Gabarit

L'EOS M3 de Canon est un petit boîtier APS-C qui rejoint le Sony A6000 ou le Fujifilm X-E2 dans le club des compacts. Toutefois, contrairement à eux, il ne dispose pas de viseur électronique intégré. De fait, si on lui adjoint le viseur électronique EVF-DC1, le M3 prend un sérieux embonpoint et devient nettement moins intéressant. Son optique 18-55 mm f/3,5-5,6 n'est pas non plus un modèle de compacité. En réalité, la différence provient surtout du fait que cette optique n'est pas rétractable, alors que les concurrents proposent pratiquement tous les modèles bien plus compacts en position transport. Certains constructeurs proposent également des zooms motorisés bien pratiques pour la vidéo, ce qui n'est pas le cas ici.

Canon EOS M3 test review vue de face avec optique
Canon EOS M3 et l'optique de kit : 18-55 mm f/3,5-5,6 IS STM.

Avec 564 g sur la balance, le M3 n'est pas spécialement léger, mais l'impression de robustesse est bien présente. Ses dimensions de 110 x 68 x 44 mm, le M3 lui confèrent grosso modo le même gabarit qu'un G1X Mark II.

Ergonomie

À la prise en main, le M3 s'avère plutôt plaisant. Le boîtier est certes petit, mais il dispose d'une poignée bien dessinée qui permet une bonne préhension.

Sur le dessus du boîtier, la molette de réglage est aisément accessible — bien qu'un peu bruyante — et un gros barillet permet de choisir facilement le mode d'exposition. Vous avez les classiques modes PSAM, le mode vidéo, le mode tout auto, mais également les filtres artistiques, les modes scènes et, comble du bonheur, un mode personnalisable !

Toujours sur le dessus de l'appareil, la touche M-Fn peut être attribuée à plusieurs fonctionnalités. Les commandes pour la vidéo et la corbeille sont également personnalisables.

Canon EOS M3 test review configuration touche M-Fn

Sur l'épaule droite se trouvent une roue crantée pour la correction d'exposition (± 3 IL) et la commande de mise sous tension. Celle-ci est à la fois trop petite et trop discrète. Comme l'EOS M originel, le M3 propose une griffe porte-accessoire, mais elle est beaucoup plus ambitieuse et permet de relier un viseur électronique (EVF-DC1). Un flash pop-up est également présent et permet une orientation (manuelle) vers le plafond, ce qui est toujours appréciable.
Canon EOS M3 test review vue de dessus
Canon a écouté nos remarques et désormais le M3 dispose d'un flash intégré.

Le dos de l'appareil photo est intéressant avec un nouvel écran tactile et désormais orientable (180° vertical) et une ergonomie qui n'est pas sans rappeler celle des compacts de la marque : roue codeuse pour les réglages, trèfle de sélection (ISO, mise au point, flash...), mémorisation de l'exposition, choix des collimateurs AF, Info, Menu... Sur le repose-pouce, vous trouverez également la commande pour l'enregistrement vidéo et la lecture.
Canon EOS M3 test review vue de dos
La touche centre Q (SET) permet d'accéder à un menu pour configurer rapidement certaines options de prise de vue.

Menus

Pas de surprise au niveau des menus ; l'interface tactile de Canon se révèle claire et limpide. Nous aurions toutefois apprécié de pouvoir activer une aide contextuelle par l'appui sur une touche : la fonction Aff. Inversé aurait sans doute résonné différemment. Dommage, car l'interface graphique tactile, elle, dispose bien d'une aide qui vient s'afficher en surexposition pendant 1 seconde.

Visée et assistants

La visée se fait sur l'écran LCD orientable. Pas d'évolution au niveau de la dalle : vous retrouverez le ratio 3:2 (plus agréable en photo avec les informations en surimpression) et les 1 040 000 points d'affichage. La dalle est tactile (multipoint) et orientable grâce à deux charnières, sur 180° vers le haut et 45° vers le bas.

L'affichage est fluide en pleine lumière et conserve une bonne cadence en basse lumière.
Canon EOS M3 écran orientable
Un système à deux charnières pour une inclinaison vers le haut et vers le bas.

Vous pouvez afficher des informations sur l'écran : histogramme d'exposition (luminosité, RVB), deux grilles d'aide à la composition, un niveau électronique sur deux axes, le niveau d'enregistrement audio et un focus peaking pour la mise au point manuelle.

Pour parfaire le tout, il aurait été de bon ton d'afficher des zébras d'exposition (paramétrables) en vidéo. Enfin, nous ne comprenons pas pourquoi l'affichage des informations ne s'adapte pas à l'orientation du boîtier alors que les photos, en mode lecture, s'orientent automatiquement.

Autonomie, mémoire

Le Canon EOS M3 est livré est une batterie Li-Ion LP-E17 (1 040 mAh / 7,2 V soit environ 7,5 Wh). Lors de nos tests, nous avons réalisé environ 200 clichés par charge (sans vidéo) dans le cadre d'une utilisation classique et sans utiliser les fonctions Wi-Fi. Si Canon livre bien un chargeur de batterie, le M3 ne dispose pas de connexion micro-USB qui permettrait de recharger l'appareil à l'aide de la prise universelle (smartphone).

Canon EOS M3 test review batterie
Un seul logement pour carte sur l'A7 II de Sony.

L'accès à la carte mémoire s'effectue par la semelle de l'appareil. Le compartiment est compatible avec les cartes SD, SDHC, SDXC (UHS-I).

Connectique

En petit boîtier amateur, le M3 offre les classiques connexions HDMI (type C), USB 2.0 et une entrée micro stéréo (mini-jack 3,5 mm). Il n'y a malheureusement pas de sortie casque pour le contrôle de la prise audio en vidéo.

Le boîtier intègre une puce Wi-Fi / NFC pour le transfert des images sur un smartphone ou une tablette ainsi que la fonction télécommande sans fil. L'application Canon EOS Remote permet à la fois d'afficher les images présentes dans la carte mémoire de l'appareil et de les rapatrier sur le téléphone. Seuls les fichiers JPEG sont transférés. Il est également possible d'enregistrer les coordonnées GPS au moment du transfert, mais attention, il ne s'agit pas de marquer les images de l'appareil photo à la prise de vues. Autant dire que cette fonction est peu utile.

Canon EOS M3 test review EOS Remote

L'EOS M3 peut également se connecter à un point d'accès Wi-Fi afin de transférer les images vers des services web. Malheureusement, l'opération reste toujours aussi contraignante, puisqu'il faut au préalable configurer les différents services (Facebook, Twitter, Flickr...) sur un ordinateur via Canon Image Gateway. Dommage que Canon n'adopte pas le principe de Sony qui fournit différentes briques logicielles à télécharger afin de communiquer plus facilement avec les réseaux sociaux.

Canon EOS M3 test review EOS Remote télécommande

En mode télécommande, EOS Remote permet de modifier les principales options de prise de vues : ISO, vitesse, ouverture, motorisation, et vous pouvez choisir directement la zone de mise au point en tapotant sur l'écran de votre smartphone. De manière assez étonnante, vous ne pouvez pas changer la balance des blancs ou la qualité des images. Par contre, vous pouvez changer la correction d'exposition qui, elle, est pourtant déterminée physiquement par une molette !

Mise au point

Comme les 760D/750D, l'EOS M3 intègre la dernière génération de module autofocus hybride à corrélation de phase et détection de contraste : CMOS Hybrid AF III. Vous disposez donc de 49 points AF en mode auto et la couverture est désormais de 80 % du champ vertical et 70 % du champ horizontal.

Deux modes autofocus sont disponibles :
  • - détection visage / suivi sujet,
  • - 1 collimateur.

Le premier mode s'apparente à un mode automatique. Par défaut, l'appareil cherche à faire le point sur le sujet le plus proche et utilise pour cela les 49 points AF à sa disposition. S'il découvre un visage, la mise au point sur celui-ci est alors prioritaire. Vous pouvez également sélectionner une zone à l'écran avec le doigt pour activer le suivi autofocus. Si le suivi à l'écran est opérationnel, la mise au point automatique à parfois du mal à suivre les sujets qui se déplacent en direction du photographe (voir la section vidéo).

Avec le mode 1 collimateur, vous pouvez choisir directement à l'écran la zone AF (mode flexible) : c'est rapide, efficace et précis.

Canon EOS M3 test review autofocus mode
Dommage que le mode "spot flexible" requière le passage par les menus...

En mode manuel, vous pouvez activer une loupe (qui peut se déplacer) et un focus peaking coloré.

Performances

S’il y a un point sur lequel le nouveau M3 était attendu au tournant, c'est bien la réactivité. Alors, est-il réellement plus rapide ? Aucun doute possible : il l'est ! Mais ces trois années durant, la concurrence a également progressé, et de belle manière. Au final, le M3 reste un des COI les plus lents testés sur le site.

Si la mise au point en pleine lumière est réactive, dès que les photons viennent à manquer, les performances s'écroulent.


Le M3 ne rivalise encore pas avec les ténors du moment, notamment les COI Micro 4/3 comme l'Olympus E-M1 ou le Panasonic GX7. Surtout, il reste assez lent à la mise sous tension. Il faut patienter plus de 2 secondes avant de pouvoir déclencher.

En poursuivant les chronos, les déceptions perdurent. Le mode rafale en JPEG ne dépasse pas les 4,2 ips avec la mise au point bloquée sur la première image. Avec 1 collimateur et le suivi AF, la cadence tombe à 1,7 ips en JPEG ou en RAW. À titre de comparaison, le Sony A6000 conserve le point sur un sujet en déplacement avec une cadence de... 11 images par seconde !

Bruit au déclenchement

Malgré la disparition du miroir, le M3 reste un appareil assez bruyant, la faute retombant fatalement sur l'obturateur mécanique encore présent. Contrairement à d'autres concurrents, le COI de Canon ne propose pas d'obturation électronique partielle (1er ou 2e rideau) ou totale.

Canon EOS M3 son déclenchement

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