefois, ce 18-55 mm a le bon goût de délivrer des images de bonne qualité, contrairement à certaines optiques de kit de la concurrence (Sony pour ne pas les citer...).

Ce premier tableau est bien beau, mais l'EOS M3 doit encore progresser sur certains aspects et notamment au niveau de la mise au point. Le COI de Canon est encore loin de rivaliser avec la concurrence dans ce domaine ; les modèles Panasonic (comme le GM5 ou le GX7), Olympus, Sony ou Nikon (1 V3) sont nettement plus rapides. Difficile de comprendre pourquoi Canon n'a pas opté pour un capteur Dual Pixel AF plus prometteur en photo et vidéo. Attention, l'arrivée du capteur CMOS Hybrid AF III rend le boîtier bien plus nerveux que son prédécesseur et le M3 est réellement utilisable. Toutefois, il manque d'accroche en basse lumière et globalement, malgré la présence d'un nouveau processeur de traitement des données DIGIC 6, reste lent à l'allumage et définitivement distancé par la concurrence au niveau de la rafale...

Nous regrettons également que Canon n'ait pas opté pour un viseur électronique intégré. Au lieu de cela, vous pourrez toujours ajouter le viseur électronique Canon EVF-DC1 (300 € de plus quand même...) qui rendra l'ensemble beaucoup moins attrayant.

Mais le vrai talon d'Achille de l'EOS M3 reste le système M. En effet, après 3 ans de présence sur le marché, seules 4 optiques EF-M sont disponibles en comptant le 18-55 mm du kit : 22 mm f/2, 11-22 mm f/4-5,6 IS et 55-200 mm f/4,5-6,3 IS. Certes, vous pouvez toujours utiliser vos optiques EF/EF-S avec un adaptateur (rajoutez encore 100 €...), mais là encore, l'ensemble perd en compacité et donc en intérêt. Est-ce vraiment là le rôle du M, recycler les optiques de ses grands frères dont les motorisations non STM ne sont pas vraiment adaptées ? Canon doit donner plus de potentiel à ce segment et fournir une véritable gamme d'optiques avec des objectifs macro ou à portrait ainsi que des zooms plus lumineux.

Au final, l'EOS M3 présente une belle avancée par rapport à son aîné. Mais pendant tout ce temps — 3 ans, répétons-le —, la concurrence n'a pas chômé et a élaboré une stratégie bien plus agressive, reposant sur des boîtiers plus matures et des parcs d'optiques plus conséquents. Alors oui, l'EOS M3 est bien plus agréable à utiliser, mais il reste un cran au-dessous de la concurrence et n'apporte pas vraiment d'élément différenciant qui lui permettrait de se singulariser.

Points forts

Points faibles

Bonne gestion du bruit électronique jusqu'à 3200 ISO

Pas de viseur électronique intégré, seulement en option

Présence d'un écran tactile et orientable

Autofocus toujours trop lent par rapport à la concurrence

Flash pop-up (orientable manuellement). Possibilité de piloter des flashes distants sans fil

Autonomie limitée (moins de 200 vues)

Wi-Fi avec NFC pour faciliter la communication avec un smartphone

Parc d'optiques en monture EF-M très restreint

Possibilité de connecter un micro externe

Pas de mode panoramique par balayage

2 molettes de réglages

Mise sous tension trop lente

Nombreux formats d'images : 16:9, 3;8, 4:3 et 1:1

Mode rafale anémique : moins de 2 i/s avec le suivi AF

Nombreux assistants à l'écran : histogramme (RVB), grille, niveau électronique, focus peaking

Pas de mode vidéo à 60/50p qui est maintenant le standard. Pas de mode 4K (Télé/Ciné)

Interface et menus simples et efficaces

Pas de finition à l'épreuve des intempéries

Filtres artistiques intéressants

Pas de prise casque pour vérifier la captation audio

Nombreuses commandes personnalisables

Pas de stabilisation intégrée : il faut des optiques stabilisées

 

Pas de connexion USB 3.0

 

Format RAW propriétaire (CR2)

 

Pas de recharge par micro-USB

 

Pas de déclenchement totalement silencieux


Face à la concurrence

Sony A6000

Le concurrent le plus sérieux de l'EOS M3 est sans doute le Sony A6000. Intégrant un capteur APS-C de 24 Mpx, il s'avère bien plus compact et doté d'atouts importants comme un viseur électronique intégré, un mode rafale à 11 i/s, d'un système autofocus à 179 points, un système panoramique par balayage et d'un mode vidéo en HDTV 1080 60p. En outre, le parc optique de Sony en monture E devient réellement intéressant, avec plus de 20 modèles différents actuellement disponibles.

De son côté, le modèle Canon propose un écran tactile vraiment agréable à utiliser, un zoom de kit 18-55 mm f/3,5-5,6 plus que décent, et une interface graphique simple pour une prise en main rapide.

Olympus OM-D E-M10

Le compact à objectifs interchangeables d'Olympus est séduisant à plusieurs titres. Il dispose d'un viseur électronique intégré, d'un système de stabilisation par déplacement du capteur qui fonctionne avec toutes les optiques et d'un écran orientable et tactile. L'autofocus est très rapide, même en basse lumière, et les filtres créatifs sont vraiment alléchants. En outre, l'OM-D E-M10 bénéficie d'un parc d'optique conséquent avec plus de 40 modèles.

L'EOS M3 dispose quant à lui d'un écran LCD multipoint (vous pouvez utiliser plusieurs doigts) et d'une interface graphique (menus) beaucoup plus simple et facile à maîtriser. Côté qualité d'image, le Canon fait également un peu mieux avec une bonne gestion du bruit électronique jusqu'à 3 200 ISO.

Fujifilm X-E2

Ce modèle est le plus ancien de notre sélection. Pour autant, il reste parfaitement dans la course, grâce à un superbe rendu des images, notamment dans les hautes sensibilités ISO. Il dispose d'un viseur électronique intégré et son look rétro sait faire de l’œil aux photographes. Malgré son âge, le X-E2 propose l'enregistrement vidéo en 60p (contre 30p pour le Canon en HDTV 1080) et un mode rafale plus rapide (7 i/s contre 4,2 chez Canon). La gamme optique X est également intéressante avec de nombreux modèles haut de gamme lumineux.

Côté Canon, on est séduit par l'écran orientable et tactile qui fait cruellement défaut chez Fujifilm, et un autofocus plus complet (notamment au niveau du suivi de sujet).

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