Pour notre test, la scène est éclairée sous environ 250 lux. Notre appareil étalon est le Canon 5D Mark III qui pour un gris neutre 18 % requiert le couple f/5,6 - 1/8 s pour une sensibilité de 200 ISO. Le Sigma dp3 Quattro  est également calé pour exposer correctement un gris 18 % avec une sensibilité ISO de 100 ISO et une ouverture de f/5,6. La vitesse est alors de 1/3 s. Nous faisons alors varier la vitesse et la sensibilité ISO. Les images sont visibles à 100 % et vous pouvez télécharger les fichiers bruts (XF3).

Les JPEG

Le dp3 Quattro est équipé d'un capteur Foveon X3 de dernière génération dans un format APS-C comme l'ensemble de la gamme qui porte ce nom.

proportions des différentes tailles de capteurs

Ce capteur présente toujours une technologie tri-couche (bleue, verte et rouge), mais cette fois, la couche bleue présente 4 fois plus d'information que les couches inférieures.

Sigma Capteur Foveon Quattroarchitecture du capteur APS-C Foveon X3 Quattro
Architecture du capteur Quattro (visuel constructeur).
Pour plus d'information sur le calcul de la définition, vous pouvez consulter cet article sur Les Numériques.

Si le comptage de pixels sur la précédente génération de capteurs Foveon X3 (Merrill) était assez simple, avec autant d'information colorée que de pixels, ici, le principe se complique sérieusement.

Les fichiers délivrés ont une définition de 5424 x 3616 pixels, soit environ 20 Mpx, ce qui est également la définition de la couche bleue. Attention, dans les autres couches, les informations sont donc extrapolées pour obtenir les éléments manquants. Les photosites des couches vertes et rouges étant plus grands, ils sont également plus sensibles. Autre avantage de cette technologie : le capteur ne comporte ni filtre passe-bas, ni filtre coloré susceptible de dégrader la qualité des images.

Par contre, le revers, c'est que peu de logiciels savent exploiter correctement le format particulier des fichiers bruts et, pour l'instant, il est préférable d'utiliser le logiciel maison Sigma Photo Pro. De toute façon, c'est en l'état la seule solution.

Les JPEG à 100 ISO sont remarquables de finesse et le rendu de matière, absolument superbe et unique. Aucun autre appareil photo n'est capable de restituer autant de détails de notre scène test. Malheureusement, l'architecture tri-couche a également ses limites et elle les montre trop rapidement quand on cherche à grimper dans les sensibilités ISO.

Ainsi, comme sur le dp1, dès 200 ISO, une granulation est déjà perceptible, notamment dans les aplats colorés. Il sera possible de pousser à 400 ISO, mais vous percevrez déjà une légère désaturation des couleurs et une granulation plus marquée. Idéalement, il faut s'arrêter à 800 ISO, sensibilité à partir de laquelle les images sont plus franchement dégradées : la granulation reste assez fine, mais présente une trop grande régularité et crée des bandes peu esthétiques. Les sensibilités supérieures ne sont toujours pas réellement exploitables : le bruit devient grossier et le lissage, destructeur.

Sigma dp3 Quattro : Réduction du bruit standard 100-800 ISO
Sigma dp3 Quattro : Réduction du bruit standard 1600-6400 ISO

Vous pouvez également télécharger les fichiers Raw (100-200-400-800-1600-3200-6400 ISO)


Comparaison à tirage équivalent

Nous avons choisi de confronter le dp3 Quattro à quelques boîtiers référents comme le RX1R de Sony (24 Mpx, 24x36), le Fujifilm X100S (16 Mpx, APS-C) et le Nikon D800 (36 Mpx, 24x36).

Nous comparons naturellement les boîtiers à "tirage équivalent". Nous avons "normalisé" les images pour un tirage 40 x 60 cm en 180 dpi, soit une définition de12 Mpx environ. Avec les dp Quattro, nous avons choisi de limiter la sensibilité à 800 ISO afin de ne pas trop les pénaliser.

Attention, les boîtiers ne sont pas équipés d'optiques équivalentes, le piqué initial n'est donc pas le même. Il faut essayer de comparer uniquement le niveau de bruit électronique... Pas si simple.


Malgré une précision bien supérieure à celle de ses concurrents, le Sigma dp3 Quattro est en difficulté face à la concurrence à 800 ISO. S'il surclasse encore le Fujifilm X100S et son capteur APS-C X-Trans II en termes de rendu des détails, le X100S affirme sa maîtrise du bruit électronique avec des aplats exempts de bruit à 800 ISO. Le Sony RX1R est remarquable face au D800 de Nikon, avec un rendu bien équilibré entre détail et niveau de bruit électronique.

Oscilloscope

Passons certaines images du Sigma dp3 Quattro sous l'œil de l'oscilloscope pour un avis plus "mathématique".

Les résultats sont à l'image du boîtier : un peu déroutants. En effet, à 100 ISO, l'oscilloscope montre déjà une belle "activité" sur la gamme de gris. Ce phénomène s'explique par la forte accentuation des images qui, couplée à l'impressionnante précision, met en relief les imperfections d'impression de la charte !

À 400 ISO, le bruit vient prendre le dessus et les gris sombres sont constellés de petits points, mais la dynamique reste raisonnable avec des paliers encore bien visibles. Au-delà, c'est beaucoup plus compliqué : les marches de l'escalier s'estompent et le bruit vient perturber le rendu des basses valeurs.

Sigma DP3 Quattro test review bruit électronique sur gris 100 ISO
Sigma dp3 Quattro – 100 ISO
Sigma DP3 Quattro test review bruit gamme gris graphique 100 ISO
Sigma DP3 Quattro test review bruit gamme gris 400 ISO
Sigma dp3 Quattro – 400 ISO
Sigma DP3 Quattro test review bruit gamme gris graphique 800 ISO
Sigma dp3 Quattro 800 ISO
Sigma dp3 Quattro – 800 ISO
Sigma DP3 Quattro test review bruit gamme gris graphique 800ISO

Sigma dp3 Quattro 3200 ISO
Sigma dp3 Quattro – 3 200 ISO
Sigma DP3 Quattro test review bruit gamme gris graphique 800ISO

Fichiers bruts

Il est intéressant de noter que dans la moulinette Sigma Photo Pro 6.2, le traitement des fichiers bruts change clairement la donne si vous souhaitez photographier à 800 ISO ou plus. Même si le traitement des images est un peu long (entre 5 et 10 secondes selon la puissance de votre ordinateur), le gain est plus qu'appréciable... au niveau des détails. Par défaut, les images réalisées à 800 ISO ou plus présentent un gain évident au niveau du rendu des détails. Le traitement des données requiert sans doute beaucoup de puissance de calcul et le JPEG de l'appareil ne semble être qu'un simple "aperçu" de la photo. Le rendu des couleurs est par contre toujours aussi terne par défaut, et il est difficile de revenir à une colorimétrie juste.

La granulation étant plus fine, un passage en noir et blanc contourne élégamment le problème des couleurs et permet d'obtenir des images tout à fait convenables jusqu'à 3 200 ISO au moins.

Sigma DP3 Quattro test review JPEG vs RAW


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