Comme le film pour les appareils argentiques, le capteur de votre boîtier doit recevoir une quantité exacte de lumière pour donner une photo bien exposée, avec des détails dans les ombres et dans les hautes lumières. En cas de sous-exposition, les ombres sont noires et sans détails, tandis que dans le cas d’une surexposition, les hautes lumières sont uniformément blanches : on dit qu’elles sont brûlées. À l’ordinateur, on arrive à rattraper les choses dans le cas d’une légère sous-exposition — une surexposition significative étant généralement non rattrapable —, mais il vaut mieux poser juste à la prise de vues.

Principes de l'exposition photographique fig. 1
Analogie avec le temps nécessaire pour remplir d'eau un volume donné. Illustration : E. Elcet

On peut comparer cette exposition à la quantité d’eau qu’une bassine doit recevoir pour être correctement remplie : suffisamment, mais pas au point de déborder.

Les trois paramètres de l’exposition

Trois facteurs déterminent une exposition correcte : la sensibilité du capteur (ou du film), l’ouverture de l’objectif et le temps d’exposition.

Si l'on reprend notre comparaison, la sensibilité, c’est le volume de la bassine : une petite bassine (cf. ci-dessus, cas C) se remplit plus vite à ouverture de robinet égale et correspond à une haute sensibilité. L’ouverture de l’objectif correspond à celle du robinet (cf. cas A/B). Enfin, l’obturateur qui délimite le temps pendant lequel le capteur (ou le film) est exposé, c’est le temps pendant lequel le robinet est ouvert.

Ainsi, il existe une infinité de manières d’exposer correctement une image, comme il y a une infinité de manières d'obtenir un récipient plein.

La sensibilité, désignée en ISO (en numérique comme en argentique), exprime la faculté qu’a le capteur (ou le film) de s’impressionner. Cette sensibilité se règle automatiquement lorsqu’on choisit, sur un numérique, un programme-résultat (Portrait, Paysage, Sport...) ou le programme vert (Auto). Sur les appareils haut de gamme (compacts, reflex ou bridges), on peut la choisir manuellement dans le cas du programme simple (mode P), dans les cas de la priorité ouverture (A) ou à la vitesse (S) ou en mode d’exposition manuelle (M).

Les capteurs ont une sensibilité de base, dite "nominale", généralement de 64 à 200 ISO. Ensuite, on peut l’augmenter jusqu’à 1 600, 3 200 ISO ou plus, selon les appareils. En somme, régler la sensibilité d’un numérique, c’est un peu comme avoir une bassine de capacité variable. Avec les films, on ne pouvait pas le faire hormis choisir leur sensibilité initiale, mais on pouvait en "pousser" certains au développement… à condition que toutes les vues aient été exposées de la même manière !

Les 3 mécanismes de l'exposition : l'ouverture avec le diaphragme, le temps de pose avec l'obturateur et la sensibilité ISO avec le capteur. Illustration : E. Elcet.

L’ouverture de l’objectif peut être comparée à celle du robinet : plus ce robinet est ouvert, plus vite vous remplissez la bassine — à bassine égale bien entendu. Cette ouverture, en photo, est gérée par le diaphragme. Vous ne pouvez intervenir dessus qu’en choisissant la priorité au diaphragme ou le mode manuel (ainsi que, sur certains appareils en mode programme simple, à l’aide d’un décalage du programme, mais ce n’est pas la solution la plus simple aussi je n’en parlerai pas ici). Typiquement, le diaphragme est composé de lamelles qui forment une sorte de vanne à lumière : elles s’écartent ou se rapprochent pour laisser passer un pinceau lumineux plus ou moins large, comme l’iris de notre œil.

Enfin, le temps de pose correspond au temps durant lequel le capteur ou le film reçoit la lumière (ou, dans le cas de notre bassine, durant lequel le robinet reste ouvert). Cette fonction est dévolue à l’obturateur (voir schéma ci-dessus). Il en existe différents types. Sur les reflex, l’obturateur est formé de rideaux situés juste en avant du capteur (ou du film) et qui démasquent celui-ci pendant la durée demandée automatiquement ou manuellement. Ce temps de pose est exprimé en fractions de seconde, et en secondes pour les poses très longues.

Si vous choisissez le mode d’exposition vert ou un programme-résultat (Portrait, Paysage, etc.), votre appareil se chargera de tout, pour le meilleur si les conditions de prise de vues sont favorables et pour le pire si la lumière vient à manquer. Sur les compacts basiques, la seule chose que vous pouvez choisir c’est un programme-résultat ou un programme sommaire. Vous pourrez régler manuellement la sensibilité, et rien d’autre. Ici, nous chercherons à aller un peu plus loin.

Quand les difficultés commencent

Tout se passe bien lorsque la lumière est abondante, et suffisamment douce pour modeler le sujet. On choisit alors un diaphragme moyen, une vitesse élevée et la sensibilité minimale, sauf pour des rendus particuliers. C’est lorsque la lumière manque que les difficultés apparaissent, et le flash n’arrive pas forcément à les résoudre vu sa faible puissance (donc sa portée, généralement très courte pour tous les flashs intégrés aux appareils).

En effet, l’allongement du temps de pose peut provoquer le bougé (de l’appareil, du sujet ou des deux). Une ouverture élevée peut quant à elle entraîner un manque de netteté sur les plans proches ou éloignés et augmente beaucoup les risques de mise au point erronée.

Dans ce cas, on intervient en augmentant la sensibilité du capteur, mais il n’y a pas de miracle ! Sur la plupart des compacts numériques (qui ont un très petit capteur), l’image présente un grain important (on parle de "bruit") au-dessus de 400 ISO, et les couleurs s’altèrent à 1 000 ISO et plus. Les reflex, en particulier de conception récente et en format 24x36, encaissent mieux les hautes sensibilités. Tout bien pesé, un "vieux" reflex APS-C acheté d’occasion moins d'une centaine d’euros (objectif en sus) s’en tirera mieux qu’un compact neuf au double de ce prix.

Lire également :
> Qu'est-ce que l'ouverture en photographie ?

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