Le X100T est la troisième déclinaison du concept novateur de Fujifilm, inauguré en  2011 et qui continue de séduire de plus en plus de photographes un peu fatigués des reflex surdimensionnés...

Fujifilm X100T test review

Si le principe du X100 est assez unique en photo numérique, il ne l’est pas en argentique puisqu’il s’inspire directement non pas du Leica M auquel on le compare souvent, mais plutôt de l’Hexar de Konica dont il reprend les principaux arguments : boitier léger et compact grâce à la visée directe, excellent objectif à focale fixe de 35 mm (équivalent) ouvrant à f/2, obturation centrale très silencieuse, et mise au point autofocus. Tout y est, le numérique en plus ! Quand on connaît l’affection et la nostalgie qui étreint nombre de photographes à l’évocation de leur Hexar, il n’est pas étonnant que le X100 en fasse à son tour chavirer plus d’un…

Alors qu’apporte de nouveau ce « T » (pour « Third »), dans la mesure où le capteur et l’optique restent inchangées par rapport au « S », second du nom ? Principalement des améliorations ergonomiques, une obturation électronique permettant des temps de pose jusqu’au 1/32 000 s, une connectivité Wi-Fi, et surtout ce qui peut sembler l’aboutissement du concept de départ, à savoir pouvoir basculer entre visée optique ou électronique : la possibilité d’avoir les deux simultanément !

Prise en main

Il faut reconnaître qu’au delà de ses qualités purement photographiques, le design du X100 "en jette", et fait partie de ces outils qu’on a plaisir à utiliser parce qu’ils sont aussi fonctionnels qu‘élégants, s’inscrivant manifestement dans une certaine tradition photographique... On peut voir ces choix comme du « passéisme » et du snobisme, mais il me semble surtout que cela répond à des besoins pratiques et ergonomiques : le boiter est très plat pour le rendre compact, le choix des bagues dédiées pour les commandes d’exposition (diaphragme, vitesse et correcteur) me semble pertinent, les touches de commande sont peu nombreuses et bien disposées (et presque entièrement personnalisables)... On sent que les concepteurs ont pensé « photo » autant qu’à « vintage », poussant le souci du détail jusqu’à proposer un déclencheur fileté pour pouvoir visser un déclencheur souple, tellement pratique et pas cher !

Fujifilm X100T vue de face
Fujifilm X100T : un look vintage pour un boîtier à la pointe de la technologie avec un viseur hybride optique / électronique.

Avec 430 g sur la balance, il fait pas loin de la moitié du poids d’un Leica muni d’une optique équivalente… Évidemment on ne retrouve pas le même touché, qui inspire tellement confiance chez la marque allemande, et le Fujifilm sonne beaucoup plus creux, mais on peut ranger ce dernier dans une poche de manteau sans trop le sentir. En revanche, je trouve le revêtement grainé trop glissant et d’un contact pas très agréable, la poignée étant en outre peu profonde bien qu’assez large. Mais dans l’ensemble la préhension se fait assez naturellement après un peu de pratique, et qu’on s’est fait à l’idée que sous ses aspects classieux, le X100 reste un appareil compact, expert certes, mais assez grand public comparé aux ténors de la visée directe.

Le viseur justement est honorable, bien en deçà bien sûr de celui d’un Leica (encore lui !), mais celui du X100T dispose d’un correcteur dioptrique et d’un dégagement oculaire tout à fait correct.

Les molettes de réglages ne sont pas verrouillées, mais elles présentent une résistance suffisante pour ne pas se pas se déplacer par inadvertance, notamment celle de correction de l’exposition, qui est un peu déportée au delà du bord pour pouvoir la manipuler au pouce très rapidement, et sans quitter le viseur. Notons à ce propos que l’incrément de correction monte à 3 IL contre 2 sur la génération précédente. En revanche la molette arrière (cliquable) est très (trop ?) fluide. Toutefois, elle ne risque pas de générer d’erreur puisqu’elle ne servira qu’à zoomer dans l’affichage lorsqu’elle est cliquée, ou à changer le couple vitesse/diaphragme par rotation lorsqu’on est en mode d’exposition automatique.

Fujifilm X100T test review vue de dessus
Des accès directs à la vitesse (molette) et à l'ouverture (bague autour de l'objectif) : une manière de fonctionner qui a fait ses preuves.

La touche  d’accès rapide « Q » migre au dessus du trèfle de commande, et permet d’ajuster  la majorité des réglages à l’aide de la molette arrière. Vous pouvez en outre personnaliser ce menu rapide en sélectionnant les éléments et en les plaçant où vous le souhaitez. Vous pouvez enfin créer jusqu’à 7 jeux de réglages, accessibles facilement via ce menu rapide.

Les touches du trèfle de commande ne sont plus nommées, puisqu’elles sont personnalisables, de même que les deux commandes Fn sur le capot et à l’arrière du boitier (celle-ci ayant par défaut la fonction d’activer le Wi-Fi). Malheureusement, la bague de mise au point de l’objectif ne peut pas être reconfigurée comme c’est le cas sur le X30 par exemple, et ne servira donc à rien en dehors de la mise au point manuelle.

Fujifilm X100T test review autofocus
Un levier permet de basculer rapidement entre mise au point manuelle et automatique.

D’une manière générale j’ai trouvé l’organisation du boitier très bien pensée, notamment dans un objectif d’efficacité. On retrouve cette démarche de simplification jusque dans les paramétrages fondamentaux : l’ergonomie choisie par Fujifilm pour l’accès aux différents modes d’exposition est à ce titre très maline. Plutôt que de multiplier les modes aux noms abscons, on se contente d’une bague pour le réglage manuel du diaphragme, avec une position A (dans ce cas on est en priorité vitessse), et d’une molette pour le temps de pose avec une position A (dans ce cas on est en priorité diaphragme). Si les deux sont en position A, on est en mode Program : l’appareil propose un couple que l’on pourra décaler au besoin en tournant la molette arrière. Simple, rationnel et efficace.

Fujifilm X100T test review vue de dos
Les quatre boutons du trèfle de sélection sont paramétrables pour accéder rapidement à certaines fonctions.

On peut pousser cette simplification en activant le contrôle automatique de la sensibilité, dont la configuration est en outre très avancée, avec le choix possible de la sensibilité maximale et de la vitesse d’obturation minimale préférable quand on travaille en mode priorité ouverture. Pour couronner le tout, vous pouvez vous créer trois jeux de sensibilité Auto, et leur configuration sera directement accessible si vous configurez une touche d’accès direct aux ISO.
Fujifilm X100T test review connectiqueFujifilm X100T : entrée micro, Micro-USB pour la recharge et sortie HDMI de type D.

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