Visée optique et électronique

L’expérience de visée de la famille X100 est l’un de ses principaux atouts, proposant à la fois un viseur optique de type direct, et une visée électronique EVF par le biais du même viseur optique. Vous pouvez bien entendu également travailler sur l’écran arrière, qui s’élargit (7,6 cm de diagonale) et gagne en résolution (1,04 Mpx) pour un rendu très précis et fiable..
Fujifilm X100T visée

Le choix du passage de la visée OVF (Optical View Finder, viseur optique) à la visée EVF (Electronic View Finder, viseur électronique de type OLED) se fait par simple rotation de la tirette placée en façade, et la transition de l’un à l’autre type de visée est assez rapide, permettant de sélectionner facilement la meilleure option en fonction de la situation : la visée EVF permet de pré visualiser entièrement l’image en exposition, rendu et profondeur de champ, quand la visée optique est plus agréable, claire et fluide, mais ne vous permet pas de contrôler la mise au point : vous devez alors faire confiance à l’autofocus… Sauf si vous optez pour l’affichage hybride, grande nouveauté de cette version T : en tournant la tirette de sélection des modes de visée vers l’intérieur, vous bénéficiez simultanément de la  visée directe et de la visée vidéo, reprise dans un petit écran situé en bas à droite du viseur. Cet affichage vidéo est couplé au collimateur de mise au point sélectionné, pour pouvoir en permanence contrôler la netteté sur la zone souhaitée. Saute ainsi un dernier défaut de la visée « claire » avec les appareils autofocus : devoir leur faire confiance ! C’est une expérience assez incroyable, et c’est rapidement devenu mon mode d’affichage par défaut…

Système de visée hybride optique / électronique du Fujifilm X100T

L’hybridation de la visée optique et électronique est non seulement intéressante pour l’affichage d’informations très variées au sein même de la visée optique, mais aussi pour l’affichage bref des images dans le viseur juste après le déclenchement : il s’opère alors une sorte d’arrêt sur image très utile pour vérifier à la volée si on a réussit à saisir l’image que l’on souhaitait sans même quitter le viseur, et avant de revenir très rapidement à la visée directe. Cet affichage des images est paramétrable de 1/2 s à 1s et elle est bien sûr aussi désactivable, pour ceux qui préfèrent travailler à l’ancienne…

Visée Fujfilm X100T
De gauche à droite : visée électronique, visée optique, visée hybride optique + vérification AF en visée électronique.

Les informations en visée optique sont très complètes et paramétrables, incluant les limites de cadre bien sûr, mais aussi une grille de cadrage, un niveau électronique, un histogramme en temps réel, la distance de mise au point, la balance des blancs, etc. Vous pouvez même piloter les réglages du flash sans quitter le viseur optique !

Vous avez donc le choix entre un affichage très complet sur la configuration du boitier ou au contraire une visée très épurée ne retenant que l’essentiel comme le couple vitesse/diaphragme et la sensibilité de manière à se concentrer sur le cadrage.

La zone délimitant les limites de cadrage en visée OVF s’adapte au format d’image choisi, parmi les ratios 3:2, 16:9 et 1:1 (format carré), mais ne couvre pas 100 % du champ photographié (environ 92 % seulement). Ca peut paraître étonnant étant donné que le viseur quant à lui laisse voir davantage de champ que l’image finale, mais c’est un problème récurrent des appareils à visée claire. En revanche, le cadre indiqué dans le viseur corrige la parallaxe en se décalant pour s’adapter à la distance de mise au point, on retrouve bien là les caractéristiques classiques des appareils à visée directe, qui en font des instruments de visée qui ne brillent pas par leur précision, mais plus conçus pour la prise de vue rapide au jugé. 


le mystère de la couverture à 92 %

Il peut sembler étonnant (et un peu rageant…) que le cadre indiqué dans le viseur ne corresponde pas à 100% de l’image finale, surtout dans un appareil à 1000 euros. Ce problème se rencontre à notre connaissance sur tous les appareils à visée directe, et tient au fait que l’angle de champ varie en fonction de la distance de mise au point : lorsque la distance de mise au point se réduit, le tirage de l’objectif augmente, l’angle de champ se réduit et par conséquent la « focale apparente » augmente. Toutefois, cette variation de cadrage n’est pas prise en compte et le cadre indiqué dans le viseur est le plus souvent calé sur la distance minimale de mise au point (le cadrage le plus serré). Toutefois, il me semble que cela pourrait être pris en compte dans un boitier comme le Fujifilm X100 : comme les informations sont affichées à la demande en les superposant à la visée, et que l’objectif est fixe (donc les variations d’angle anticipables), on pourrait imaginer un cadre dont les dimensions suivraient la distance de mise au point… Pour l’instant en tous cas, pour pouvoir bénéficier d’une visée à 100 %, il faudra donc travailler en visée électronique.

Mise au point

La mise au point peut se faire manuellement avec la bague de l’objectif, assez fluide et ample : vous verrez alors si vous êtes en visée optique le cadre se décale pour prendre en compte la distance de mise au point au fur et à mesure. Toutefois, il était assez délicat de réaliser une netteté manuelle dans un viseur direct ne bénéficiant pas d’assistance à la mise au point télémétrique. On préférait alors réaliser celle-ci en visée électronique sur les versions de X100 précédentes. Là encore, un grand merci à la visée hybride, innovation majeure du X100T : dans cette configuration de visée, vous contrôler votre cadrage ET la mise au point, bénéficiant ainsi du meilleur des deux mondes…

Fujifilm X100T visée optique correction parallaxe
En visée optique et mise au point manuelle, le cadre de visée s'adapte en permanence à la mise au point permettant de corriger les erreurs de parallaxe à la volée.

En outre, la version T propose un nouveau type d’aide en mise au point manuelle : l’antique stigmomètre qui divise l’image en deux et qui équipait nombre de reflex de la grande époque, et qui vient compléter l’option plus moderne de focus peaking, qui affiche en surbrillance les contours nets…

Fujifilm X100T visée hybride mise au point manuelle
En visée optique, une portion de la visée affiche soit un agrandissement de la zone AF, soit le focus peaking soit le stigmomètre électronique.

L’autofocus quant à lui propose les deux modes classiques AF-S ou AF-C pour un suivi de sujet en mouvement. Attention toutefois à ce dernier mode, car il n’est capable de suivre et d’ajuster la mise au point que sur un seul collimateur à la fois, contrairement à beaucoup de systèmes AF capables d’utiliser plusieurs collimateurs simultanément pour assurer un suivi latéral. Ici, il faudra prendre garde à laisser le sujet sur la même zone durant son déplacement. Ceci sera possible, quelle que soit la composition choisie, car la couverture AF est totale sur tout le cadre : du grand luxe quand on vient du reflex !

L’AF s’est révélé assez véloce et réactif, même s’il n’est pas taillé pour la prise de vue sportive soutenue. En outre, j’ai constaté sur l’exemplaire dont je disposais une étonnante disparité de performance entre les 49 collimateurs proposés : les centraux s’en sortent beaucoup mieux que les latéraux, qui ont tendance à vite patiner… Ceci est certainement dû au fait que seuls les points AF centraux sont de type hybride (détection de phase et de contraste), alors que les latéraux ne fonctionnent qu’en détection de contraste, plus lent. On privilégiera donc les collimateurs centraux et on ajustera la composition après verrouillage de la mise au point… à l’ancienne en somme !

Pour finir sur cet aspect, j’ai été bluffé par l’excellent mode macro qui permet des mises au point jusqu’à des distances de 10 cm, contre 40 cm pour la version S, ce qui permet vraiment de s’ouvrir à des types d’images nécessitant normalement des équipements optiques spécifiques.

Contact Vie privée, Cookies Conditions Générales d'Utilisation