Les vacances sont généralement le moment où l'on voyage et où l'on souhaite conserver quelques bonnes images des paysages que l'on a devant les yeux. La photo de paysage a beau être simple a priori, elle peut grandement bénéficier de quelques petites astuces tout à fait basiques, et faciles à mettre en œuvre. 

Réussir ses photos de paysages : un paysage urbain

Le boîtier

Tout boîtier peut faire de la photo de paysage. Si vous êtes en phase d'achat ou de remplacement, et que vous cherchez de quoi faire de la photo de paysage, privilégiez avant tout les capteurs dotés d'une bonne dynamique.
En effet, un paysage est rarement uniformément sombre ou clair, mais oscille du très lumineux au très sombre. Être capable d'enregistrer de l'information d'un seul coup dans toutes les zones, claires comme sombres, sera gage de développement facilité et permettra d'arriver plus rapidement à de bons résultats.
 
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La définition est elle aussi un facteur intéressant ; si on peut parfaitement faire d'excellents paysages à 10 ou 12 Mpx, on sera plus à l'aise à 20 ou 24 Mpx. La différence ne servira pas à produire une image plus détaillée, ni même forcément plus grande (on utilise rarement les photos à leur définition originale), mais à recadrer au besoin. Un pylône disgracieux, un bâtiment gênant, une ou des personnes perturbantes... : le paysage n'est pas un studio, et on ne contrôle jamais l'intégralité de la prise de vue. Pouvoir recadrer en conservant une bonne définition est un atout très précieux.


Signalons enfin que si la quasi-totalité des capteurs utilise une matrice de Bayer, les X-Trans CMOS de Fuji et surtout les Foveon de Sigma sont d'une efficacité redoutable en paysage. La chose est particulièrement vraie pour les Foveon qui ont une capacité diabolique à capturer des détails ténus, donnant aux paysages une finesse vraiment remarquable. 

L'optique

En photo de paysage, l'objectif est bien plus important que le boîtier. L'optique idéale devra avoir une excellente définition et une homogénéité quasi parfaite. 

La définition est importante sur les capteurs très définis, comme les 36 Mpx des D800 et D810, et dans une moindre mesure sur le gros des 24 Mpx très à la mode en ce moment, qu'ils soient APS-C ou plein format.
Si vous êtes en Nikon la tentation d'utiliser un vieux grand-angle AF-D ou même Ai ou Ai-S est grande, tant ces antiques optiques sont actuellement bon marché... Cependant peu savent définir convenablement les capteurs les plus "pixellisés" du moment. 

L'homogénéité est liée à la définition et garantira dans la mesure du possible que les bords de l'image seront aussi nets que le centre. Attention, une optique homogène est assez rare, surtout quand on parle de grands-angles ou de zooms grands-angles. 

Enfin, qui dit optique dit aussi diaphragme. En général, en paysage, on veut une scène nette partout. On a donc tendance à fermer le diaphragme assez généreusement. Mais attention à la diffraction : selon les optiques, on risque de beaucoup perdre en définition si on ferme au-delà de f/11. De plus, l'ouverture est souvent liée à l'homogénéité. Plus on ouvre, moins on est homogène... en général. Bien rares et chères sont les optiques quasi parfaites sur tout le champ et à toutes les ouvertures.

Pour ne pas rater ses sessions de paysages, il est primordial de bien connaître son optique, plus encore de bien identifier sa plage d'utilisation optimale... et d'y rester.

Le Canon EF24-70 mm f/2,8L USM II vu par DxO : un champ presque parfaitement homogène dès f/5,6

La quête de la bonne optique et des bons paramètres sera grandement facilitée par les rapports de test de DxOMark. En effet, le champ de chaque objectif est analysé sur un capteur précis. On sait ainsi facilement comment évolue la définition de l'image sur le champ (centre et bords), et à quelles ouvertures le champ est optimal. En bref, ne partez pas faire de la photo de paysage sans parfaitement connaître votre matériel...

> Tous nos tests d'objectifs

Quelle focale ?

Reste un point que nous n'avons pas abordé : la focale. Difficile de se prononcer sur une formule magique. Certains sont des absolutistes de la focale fixe. Le choix fait sens, car la focale fixe est plus facilement de bonne qualité optique que le zoom. 24 mm, 28 mm, 35 mm sont de très bons choix, voire 50 mm dans certains cas (sur capteur plein format... en dessous, le 50 mm devient vite un petit téléobjectif peu pratique en paysage).



Mais le zoom est plus pratique car il permet de bien s'adapter à toutes les situations. On ne peut pas toujours avancer ou reculer comme on le voudrait pour cadrer convenablement avec une focale fixe ; le zoom est donc souvent salvateur. 

> Test Sigma 18-35 mm f/1.8 série ART > Test Canon EF 24-70mm f/2.8L IS USM II > Test Sigma 35mm f/1.4 série ART

Dans ce cas, les optiques idéales sont souvent les 14-24 mm, les 24-70 mm, les 16-35 mm : des focales très classiques, un peu onéreuses, mais souvent de très bonne facture.

La prise de vue

La prise de vue est sans grand piège. Pour faciliter l'édition (indispensable en paysage), on maximisera la dynamique, on utilisera donc le bas de la plage de sensibilité native de son capteur — habituellement 100 ou 200 ISO, voire moins dans certains cas — et on évitera ainsi de trop monter en ISO si on photographie au crépuscule.

Dans la plupart des cas il est fortement conseillé d'utiliser un trépied pour pouvoir exposer plus longtemps sans céder au flou de bougé. Attention toutefois au vent : le vent dans les branches supporte mal les expositions un peu trop longues. Dans tous les cas, il est recommandé de consulter la météo avant de se déplacer, et de différer sa session si la météo n'est pas clémente (et si on peut différer). 

Panorama de Yokohama, à main levée.

Enfin, dans certains cas, il peut être intéressant de faire un petit (ou un gros) panorama de la scène que l'on a sous les yeux. En plein jour et à main levée, l'exercice est facile. Prenez une focale un peu plus longue (50 à 85 mm), voire un téléobjectif pour les très gros panoramas, et photographiez en prenant soin de bien conserver au moins 25 % de chevauchement entre deux images.

L'assemblage se fait facilement dans Photoshop (Photomerge), avec des utilitaires payants (Autopano Giga qui excelle pour les très gros panoramas) ou gratuits (Microsoft ICE pour ne citer que lui). 

Le petit plus : le filtre neutre

Il est facile de se faciliter la vie avec un accessoire indispensable : le filtre. En paysage, on utilise souvent des filtres gris neutres pour diminuer un peu la luminosité parvenant au capteur, et il est très utile d'utiliser un filtre gradué au lieu d'un filtre homogène. Le filtre gradué permet d'obscurcir une partie du plan, par exemple le ciel. On pourra donc préserver le bleu du ciel sans impacter l'exposition du paysage : effet garanti !

Filtre gradué Hoya
On utilise également le filtre neutre pour faire des poses longues en plein jour. Utilité ? Rendre l'eau lisse et blanche dans les cascades, les rivières ou les bords de mer, ou encore "effacer" les humains du paysage (eux bougent, pas le décor, et une pose longue ne gardera sur la photo que le décor immobile).

Enfin, le filtre neutre est agréable face à des paysages très lumineux (plages, îles, déserts). Il permet de préserver les couleurs et d'éviter les surexpositions. De même, le filtre gradué est parfois utilisé par les photographes en forêt pour supprimer les reflets des feuilles lorsqu'elles sont humides. Le filtre gomme la brillance et rend le feuillage plus dense.

Les filtres sont plus ou moins puissants. Du ND2 au ND1000, ils réduisent la luminosité de 1 à 10 diaphragmes. Ceci veut dire par exemple que si vous avez une obturation de 1/4000 s sans filtre, vous aurez une obturation de 1/4 s avec un filtre ND1000.

Notre recommandation ? Essayez de mettre dans votre besace :
  • – un filtre ND400 gradué pour les paysages avec une bonne part de ciel,
  • – un ND800 pour faire de longs filés sur les cours d'eau en pleine journée,
  • – et un plus léger (ND64 à 200) pour gommer les reflets ou assombrir légèrement les scènes trop lumineuses. 

Pour aller plus loin, vous pouvez vous reporter à :

> Notre introduction sur les filtres optiques
> Notre dossier sur les filtres neutres
> Notre pratique sur l'utilisation des filtres neutres


Choisir l'heure

La lumière fait tout. Une belle lumière douce rehaussera les contrastes, rendra des couleurs plus vraies. Une lumière blafarde et trop intense écrasera la scène, la rendra terne et bien moins flatteuse qu'elle ne l'est en réalité. Pour profiter d'une belle lumière, évitez les moments où le soleil est haut, entre 10h du matin et 3h de l'après-midi, sauf si les nuages viennent à votre secours en atténuant un peu la luminosité. 

Pris juste après le lever de soleil : couleurs, reflets, ombres sont plus intéressants, et font ressortir les détails du pont. 

N'hésitez pas à photographier au lever ou au coucher de soleil : les lumières et les couleurs y sont souvent sublimes. Et n'oubliez pas de viser si possible les "golden hours" ou "heures dorées", ces instants qui suivent juste le lever de soleil ou précèdent son coucher, et pendant lesquels la lumière devient plus chaude et rend les paysages vraiment magiques.

Le développement

C'est l'étape indispensable de la photo de paysage. Qu'on le veuille ou non, les JPEG générés par le boîtier sont toujours moins bons que ce que l'on a sous les yeux. En paysage, il est quasi impératif de photographier en RAW, et de procéder au développement ultérieurement.

Le développement ne sera pas forcément synonyme de triche ou de "photoshopage", deux notions qui font un peu peur aujourd'hui. On peut développer "vrai", et rendre l'image plus conforme à ce que l'on voyait. Souvent, on devra récupérer le ciel en en atténuant la luminosité.



Notez au passage que si vous n'avez pas pu utiliser de filtre gradué lors de la prise de vue, certains dématriceurs comme Lightroom possèdent un outil "Filtre gradué", permettant de simuler l'effet du filtre neutre gradué. On part du haut de l'image vers le bas en diminuant la luminosité de 1 à 2 IL selon les cas, et le filtre distribue le traitement de manière décroissante le long de la zone. On assombrit donc le ciel dans toucher au sol : parfait. Toutefois, si bon soit-il, un effet ne vaudra jamais une prise de vue bien réussie : le filtre vissé à l'optique reste préférable.

Parfois, on équilibrera la scène en débouchant quelques ombres. Pour bien faire les deux sur une même image, il faudra avoir soigné la dynamique, ce qui nous renvoie à la partie consacrée à la prise de vue : pour y parvenir, il faudra être resté dans une fourchette ISO raisonnable, quitte à utiliser un trépied pour allonger les temps de pose.

Enfin, le traitement JPEG a souvent tendance à ternir un peu l'image, donc pousser légèrement les contrastes ne nuira jamais à un paysage. Notez que certains aiment les paysages aux rendus très poussés et n'hésitent pas à volontairement accentuer les retouches pour donner un caractère surréaliste à la scène. Tout est question de goût...

En résumé

  • - Privilégiez les capteurs à bonne dynamique.
  • - Un peu de pixels ne fait pas de mal.
  • - Utilisez une optique précise et à la définition homogène sur tout le champ.
  • - Fermez le diaphragme pour maximiser la profondeur de champ... mais pas trop pour éviter la diffraction.
  • - Choisissez bien votre moment : début ou fin de journée sont idéaux.
  • - Utilisez des filtres neutres, si possible gradués.
  • - Photographiez toujours en RAW et éditez à votre convenance (en utilisant la dynamique du capteur pour révéler tous les détails de l'image).

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