La fusion de Flickr et de Lightroom (en version très "light", il est vrai) : c'est un peu l'esprit de Pics.io, et c'est ce qui le rend aussi intéressant a priori. De plus, les RAW de nombreux boîtiers sont supportés : l'intérêt grimpe en flèche !

Pics.io, présentation du service en ligne

Pics.io n'est ni plus ni mois qu'un petit Lightroom 100 % en ligne. On importe ses images, on les trie, on les note, on les classe, on les édite. Le tout en délocalisé, et adossé à Google Drive, votre espace Google servant à stocker toutes vos images.

On peut aborder le service de deux manières. Soit on a juste quelques RAW à convertir en JPEG, soit on veut organiser sa collection d'images en ligne, en complément ou en remplacement de Lightroom.

Dans le premier cas il suffit de cliquer sur le lien du module de conversion RAW sur la page d'accueil.
Le dématriçage proposé est compatible avec de nombreux formats RAW. NEF, CR2 et ARW sont pris en charge, ainsi que les DNG, sauf ceux des Hasselblad et des Leica.

Pics.io, dématriçage et conversion des RAW en JPEG

Pour lancer le processus, il suffit d'un glisser-déposer. L'image est alors dématricée directement. Pour le moment, les options sont limitées puisqu'on n'a droit qu'à l'affichage d'un bref EXIF, et d'exporter l'image traitée.

Pics.io, convertisseur Raw en ligne (Online Raw Converter), résultat

Les options d'enregistrement sont assez classiques. On notera que le processus conserve la taille originale des fichiers, et qu'on peut les enregistrer en local sur son PC ou directement sur Google Drive.

Pics.io, convertisseur Raw en ligne (Online Raw Converter), options

On a donc assez peu d'options d'édition au développement seul. C'est sans doute l'un des points à travailler pour la version finale du service. Mais n'oublions pas qu'il ne s'agit pour l'heure que d'une bêta publique, et soulignons que le dématriçage semble de bon niveau, comme en atteste la comparaison des deux images ci-dessous.

Voici dans un premier temps un recadrage sur un RAW dématricé par Lightroom 5 :

Comparaison Pics.io Lightroom : exemple 1, recadrage sur un RAW dématricé par Lightroom

Et le même traité par Pics.io :

Comparaison Pics.io Lightroom : exemple 2, recadrage sur un RAW dématricé par Pics.io

L'image obtenue avec Pics.io est de bonne qualité malgré une taille de fichier JPEG bien moindre en sortie : comptez un peu plus de 5 Mo pour cette image, contre 12 Mo pour la même en sortie de Lightroom 5.

La différence de colorimétrie entre les deux images vient de l'application d'un profil "Camera standard" dans Lightroom 5, profils que ne propose pas Pics.io.

Mais la force de Pics.io est justement d'aller bien au-delà du seul dématriçage en ligne.
Et si on utilise l'intégralité des modules, on met le doigt sur le vrai potentiel du service.

Primo, fort logiquement, on importe ses images. Un simple glisser-déposer des photos suffit à les placer dans la file de téléchargement. On peut uploader des JPEG, mais les RAW sont également supportés à l'import. Parfait.

Pics.io, interface d'upload

Avant d'importer en vrac, on pourra organiser ses images dans la bibliothèque en créant des dossiers spécifiques.

Pics.io, menu, organisation de la bibliothèque (dossiers)


Puis on lance l'import. La rapidité du processus dépendra grandement de la bande passante montante de votre connexion Internet. Les photos sont uploadées deux par deux... il n'y a qu'à attendre.

Pics.io, procédure d'importation (upload)

En fin d'import, on peut aller vérifier sur Google Drive : Pics.io a créé un répertoire à son nom, et y a uploadé les photos. Seul petit regret à ce niveau : on apprécierait encore plus que l'application puisse créer sur Drive un répertoire du même nom que celui que l'on a créé dans la bibliothèque. Après quelques centaines de photos, on s'y retrouverait certainement plus facilement. Enfin la capture d'écran ci-dessous le confirme, les RAW sont bien en ligne, avec les JPEG.

Pics.io, lien et interface avec Google Drive, dépôt des images dans Mon Drive

Une fois l'upload terminé, on a accès à sa bibliothèque. L'interface est soignée et la présentation est aussi classique qu'efficace, malgré toutefois un petit problème de gestion des définitions d'écran : la galerie s'affiche très bien sur l'antique écran de notre vieux portable et ses 1600 x 900 pixels. Mais dès qu'on réduit la taille de la fenêtre, le service ne suit plus et ne réorganise pas les vignettes en conséquence. C'est donc (pour le moment du moins) du plein écran ou rien, en tout cas sur les écrans de faible résolution. Un point à améliorer.

Pics.io, interface de la photothèque (bibliothèque d'images)

Une fois les images en ligne, on peut les annoter et les ranger. On dispose des outils classiques : étoiles, pastilles de couleur et drapeaux. Il suffit de passer le curseur sur l'image pour les faire apparaître. Efficace. Pour le moment, les outils sont toutefois un peu sommaires. On apprécierait d'en avoir un peu plus, comme un accès à l'exif ou la possibilité de saisir des mots clés.  Enfin nous n'avons pas trouvé comment renommer les images depuis la bibliothèque... mais une fois les photos importées sur le Drive, on peut les y renommer et rafraîchir l'affichage de Pics.io, qui actualise alors les noms de fichiers.

Pics.io, classement des images, étoiles

Importer, organiser... et éditer. Depuis la bibliothèque il suffit de cliquer sur le petit crayon dans l'image pour ouvrir l'interface d'édition.

Pics.io, interface d'édition des images

Même les RAW sont éditables depuis la bibliothèque, bien que parfois le dématriçage depuis la bibliothèque batte encore de l'aile et aboutisse sur un paquet de lignes horizontales. Mais encore une fois, ce type de problème est tout à fait logique pour une première bêta publique.

Pics.io, écran de chargement avant édition

Une fois dans l'interface d'édition, on dispose des outils d'édition standard :

Oics.io, outils d'édition de l'image

On pourra recadrer, jouer sur les teintes claires ou sombres... :

Pics.io, outils d'édition, recadrage

On dispose même d'outils plus évolués comme un module HSL (Hue - Saturation - Lightness, c'est-à-dire Teinte, Saturation, Luminosité) permettant de jouer sur les dominantes avec plus de précision.

Pics.io, outil HSL

Et on a même un filtre gradué : pas mal !

Pics.io, filtre gradué

Un autre menu propose quelques filtres préconfigurés, dont le Sharpen pur le réglage de la netteté... C'est bien, même si nous aurions préféré que ce dernier ne soit pas un filtre brut, mais un menu d'édition réglable.

Pics.io, filtres automatiques (Auto-Filters)


Au final, cette première bêta publique du service nous a vraiment séduits. Certes, il reste des bugs. C'est normal pour une bêta. Certes encore, le service peut être étoffé, amélioré... : ne doutons pas que les développeurs le feront si le succès est au rendez-vous.
Ce qui nous a emballés, c'est la facilité d'accès, le couplage à Google Drive, la prise en charge des RAW. En rêvant un peu, on imagine facilement ce genre de plateforme prendre le pas sur un Flickr et un Lightroom (light il est vrai, mais tout de même) dont il concentre les avantages.
Bref, Pics.io n'est pas encore finalisé, mais il nous semble aller dans le bon sens.

Si la bêta est gratuite, la version finale ne le sera pas. Sur des fils de discussion, les développeurs, très à l'écoute des utilisateurs, indiquent penser à une méthode de monétisation par abonnement. Ils semblent envisager une offre autour des 5 $ mensuels ou 40 $ pour l'année. Cela semble assez attractif si le service continue à évoluer dans le bon sens, d'autant plus qu'on ne perdra jamais les images puisqu'elles sont hébergées sur son Google Drive.

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