Il faut bien avouer qu'à la prise en main, le D7200 ressemble à s'y méprendre au D7100 présenté il y a plus d'un an. Le boîtier reste massif, lourd avec une prise en main franche et sérieuse. Dans le segment des reflex APS-C expert, le modèle de Nikon rentre dans la moyenne avec des dimensions comparables à celles du Canon 70D ou du Sony A77 Mk II. Le boîtier reste donc largement plus imposant et lourd qu'un compact à objectifs interchangeables haut de gamme soit-il, comme l'Olympus OM-D E-M1.

Nikon D7200 test review taille boîtier

Nikon D7200 test review taille boîtier comparaison Sony A7


Prise en main

Le D7200 inspire confiance et vous serez rassuré par la présence d'un châssis en alliage de magnésium qui rend le reflex structurellement solide tout en conservant une certaine légèreté. Une légèreté toute relative, car le D7200 affiche 750 g carte et batterie en place. Le revêtement extérieur est de qualité et la prise en main est agréable. Une bonne impression renforcée par la poignée parfaitement dessinée avec un "creux" pour l'extrémité des doigts bien adapté puisqu'il laisse suffisant d'espace entre la poignée et l'objectif pour rendre accessible deux touches à l'avant. Comme la plupart des reflex de ce niveau de gamme, le D7200 dispose de joints d'étanchéité pour le protéger de la poussière et des éclaboussures.

Nikon d7200 test review joints d'étanchéité
Les joints d'étanchéités du Nikon D7200.


Ergonomie

Un petit tour du propriétaire s'impose donc. Sur l'avant et du côté de la poignée, vous trouverez deux commandes personnalisables Fn et Pv. Pour les deux boutons, vous pouvez associer de nombreuses fonctionnalités comme l'aperrçu, le passage en RAW, différente mesure de lumière ou l'accès au menu personnalisé.

Nikon D7200 test review vue de face capteur
Vue directe sur le miroir du D7200.

Vous pouvez également associer une fonctionnalité et la possibilité de modifier celle-ci à l'aide de la molette comme les dimensions de l'image, le HDR.

Les deux commandes peuvent être personnalisées pour une utilisation spécifique en visée directe sur écran.

Sur l'autre côté, vous trouverez le centre de pilotage du module autofocus. En effet, le levier associé à un bouton centrale permet à la fois de choisir le mode autofocus (AF ou Manuel), mais également le programme AF en maintenant la commande enfoncée : la molette arrière permettant de passer des mode AF-S à AF-C et AF-A, la molette avant servant alors à choisir le nombre de collimateurs actifs. Plus haut, une touche BKT active le mode bracketing et au-dessus, vous trouverez la commande pour le flash pop-up.

Dessus

Comme pour les autres boîtiers de la gamme D7xxx, le nouveau venu dispose, sur l'épaule gauche, d'un barillet pour le choix du mode d'exposition (PSAM, modes scènes, U1, U2, effets, auto...) doté d'un verrou (bouton central). En dessous, une bague permet de sélectionner la motorisation : Single, rafale rapide / lente, silencieux, retardateur et miroir relevé).

Au dessus du viseur vous trouverez la griffe porte accessoire et les deux entrées micro pour la captation sonore stéréo. Sur l'épaule droite, vous découvrirez un large écran LCD monochrome de rappel. Sur la poignée, viennent se loger une commande pour le mesure d'exposition, une touche pour l'enregistrement vidéo, le déclencheur (avec la couronne pour la mise sous tension), le correcteur d'exposition et enfin une molette de réglage.

Nikon D7200 test review vue de dessus
Le D7200 dispose d'un bel écran LCD de rappel sur l'épaule droite.

Arrière

Le dos du D7200 est également bien fourni. Sur la partie gauche, vous trouverez une série de commandes : lecture, poubelle, l'accès aux menus, des raccourcis pour régler la balance des blancs, la qualité des images et la sensibilité ISO et une "i" qui permet d'accéder à un menu rapide qui malheureusement n'est pas personnalisable. Malheureusement car les options proposées sont pour  le moins hétéroclites avec la zone d'image, le mode HDR, le mode de la télécommande ou le réglage de la réduction du bruit électronique.

Nikon D7200 test review menu i (visée optique)
Le menu i en visée optique, malheureusement non paramétrable.

De l'autre côté de l'écran, vous trouverez une touche AE-L/AF-L, une seconde molette, un (trop) petit joypad avec un (trop) petit bouton de validation, un levier pour passer en mode visée directe en photo ou en vidéo et une touche info qui permet d'afficher les principaux paramètres de prise de vue.

Nikon D7200 test review menu info
Le panneau récapitulatif qui s'affiche avec la touche Info sur l'écran arrière.

L'écran n'est ni tactile ni orientable. Une lacune incompréhensible quand on sait qu'un D5500 dispose de telles fonctionnalités pour un prix bien moindre. Il faudra donc se "contenter" d'un écran de 8,1 cm affichant pas moins de 1 228 800 points. L'écran est au ratio 4/3 avec la présence d'une bande noire en bas de l'écran afin de ne pas masquer la photo. Malgré l'augmentation du nombre de points, la définition de l'écran reste en 640 x 480 pixels, mais l'écran dispose désormais de 4 sous-pixels Rouge, Vert, Bleu et Blanc, ce dernier servant à augmenter le contraste des images et donc la lisibilité en plein soleil.

Nikon D7200 test review vue de derrière
L'écran LCD fixe et non tactile du D7200.


Stockage et alimentation

Batterie

Le Nikon D7200 utilise toujours la batterie EN-EL15 (7V, 1900 mAh pour une puissance de 14 W.h.). Lors de nos tests, nous avons réussi à dépasser plus de 1000 déclenchement avec un seul cycle de charge en utilisation classique photo (pas de Wi-Fi, très peu de vidéo). Voilà qui est bien confortable. Si cela ne suffisait pas, vous pouvez également utiliser une poignée d'alimentation verticale (MB-D15, déjà disponible pour le D7100, vendu environ 200 euros) qui permet d'embarquer 1 batterie supplémentaire  pour pratiquement doubler l'autonomie du boîtier. Il également possible, via un accessoire, d'utiliser des piles AA. Le D7200 délivre des informations intéressantes sur l'état de la batterie : niveau de charge en pourcentage et son vieillissement. La recharge d'une batterie nécessite environ 2 heures.

Nikon D7200 test review batterie
Nikon reconduit la EN-EL15 déjà présente dans le D7100.

Le chargeur du D7200 est assez classique et ne permet pas de visualiser l'état de charge de la batterie. En outre, nous aurions aimé qu'il soit désormais possible de recharger le reflex via une connexion micro-USB (nous aurions aimé une connexion USB 3, mais nous y reviendrons).

Un panneau d'affichage sur l'accumulateur complet.

Carte mémoire

Le D7200 dispose de deux emplacements pour les cartes mémoire. Vous pouvez les utiliser pour augmenter la capacité de stockage, effectuer une copie de sauvegarde ou séparer les fichiers JPEG des RAW. En vidéo, vous pouvez également choisir sur quelle carte écrire les informations.

Nikon D7200 test review carte mémoire
Deux slots mémoire, c'est mieux qu'un ! (pensée du jour)

Les deux slots répondent à la norme UHS-I en oubliant que désormais des cartes UHS-II sont disponibles. Dommage.
                               

Visée

viseur

Point de changement de ce côté par rapport au D7100. Mais celui-ci offrait déjà un modèle d'un excellent niveau avec couverture de 100% du champ photographié et un grossissement de 0,94x (soit 0,63x en équivalent 24x36). Il s'agit d'un prisme en toit qui offre une bonne clarté et une excellente précision. Grâce à un panneau LCD, il est possible d'afficher en surimpression de nombreuses informations et notamment les collimateurs AF. Auparavant en rouge, les points AF sont désormais affichés en noir ce qui moins facilement lisible, notamment sur des sujets sombres.

Vous pouvez également afficher une grille d'aide à la composition, un niveau électronique (sur 1 seul axe...), l'information sur le format d'image, le mode noir & blanc...
Dans la barre noire en bas de la visée optique, le D7200 indique également de nombreux paramètres de prise de vue : télémètre électronique, correction d'exposition, vitesse, ouverture, sensibilité ISO...

Écran arrière

Le D7200 dispose naturellement d'un mode visée directe sur écran qui permet à la fois de réaliser des photographies et de filmer. En mode photo, l'affichage est (trop) classique avec la possibilité d'afficher une seule grille d'aide à la composition, un horizon virtuel (toujours un seul axe...), mais aucun assistant comme un histogramme d'exposition, des zébras ou un focus peaking pour aider à réaliser le point avec une optique manuelle.

La touche "i" permet d'accéder à un menu rapide pour modifier certaines options. Malheureusement, ce menu n'est pas personnalisable.


 

En vidéo, l'affichage bascule en 16/9e et permet de cadrer correctement la scène avant le filmage. De manière assez étonnante, il est possible d'afficher un histogramme d'exposition ainsi que des zébras (nous verrons par la suite que le niveau des zébras n'est pas connu...).




Mise au point et réactivité

Manuelle

En visée optique, la mise au point s'effectue donc... à l’œil. Vous disposez également d'un télémètre électronique (point de confirmation).

En visée vidéo, point de focus peaking, mais la possibilité de zoomer jusqu'à 19x dans l'image afin de bien vérifier la netteté avec une bonne restitution des détails.

Nikon D7200 test review zoom visée optique mise au point manuelle
En visée directe, le zoom 19x pour vérifier la mise au point manuelle.

Autofocus

Le D7200 hérite du module Multi-CAM 3500 II déjà présent dans le Nikon D750 24x36. Il bénéficie donc d'une sensibilité accrue par rapport au D7100 puisqu'il peut accrocher un sujet jusqu'à -3 IL. En pratique, le D7200 s'avère effectivement assez performant en basse lumière.

Le module couvre une bonne partie du cadre de visée, mais nous aurions aimé une répartition des collimateurs plus homogène avec notamment plus de points dans la hauteur. Parmi ses 51 collimateurs, 15 sont en croix jusqu'à f/5,6. Il se réduit à 11 points jusqu’à f/8.


Les 51 collimateurs du Multi-CAM 3500 II

Les différents collimateurs peuvent être utilisés de manière différentes :


Dommage que le D7200 ne dispose pas de la cellule d'exposition sur 91 000 points (comme le D750). En effet, ce capteur supplémentaire vient en renfort pour le suivi AF et sert notamment pour la détection des visages en visée optique.

Suivi autofocus

Le mode suivi 3D de Nikon nous a toujours impressionné et il se révèle impeccable sur le D7200. Nous avons réalisé une série d'image sur une personne se déplaçant rapidement en marchant et le taux de déchet est assez faible. Seules les dernières images, alors que la personnes est assez proche, sont floues.


Nikon D7200 test review suivi autofocus 3d

Le Nikon D7200 dispose d'une Led d'assistance pour la mise au point qui permet d'éclairer une scène afin de faciliter la mise au point.

Répondant

En laboratoire et en visée optique, le D7200 se comporte pratiquement de manière identique au D7100 malgré l'apparition d'un nouveau processeur de traitement des données Expeed 4 et d'un nouveau module AF. Il n'en demeure pas moins rapide avec une mise au point à 0,3 s, une mise sous tension à 0,3 s également. Entre deux photos, le délai est à peine de 0,2 s. Globalement le D7200 est donc un appareil très agréable à utiliser, rapide, nerveux. En visée sur écran, l'autofocus est par contre beaucoup plus poussif et nous sommes loin des standards établis par les boîtiers Micro 4/3. Sur ce point la marge d'amélioration est importante (vous pouvez voir une vidéo de l'autofocus en visée écran dans la partie vidéo).

Le mode rafale atteint bien les 6 i/p, mais ce score est loin d'être exceptionnel puisque le 70D de Canon annoncé en 2013 proposait déjà une cadence rafale à 7 i/s en pleine définition. Pour atteindre cette cadence, il faudra passer en mode 1,3x avec une définition en 15,4 Mpx.

Le D7100 présentait quelques limitations au niveau de la mémoire tampon. Le D7200 enchaine 14 vues en RAW (14 bits) + JPEG, et n'est pas limité en JPEG seulement (au moins 100 clichés).


Connexions

Le D7200 est à la fois complet, mais encore un peu frileux. En effet, le reflex propose une belle panoplie de connecteurs : USB, entrée micro stéréo, sortie casque, HDMI, télécommande, NFC et Wi-Fi. Toutefois, nous aurions aimé une sortie USB 3 plus rapide et pourquoi pas la possibilité de recharger le boîtier via cette dernière.

Nikon D7200 test review connexions


Son au déclenchement

Le Nikon D7200 n'est pas le reflex le plus silencieux du moment et les mouvements du miroir ainsi que l'obturateur offrent un beau claquement "sec". Le boîtier dispose bien d'un mode Quiet (silencieux), mais il atténue que partiellement le son et permet surtout de maintenant le miroir relevé tant que le déclencheur est enfoncé. 

Vous pouvez écouter les enregistrement audio des déclenchements du D7200 en cliquant sur la vignette ci-dessous.

Nikon D7200 test review son déclenchement
Déclenchement du Nikon D7200 : single, rafale et mode Quiet.



Modes photo, exposition

L'obturateur propose une plage d'exposition de 30 au1/8000 s avec un mode Bulb. Le D7200 propose une correction d'exposition sur ± 5 IL, ce qui est très confortable. Vous disposez bien sûr d'un bracketing d'exposition sur ± 4 IL qui enchaine 9 vues. Le reflex dispose bien d'un mode HDR, mais celui-ci ne combine que 2 images ce qui est vraiment le minimum pour une photographie HDR. Le D7200 propose également un intervalomètre pour réaliser des timelapses. Des styles d'images sont également disponible pour personnaliser le rendu des clichés en fonction de vos envies.

icono ?

Le D7200 propose à la fois des modes scènes, mais également une série de filtres artistiques comme l'effet miniature ou couleur sélective.

Nikon D7200 test review filtresLe menu effects du Nikon D7200.

Logiciels

La suite de logiciels Nikon — qui comprend Nikon Transfert (pour gérer le téléchargement des images sur un ordinateur avec certaines options : copie de sauvegarde, insertion de données IPTC, de mots clés ou des informations sur le copyright), Movie Creator, Short Movie Creator pour réaliser un montage vidéo, Picture Control Utility 2 et ViewNX-i.

Le changement de logiciel chez Nikon est assez notable pour les fichiers bruts : exit CaptureNX2. Il faudra désormais compter sur CaptureNX-D, déclinaison pour Nikon du logiciel Silkypix déjà utilisé par Pentax ou Panasonic. Avantage certain, il est gratuit.

Cette décision intervient après le rachat par Google de NikSoftware en septembre 2012. Adieu donc les U-Point de CaptureNX. Ce dernier était certes payant et cher, mais il présentait une singularité par rapport à la concurrence. Aujourd'hui, avec NX-D, Nikon propose enfin un logiciel pour exploiter correctement ses fichiers bruts, mais l'interface "à la Silkypix" n'est pas la plus moderne qui soit.

Nikon D7200 test logiciel Capture NX-D

Cependant, avec un peu d'entraînement, il possible de traiter correctement ses images, le logiciel proposant la plupart des réglages courants.

Par défaut, Nikon ne livre pas de solution pour travailler en mode connecté. Il faudra donc dépenser 200 € supplémentaires pour "s'offrir" Nikon Camera Control Pro 2 ou utiliser un logiciel capable d'une telle fonctionnalité, comme Capture One Pro.

Il est vraiment dommage que Nikon ne livre pas une solution complète avec ses boîtiers pour traiter ses images ou utiliser toutes les fonctionnalités en mode connecté. On rêve d'un partenariat avec Phase One (Capture One), Adobe (Lightroom) ou pourquoi pas Corel avec AfterShot pour faciliter le travail des professionnels.

Bon point, Nikon propose Picture Control Utility (dans sa version 2) qui prend désormais en compte la clarté. Pour mémoire, ce logiciel permet de définir rapidement des styles d'images sur son ordinateur en jouant avec différents paramètres ou une courbe de valeurs, et d'enregistrer dans son boîtier des réglages personnalisés.

D7200 : logiciels, Picture Control Utility 2, capture d'écran

Wi-Fi

Le D7200 dispose d'une puce Wi-Fi. Exit donc les petits modules à ajouter (et acheter) sur la prise USB. Las, l'intégration est assez minimaliste. Le D7200 ne peut se connecter qu'à un appareil mobile et il n'est pas possible de rejoindre un réseau Wi-Fi existant pour un pilotage distant sans fil à partir d'un ordinateur. Vous ne pouvez pas non plus envoyer vos images directement sur un ordinateur relié à un réseau Wi-Fi. Impossible donc pendant un événement d'envoyer les images pour une projection en direct. Le partage des images se fait à partir de l'application mobile.

Nikon application wi-fiNikon application wi-fi
L'application Nikon Wireless Mobile Utility.

En mode télécommande, les réglages sont également très limités, voire inexistants. Dommage. Dans ce domaine Nikon doit vraiment progresser. Plus étrange, la connexion Wi-Fi du D7200 (comme celle du D750) est ouverte. Entendez par là que vous n'avez aucun un mot de passe à saisir sur votre mobile pour vous connecter au reflex. Saisir un mot de passe sans écran tactile est certes toujours une corvée, mais ici, la connexion n'est tout simplement pas sécurisée par défaut. D'autres marques utilisent un QR Code pour appairer les appareils et apporter un minimum de confidentialité. Le D7200 dispose bien d'une puce NFC, mais elle n'intervient que pour faciliter l'appairage. Ici, n'importe quelle personne disposant de l'application Nikon Wireless Mobile Utility (WMU) peut se connecter à votre boîtier et télécharger vos images... Il faudra donc veiller à configurer un mot de passe avec l'application WMU dès la première utilisation.

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