Sigma vient d'officialiser son super zoom à l'allonge diabolique, un 150-600 mm f/5-6,3 DG OS HSM que le constructeur décline dans deux de ses gammes : une version Sport (gamme S) et une version Contemporary (gamme C).

Sigma 150-600 mm f/5-6,3 DG OS HSM S
Les deux modèles ont des caractéristiques sensiblement différentes. Au cœur de la version Sport, on trouve une formule optique très ambitieuse associant 24 éléments répartis en 16 groupes (dont 2 verres FLD et 3 SLD), avec un diaphragme à 9 lamelles. L'optique utilise un filtre de 105 mm et permet une mise au point à une distance minimale de 2,60 m. Dotée d'un rapport d'agrandissement maximal de 1:5, elle affiche des dimensions assez respectables de 290 mm de longueur pour 2,86 kg sur la balance.

Les deux versions (S et C) ont en commun le moteur AF, le HSM qui bénéficie d'un algorithme optimisé censé améliorer l'efficacité de la mise au point continue de l'ordre de 5 % par rapport aux modèles précédents. Également en commun : la stabilisation multimode dont est équipée l'optique. En mode 1, l'optique est parée pour la photo courante. En mode 2, elle spécifiquement préparée pour les filés : un accéléromètre intégré permet de savoir si l'optique est en mode portrait ou paysage et ajuste l'AF de manière à réaliser des filés parfaits.
On retrouvera de même sur les deux versions une lentille frontale bénéficiant d'un traitement déperlant, empêchant l'eau et les graisses d'adhérer au verre et facilitant ainsi son entretien. Enfin, les deux zooms disposent d'un verrou permettant de le bloquer à n'importe quelle focale.

Le modèle Sport pour sa part dispose d'une construction "tropicalisée" (ou protégée contre les intempéries), alors que la version Contemporary ne dispose a priori que d'un joint de monture.

Les deux versions, S comme C, sont en outre dotées d'un mode MO (Manual Override) en plus des classiques AF / MF permettant de débrayer en manuel à tout moment, même lors de prises de vue en AF continu. En prime, la sensibilité du passage en mode manuel est réglable, par le biais d'un paramétrage sur le dock USB Sigma.

Le collier de la version S (inamovible en l'occurrence) a par ailleurs été repensé. Il est ainsi pourvu de crans cliquables tous les 90° afin d'en assurer un positionnement parfait en toutes circonstances. On peut également y attacher une courroie pour soulager les tensions qu'une optique aussi imposante exerce sur la baïonnette, laquelle est faite de laiton chromé pour les deux versions.

Enfin les deux versions sont compatibles avec les téléconvertisseurs Sigma. Leur associer un TC-1401 ou un TC-2001 les transforme respectivement en un 210-840 mm f/7-9 ou en 300-1200 mm f/10-12,6. Il faut ensuite un boîtier capable d'assurer la mise au point dans ces circonstances... c'est une autre question.

Caractéristiques

Monture : Canon EF - Nikon - Sigma
Format couvert : 24 x 36 mm
Plage focale : 150-600 mm
Équivalent 24x36 sur capteur APS-C : 300-1 200 mm
Ouverture maximale : f/5-6,3
Ouverture minimale : f/22
Distance de mise au point : 2,6 m
Nombre de lamelles du diaphragme : 9
Construction : 24 lentilles réparties en 15 groupes
Éléments spécifiques : 2 verres FLD - 3 verres SLD
Échelle des distances : Oui
Rapport de reproduction : 1/5
Motorisation : Oui HSM
Stabilisation : oui OS
Dimensions : 212 x 290,2  mm
Diamètre filtre : 105 mm
Poids : 2,86 kg
Pare-soleil : Oui
Étui souple : Oui

Prise en main

Le 150-600 mm de chez Sigma en version Sport est un objectif impressionnant ! Il est imposant et massif, surtout si l'on ajoute le pare-soleil en métal. Comptez près de 3 kg et une longueur de près de 30 cm en position repliée (150 mm). En position 600 mm, il mesure pas moins de 37 cm de long. Avec de telles mensurations, oubliez toute utilisation à main levée : il faudra impérativement vous munir d'un monopode et fixer ce dernier sur le collier de l'optique.

Sigma 150-600 mm f/5-6,3 DG OS HSM S

La qualité de construction est remarquable et n'a absolument rien à envier aux blancs série L de chez Canon. L'objectif est tout en métal (pare-soleil inclus). Le design est très soigné et discret : deux très bons points ! C'est un bel objet, il n'y a aucun doute.

Sigma 150-600 mm f/5-6,3 DG OS HSM S

Autant vous dire que c'est une optique toutes options : conception tropicalisée, motorisation HSM, trois modes de mise au point dont le MO (Manuel Overdrive), limiteurs de plage de mise au point, stabilisation optique à deux modes, deux modes personnalisables et une compatibilité avec le dock USB.

Sigma 150-600 mm f/5-6,3 DG OS HSM S

La bague de zoom est assez confortable à utiliser bien qu'elle soit très dure. En effet, son maniement entraîne le déplacement de nombreux blocs de verres qui sont très lourds. La bague d'autofocus est pour sa part proche de la perfection : large, fluide, avec indicateurs de butée et course modérée.

Sigma 150-600 mm f/5-6,3 DG OS HSM S

Test labo

Nous avons testé le 150-600 mm avec un Canon EOS 6D et son capteur 24 x 36 mm de 20 Mpx (6,5 µm de côté).

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à un autre, d'une focale à une autre et d'une ouverture à une autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 ou f/11 par exemple.

De plus, le piqué va dépendre de la définition du capteur de votre appareil (nous avons testé l'objectif avec un 6D de 20 Mpx) et la taille de son capteur (24 x 36 mm pour le 6D). Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.

Le 6D dispose d'une définition de 5568 x 3708 pixels. Chaque pixel mesure donc 6,5 µm de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/20 !

Les résultats de cet objectif sont bons, sans être parfaits évidemment : sur un zoom de cette amplitude, il est à l'heure actuelle tout simplement impossible d'avoir des images piquées et homogènes quelle que soit la focale ou l'ouverture. Notons que pour la scène test, malgré nos récents travaux d'agrandissement, notre laboratoire est encore trop petit. Arrivé donc au 400 mm, nous n'avons plus bougé l'appareil.

Dans l'ensemble, le piqué est très élevé et procure un niveau de détails remarquable. Bien entendu, aux plus grandes ouvertures, on observe un manque d'homogénéité entre le centre et les bords extrêmes. Cet écart reste important quelle que soit l'ouverture aux plus "larges focales". Dès le 400 mm, les images sont un peu moins piquées, mais demeurent très homogènes.





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Test terrain

La focale

Une focale correspond à un angle de champ – ou angle de vision – couvert par l'appareil équipé de l'objectif. Plus la focale est importante, plus l'angle de champ est réduit : on parle de longue focale. À l'inverse, plus la focale est courte, plus l'angle de champ est large : on parle de grand-angle.

Voici ce que l’on obtient avec le Sigma 150-600 mm monté sur le 6D, qui est équipé d’un capteur 24 x 36 mm. Monté sur un reflex équipé d'un capteur APS-C et avec le coefficient de conversion de 1,6x, on obtient un équivalent 240-960 mm. Cet objectif est idéal pour les photos d'action et animalières. Les très longues focales permettent de garder une grande distance avec les scènes ou les sujets que l'on souhaite photographier.





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Le vignetage

Tous les objectifs donnent une image dont la périphérie, et particulièrement les coins, sont plus sombres. Le vignetage se mesure en IL (Indice de Lumination) : la valeur indiquée mesure la différence, en IL, entre la quantité de lumière reçue par les bords et celle reçue au centre.

Le vignetage est bien présent sur cet objectif et ce, quelle que soit la focale choisie. Il est très "entrant" et parfaitement visible jusqu'à f/11. Au-delà de f/11, il devient plus négligeable. En deçà, il devra être corrigé en post-production.





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Distorsions

Les objectifs ont tendance à "tordre la réalité". Les aberrations géométriques apparaissent lorsque l'on s'éloigne des conditions de Gauss. On rencontre deux types de distorsions géométriques : les distorsions en coussinets et les distorsions en barillets.

Oubliez les distorsions !





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Bokeh

Le bokeh est à mettre en relation avec la profondeur de champ. On peut le comparer à la "qualité" du flou ou encore à la manière dont l'objectif passe du net au flou – notion très subjective, même si certains éléments permettent de prévoir les choses – sur des images à faible profondeur de champ. Il dépend de nombreux paramètres dont principalement la conception de l'objectif, la forme et la taille du diaphragme.

Malgré des ouvertures maximales relativement faibles (f/5-6,3), ce 150-600 mm permet de jouer avec la profondeur de champ et de faire bien ressortir un sujet principal par rapport à son arrière-plan. Pour ce faire, préférez une distance de mise au point relativement courte ou bien une distance très élevée entre le sujet principal et l'arrière-plan.





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Stabilisation

Le principe d'un stabilisateur optique est simple : l'objectif est équipé d’une petite lentille montée sur un système de micromoteurs qui lui permet d’être mobile, c’est-à-dire de pouvoir bouger dans deux directions : verticale et horizontale. Ces micromoteurs sont actionnés grâce à un système gyroscopique qui détecte les moindres mouvements de l’objectif (et donc du bras du photographe), et les compense afin de les corriger. Très schématiquement, si on monte très légèrement son appareil vers le haut, la lentille dans l’objectif se déplace vers le bas et les deux mouvements s’annulent d’un point de vue optique : c’est comme si on n’avait pas bougé.

À main levée, sur un sujet positionné à environ 3 m et au 600 mm, nous avons réussi à descendre au 1/80 s avec la stabilisation optique en obtenant une image jugée comme nette. Cela nous assure donc un gain de 3 IL par rapport au temps de pose limite théorique.


Galerie terrain

Nous avons testé le 150-600 mm lors du Saut Hermès, une compétition hippique internationale qui se déroule tous les ans à Paris au Grand Palais. Au programme, une démonstration équestre d'Alexis Gruss et une belle épreuve de saut d'obstacle. Nous avons volontairement utilisé une sensibilité ISO relativement haute et la plus grande ouverture afin d'avoir des temps de pose très courts, pour pouvoir figer les mouvements très rapides des chevaux et des artistes. Nous étions très éloignés de l'action, positionnés dan le haut des gradins, et avons utilisé un monopode pour optimiser la stabilité et soulager nos bras.

Marque : Canon
Modèle : Canon EOS 6D
Vitesse : 1/800 s, ouverture : f/6.3
Sensibilité : 1600 ISO
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Focale : 410 mm, décalage expo : 1 IL
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Vitesse : 1/800 s, ouverture : f/6.3
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Focale : 380 mm, décalage expo : 1 IL
Objectif : Sigma 150-600 mm f/5-6,3 DG OS HSM S
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Modèle : Canon EOS 6D
Vitesse : 1/1000 s, ouverture : f/6.3
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Focale : 250 mm, décalage expo : 1 IL
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Modèle : Canon EOS 6D
Vitesse : 1/4000 s, ouverture : f/6.3
Sensibilité : 1600 ISO
Focale : 380 mm, décalage expo : 0.67 IL
Objectif : Sigma 150-600 mm f/5-6,3 DG OS HSM S
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Verdict


Sigma 150-600 mm f/5-6,3 DG OS HSM S

Au final, Sigma, avec ce 150-600 mm, signe une arme redoutable pour les spécialistes de la photo animalière ou sportive désireux d'avoir une optique très polyvalente et parée à toute épreuve. Bien entendu, avec une telle polyvalence, il faut savoir faire des concessions sur les ouvertures maximales et se contenter du f/5-6,3 que propose le zoom. Cela rend l'usage de l'optique plus délicat en intérieur, mais ses faibles ouvertures maximales sont compensées par une stabilisation optique efficace et des montées ISO performantes.

Ce zoom dispose d'une qualité de construction remarquable et d'un design soigné et discret. Il en impose et vous n'aurez pas à rougir sur le bord du terrain à côté des gros blancs. Tout en métal, il dispose d'une conception tropicalisée et de nombreuses options (personnalisation, limiteurs, deux modes de stabilisation, trois modes de mise au point, etc.). Ces options sont un réel plus, mais encore faut-il en avoir l'usage. L'investissement dans le dock USB sera aussi obligatoire pour tirer parti de toutes les fonctions que propose l'objectif.

La qualité optique est bien au rendez-vous et le 150-600 mm offre un niveau de piqué (restitution des fins détails) tout à fait satisfaisant malgré quelques défauts d'homogénéité aux plus grandes ouvertures et aux plus "larges focales". On apprécie l'absence de distorsions et le très faible niveau d'aberrations chromatiques. Le vignetage est pour sa part bien présent.

Attention, toutes ces fonctionnalités se payent par le poids et l'encombrement de l'objectif qui devra le plus souvent être associé à un monopode, à moins de prendre un abonnement à la salle de sport pour travailler vos biceps.

Nous recommandons sans hésitation cette optique, belle porte d'entrée dans l'univers des très longues focales, qui bénéficie de la plupart des fonctionnalités et du niveau de qualité existant dans l'univers professionnel chez Canon et Nikon.

Points forts

Points faibles

Design et qualité de fabrication

Poids et encombrment

Polyvalence de la plage de focales

Ouvertures maximales f/5-6,3

Qualité optique

Vignetage important

Stabilisation optique

Défaut d'homogénéité du piqué aux plus grandes ouvertures et aux focales les plus larges

Personnalisation et programmation de l'objectif

Bague de zoom trop dure



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