Jusqu’au 8 février 2015 est exposé au Jeu de Paume un des grands noms de la photographie de rue américaine, Garry Winogrand (1928-1984). Le travail de ce photographe de l’Amérique de l’après-guerre est encore méconnu en Europe et le Jeu de Paume remédie ainsi à ce manque.

Garry Winogrand au Jeu de Paume

L’exposition présente des clichés emblématiques, mais également des tirages inédits puisés parmi les quelques 300 000 photographies de ses archives. C’est certes une vision esquissée de ce prolifique artiste, mais suffisamment large et inédite pour nous permettre de connaître un peu mieux son travail photographique inachevé. Inachevé, car Garry Winogrand meurt prématurément à l’âge de 56 ans, laissant derrière lui 6 500 pellicules non développées ainsi que de très nombreuses planches contact non tirées.
 
La centaine de clichés présentés – pour la plupart des tirages posthumes, étant donné que Winogrand s’abstenait de développer ses négatifs – évite le parcours thématique au profit d’une approche plus libre, en regard de sa démarche. Trois parties couvrent l’œuvre de ce grand bavard à la personnalité impétueuse et pleine d’humour : le Bronx, l’Amérique hors de New York et sa période de maturité.

Né dans le Bronx, il commença la photographie en battant le pavé de ce coin new-yorkais des années 1950 jusqu’en 1971. De ces rues, il aimait l’énergie qui en résultait et leur dynamisme indiscipliné. Avide de pérégrinations dans son vaste pays, son quotidien n’est voué qu’à sa "dévotion compulsive" : la prise de vue. Son style, loin, très loin de la technique, sera parfois critiqué, surtout à ses débuts et ses photographies, nommées comme "informes et aléatoires". Effectivement, une ligne d’horizon rarement à niveau, des images foisonnantes de personnes, des détails humoristiques au premier plan : rien ne semble calculé par ce chroniqueur de la vie américaine post-guerre où un certain optimisme filtre. Son 24x36 imprime le rythme de la rue façonné par les anonymes qui y passent, créant ainsi cette poésie visuelle "winograndienne". Un enregistrement incessant du monde qui était sa raison de vivre, son Graal en quelque sorte.

Garry Winogrand au Jeu de Paume
Los Angeles, 1980-1983 © The Garry Winogrand Archive, Center for Creative Photography, Université d'Arizona / The Estate of Garry Winogrand, courtesy Fraenkel Gallery, San Francisco.

Garry Winogrand au Jeu de Paume
Albuquerque, 1957 © The Estate of Garry Winogrand, courtesy Fraenkel Gallery, San Francisco. The Metropolitan of Modern Art, Photo Scala, Florence.

Garry Winogrand au Jeu de Paume
New York, vers 1955 © The Garry Winogrand Archive, Center for Creative Photography, Université d'Arizona / The Estate of Garry Winogrand, courtesy Fraenkel Gallery, San Francisco.

Garry Winogrand au Jeu de Paume
New Haven, Connecticut, 1970 © The Garry Winogrand Archive, Center for Creative Photography, Université d'Arizona / The Estate of Garry Winogrand, courtesy Fraenkel Gallery, San Francisco.

"L'extraordinaire nous attire un instant, la simplicité nous retient plus longtemps, parce que c'est en elle seule que réside l'essentiel."

"Le fait de photographier une chose change cette chose. Je photographie pour découvrir à quoi ressemble cette chose quand elle est photographiée."

 
Malgré des expositions dans des musées de renom ainsi qu’une reconnaissance de son vivant, il restera le plus mal compris de tous les photographes de sa génération... un constat surprenant pour qui connaît le travail de cet artiste.

Garry Winogrand / Inventer le possible
Du 14 octobre 2014 au 8 février 2015
Jeu de Paume
1 place de la Concorde, 75008 Paris

Ouvert du mercredi au dimanche de 11h à 19h,
et le mardi de 11h à 21h.
Fermé le lundi.
Entrée : 10 € ; tarif réduit : 7,50 €

> L'exposition sur le site du Jeu de Paume
> #Winogrand sur Twitter

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