Pour ce test terrain, nous avons confié le nouveau Nikon D810 chaussé d'un 105 mm macro VR à la photographe culinaire Marie Laurange. Habituée à utiliser un Hasselblad argentique et un Sony A900 pour ses images, elle a testé en situation réelle le nouveau Nikon et nous livre ses impressions.

Focus Numérique – Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Marie Laurange – Je suis une photographe spécialisée dans le culinaire. Je suis arrivée là un peu par hasard. Je fais de la photo depuis longtemps, depuis que j'ai 15 ans. J'ai un parcours un peu original. J'ai commencé un peu en dilettante dans un club photo. À l'époque, nous ne faisions que de l'argentique. J'adorais faire du noir et blanc et passer mes journées dans le labo pour faire les tirages.

J'ai arrêté pour faire des études de finance. J'aime bien papillonner. Tout m'intéresse. Je voulais faire des langues, je voulais faire des mathématiques, je voulais faire du français. J'ai quitté mon travail dans une grande banque pour partir au Mexique, pour suivre mon mari qui était muté. C'est là-bas que j'ai repris la photo en me passionnant pour la nourriture mexicaine. J'avais envie de tout garder. Je me suis progressivement intéressée à la photo culinaire. Au début j'ai appris toute seule, en lumière naturelle.

Marque : NIKON CORPORATION
Modèle : NIKON D810
Vitesse : 1/200 s, ouverture : f/11.0
Sensibilité : 64 ISO
Focale : 105 mm, décalage expo : 0 IL
Objectif : AF-S VR Micro-Nikkor 105mm f/2.8G IF-ED
Télécharger le fichier raw


Après cela, je suis allée m'installer au Brésil ou j'ai assisté deux photographes spécialisés dans le culinaire. En rentrant en France, je me suis inscrite aux Gobelins en formation continue. Depuis un an maintenant, la majorité de mon travail est de la photographie culinaire.

Marie Laurange, test terrain du Nikon D810, détail recadré à 100%

C'est dur, après dix ans passés hors de France, et n'étant pas du milieu de la photo ; il faut tout recommencer : se créer un réseau, trouver des clients, etc. Aujourd'hui je vends des images pour StockFood et je réalise des images pour des restaurants.

Focus Numérique – Qu'est-ce qui te plaît dans la photographie culinaire ?

Marie Laurange – Je pense qu'il faut être fan de bouffe pour faire de la photo de bouffe. Sans ça, c'est un peu dommage. Ce que j'aime, c'est le studio. Passer des heures à bidouiller. J'ai commencé avec ce qui me tombait sous la main, à essayer de reproduire des lumières que je voyais dans les magazines. Après je me suis équipée en flashes, et je ne travaille plus qu'avec ça désormais.

Marque : NIKON CORPORATION
Modèle : NIKON D810
Vitesse : 1/200 s, ouverture : f/8.0
Sensibilité : 64 ISO
Focale : 105 mm, décalage expo : 0 IL
Objectif : AF-S VR Micro-Nikkor 105mm f/2.8G IF-ED
Télécharger le fichier raw


Focus Numérique – Quand es-tu es passée au numérique ?

Marie Laurange – Je suis passée au numérique quant j'étais au Mexique. Au départ, je crois que j'avais un bridge Sony qui m'a très vite bridée. J'ai ensuite acheté un reflex Sony A900 avec un objectif macro. Je voulais un vrai viseur large et confortable. À l'époque, c'était le seul appareil 24 x 36 mm abordable qui me convenait. Le problème de l'A900 est que dès que l'on commence à monter dans les ISO, il a tendance à bruiter énormément. De toute façon, je suis tout le temps au flash et à 100 ISO, donc je n'ai pas de soucis.

Marque : NIKON CORPORATION
Modèle : NIKON D810
Vitesse : 1/200 s, ouverture : f/4.0
Sensibilité : 64 ISO
Focale : 105 mm, décalage expo : 0 IL
Objectif : AF-S VR Micro-Nikkor 105mm f/2.8G IF-ED
Télécharger le fichier raw


J'ai un peu découvert l'utilisation du Live View avec ce Nikon D810 et j'ai vraiment trouvé cette fonction absolument géniale : pour la composition, pour l'exposition et surtout pour la mise au point que je réalise systématiquement en manuel, toute petite profondeur de champ oblige. Par contre, avec une utilisation intensive, le boîtier chauffe et la batterie fond comme neige au soleil.

Marie Laurange, test terrain du Nikon D810, tomate, détail recadré à 100%

Focus Numérique – Avais-tu déjà utilisé un Nikon auparavant ?

Marie Laurange – Non, c'est une première pour moi. Ce n'est pas simple, les menus ! Il m'a fallu 20 minutes pour prendre mes marques et faire mes réglages, autrement dit : tout désactiver. Je travaille exclusivement en 100 % manuel. Au final, la prise en main a été assez facile.

Focus Numérique – Que penses-tu du capteur de 36 millions de pixels ?

Marie Laurange – Je pense que se serait le grand maximum pour moi. Le poids des fichiers en TIF est vraiment très important et je n'ai pas besoin d'une telle définition pour l'utilisation finale de mes images. Mes clients se moquent de savoir avec quel appareil ou quelle définition je travaille : ce qui les intéresse, c'est le résultat final. Pour ce qui est de l'aspect sans filtre passe-bas, je rencontre très rarement des problèmes de moiré dans la photo culinaire. Pour ce qui est des détails, c'est vrai que c'est impressionnant. J'ai trouvé très intéressant la fonction sRAW qui permet de limiter la définition et donc d'ajuster le poids de fichier et le niveau de finesse des détails à l'usage final des images.

> Retrouvez le travail de Marie Laurange sur son site

Contact Vie privée, Cookies Conditions Générales d'Utilisation