Nikon D750 recommandé par Focus Numérique


Depuis sa présentation en 2008, près de 20 000 photographes avaient cédé aux charmes du D700, avec son capteur 24x36 à l'aise (à l'époque) dans les hautes sensibilités et son tarif bien positionné. Renouveler un tel boîtier n'était pas chose facile. D'un côté, les 36 Mpx des D800 et D810 peuvent rebuter les photographes n'ayant que faire d'une telle définition — qui alourdit considérablement un flux de travail. De l'autre, le positionnement plus entrée de gamme (ainsi que les péripéties poussiéreuses) des D600 / D610 n'est pas des plus attrayants pour qui vient d'un D700.

Le D750 arrive donc à point nommé avec un capteur 24x36 de 24 Mpx polyvalent et quelques nouveautés bien senties.
Bien sûr, c'est l'écran LCD orientable qui plaira le plus. Si Sony l'a déjà implanté sur un reflex 24x36 (Alpha 99), Nikon va sans doute populariser ce type d'écran sur ce niveau de gamme et pourquoi pas — nous croisons les doigts — sur les modèles professionnels. Par défaut, l'écran est de belle facture avec une précision suffisante et un rendu des couleurs fidèle. Dommage qu'il ne soit pas tactile. En photo et en vidéo, avoir la possibilité de choisir rapidement la zone de mise au point au doigt est pour nous un vrai bénéfice. Nous taquinerons Nikon en préférant les modèles montés sur rotule qui offrent plus de liberté de mouvement. La double charnière choisie par Nikon offre toutefois au minimum une visibilité sur 90° vers le haut et vers le bas.

Au programme des nouveautés, nous avons apprécié le nouveau module AF et sa sensibilité jusqu'à -3 IL. Il est toujours difficile de mesurer des écarts de sensibilité entre différents boîtiers, mais le D750 s'est montré très agréable à l'usage, même en soirée, en lumière faible, avec un autofocus rapide et précis. Dommage que le cadre des collimateurs ne soit pas plus large. Après l'annonce par Samsung d'un module AF qui couvre presque la totalité du cadre (AF sur capteur), nous devons être plus exigeants sur ce point.
Le D750 dispose également de la fonction AF par groupe qui permet de suivre plus facilement un sujet en mouvement à l'aide du joypad. En mode suivi 3D, le D750 se montre assez véloce pour suivre un sujet en déplacement frontal.
Le système de mesure de lumière est également hérité des modèles haut de gamme et fonctionne parfaitement. Il vient de plus épauler le système de suivi AF en mode visée optique.

En visée sur écran — et donc en vidéo —, l'autofocus par détection de contraste se montre toujours trop lent avec des effets de pompage désagréables. Toujours dans le mode vidéo, le D750 est l'un des reflex de la marque les plus complets au niveau des options. Vous disposez d'une entrée micro, d'une sortie casque pour la partie audio et du désormais classique et incontournable enregistrement en HDTV 1080 en 50p. La base est donc solide, mais nous aurions aimé que Nikon propose plus d'options dans les assistants (zébras paramétrables, focus peaking, fausses couleurs...) et des formats plus novateurs (compressions intra, 4K, 2K...). Dans ce domaine, Nikon en général reste vraiment trop sage. On appréciera toutefois la présence d'une prise HDMI non compressée pour connecter un enregistreur externe.

Le D750 aligne 6,5 ips ce qui en fait l'un des reflex 24x36 les plus rapides du marché, hors catégorie pro (D4s, 1D-X). On regrette qu'il n'ait pas été possible de doper la rafale, notamment avec une cadence plus élevée en mode APS-C. Dommage. En outre, le D750 n'est pas rapide à tous les niveaux. Ainsi, la synchro flash est limitée au 1/250 s et, plus important, l'obturation est limitée au 1/4000 s. Pour un reflex à plus de 2 000 €, voilà qui est bien mesquin.

Nous regrettons quelques options disparues comme la synchro flash pour le studio (on pourra toujours utiliser un déclencheur radio), la prise 10 broches, le bouton AF pour le pouce et l’œilleton rond... Certains photographes apprécient également le trèfle de sélection pour les modes d'exposition (D700, D810, D4s...). Ici, le D750 offre pour le choix du mode d'exposition un barillet plus... conventionnel. Notez toutefois que vous gagnez un accès plus direct aux modes personnalisés U1 et U2, alors qu'il faut passer par des menus avec les autres boîtiers. Vous pouvez donc enregistrer une configuration pour le sport ou la photo en basse lumière, et même enregistrer des paramètres pour le mode vidéo. Le boîtier en lui-même est assez compact et léger (face avant en fibre de carbone) et sa prise en main se révèle très agréable.

Enfin, le D750 intègre une puce Wi-Fi (c'est la fin de l'affreux dongle USB fragile et payant...). Il est temps que les principaux constructeurs de reflex que sont Canon et Nikon se penchent sérieusement sur ce point. L'arrivée de cette puce marque sans doute sa généralisation sans les boîtiers futurs. Pour l'instant, les options de pilotage à distance sont assez limitées, mais le principe est là et vous pouvez désormais envoyer rapidement vos images sur votre smartphone pour les transférer en ligne.

En somme, le D750 vient renouveler la gamme reflex 24x36 chez Nikon et s'intercale parfaitement entre le D610, à l'autofocus plus limité et sans écran LCD orientable, et un D810 surpixelisé. Il reçoit notre label recommandé.

Points forts

Points faibles

Très bonne gestion du bruit électronique jusqu'à 6 400 ISO

Pas d'écran tactile

Très bonne réactivité de l'autofocus, même en basse lumière

Écran pas totalement orientable (protection écran)

Déclenchement assez silencieux pour un 24x36. Mode Quiet disponible.

Autofocus en visée écran et vidéo trop lent avec des effets de pompage

Écran LCD monté sur charnière

Couverture AF un peu trop étroite

Viseur optique 100% clair et précis

Quelques options haut de gamme absentes : synchro flash, bouton AF.

Flash pop-up. Gestion de flashes distants sans fil.

Obturation limitée au 1/4000 s

Rafale à 6,5 ips

Connexion Wi-Fi ouverte à tout le monde par défaut. Application un peu limitée

Compatibilité avec pratiquement tout le parc optique Nikkor en monture F (24x36 et APS-C)

Encore trop de limitation en vidéo : ni focus peaking, ni 4K / 2K, ni compression intra.

Quelques filtres artistiques disponibles

Qualité vidéo médiocre au format DX (APS-C)

Deux emplacements pour carte SD

Pas de GPS intégré

Connexion Wi-Fi intégrée (pilotage à distance, transfert vers smartphone)

Pas de prise USB 3.0

Boîtier compact, léger avec une finition à l'épreuve des intempéries

Pas d'orientation de l'affichage en fonction de l'orientation du boîtier

Bracketing d'exposition intéressant

Commandes non rétroéclairées

Modes personnalisables U1 et U2 directement accessibles

Format RAW propriétaire (.NEF)

Bonne autonomie (environ 1000 vues)

Logiciel pour le mode connecté payant


Face à la concurrence

Canon 6D

Choisir un reflex chez Canon pour concurrencer le D750 relève presque de la mission impossible : le 6D est bien moins cher, mais dispose d'une connexion Wi-Fi et à l'inverse, le 5D Mark III est encore presque 400 € plus cher qu'un D750 flambant neuf.
Nous avons donc opté pour le 6D, plus récent et disposant également d'un autofocus sensible jusqu'à -3 IL.

Si leur sensibilité est identique, le Nikon dispose d'un module plus complet avec 40 collimateurs supplémentaires dont 15 croisés, contre 1 seul chez Canon. Au niveau de la rafale, le D750 prend également l'avantage avec une cadence à 6,5 contre 4,5 ips. En vidéo, le D750 surclasse son adversaire avec un mode 50p désormais classique à ce niveau de matériel. Le Canon propose un capteur un peu moins pixelisé, mais globalement, la gestion du bruit électronique est assez semblable entre les deux boîtiers. Les deux reflex sont limités au 1/4000 s et là le 6D n'a qu'un seul emplacement SD, le D750 en propose 2. Enfin, et contrairement au modèle Nikon, le 6D ne dispose pas de flash intégré.

Sony Alpha 99

Le boîtier SLT (miroir fixe) de Sony est le premier plein format à être équipé d'un écran LCD monté sur rotule. Présenté il y a presque 2 ans maintenant, le SLT de Sony peut encore rivaliser avec le modèle de Nikon.
Les deux boîtiers intègrent des déclinaisons du même capteur 24x36 de 24 Mpx de Sony. L'Alpha 99 est toutefois limité à 25 600 ISO, tandis que le Nikon peut grimper nettement plus haut. Nikon délivre des JPEG beaucoup plus naturels que le Sony. Pour ce dernier, il ne faut pas hésiter à traiter les fichiers bruts avec des logiciels spécialisés pour en tirer la quintessence. Aucun des deux boîtiers ne dispose d'écran tactile, mais la rotule proposée par l'Alpha 99 offre une plus grande liberté de mouvement et la possibilité de protéger l'écran. La différence la plus importante reste sans doute la visée. Le Nikon offre un prisme en toit avec un grossissement de 0,7x et une couverture de 100 %, alors que l'Alpha 99 dispose d'un viseur électronique présentant les mêmes spécificités (0,71x, 100 %). Certains photographes abhorrent ce type de viseur, d'autres s'en accommodent parfaitement. Malgré ses deux années d'ancienneté, le module autofocus de l'Apha 99 n'est pas ridicule. Il est certes moins sensible (-1 IL contre -3 IL pour le Nikon), mais dispose de 19 collimateurs, dont 11 en croix. Les deux boîtiers offrent deux emplacements SD. L'Alpha 99 ne présente pas de flash intégré et grimpe au 1/8000 s, là où le reflex Nikon propose un flash, mais est limité au 1/4000 s. En mode rafale, les deux boîtiers sont au coude à coude avec 6 ips pour Sony et 6,5 ips pour Nikon. Derniers points forts pour Sony : la stabilisation par le capteur, la présence d'une prise synchro flash, le focus peaking ainsi qu'une molette de réglage silencieuse pour la vidéo.

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