Depuis deux ans déjà, Olympus fait revivre la légende de ses boîtiers reflex OM en déclinant des versions numériques OM-D.

L'OM-D E-M5, première itération de la série, inaugurait cette résurgence argentique en arborant un style néo-rétro des plus flatteurs, mais pas encore totalement abouti, notamment à cause d'un faux prisme légèrement surdimensionné qui nuisait à l'équilibre global des masses. Les E-M1 et E-M10 sont venus respectivement compléter la série en chapeautant ou en ouvrant la gamme à un plus large public tout en s'appuyant sur l'architecture d'un capteur Live MOS 16 Mpx, d'un viseur électronique et d'un écran orientable.

Aujourd'hui, l'E-M5 se voit remplacé par un OM-D EM-5 Mark II porteur d'innovations intéressantes et d'une approche plus aboutie.

Olympus OM-D E-M5 Mark 2, test review, vu de face avec objectif
Une gueule de petit reflex, cet OM-D E-M5 Mark II...

Prise en main

Entre les OM-D et moi, c'est une histoire d'amour un peu paradoxale. Votre serviteur ayant commencé la photographie avec un OM argentique dans les années 1980 (celui du paternel donc), vous imaginez combien un revival numérique de ce petit reflex pouvait me séduire. Cependant, je n'avais encore jamais craqué sur un OM-D pour une raison simple : jamais leur ligne ne m'avait totalement séduit. Je trouvais en réalité que l'E-M5 manquait d'équilibre géométrique, que l'EM-1 était disgracieux avec son imposante poignée reflex et que l'EM-10 était trop entrée de gamme pour mon expertise.

L'EM-5 Mark II était donc attendu au tournant et... je l'avoue tête basse, devant cette seconde génération, une partie de mon être journalistique perd de sa sacro-sainte objectivité : je trouve le boîtier magnifique. Ses courbes, son design, ses lignes lui confèrent un aspect particulièrement attrayant et surtout un équilibre global que j'estime vraiment réussi.

Olympus OM-D E-M5 Mark 2, test review, vu de face sans objectif
La monture Micro 4/3 accueille aujourd'hui plus de 40 optiques, ainsi qu'une variété infinie de modèles à l'aide de bagues de conversion.

La sobriété d'un Leica est certes à des années-lumière, mais le Mark II porte en lui les gènes d'une fusion intéressante entre dessin à l'ancienne et construction contemporaine, sans que l'un déséquilibre l'autre.

La tropicalisation lui ouvre la voie de la photographie par tous les temps et, surtout, nourrit une impression de robustesse qu'une finition haut de gamme vient surligner. Avec un poids de 469 g (carte et batterie chargées), le boitier tient bien en main et offre une préhension confortable. Le repose-pouce arrière est suffisamment saillant pour que l'appareil se cale bien dans la paume.

Les plus grandes mains regretteront évidemment l'absence d'une poignée telle qu'elle est dessinée sur l'E-M1, mais il sera toujours possible d'adjoindre un grip pour améliorer l'équilibre de l'ensemble, surtout avec de longues focales. Reconnaissons néanmoins que dans les configurations testées, à savoir le Mark II accompagné des Zuiko 12-40 mm f/2,8 et 25 mm f/1,8 le grip HLD-8G ne nous a pas manqué. Notez que ce dernier vient combler une lacune du boîtier et se révélera donc indispensable pour les vidéastes : il intègre une prise casque.

Ergonomie

Allumer un OM-D E-M5 Mark II est déroutant au premier abord. L'interrupteur se trouve sur l'épaule gauche du boîtier, juste à la base de la molette de sélection des modes. Cette position est toujours moins pratique qu'autour du déclencheur, qui permet d'allumer et de prendre une première image à une main, mais la perte de temps n'est finalement pas si conséquente et, encore une fois, l'héritage esthético-historique de la marque comblera les nostalgiques.

Olympus OM-D E-M5 Mark 2, test review, vu de dessus Un tableau de bord bien dense sur l'EM-5 Mark II.

La molette des modes est verrouillable et suffisamment ferme pour ne pas passer d'un mode manuel à un mode automatique inopinément.

L'épaule droite est en revanche bien plus encombrée. Deux molettes de réglages permettent de naviguer dans les menus, de régler l'ouverture et le temps de pose et trois touches de fonction offrent par défaut l'accès au créateur de couleur, à la visualisation des informations et au HDR. Un déclencheur vidéo séparé prend place à l'extrémité droite de l'appareil. Si la compacité du boîtier est un atout dans la plupart des circonstances, il reste dommage que les touches sus-citées soient si ramassées les unes contre les autres. L’œil dans le viseur, il est parfois difficile de savoir exactement sur quelle touche on appuie. Ne soyons cependant pas trop sévère, l'OM-D présente un nombre de raccourcis conséquent qui ravira les amateurs de personnalisation extrême (nous y reviendrons).

Olympus OM-D E-M5 Mark 2, test review, vu de dos, écran
Au dos, un écran tactile et monté sur rotule !

Au dos, l'E-M5 Mk II embarque pour la première fois un écran arrière monté sur rotule (enfin !) de 1 037 000 points sur une diagonale de 7,6 cm et bien sûr tactile, mais seulement monopoint.

Le trèfle arrière de sélection est entouré rationnellement des touches d'accès direct au menu, aux informations de prises de vue, à la lecture et à la suppression des images. À côté du viseur, on retrouve la touche Fn1 configurable et par défaut assignée au lock d'exposition, ainsi qu'un basculeur de fonction qui permet de transformer par défaut aussi les molettes d'exposition en accès rapide à la sensibilité et la balance des blancs.

Si l'ergonomie peut sembler alambiquée de prime abord, elle s'appréhende assez facilement à condition de faire un minimum d'efforts et d'avoir pris le temps de configurer le boîtier à son goût.... donc d'avoir perdu une partie de ses cheveux en allant dans les menus. Cela dit, les touches tombent bien en main, l'écran tactile monté sur rotule reste bien plus confortable qu'une simple charnière et la touche centrale "OK" permet d'accéder grâce à un menu rapide aux principaux réglages. Un regret cependant : les touches arrières ne sont pas rétroéclairées... alors qu'elles l'étaient sur l'Olympus E-610 en 2009.

Stockage, alimentation, connexion

La batterie de l'Olympus OM-D E-M5 Mark II est de type BLN-1 Li-ion et permet de prendre en moyenne entre 250 et 300 photos au maximum, ce qui est bien trop peu sur ce genre de boîtier. Il faudra donc partir en reportage avec au moins deux batteries, ou vous équiper d'une poignée d'alimentation dont le prix s'élève tout de même à 200 €. La recharge moyenne d'une batterie totalement vide est d'environ 3h30. Autre regret : l'absence de prise micro-USB pour assurer la charge (en plus du chargeur, bien entendu). Notez qu'un mode "éco" coupe l'affichage écran et permet d'augmenter sensiblement l'autonomie de la batterie.

Olympus OM-D E-M5 Mark 2, test review, vu de dessous, emplacement de la batterie et batterie
Olympus OM-D E-M5 Mark 2, test review, vu du côté gauche, emplacement de la carte mémoireOlympus OM-D E-M5 Mark 2, test review, vu du côté gauche, emplacement de la carte mémoire, détail

Nous le signalions plus haut, nous regrettons également qu'Olympus n'ait pas décidé d'intégrer une sortie casque. Pour cela, il faudra investir dans une poignée spécifique à 149 € ! Le Wi-Fi par contre est présent et permet de piloter l'appareil à distance à partir d'une tablette ou un smartphone. Vous pouvez également récupérer les données GPS de votre smartphone afin de marquer vos images.

Menus

Si l'OM-D E-M5 Mk II offre un niveau de personnalisation extrême et des fonctionnalités que nul autre boîtier sur le marché n'est capable d'apporter — comme la correction de la mesure d'exposition par défaut, la personnalisation du niveau critique de batterie et évidemment une multitude d'autres fonctions tant au niveau de la prise de vue que de la personnalisation des touches de fonction —, la hiérarchisation des menus de l'OM-D E-M5 Mark II est... incompréhensible, exécrable et de nature à vous faire perdre encore plus vos cheveux.

Olympus OM-D E-M5 Mark 2, test review, interface et menus, exemples, menu K et Réduction du bruit
Deux exemples de menus peu compréhensibles, même avec une aide contextuelle.

Cela fait des années que nous soulignons l'absurdité et la complexité de certains réglages et chaque fois, Olympus nous emmêle un peu plus le cerveau. Attention, comprenez bien ici le paradoxe : pas une seule fonction de cet OM-D n'est à supprimer. S'il apparaît évident que certaines ne seront jamais utilisées, elles ont le mérite d'exister et de rassurer l'utilisateur aguerri. En revanche, par pitié, il serait bon de revoir l'organisation de cette interface et de la rationaliser. Le menu K par exemple n'est-il pas une espèce de fourre-tout dans lesquels sont rangées des options que l'on ne savait où placer dans les autres menus ? Pourquoi séparer l'assistance MF du réglage du focus peaking ? À quoi servent les menus Photo 1 et 2, ou pourquoi ne pas là encore mieux hiérarchiser les options avec les onglets ? Comment accède-t-on facilement à l'obturation silencieuse ? Que signifient les icônes cœur et losange dans le menu de motorisation ?

Olympus OM-D E-M5 Mark 2, test review, interfaces de pilotage globale et par défilement
Deux interfaces sont disponibles pour "piloter" l'E-M5 Mark II : un panneau global ou par défilement.

Comme si Olympus était conscient de cette faiblesse, il sera toujours possible de cacher "ce menu que je ne saurais voir" en masquant l'icône des réglages avancés. Néanmoins, nous reconnaîtrons volontiers que le menu rapide est pour le coup d'une simplicité enfantine : clair et facilement appréhendable.

En somme, l'OM-D E-M5 Mk II est un boîtier qui a de quoi faire chavirer les cœurs, mais la complexité de ses menus réfrènera sans aucun doute les moins experts d'entre nous.

flash

Tout comme l'E-M5 premier du nom, le Mark II dispose d'un flash optionnel fourni par Olympus en standard et qui vient se loger sur la griffe porte-accessoire. Bien qu'on ne puisse se contenter d'une telle solution — car il est à parier qu'à chaque fois que vous en aurez besoin, vous ne l'aurez pas avec vous —, admettons que le FL-LM3 est une bonne surprise. Non seulement sa puissance officielle NG9 (100 ISO en mètre) lui confère une réelle polyvalence, mais en plus il arbore une tête articulée qui lui permettra de diffuser une lumière douce et dirigée. Il est possible de piloter des flashes distants sans fil, d'utiliser une vitesse de synchronisation jusqu'à 1/250 s et de jouer avec les modes automatiques, second rideau, vitesse lente et total manuel.

Olympus OM-D E-M5 Mark 2, test review, flash externe FL-LM3

Visée

Le viseur de l'OM-D E-M5 Mark II est une bonne surprise. Sa définition de 2 360 000 points (XVGA 1024 x 768 pixels), connue, et son grossissement de 0,74x en équivalent 24x36 avec un dégagement oculaire de 21 mm en font l'un des meilleurs du marché. Mais il se révèle de plus comme l'un des viseurs électroniques les plus agréables à l'usage.

Il est possible de régler la température de couleur et la luminosité. Les angles de vision sont larges et la dynamique est bonne. La fréquence de rafraîchissement est de 120 ips, ce qui assure une bonne fluidité. Autre point important, l'E-M5 Mk II est capable d'ajuster la luminosité de l'affichage en fonction de la lumière ambiante pour conserver une visée plus naturelle. Une fonction qu'il est possible de débrayer pour ceux qui souhaitent justement pouvoir mieux voir dans l'obscurité. Il n'y a a priori pas de différence avec le viseur de l'E-M1 si ce n'est que les couleurs semblent un peu moins froides, mais il faudra poursuivre les tests pour les comparer véritablement.

À noter toutefois : si la visée électronique présente des avantages certains par rapport à la visée optique (avec entre autres un affichage à 100 % de la scène, un rappel des informations et une prévisualisation de l'image en temps réel), elle reste en retrait dans certains cas, notamment sur les scènes à fort contraste : un temps de latence reste alors encore perceptible lors de brusques changements de lumière.

Déclenchement

Désormais équipé d'un obturateur électronique, l'E-M5 Mark II peut déclencher de manière totalement silencieuse. Un vrai plus pour le photographie de spectacle, par exemple. En mode "classique", l'EM-5 Mark II est par ailleurs assez discret. Vous pouvez écouter le son du déclenchement en mode isolé et rafale en cliquant sur le vignette ci-dessous.

Olympus OM-D E-M5 Mark 2, test review, son au déclenchement

Réactivité autofocus

Contrairement au boîtier haut de gamme de la marque, l'E-M1 qui combine via un système DUAL FAST AF un autofocus hybride à détection de contraste et de phase, l'autofocus de l'OM-D E-M5 Mk II est uniquement à détection de contraste sur 81 collimateurs. Il reste cependant particulièrement véloce en plein jour — le temps de latence entre la pression sur le déclencheur et la mise au point est quasi nul — et efficace en basse luminosité. Il tressaute lorsque le contraste manque, mais finit la plupart du temps par trouver un point d'accroche. Nous avons fait des essais dans une obscurité presque totale et avons été surpris de voir que la mise au point était tout de même effectuée. De la même façon, le déclenchement tactile est efficace et la réponse du boîtier, quasi instantanée.

Naturellement, nous avons testé le suivi AF sur un sujet en déplacement avec une cadence à 5 ips. L'E-M5 II remplit parfaitement son contrat : sur une personne avançant vers le photographe avec une foulée classique, le boîtier aligne les images en conservant le sujet net.

Olympus OM-D E-M5 Mark 2, test review, photographie de sujet en mouvement

Il est possible de se passer de la mise au point autofocus, en mode vidéo ou avec d'anciennes optiques argentiques par exemple, en faisant appel à l'assistance de mise au point. Celle-ci permet de grossir la zone sur laquelle le focus est réalisé ou d'utiliser le focus peaking. Ce dernier permet, par surlignage des contours en une couleur rouge, blanche ou jaune, de savoir si le point est correctement réalisé sur le sujet visé.

Olympus OM-D E-M5 Mark 2, test review, vu de dessus avec optique argentée

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