Le lancement du nouvel Olympus M. Zuiko Digital ED 40-150 mm f/2,8 PRO, déjà annoncé il y a un an, a finalement été confirmé en novembre 2014. Il s'agit d'un équivalent 80-300 mm. Bien entendu, comme le 12-40 mm, il est "tropicalisé" (finition tout temps) et paré à affronter les pires conditions de prise de vue.
Il pèse un peu moins de 800 g et intègre une nouvelle technologie de motorisation autofocus ultra-rapide et silencieuse, avec deux lentilles à moteur linéaire double. On n'en sait pas plus pour l'instant sur ses caractéristiques techniques.

Olympus M. Zuiko Digital ED 40-150 mm f/2,8 PRO

Caractéristiques

Monture : Micro 4/3
Format couvert : Mirco 4/3
Plage focale : 40-150 mm
Équivalent 24x36 sur capteur Micro 4/3 : 80-300 mm
Ouverture maximale : f/2,8
Ouverture minimale : f/22
Distance de mise au point : 0,7 m
Nombre de lamelles du diaphragme : 9
Construction : 16 lentilles réparties en 10 groupes
Éléments spécifiques : 2 éléments asphériques, 4 verres à faible dispersion et 1 verre à indice de réfraction élevé
Échelle des distances : non
Rapport de reproduction : 0,21x
Motorisation : oui
Stabilisation : non
Dimensions : 79,4 x 160 mm
Diamètre filtre : 72 mm
Poids : 760 g
Pare-soleil : oui
Étui souple : non

Prise en main

Il n'y a pas à dire, ce 40-150 mm présente bien. Il reprend le design et le look du 12-40 mm f/2,8 déjà testé. On a donc affaire à un objectif 100 % métal qui jouit d'une excellente qualité de fabrication et de finition. Sobre et assez discret, il est relativement compact : un peu plus de 15 cm de long pour moins de 800 g. Sa conception à encombrement constant renforce ses caractéristiques "tout temps" : en effet, ses dimensions ne changent pas en fonction de la focale ou de la mise au point — c'est un très bon point.

Olympus M.Zuiko Digital ED 40-150 mm f/2,8 PRO


On retrouve une bague de mise au point manuelle située sur l'avant de l'objectif. Pour passer en manuel, il suffit de la tirer vers l'appareil. Elle fait alors apparaître une échelle de distance graduée. Cette bague est proche de la perfection avec une fluidité idéale. La course est modérée et on dispose de réelles butées à l'infini et à la distance de mise au point minimale. Malheureusement, on ne retrouve pas d'indicateur de distance de mise au point dynamique.

La bague de zoom est très agréable à utiliser. Elle est très large et la course entre le 40 et le 150 mm est assez modérée. Malheureusement, elle manque un petit peu de fluidité.

Olympus M.Zuiko Digital ED 40-150 mm f/2,8 PRO

L'objectif est dépourvu de stabilisation optique puisque c'est le boîtier qui dispose d'une stabilisation intégrée au capteur. Il est doté d'un collier pour pouvoir être fixé sur un trépied et éviter de trop forcer sur la monture de l'appareil. On apprécie aussi le très ingénieux système pour déployer le pare-soleil !

Olympus M.Zuiko Digital ED 40-150 mm f/2,8 PRO

Test labo

Nous avons testé le 40-150 mm avec un Olympus OM-D E-M1 et son capteur micro 4/3 de 16 Mpx (3,7 µm de côté).

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à un autre, d'une focale à une autre et d'une ouverture à une autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 ou f/11 par exemple.

De plus, le piqué va dépendre de la définition du capteur de votre appareil (nous avons testé l'objectif avec un OM-D E-M1 de 16 Mpx) et la taille de son capteur (micro 4/3 pour l'E-M1). Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.

L'E-M1 dispose d'une définition de 4640 x 3472 pixels. Chaque pixel mesure donc 3,7 micromètres de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/11 !

Pas de doute, ce 40-150 mm est une optique de haut vol, même si elle n'est pas parfaite. Globalement, le piqué est très élevé et assez homogène. La diffraction fait son apparition dès f/11 et devient réellement gênante à partir de f/16 : oubliez donc les ouvertures les plus petites !
L'optique est particulièrement performante de 40 à 70 mm. Au-delà, le piqué global baisse légèrement mais reste globalement de haute qualité. Les images sont relativement homogènes, malgré un léger décalage entre le centre et les bords dans certains cas, mais qui a l'avantage d'être stable à mesure que l'on ferme le diaphragme. On observe toutefois un "raté" au 100 mm et à f/2,8 : dans cette configuration, le piqué global est décevant.




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Test terrain

La focale

Une focale correspond à un angle de champ – ou angle de vision – couvert par l'appareil équipé de l'objectif. Plus la focale est importante, plus l'angle de champ est réduit : on parle de longue focale. À l'inverse, plus la focale est courte, plus l'angle de champ est large : on parle de grand-angle.

Voici ce que l’on obtient avec zoom Olympus monté sur un E-M1 équipé d’un capteur micro 4/3. Pour avoir une équivalence 24 x 36 mm, il faut utiliser un coefficient de conversion de 2x, soit 80-300 mm. La plage de focales, polyvalente, est bien entendu particulièrement adaptée pour du portrait, de la photo animalière ou sportive.





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Le vignetage

Tous les objectifs donnent une image dont la périphérie, et particulièrement les coins, sont plus sombres. Le vignetage se mesure en IL (Indice de Lumination) : la valeur indiquée mesure la différence, en IL, entre la quantité de lumière reçue par les bords et celle reçue au centre.

Le vignetage est bien présent mais limité uniquement à la plus grande ouverture f/2,8. Il est peu entrant et se limite aux extrêmes coins des images. Dès f/4, il devient totalement négligeable.





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Distorsions

Les objectifs ont tendance à "tordre la réalité". Les aberrations géométriques apparaissent lorsque l'on s'éloigne des conditions de Gauss. On rencontre deux types de distorsions géométriques : les distorsions en coussinets et les distorsions en barillets.

Les distorsions sont très discrètes sur cet objectif !





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Bokeh

Le bokeh est à mettre en relation avec la profondeur de champ. On peut le comparer à la "qualité" du flou ou encore à la manière dont l'objectif passe du net au flou – notion très subjective, même si certains éléments permettent de prévoir les choses – sur des images à faible profondeur de champ. Il dépend de nombreux paramètres dont principalement la conception de l'objectif, la forme et la taille du diaphragme.

Bien entendu, avec un appareil équipé d'un capteur au format micro 4/3, les effets de profondeur de champ sont plus difficiles à obtenir qu'avec un appareil équipé d'un capteur 24 x 36 mm. Toutefois, l'ouverture constante de f/2,8 (en plus d'être très pratique pour les photos à main levée dans des conditions de lumière délicates ou qui nécessitent des temps de pose très courts) associée aux longues focales du zoom permet de bien détacher le sujet de son arrière-plan avec des profondeurs de champ courtes. Le diaphragme circulaire à 9 lamelles assure un bokeh particulièrement doux.





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Galerie terrain

Marque : OLYMPUS IMAGING CORP.
Modèle : E-M1
Vitesse : 1/250 s, ouverture : f/2.8
Sensibilité : 1600 ISO
Focale : 150 mm, décalage expo : 0 IL

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Marque : OLYMPUS IMAGING CORP.
Modèle : E-M1
Vitesse : 1/160 s, ouverture : f/2.8
Sensibilité : 1600 ISO
Focale : 40 mm, décalage expo : 0 IL

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Marque : OLYMPUS IMAGING CORP.
Modèle : E-M1
Vitesse : 1/200 s, ouverture : f/3.2
Sensibilité : 3200 ISO
Focale : 90 mm, décalage expo : 0 IL

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Marque : OLYMPUS IMAGING CORP.
Modèle : E-M1
Vitesse : 1/250 s, ouverture : f/4.0
Sensibilité : 3200 ISO
Focale : 150 mm, décalage expo : 0 IL

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Marque : OLYMPUS IMAGING CORP.
Modèle : E-M1
Vitesse : 1/250 s, ouverture : f/6.3
Sensibilité : 3200 ISO
Focale : 95 mm, décalage expo : 0 IL

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Marque : OLYMPUS IMAGING CORP.
Modèle : E-M1
Vitesse : 1/250 s, ouverture : f/7.1
Sensibilité : 3200 ISO
Focale : 95 mm, décalage expo : 0 IL

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Marque : OLYMPUS IMAGING CORP.
Modèle : E-M1
Vitesse : 1/640 s, ouverture : f/2.8
Sensibilité : 1600 ISO
Focale : 150 mm, décalage expo : 0 IL

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Marque : OLYMPUS IMAGING CORP.
Modèle : E-M1
Vitesse : 1/1000 s, ouverture : f/2.8
Sensibilité : 1600 ISO
Focale : 106 mm, décalage expo : 0 IL

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Verdict

Olympus M. Zuiko Digital ED 40-150 mm f/2,8 PRO

Impossible de ne pas recommander cette optique qui n'a pas grand-chose à envier à ses équivalents professionnels du monde du reflex. L'objectif, malgré un poids et un encombrement certains, ouvre la porte aux photos de sport et animalières pour les utilisateurs de compacts à objectifs interchangeables équipés de capteurs micro 4/3 (Olympus et Panasonic). Le piqué que procure l'objectif est très élevé et, surtout, assez homogène sur l'ensemble des images. Le vignetage et les distorsions sont discrets. La qualité de fabrication est presque irréprochable !

Points forts

Points faibles

Qualité de construction et de finition

Bague de zoom perfectible

Prise en main (bague de mise au point, pare-soleil, collier)

Raté du piqué au 100 mm f/2,8

Ouverture constante f/2,8

 

Qualité optique (piqué et homogénéité)

 

Peu de vignetage

 

Peu de distorsions

 

Aberrations chromatiques absentes

 


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