En design photo, depuis quelques années, la tendance est au retour aux sources avec des formes inspirées des modèles argentiques, à l'instar de la série Pen chez Olympus ou X chez Fujifilm. Sigma prend tout le monde à contre-pied en présentant la série qp Quattro aux lignes bien plus singulières. En prenant en main le dp1, vous avez l'impression de saisir un "appareil concept", un boîtier jamais vu qui vous distingue immédiatement du reste du monde.Sigma DP1 Quattro test review vue hauteur


La série dp Quattro adopte le même boîtier : seule l'optique change d'un modèle à l'autre. Le dp1 est équipé d'une focale fixe 19 mm f/2,8. Le pari esthétique est osé ; si de prime abord il surprendra tout le monde, il faut vraiment essayer un dp Quattro pour s'en faire une idée. Un Quattro n'est peut être pas le boîtier le plus confortable, mais il a de la classe et mérite que l'on s'y intéresse.

Sigma DP1 Quattro dimensions
Peu haut, le dp1 Quattro (même boîtier que le dp2 Quattro) est par contre bien plus large que la plupart des appareils actuels.

Au premier contact, vous aurez sans doute envie d'empoigner fermement l'appareil par la large crosse à droite qui fait office de poste de pilotage. Pourtant, la position se révèle rapidement aussi inconfortable qu'impraticable, le pouce recouvrant le trèfle de sélection. Eh oui, il faudra saisir le dp1 Quattro avec délicatesse et surtout avec les deux mains. Le majeur de la main droite viendra se caler contre le rebord avant, l'index pourra jouer avec les molettes et le déclencheur sur le dessus de l'appareil et le pouce naviguera entre trèfle de sélection et panneau de commande.

Sigma DP1 Quattro test review vue de face

Par ses dimensions, le dp1 Quattro n'est clairement pas un appareil de poche, mais au-delà d'un capteur 4/3" (Panasonic GM1/GM5), il semble difficile de réaliser un appareil vraiment compact. Avec le viseur optique (vendu en option), l'ensemble apparaît même assez imposant. Gageons que si vous êtes l'heureux possesseur d'un dp Quattro, vous ne chercherez sans doute pas la discrétion : un dp Quattro se montre !

Ergonomie

Prise en main

Une fois les mains bien positionnées sur le boîtier, vous cherchez naturellement à mettre l'appareil sous tension et là, vous vous demandez pourquoi votre index ne fait pas 3 cm de plus... En effet, les commandes de mise sous tension et de choix du mode d'exposition sont alors tout simplement inaccessibles sans lâcher l'appareil d'une main. Voilà qui frustre un peu, à peine l'appareil en main. Pourquoi ne pas avoir positionné un commutateur à l'avant du boîtier ou sur la partie arrière pour une mise en route par le pouce ?

Cependant la prise en main se montre finalement moins alambiquée que prévu et la finition du boîtier est de haute volée : la construction semble vraiment solide et les matériaux, de qualité pour un poids raisonnable (440 g tout équipé). Seul le rabat en caoutchouc protégeant les connecteurs détonne, tout en semblant résistant. Ce choix est assez étonnant, car si Sigma avait réellement cherché à protéger l'ensemble de la connectique des poussières ou de l'eau, il aurait proposé une finition à l'épreuve des intempéries sur l'ensemble du boîtier, ce qui n'est malheureusement pas le cas.

Sigma DP1 Quattro test revie

Dessus

Sur le dessus du boîtier, vous trouverez donc une touche pour la mise sous tension, ainsi qu'une commande pour changer le mode d'exposition. Vous avez le choix entre les classiques P, S, A, M, mais aussi la possibilité de sélectionner 3 modes personnalisés. Les deux molettes sont facilement accessibles de l'index avec un mouvement fluide et agréable. Vous pouvez associer aux deux molettes des fonctionnalités différentes (ouverture, vitesse, décalage du programme ou correction d'exposition).

Arrière

À l'arrière, vous trouverez le tableau de commande sur le côté droit de l'appareil avec, sur la poignée, un trèfle de sélection qui permet de choisir rapidement le mode de mise au point (autofocus, manuel) ou le collimateur AF (9 possibilités). Un tour de molette permettra également de choisir la taille de la zone autofocus. Si le trèfle est agréable à manipuler, il est malheureusement assez bruyant.

Le long de l'écran LCD, vous trouverez une commande pour désactiver l'affichage, accéder à un menu rapide et personnalisable, une touche pour mémoriser l'exposition (AEL) et enfin une commande pour déployer le menu. Nous aurions apprécié la présence d'une cale pour reposer le pouce à l'arrière du boîtier.

Sigma DP1 quattro test review vue de dos

Tenue de l'optique

De la main gauche, vous pouvez soutenir l'appareil au niveau de l'extrémité et de l'optique. Cette dernière est imposante et superbement construite. Dommage que le revêtement soit aussi lisse et la bague de mise au point, aussi étroite.

Stockage, alimentation

Carte mémoire

Le dp1 Quattro fonctionne avec des cartes SD, SDHC ou Multi Media. Nous déplorons qu'il n'utilise pas le potentiel de cartes plus rapides, notamment la norme UHS-I. Bon point, le logement carte est situé sur le côté de l'appareil. Si votre appareil est sur un trépied, il ne sera pas nécessaire de tout démonter pour changer votre carte.

Batterie

Côté alimentation, le dp1 Quattro fonctionne avec une batterie Li-Ion BP-51 de 8,7 Wh (7,2 V / 1 200 mAh). Celle-ci ne lui assure malheureusement que peu d'autonomie et au bout d'une centaine de déclenchements, il faudra passer par la case recharge ou changement de batterie. La marque est d'ailleurs bien consciente du problème et fournit 2 batteries avec le dp1 Quattro. Nous regrettons que Sigma n'ait pas opté pour une connexion Micro-USB universelle afin d'effectuer une recharge sur un port USB à partir d'une prise secteur, un chargeur nomade ou un ordinateur. Un chargeur sur secteur est livré en standard.

Sigma DP1 quattro test review batterie

Visée

À l'arrière du boîtier, vous trouverez un écran LCD de 7,6 cm affichant 920 000 points (ratio 4/3 avec une bande noire pour les informations). Points négatifs : l'écran est très brillant, délicat à utiliser en plein soleil, et la dalle de protection est très sensible aux traces de doigts ; en outre, nous regrettons que Sigma ne propose pas un écran orientable et tactile pour améliorer l'expérience de l'utilisateur.

En pleine lumière, l'affichage est fluide et relativement précis. En intérieur ou en basse lumière, il perd un peu de fluidité et présente beaucoup de rémanence et un bruit électronique prononcé.

Le système du dp1 Quattro permet d'afficher quelques informations utiles à l'écran comme un niveau électronique sur 2 axes, des grilles d'aide à la composition (4, 9 ou 16 lignes) et un histogramme d'exposition.

Si le dp2 peut accueillir un viseur optique (fixé sur la griffe porte-accessoire), le dp1 Quattro bénéficie d'un tout autre modèle. En effet, Sigma propose une loupe de visée VF-01 (pas de prix communiqué pour l'instant...) qui permet de grossir l'afficheur LCD d'environ 2,5x. Attention, la visée n'est pas plus précise : elle est seulement plus confortable, avec un grossissement plus important. Notez que ce viseur supplémentaire donne un aspect encore plus singulier au boîtier.

Sigma DP1 Quattro + viseur loupe VF-01
Sigma DP1 Quattro et viseur / loupe VF-01.

Mise au point et réactivité

Le Sigma dp1 Quattro utilise un module autofocus par détection de contraste sur 9 zones. La réactivité de l'autofocus n'est clairement pas le point fort du boîtier et il faut en moyenne un peu moins de 1 seconde pour faire le point. En basse lumière ou sur un sujet peu contrasté, le système a vraiment tendance à "pomper" afin d'accrocher un détail. On est loin des performances d'un boîtier Micro 4/3 ou Nikon 1, mais ce délai reste raisonnable. Ce qui l'est moins, c'est le gel de l'affichage pendant la mise au point. Impossible de suivre en mouvement, par exemple.

Pour la mise au point manuelle, vous disposez d'une loupe (8x) au moment de la pression à mi-course du déclencheur. Vous pouvez également apprécier la distance avec une échelle affichée à la base de l'écran. Malheureusement, les ingénieurs n'ont pas prévu d'assistants comme le focus peaking qui permet de surligner les zones de netteté.

Il faut compter presque 3 secondes pour mettre le compact expert sous tension. C'est long. Surtout que l'autonomie toute relative de la batterie incite à éteindre l'appareil dès la prise de vue terminée. Entre deux photos, le temps d'enregistrement est également long. Là encore, il faut patienter presque 3 secondes sans pouvoir faire de réglages. En mode rafale, le boîtier dispose d'une mémoire tampon de 7 vues (RAW + JPEG ou JPEG seul) avec une cadence qui oscille autour de 4 ips.

Connexions

Sous le cache en caoutchouc, le dp1 Quattro propose une sortie USB. Et c'est tout. Pas de prise micro-USB pour la recharge ou le transfert des données, pas de sortie HDMI. Le boîtier ne propose également aucune connexion actuelle comme le Wi-Fi, le NFC ou le Bluetooth.

Sigma DP1 quattro test review connexions

Son au déclenchement

Le dp1 Quattro est particulièrement silencieux et vous n'entendrez qu'un cliquetis au moment du déclenchement. Si vous désactivez l'assistance AF (diode rouge), vous pourrez déclencher en toute discrétion. Vous pouvez écouter le déclenchement du boîtier en mode simple puis rafale, en cliquant sur la vignette ci-dessous.

Sigma DP1 Quattro test review son déclenchement

Modes photo, exposition

Le dp1 Quattro propose une plage de temps d'exposition variant de 30 s au 1/2 000 s. Nous aurions aimé à la fois un mode "bulb" afin de pouvoir pratiquer facilement la pose longue, et une obturation plus rapide au 1/4 000 ou 1/8 000 afin pouvoir travailler à pleine ouverture et en pleine lumière. Le dp1 Quattro ne dispose d'aucun filtre ND.

Le compact expert dispose d'un bracketing d'exposition sur 3 vues sur +/- 3 IL, mais il n'y a aucune option afin de réaliser une photo à large plage dynamique (HDR). Le système offre également un intervallomètre.

Sigma DP1 Quattro test review mode standardSigma DP1 Quattro test review mode vif
Sigma DP1 Quattro test review mode cineSigma DP1 Quattro test review mode monochrome
De gauche à droite et de haut en bas : standard, vif, ciné et monochrome.

Le dp1 Quattro propose plusieurs rendus colorimétriques avec la possibilité pour chacun de modifier la saturation, la netteté et le contraste. Les modes sont les suivants : Standard, Vivid, Neutral, Portrait, Landscape, Cinema, Sunset Red, Forest Green, FOV Classic Blue, FOV Classic Yellow et Monochrome. Pour ce dernier, vous pouvez également ajouter l'effet d'un filtre coloré (jaune, orange, rouge, vert, bleu) ou ajouter une dominante colorée (rouge, sépia, vert, bleu, violet...).

Logiciel

L'architecture du capteur Foveon X3 Quattro est telle que seul le logiciel fourni par Sigma peut développer les fichiers bruts XF3. À ce jour, aucun autre éditeur de logiciel ne propose de solution pour traiter des fichiers en provenance d'un capteur Foveon. Si vous décidez de photographier en RAW (et nous vous le recommandons), la case Sigma Photo Pro sera donc incontournable.

Il est recommandé d'avoir une configuration matérielle plutôt musclée, le traitement des informations en provenance du Foveon X3 Quattro demandant une puissance conséquente.

Sigma DP1 Quattro test review logiciel sigma photo pro

Sous son interface une peu vieillissante, le logiciel est assez complet et vous pouvez régler assez finement le rendu des images.

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