La retouche localisée est sans doute l'un des outils les plus importants en termes de développement de fichiers RAW, si ce n'est le plus important.
Sans elle, on doit procéder à des ajustements sur la totalité de l'image, en espérant que tout s'équilibre bien, et, en cas de besoin, passer par un outil tiers (souvent Photoshop) pour procéder aux ajustements locaux nécessaires. Le fait qu'un dématriceur permette les ajustements localisés n'est donc pas juste un petit plus. C'est un énorme avantage, que nous allons présenter via Lightroom 5.
Si d'autres dématriceurs proposent eux aussi une retouche localisée (on pensera surtout à Capture One), l'outil de Lightroom nous semble plus facile à appréhender, plus léger dans ses manipulations, et très efficace. Sachez toutefois que les principes de base restent identiques d'un logiciel à l'autre.

Présentation de l'outil

L'outil regroupe plusieurs contrôles. Les masques, puisqu'ils s'appellent ainsi dans Lightroom, permettent de jouer sur de nombreux paramètres, de la balance des blancs au débruitage, en passant par les traditionnels niveaux d'exposition, de teintes claires / sombres, etc.

La retouche localisée avec Lightroom, tutoriel, paramètres, capture d'écran

Cette palette comporte plusieurs outils : les outils de traitement de l'image proprement dits, et ceux qui détermineront les caractéristiques de l'outil lui-même (la taille du pinceau, sa dureté, sa densité).
Le masquage automatique que l'on peut activer en cochant la case du même nom sert à ajuster le masque à un élément précis, en en détectant automatiquement les contours (par détection de contraste et des couleurs). Cette fonction est pratique pour traiter des zones très précises, comme des dents à blanchir ou des ciels urbains (la fonction permet de bien sélectionner le ciel sans empiéter sur les immeubles).

À tout moment, pour afficher le masque actif on peut appuyer sur la touche O (comme Overlay). C'est pratique, car le masque matérialisé en rouge s'efface rapidement pour laisser le champ libre aux ajustements. Pour activer le masquage automatique à la volée, on peut appuyer sur la touche M.

La retouche localisée en pratique

Voyons maintenant comment utiliser ces divers ajustements. Et commençons avec cette photo :

La retouche localisée avec Lightroom, tutoriel, photo d'origine

Le but est de la rendre un peu plus parlante, de mieux mettre le sujet en valeur. La retouche localisée va nous permettre d'y parvenir très facilement. Et ce, d'autant plus que le gros des ajustements ne doit concerner qu'une zone : le sujet.

À l'aide du pinceau, on dessine des masques sur les zones à ajuster. Il n'est pas gênant de multiplier les masques ; pour plus de clarté, il est donc préférable de faire simple : un masque par ajustement. Les réglages n'étant pas définitifs, on pourra facilement procéder à des ajustements plus fins sur chaque masque en cours de travail. Pour s'y retrouver, c'est plus ou moins facile. À chaque masque correspond une pastille sur l'image. Attention, on s'y perd vite : un peu de rigueur est indispensable.

Avant de passer à la retouche localisée, on procédera aux ajustements globaux. Ceux-ci ayant une incidence sur le sujet (puisqu'ils affectent toute l'image), ils doivent être faits avant.

La retouche localisée avec Lightroom, tutoriel, étape 1

On procède ensuite par petites touches. Dans ce cas précis, on va faire ressortir le sujet en augmentant la luminosité, en débouchant un peu les ombres du visage et en ajustant son contraste. En gros, on va mettre au développement le léger coup de flash qu'on aurait dû mettre à la prise de vue. Et on va le mettre juste là où il faut, et avec l'intensité voulue.

La retouche localisée avec Lightroom, tutoriel, étape 2

Une fois les ajustements effectués sur le sujet, on peut pousser plus loin l'utilisation des masques. On peut légèrement renforcer la perception du sujet en jouant sur le reste de l'image. Un "truc" parfois utilisé consiste par exemple à atténuer la netteté autour du sujet. Bien entendu, ça ne fonctionne et n'apparaît pas trop artificiel que si on photographie à grande ouverture et qu'on diminue la netteté d'une zone déjà un peu floue. Au final, après 5 minutes et 5 ou 6 ajustements, on arrive à un résultat bien plus flatteur, sans avoir eu à quitter Lightroom.

La retouche localisée avec Lightroom, tutoriel, étape 3

Une fois qu'on y a pris goût, ces outils deviennent vite indispensables. Pour les amateurs de paysages, rien n'est plus facile que de mettre en valeur certains éléments ; par exemple ici un ciel à embellir en modifiant la balance des blancs pour le rendre plus bleu, et en augmentant légèrement le contraste et les hautes lumières :

La retouche localisée avec Lightroom, tutoriel, photo d'origine

La retouche localisée avec Lightroom, tutoriel, résultat

Autre exemple de saison : pour rendre un paysage un peu plus automnal, on pourra modifier la balance des blancs des arbres jaunissants pour les pousser vers les jaunes, orangés et bruns, sans toucher au pont ni à la personne qui s'y promène, ni aux conifères (qui ne subissent pas les caprices saisonniers), et en épargnant les pierres dans l'eau :

La retouche localisée avec Lightroom, tutoriel, photo d'origine

La retouche localisée avec Lightroom, tutoriel, résultat

Les photos ci-dessus ne sont que de brèves idées, de rapides exemples de la manière dont les outils de retouche localisée peuvent aider au développement des fichiers RAW. Véritables pinceaux par lesquels on agit exactement là où on le veut dans l'image, ils complètent remarquablement bien les ajustements globaux appliqués à l'ensemble de l'image. Ne pas disposer de ces outils en 2014 dans un logiciel de développement photo est donc un vrai manque, quelle que soit la puissance des algorithmes du logiciel en question.

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