Les D800 et D800E furent vraiment les premiers reflex de Nikon à tenter de contrecarrer l'hégémonie du Canon 5D Mark II (et Mark III) sur le terrain de la vidéo (rappelons que Nikon fut le premier constructeur à implémenter la vidéo sur le D90).

Pour filmer avec un capteur 24x36, vous avez désormais un choix important avec le Nikon D810, le Canon EOS 5D Mark III et le récent Sony A7S

Sony A7S
Nikon D810
Canon 5D Mark III

Nikon D810 Canon 5D Mark III Sony A7S
HDTV 1080 60p HDTV 1080 25p HDTV 1080 60p
(possibilité d'enregistrer en 4K Télé en 25p à l'aide d'un enregistreur numérique externe)
.MOV .MOV .MP4
40 Mbps 40 Mbps 50 Mbps
profondeur des couleur sur 8 bits profondeur des couleur sur 8 bits profondeur des couleur sur 8 bits
sortie HDMI non compressée sortie HDMI non compressée sortie HDMI non compressée
entrée micro / sortie casque entrée micro / sortie casque entrée micro / sortie casque
écran fixe écran fixe écran fixe




Tout comme ses prédécesseurs, le Nikon D810 dispose d'une interface pour la captation sonore avec à la fois une entrée micro (mini-jack 3,5 mm) et une indispensable sortie casque pour le contrôle qualité. Naturellement, la sortie HDMI non compressée est également reconduite, ce qui permet de connecter un enregistreur externe pour une qualité vidéo supérieure (débit plus important) ou une retransmission en direct. Malheureusement et contrairement à certains boîtiers actuels, le D810 n'a pas la possibilité d'enregistrer les vidéos en 4K (télé, ciné).

Formats vidéo

Le Nikon D810 enregistre en PAL ou NTSC en transparence en proposant des cadences d'enregistrement en images pleines à 60 (59,940), 50, 30 (29,97), 25 et 24 (23,976) ips en HDTV 1080.

En HDTV 720, seules les cadences 60/50 ips sont disponibles. Le reflex enregistre des fichiers .MOV (MPeg-4) avec différents profils et débits.

En qualité High, les débits mesurés sont les suivants (pour une scène classique) :
  • - 1080 60p : 36,5 Mbps, High@4.2
  • - 1080 50p : 32 Mbps, High@4.2
  • - 1080 30p : 20 Mbps, high@4.1
  • - 1080 25p : 20 Mbps, high@4.1
  • - 1080 24p : 20 Mbps, high@4.1

Dans tous les formats, la compression utilise les algorithmes CABAC et 2 images de référence. En qualité normale (HDTV 1080, 50p), le débit semble limité à 20 Mbps. Les autres paramètres de compression restent identiques. La sortie HDMI n'est pas compressée et vous pouvez enregistrer la vidéo (toujours en 4:2:0, 8 bits) sur un modèle externe avec des débits plus importants.
À noter : le D810 offre toutefois un débit largement supérieur aux 24 Mbps imposés sur le D800. Mais il aurait été intéressant de proposer un codec plus récent et plus efficace, similaire au XAVC-S de Sony, et ainsi capable de grimper à 50 Mbps ou des cadences plus rapides (120, 240 ips) afin de pouvoir réaliser facilement des ralentis fluides.

Enfin, notre plus grande déception tient sans doute à l'absence d'enregistrement au format 4K (télé, ciné) ; nous aurions également apprécié une plus grande diversité dans les formats. Ainsi, comme la plupart des reflex, le D810 ne propose pas l'enregistrement au format 2K spécifique au cinéma numérique (2048 x 1080 px). Au niveau de la compression, il n'y a toujours aucune option pour la compression intra image (AVC-Intra avec compression spatiale) qui compresse toutes les images de manière indépendante (pas de GOP, pas de compression temporelle).

Bon point malgré tout, le D810 permet de filmer en format FX (24x36) ou DX (APS-C) par un simple recadrage dans le capteur. Nous avions noté une perte de qualité notable sur le D800 et le D600. Avec le D810, le problème semble en partie résolu.
Par contre, la possibilité de filmer en 1920 x 1080 en 1 pour 1 (la zone de capture faisant réellement 1920 x 1080 pixels sans sous-échantillonnage), disponible sur le D4, n'est pas présente sur le D810. Certes, avec le D4 et son capteur de 16 Mpx, le facteur multiplicateur n'était que de 2,7x, alors qu'il atteint 4x avec le capteur surpixelisé du D810.

Assistance

Bonne nouvelle, le D810 intègre un zébra pour faciliter l'exposition. Le hic ? Il n'y a aucune indication de valeur et celle-ci n'est pas réglable (70 %, 90 %...). De surcroît, Nikon a totalement omis d'intégrer un système de focus peaking : pourquoi, mais enfin pourquoi ? Alors que la mise au point est justement la difficulté principale avec un 24x36 ? Bref. Si le D810 va dans la bonne direction, le chemin est encore long...

Précision

Ci-dessous, nous vous présentons différents extraits à 100 % (600 x 300 px) de vidéos tournées avec le D810 et un 35 mm f/1,8 (100 ISO à f/4 pour la prise de vue). L'image est très flatteuse et le piqué, impressionnant. Nous avons également ajouté pour comparaison un extrait réalisé avec le 5D Mark III, et le précision est supérieure.

Nikon D810 extrait 100% video HDTV 1080 25p

Canon 5D Mark III 1080 25p

Il est intéressant de noter que Nikon n'a que partiellement résolu le problème de qualité lors du recadrage en mode DX. Nous avions noté ce problème sur le D800 et le D600. Ici, l'extrait montre clairement des progrès, mais il est flagrant que l'image reste également moins piquée.

Nikon D810 vidéo crop DX

Nikon D600 crop DX vidéo

Bruit électronique et hautes sensibilités

Outre la profondeur de champ réduite, l'intérêt d'un gros capteur en vidéo est la possibilité de grimper plus facilement en sensibilité ISO. Nous avons confronté le Nikon D810 au Canon 5D Mark III dans les mêmes conditions de lumière. Vous pouvez visualiser le résultat dans la vidéo ci-dessous.



Jusqu'à 1 600 ISO, les deux appareils délivrent des images assez similaires, mais dans les hautes sensibilités 6 400 / 12 800 ISO, le Canon prend nettement l'avantage, avec des clips beaucoup plus propres et un fourmillement nettement moins visible. Notez toutefois que le 5D Mark III sous-expose notablement la scène.

Rendu, dynamique

Pour améliorer la dynamique en postproduction, Nikon propose également un nouveau style d'image (Picture Control) FL (Flat) — ou uniforme en bon français. Comme son nom l'indique, il s'agit d'un style très neutre qui permet d'enregistrer à la fois dans les hautes et les basses lumières, mais qui nécessite un traitement sur ordinateur pour recouvrer un contraste plus naturel.


Au moment ou Sony propose un S-Log pour son A7S, on regrette que Nikon n'ait pas eu la même idée en proposant un gamma pour le retouche en postproduction.

Autofocus

La mise au point autofocus est toujours problématique sur les reflex et encore plus chez Nikon, qui ne propose ni système de corrélation de phase sur le capteur, ni de module spécifique de détection de constraste (type Micro 4/3) et encore moins d'optique à motorisation pas à pas. Au final, le D810 présente toujours un autofocus pas tâtonnements assez bruyant et lent. On préféra largement la mise au point manuelle et l'on revient toujours au même problème : pourquoi ne pas intégrer un système de focus peaking pour la faciliter ?


Rolling shutter

Le Nikon D810 est sujet au rolling shutter lors des déplacements rapides du boîtier notamment à 25p. Une augmentation de la cadence permet de limiter les effets. Notez que le D810 est un peu moins sensible que son concurrent direct, le Canon 5D Mark III.



Au final, en vidéo, le D810 nous laisse encore sur notre faim. La firme indique cependant vouloir rattraper son retard dans ce domaine. Si les avancées sont réelles et bienvenues, Nikon ne va pas encore assez loin et devrait proposer des fonctionnalités vraiment innovantes (un firmware de type Magic Lantern par exemple). Nous attendions la 4K, mais celle-ci n'est pas au rendez-vous, le format RAW non plus. Bref. Dans la mesure où Nikon ne fabrique par ailleurs pas de caméscopes, nous serions ravis de voir la firme prendre plus d'ampleur.

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