Cinq questions, une photographe

Julie de Waroquier, dont nous vous avons récemment présenté le DVD Rêvalités, est une très jeune photographe autodidacte, lauréate 2012 du concours SFR Jeunes Talents organisé durant les Rencontres d'Arles. Elle nous ouvre les portes de son univers fait de rêves, empreints de mystère et de quelques touches de surréalisme.

Champ de colza, forêt, étendues d’eau, chambre... : tout semble avoir revêtu cet habit de lumière évanescent et diaphane, spécifique de l’œil de Julie de Waroquier, nimbant la réalité de son filtre onirique. Comme pour chercher une certaine vérité de la fiction.

La photographie, selon Julie de Waroquier, est tribulations mélancoliques et nostalgiques d’une jeune femme entre les différents lieux liés à son enfance, parcourant l’espace-temps entre souvenirs et réalité. Ce qui était, n’est plus... Désirs, angoisses, Julie de Waroquier explore et questionne les profondeurs de l’âme humaine pour créer un monde enchanteur.

Fernando Pessoa disait : « Ce que nous voyons n'est pas fait de ce que nous voyons, mais de ce que nous sommes. » Et cela correspond bien à Julie de Waroquier.

Julie de Waroquier
 

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Focus numérique – Quand et comment a débuté votre intérêt pour la photographie ?

Julie de Waroquier – Je ne suis plus si jeune que cela ! J’ai commencé à l’âge de 18 ans, il y a à peu près six ans. Par hasard. J’étais en prépa littéraire et je ne trouvais plus le temps de dessiner — ce que je faisais énormément avant. Je me suis donc tournée vers l’appareil photo que l’on m’avait offert pour mes 18 ans, qui ne devait être au départ qu’un témoin de mes souvenirs de vacances. Je me suis très vite rendu compte que j’aimais assez le fait de raconter mes propres histoires. C’est venu assez spontanément, avec le plaisir de photographier tout et n’importe quoi ! Au début, ce n’importe quoi ne ressemblait pas à grand-chose, mais j’ai cultivé ce goût, en créant à l’époque un blog où je partageais mes photos. J’ai testé un peu toutes les thématiques, de la photo de fleur à la rue, y compris la mise en scène, ce qui m’intéressait le plus finalement. Cet univers est venu à moi très vite, tout seul, sûrement parce qu’il me correspond plutôt bien.

Julie de Waroquier

Julie de Waroquier

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Focus numérique – Quel matériel utilisez-vous ?

Julie de Waroquier - Je travaille avec un reflex numérique, un Nikon D700, et j’ai travaillé pendant cinq ans presque exclusivement avec le 50 mm f/1,4. Je viens de m’acheter un 35 mm f/1,4. Mais je suis du genre à m’adapter à ce que j’ai, plutôt qu’à chercher à avoir un maximum de matériel. Je n’utilise pas d’éclairage artificiel, pas de flash, et un réflecteur parfois. Donc j’ai assez peu évolué toutes ces années, mais me suis améliorée en reflex. Maintenant j’utilise un plein format, alors qu’avant c’était un petit D40 qui m’a rapidement montré ses limites.

Julie de Waroquier

Julie de Waroquier

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Focus numérique – Qu'est-ce qui vous intéresse dans l'acte photographique ?

Julie de Waroquier – Le fait d’avoir une idée, de retranscrire une émotion, qui n’est pas forcément la mienne. Une émotion que l’on pourrait tous avoir. Rendre cela visible dans une photo est primordial pour moi. C’est ce savant mélange visible-invisible qui se passe au moment de la prise de vue et de la retouche qui m’importe, afin de rendre des idées, des émotions concrètes. Je trouve cela magique !
Ce n’est jamais qu’une façon de partager ma vision du monde et d’interroger ce qui nous entoure.
Pour revenir à la retouche, c’est le moyen de terminer ma photo, ce n’est en rien un ornement factice. Au moment de la prise de vue, j’ai déjà à l’esprit ce que je ferai en retouche. C’est la seconde partie de la création de la photo, une sorte d’aboutissement de mon idée originale.

Julie de Waroquier

Julie de Waroquier

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Focus numérique – Si vous ne deviez qu'en citer un, quel est pour vous le photographe incontournable ou votre source d'inspiration ?

Julie de Waroquier – Ça change beaucoup et souvent, car je n’ai pas de courant préféré ! Tout est à voir, du moment que c’est bien fait et intéressant. La liste de mes photographes de référence change souvent. Il y a quand même une photographe que je cite souvent et qui fut l’un de mes premiers coups de cœur photographiques : il s’agit de Dorothy Shoes ; son évolution est vraiment inspirante.

Julie de Waroquier

Julie de Waroquier

Julie de Waroquier

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Focus numérique – Quel est votre prochain projet ?

Julie de Waroquier – Pour l’instant, je n’en ai pas. Je vais dans un premier temps faire vivre le film réalisé avec Damien Steck sur ma série « Rêvalité » [voir notre article à ce sujet]. Ce projet nous a pris tout de même une année, donc on va le présenter, le proposer cette année à des festivals.
Pour revenir à mes projets photographiques, je ne travaille pas sur le long terme, mais plutôt de manière spontanée. Donc j’attends de voir quelles seront mes prochaines envies !

www.juliedewaroquier.com

Julie de Waroquier

Julie de Waroquier

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