Pour notre test, nous reprenons le protocole habituel : la scène est éclairée sous 200 lux et le Nikon D810 est positionné en mode M avec le couple 1/4 s et f/5,6 pour une valeur ISO de 100. Le reflex est pour l'occasion équipé du 35 mm f/1,8. Nous faisons ensuite varier la sensibilité ISO ainsi que la vitesse d'obturation. Les images sont visibles à 100 % et vous pouvez télécharger les fichiers bruts (NEF).

Le Nikon D810 est un reflex plein format (24x36) n'alignant pas moins de 36,3 millions de photodiodes effectives dont la taille est approximativement de 4,9 µm.

proportions des différentes tailles de capteurs

Les JPEG

Le Nikon D810 offre une plage de sensibilité allant de 100 à 12 800 ISO en mode classique, mais qu'il est possible d'étendre de 32 à 51 200 ISO.

Nikon a toujours eu un excellent savoir-faire dans la gestion du bruit électronique sur sa gamme reflex. Le D810 offre de très belles images de 32 à 400 ISO avec un bruit invisible. Il faut pousser à 800 ISO pour entr'apercevoir un fin moutonnement (bruit de luminance) sur les aplats colorés, et il faut vraiment regarder les images sur écran en mode pixel peeper à 100 % (voire plus) pour discerner un léger grain.

À 1 600 ISO, le grain se fait déjà plus visible, notamment sur les aplats gris. Rien de dramatique cependant, les images conservent un excellent rendu des détails, comme vous pouvez le vérifier sur le billet de banque. L'image est seulement un peu plus douce. Vous pourrez facilement grimper à 3 200 ISO sans craindre de longues soirées à débruiter les images. Là encore, le moutonnement se manifeste plus volontiers, mais il ne faut pas oublier que vous observez les images à 100 % sur écran, ce qui est en fait rare pour des fichiers de 36,3 Mpx.

À 6 400 ISO, un grain fin mais légèrement coloré fait son apparition. On atteint donc ici un premier palier. Pour cette valeur ISO, les logiciels de développement de fichiers bruts devraient logiquement donner de meilleurs résultats, mais il faudra patienter un peu.

Le bruit augmente naturellement avec la limite des 12 800 ISO du Nikon D810. Globalement, cette valeur est encore exploitable pour des tirages de taille raisonnable (20 x 30 cm) ou avec un post-traitement. On ne peut pas en dire autant des valeurs supérieures (mode étendu). Le bruit est particulièrement présent et disgracieux. Ces valeurs seront à employer avec parcimonie donc.

Nikon D810 : Réduction du bruit standard 32-200 ISO
Nikon D810 : Réduction du bruit standard 400-51200 ISO

Vous pouvez également télécharger les fichiers Raw (50-100-200-400-800-1600-3200-6400-12800-25600-51200 ISO)


Comparaison à tirage équivalent

Nous avons confronté le Nikon D810 à un reflex 24x36 Canon (le 5D Mark III), le Sigma DP2 Quattro à la définition équivalente (selon les calculs) et un moyen format disposant d'un dos CMOS à 50 Mpx.

Nous comparons naturellement les boîtiers à "tirage équivalent". Nous avons "normalisé" les images pour un tirage 40 x 60 cm en 180 dpi, soit une définition de 12 Mpx environ. Les images sont réalisées à 3 200 ISO avec ci-dessous des détails à 100 %.

Attention, les boîtiers ne sont pas équipés d'optiques équivalentes, le piqué initial n'est donc pas le même. Il faut essayer de comparer uniquement le niveau de bruit électronique... Pas si simple.

À ce petit jeu, les deux boîtiers proposant une définition supérieure à 30 Mpx dominent la course. Le dos PhaseOne est d'ailleurs remarquable à 3 200 ISO et n'a rien à envier aux reflex Canon ou Nikon dans le domaine du bruit électronique. Le grain est tellement fin qu'il devient imperceptible pour des tirages classiques.

Nikon D810 comparaison à tirage équivalent pour bruit électronique à 3200 ISO

Oscilloscope

Passons les images du Nikon D810 sous l'œil implacable de l'oscilloscope. Les résultats corroborent ce que nous avions identifié sur notre scène. L'oscilloscope est assez plat jusqu'à 800 ISO et les différents paliers sont francs. À 6 400 ISO, le bruit électronique vient brouiller les valeurs denses de notre charte : les détails sont perdus et les transitions s'estompent. Le phénomène s'amplifie à 12 800 ISO avec un moutonnement qui vient gommer les contrastes.

Nikon D810 test review, bruit électronique, 100 ISO gris
Nikon D810 - 100 ISO.
Nikon D810  test review bruit électronique, 100 ISO oscilloscope
Nikon D810 test review, bruit électronique, 800 ISO gris
Nikon D810 - 800 ISO.
Nikon D810  test review bruit électronique, 800 ISO oscilloscope
Nikon D810 test review, bruit électronique, 6400 ISO gris
Nikon D810 - 6 400 ISO.
Nikon D810  test review bruit électronique, 6400 ISO oscilloscope
Nikon D810 test review, bruit électronique, 12800 ISO gris
Nikon D810 - 12 800 ISO.
Nikon D810  test review bruit électronique, 12800 ISO oscilloscope

Les fichiers bruts

Nous mesurons également le bruit de fond du capteur en reconduisant le protocole de test précédent, mais dans le noir complet avec un bouchon sur l'objectif.

Le graphique ci-dessous représente la déviation standard (donc le bruit) pour les différents pixels colorés : rouges, verts, bleus, et verts. Pour simplifier les résultats, nous n'affichons ici les résultats que pour une des séries des pixels verts. Vous noterez le niveau très faible de bruit à 32 à 400 ISO. La courbe s'infléchit à partir de 6 400 ISO, valeur à laquelle le bruit devient problématique sur les fichiers JPEG également.

Nikon D810 bruit électronique fichiers bruts NEF

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