Christophe Brachet appartient du monde du cinéma. Ce jeune photographe partage son temps entre les plateaux de tournage, les festivals et les hôtels pour faire des photos de stars. Nous l'avons rencontré lors du dernier Club Photo Focus.

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Jean-Pierre Bacri sur le tournage d’Avant l’aube. © Christophe Brachet

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Focus Numérique – Quelle a été ta première expérience sur un plateau de tournage ?

Christophe Brachet – C’était en 2010, sur le film de Raphaël Jacoulot, Avant l’aube. J’ai eu ce projet parce que j’avais fait une école d’acteurs où j’ai été repéré par un agent qui s’appelle Dominique Besnehard1. Il m’avait envoyé faire un casting qui s’est très mal passé. Un peu écœuré, je lui ai dit que je n’étais pas prêt pour être acteur mais que je savais faire de la photo, puisque j’étais photographe sous-marin auparavant. Je me suis dit que ça n’était peut-être pas idiot d’être sur un plateau pour voir comment tout cela fonctionnait. En tant qu’autodidacte, je marche beaucoup à l’observation. Dominique m’a répondu : "Ok." Il coproduisait Avant l’aube et m’a proposé le poste de second photographe. Le photographe principal luxembourgeois m’a un peu montré comment ça fonctionnait. Ça s’est plutôt bien passé, parce que mes photos de Jean-Pierre Bacri et Vincent Rottiers ont été utilisées à l’exploitation du film, ce qui est rarement le cas quand tu es second.

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Vincent Rottiers dans Avant l’aube. © Christophe Brachet

À la suite de ce premier film, ça s’est enchaîné assez facilement. Bizarrement. J’ai été contacté très rapidement après pour un autre film, où cette fois j’étais le seul photographe.

J’ai travaillé tout de suite avec des acteurs qui m’ont impressionné. J’admirais énormément Bacri et Rottiers, et de les voir évoluer sur un plateau de cinéma, je me suis dit que ça allait m’apporter beaucoup de choses. Mais j’ai mis très rapidement de côté mes envies d’acteur, parce que ça m’a plu d’être photographe. Et depuis quatre ans, ça s’enchaîne.

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Focus Numérique – Quelles photos la production attend-elle de toi ?

Christophe Brachet – La production veut souvent des photos qui respectent le cadre du chef opérateur. Donc très souvent, on doit demander à ce que la scène soit refaite pour la photo, si on veut être parfaitement dans l’axe de la caméra avant qu’on ne change de plan. Il faut avoir les acteurs au moins trente secondes à soi. La difficulté de ce métier consiste donc à réussir à s’imposer au bon moment.

Ce n’est pas évident, parce que le photographe fait forcément perdre un peu de temps. Or sur un plateau, on cherche tout le temps à gagner du temps pour rentrer tous les plans que l’on a à faire dans la journée sans heure supplémentaire. Le photographe doit être le plus rapide et efficace possible quand il a ses acteurs. On n’est pas là pour perdre du temps à faire des réglages, il faut être prêt au bon moment.

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Victoria Abril sur Mince alors ! © Christophe Brachet

Mais on fait aussi des photos pendant les répétitions, où l’acteur peut se relâcher un peu plus. Là, on peut proposer des axes légèrement différents. Et je pense que les producteurs en sont de plus en plus avides, parce qu’ils prennent conscience que c’est justement ce que peut amener un photographe. C’est l‘avenir du métier : on apporte un regard différent de l’axe exact de la caméra. Pour les photos raccord, au pire, on peut faire une copie écran avec le numérique. Or si l’on ne fait que cela, on appauvrit la photographie que l’on va proposer au public, aussi bien dans les magazines que dans les cinémas eux-mêmes.

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Ludivine Sagnier et Nicolas Bedos dans Amour et Turbulences. © Christophe Brachet

Ensuite, il faut aussi faire des photos du réalisateur en train de diriger ses acteurs. Un plateau de cinéma est un vrai lieu de vie, qu’il faut savoir exploiter en images pour les besoins commerciaux lors de la sortie du film. D’ailleurs il y a souvent des réalisateurs qui n’ont pas de bonnes photos d’eux. Donc il ne faut pas hésiter à axer aussi son travail sur le réalisateur. Plutôt que de faire des séances photos après le film, utiliser le moment du tournage pour ce genre de photos.
 
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Charlotte de Turckheim dirigeant son actrice sur Mince alors ! © Christophe Brachet

De même pour les acteurs, tant qu’ils acceptent des portraits qui, une fois détourés, serviront peut-être pour une affiche. Donc j’essaie de proposer ça, même si parfois ça n’est pas du tout pris en compte. Sur le film de Jean-Michel Ribes que je viens de faire, il y a 80 acteurs. J’ai justement essayé d’avoir des portraits de chacun. Le graphiste qui a travaillé sur l’affiche s’est rendu compte que c’était un peu compliqué, donc ils vont sûrement quand même refaire une séance en studio. Mais ne serait-ce que pour le DVD, c’est intéressant d’avoir une galerie de portraits, d’avoir pris ce temps-là sur le plateau, pour décrire le personnage, dans l’ambiance, dans le costume, dans la lumière du film.

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Jean-Michel Ribes sur le tournage de Brèves de comptoir, qui sortira dans quelques mois. © Christophe Brachet

Après, il y a toutes les photos de l’équipe, que personnellement j’adore faire. D’abord parce que c’est une vraie aventure d’être en tournage pendant deux mois. On est tous ensemble réunis pour un même projet. Ces photos peuvent servir pourquoi pas au DVD, mais surtout à l’équipe en souvenir du film. En plus c’est très beau, les machinos et les électros qui bossent. Un plateau de cinéma c’est très graphique, ça passe très bien en photo. Je mélange la couleur et le noir et blanc d’ailleurs, à ce moment-là.

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Focus Numérique – As-tu parfois l’impression que ta marge de manœuvre est étroite ?

Christophe Brachet – J’ai globalement beaucoup de liberté sur un plateau. Il y a des producteurs qui ont une idée très précise de ce qu’ils veulent. Ils ont parfois même une idée de l’affiche du film et anticipent sur quel plan il faudra les photos. Donc il ne faut pas se rater !

Je trouve ça bien car de plus en plus, on a tendance à faire ces photos en studio — ce que je trouve un peu artificiel... Pour les comédies, ça peut fonctionner mais c’est tellement plus parlant de voir une photo tirée du film sur l’affiche ! C’est plus un problème de distributeurs. Ils ont tendance à vouloir voir parfaitement les acteurs sur l’affiche, alors qu’on peut avoir des photos de plateau tellement fortes, où l’on suggère les choses... Surtout quand le nom d’une actrice très célèbre est à l’affiche : on peut être plus mystérieux pour provoquer un véritable attrait pour le film.

C’est là que se joue l’avenir du métier de photographe de plateau. Il faut donc être force de proposition pour défendre notre profession. 

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Thomas Langmann, producteur. © Christophe Brachet

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Focus Numérique – Travailler sous une lumière que tu ne choisis pas, est-ce parfois frustrant ?

Christophe Brachet – Les chefs opérateurs avec qui j’ai bossé étaient tellement doués que c’était un plaisir. Je suis tout le temps à côté de la caméra, avec le chef op' et son pointeur. La relation du photographe de plateau avec son chef opérateur est très importante. Il faut travailler ensemble et s’entendre le mieux possible pour parvenir à traduire parfaitement ce qu’il a voulu mettre à l’image. Ce n’est pas du tout une frustration. C’est un sacré pari.

Ça m’a appris à comprendre comment construire une lumière. Après, j’ai un point de vue personnel sur les lumières : il y en a certaines que je préfère à d’autres. Je ne suis pas un fan des lumières de comédie, quand on a tendance à trop éclairer. Je préfère des ambiances plus intimistes. Par exemple, la lumière du dernier film de Xavier Dolan, Tom à la ferme, est incroyable. Mais, j’ai travaillé sur des comédies où c’était aussi un plaisir. Comme sur Mince alors ! avec Pierre Aïm, qui est un excellent chef opérateur. C’est un monstre de la lumière.

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Yannick Renier et Raphaëlle Agogué dans Climats. © Christophe Brachet

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Focus Numérique – Profites-tu de tes rencontres avec les acteurs sur les plateaux de cinéma pour provoquer d’autres séances photo ?

Christophe Brachet – Malheureusement non. Sauf quand des comédiens me le demandent, mais je suis peut-être encore un peu timide par rapport à ça. Ce sont plutôt les boîtes de production qui vont me demander après le film de photographier de nouveau un comédien. Ou par exemple, avec Charlotte de Turckheim avec qui ça s’est très bien passé sur Mince alors !, j’ai eu des commandes pour des magazines, car Charlotte m’a appelé directement pour faire les photos. Mais je pense que je pourrais m’imposer un petit plus. Ça viendra avec le temps, je suis encore jeune dans le métier.

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Rachida Brakni et Isabelle Carré dans Cheba Louisa. © Christophe Brachet

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Focus Numérique – Mais c’est la même problématique pendant le tournage : trouver le moment opportun pour aller faire quelques photos ?

Christophe Brachet – C’est pareil mais j’y arrive mieux à ce moment-là, car je sais que les acteurs sont vraiment à disposition pour le film. Alors que dès que le tournage est terminé, les acteurs sont tellement pris que j’ai un peu de mal à revenir vers eux. C’est sûrement un tort.

Au début, sur les tournages, j’étais beaucoup trop timide par rapport à ça. C’est compliqué de réussir à s’imposer sur un plateau au milieu de quarante personnes. Il y a une vraie logique, les gens vont très vite. Quand tu arrives là et que tu ne l’as jamais fait, tu es complètement perdu. D’autant que j’ai tout de suite travaillé face à des gens qui avaient beaucoup de métier. Maintenant ça va beaucoup mieux et puis je commence à connaître les chefs opérateurs, les électros et les machinos. Être bien avec un machino qui s’occupe de bouger la Dolly2 plus vite pour toi parce qu’il sait que tu as besoin de faire ta photo rapidement, ça aide. Il y a une vraie solidarité sur le plateau.

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Jean Dujardin au Festival du film francophone d’Angoulême. © Christophe Brachet

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Focus Numérique – Qu’en est-il de tes portraits de stars réalisés en festival ?

Christophe Brachet – Là encore, c’est de la commande. Le Festival du film [francophone] d’Angoulême est le premier à m’avoir demandé cela, il y a quatre ans. Comme il y a déjà beaucoup de photographes qui font les photo-calls très classiques, j’estimais qu’ils avaient tout ce qu’il fallait de ce côté-là. Je leur ai donc proposé un travail très particulier, en noir et blanc, pour obtenir un style intemporel, sur le off du festival. Les acteurs étaient prévenus que j’étais là pour les prendre en photo, mais dans leurs moments de vie. Je veux qu’ils soient très naturels. Ils savent que je suis là, mais ils ne savent pas quand je vais les prendre en photo. C’est ce que j’appelle des "instantanés de festival".

Je fais donc deux principaux festivals par an depuis : le Festival du film [francophone] d’Angoulême3 et le Festival des jeunes réalisateurs de Saint-Jean-de-Luz4. Là encore, j’ai eu de la chance qu’on me fasse confiance. C’était une commande, mais ils ont joué le jeu d’accepter le projet en noir et blanc. Ce qui n’est pas forcément évident, parce que maintenant les magazines ne veulent que de la couleur. C’est vraiment triste, je trouve.

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Sandrine Bonnaire. © Christophe Brachet

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Focus Numérique – Tu shootes directement en noir et blanc et tu ne fais pas non plus de post-production ?

Christophe Brachet – Effectivement. Le cliché qui a servi à la couverture de la biographie de Dominique Besnehard, c’est la photo brute en JPEG que j’ai donnée à l’éditeur. Je ne photographie pas en RAW. Ça fait bondir plein de gens mais je pense que c’est encore possible à notre époque de prendre ce risque-là.

Si toutes mes photos de festival avaient été en couleurs, j’aurais peut-être pu les vendre à des magazines. Seulement ce n’est pas la même démarche. J’aime cette prise de risque, comme à l’époque, quand on travaillait en pellicule. Quand on partait sur du noir et blanc, on partait sur du noir et blanc. Et surtout, je le construis en direct avec mon appareil photo, ce qui me plaît énormément. À partir du moment où on sait ce qu’on veut, ce n’est pas une si grande prise de risque. Et si j’ai raté ma photo, j’ai raté ma photo. J’aime bien l’idée de rater une photo, en fait. Et j’en ai raté ! C’est aussi ça pour moi, la photographie.

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Dominique Besnehard et Albert Dupontel. © Christophe Brachet

Une fois que j’ai fait une photo, il faut que je passe à autre chose. Sur un plateau de cinéma, il y a parfois des retouches pour les actrices. Donc je travaille avec une retoucheuse parce que je ne sais pas faire et que je ne supporte pas la post-prod. Elle travaille sur un fichier JPEG et c’est largement suffisant pour le peu qu’il y a à faire. Les JPEG maintenant sont très riches et d’une qualité incroyable. J’en conviens, c’est une façon de travailler très particulière, mais qui pour l’instant fonctionne.

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Focus Numérique – Comment diriges-tu tes séances avec les stars ?

Christophe Brachet – Par exemple, quand j’ai photographié Mélanie Laurent il y a trois ans, au Festival de Saint-Jean-de-Luz, son agent m’avait accordé une séance d’une heure, avec un autre photographe, Maxime Bruno, un ami. Elle a mis trois quarts d’heure à se préparer. Donc le stress montait. Mais en un quart d’heure, je n’ai quasiment pas ouvert la bouche : Mélanie Laurent m’a donné un nombre de choses différentes assez incroyable. J’ai dit à peu près les endroits où je voulais qu’elle se place par rapport à ma lumière. Là, elle m’a donné des regards directs, des regards indirects, des positions très différentes. Je laisse beaucoup de liberté à l’acteur. La plupart de ceux avec qui je travaille ont l’habitude de faire de la photo et savent exactement comment se placer. Ils n’ont pas besoin de séance à rallonge. Une ou deux fois, j’interviens, mais c’est assez rare.

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Mélanie Laurent. © Christophe Brachet

Les acteurs ont l’habitude d’être sur des plateaux de cinéma donc ils savent très bien quel est leur meilleur profil, comment se placer, et ce qu’il faut donner à la caméra. Si j’ai besoin d’une attitude précise, je vais le dire, mais il n’y a pas besoin de beaucoup de mots avec des acteurs professionnels de ce niveau-là.

Avec des jeunes acteurs pour qui je fais des books, c’est totalement différent. Je fais un peu plus de direction dans le placement, les ports de tête à avoir, comment sentir la lumière qui arrive sur eux. La vraie difficulté pour un comédien en séance photo, c’est de réussir à offrir une émotion sans avoir d’acteur en face de lui. Il a l’habitude de ne jamais faire un "face caméra", or là, on lui demande l’inverse, et de surtout jouer avec. Le jeu, il va l’avoir avec le photographe. C’est en cela que celui-ci est très important, dans la manière dont il va mettre l’acteur à l’aise. C’est intéressant que le photographe sache diriger, mais surtout, qu’il arrive à se mettre dans la peau d’un acteur, pour donner les répliques et les mots qu’il faut.

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Les "Intouchables" en festival. © Christophe Brachet

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Focus Numérique – Tu as la particularité d’être par ailleurs comédien et réalisateur. Cela modifie-t-il ton approche de photographe ?

Christophe Brachet – Avoir fait une école d’acteurs avant, comme avoir travaillé avec différents metteurs en scène et écouté leur direction d’acteurs, me sert énormément. Je connais la difficulté d’un acteur en séance photo. Je pense que le gros du travail consiste à mettre à l’aise son modèle. La direction peut rester légère, mais il faut arriver à créer une bonne ambiance pour que l’acteur se sente vraiment bien et le plus détendu possible. Ne pas être dans le stress. Les grandes stars ont d’une part très peu de temps à accorder et, d’autre part, n’ont souvent pas besoin de photos. Pour une promo, il ne va pas falloir faire beaucoup d’images, parce que les célébrités ont déjà tellement de photos qui circulent sur elles... Il faut aller vite, avoir les bonnes idées.

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Focus Numérique – Comprends-tu l’appréhension d’un acteur par rapport à la capture de son image ?

Christophe Brachet – Bien sûr. Il y a des acteurs qui sont très regardants sur leur image et ils ont complètement raison. C’est leur gagne-pain, on ne peut pas faire n’importe quoi. Il faut que ça leur ressemble le plus possible. C’est pour cela que c’est pris autant au sérieux.

Beaucoup de photos sont refusées par les acteurs parce qu’ils ne se trouvent pas bien — peut-être parce qu’ils n’ont pas bien senti la séance, si on n’a pas réussi à les mettre dans de bonnes conditions. Ils veulent contrôler de plus en plus leur image et je pense que c’est légitime. Mais il y a plein de choses actuellement qu’on n’arrive plus à contrôler : par exemple les photos prises avec un téléphone portable, à n’importe quel moment et diffusées très facilement. 

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Romain Duris. © Christophe Brachet

Pour dévier un peu du sujet, je fais aussi des photos de chanteurs, et de plus en plus, on n’a plus le droit de déclencher après la troisième chanson5. On arrive à quelque chose de peut-être trop contrôlé, trop lisse. Par exemple, j’ai photographié Marc Lavoine et je ne devais plus faire de photos au bout des trois premiers titres. Je trouvais ça assez ridicule. J’ai bravé l’interdit, donc ça s’est mal passé avec son manager. Mais pour moi, c’est une hérésie de vouloir arrêter certaines photos. Marc Lavoine est une icône pour plein de gens. Mais on peut voir une icône transpirante en fin de scène, un peu fatiguée, qui donne quelque chose de fabuleux à son public, comme l’ont fait de nombreuses rock stars. Ça va transparaître à l’image. Je n’ai pas revu Marc Lavoine depuis ce concert mais j’ai fait tirer les photos et je rêve de lui donner. Son manager a bloqué ces images mais je pense que photographiquement parlant, on passe à côté de quelque chose. Parfois, il faut braver des interdits, même si dans notre société on peut de moins en moins le faire, et c’est vraiment dommage.

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Focus Numérique – Quel est le processus de validation lors de ces séances ?

Christophe Brachet – J’envoie les photos à l’agent qui fait une première sélection avant de les montrer à son client. C’est l’acteur qui a la décision finale sur le choix des photos. C’est très important que l’acteur valide la photo qui va être exploitée ensuite, que ce soit pour Internet ou pour un magazine. Certains photographes que je connais n’ont pas respecté cette procédure ; ils ne vont plus beaucoup travailler dans ce milieu, je crois.


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Vincent Rottiers. © Christophe Brachet

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Focus Numérique – Est-ce qu'il t’arrive régulièrement de ne pas avoir tes validations ?

Christophe Brachet – Oui, bien sûr. C’est frustrant, mais ça se comprend. Il y a des acteurs qui ne se sentent pas bien à un moment donné, par exemple s’ils ont du poids à perdre. On fait quand même la séance photo mais s’ils ne se plaisent pas, je n’exploite pas la photo. Même si moi je les trouve superbes. On fait avec le peu qu’ils nous donnent parfois, mais je maintiens qu’ils ont raison.

Au début, dans mon travail, j’avais tendance à vouloir garder beaucoup de photos mais en fait, il faut en garder très peu. Celles qui sont fortes et qui parlent le plus au public. Et puis quand on en donne peu, les gens veulent en voir plus.

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Focus Numérique – Es-tu dédommagé dans ces cas-là ?

Christophe Brachet – Non. Ça m’est arrivé de faire des photos lorsqu’il n’y avait pas de budget pour la séance, pensant être dédommagé sur la vente des photos, mais les ventes ne se sont pas faites. On prend le risque. C’est rare, mais ça arrive. En général, on est payé pour la séance, puis ensuite par les magazines qui vont exploiter les images. J’ai souvent pris ce risque pour certains acteurs que je voulais absolument photographier et parfois, ça n’a pas marché. Mais il faut toujours voir le positif : ça reste une belle rencontre, un moment privilégié avec l’acteur. Et je retravaillerai sûrement avec lui à un autre moment. Ça permet d’établir le premier contact.

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Benjamin Biolay. © Christophe Brachet

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Focus Numérique – Quel est ton dernier meilleur souvenir de photographe ?

Christophe Brachet – C’était il y a deux mois, sur un court-métrage de Benjamin Biolay qui sera présenté au Festival de Cannes pour les Talents Cannes Adami. Benjamin Biolay conduisait un taxi avec deux actrices derrière lui. On était sur une voiture-travelling qui transportait le taxi et on a fait tout le tour de Paris. Moi je faisais des photos. Un Paris by night avec Benjamin Biolay, c’était super sympa à faire !


> www.christophe-brachet.fr



  • 1.  Dominique Besnehard est une personnalité incontournable du cinéma français. Acteur, producteur, directeur de casting, il devient connu du grand public en devenant l’agent des plus grandes stars françaises : Isabelle Adjani, Sophie Marceau, Béatrice Dalle, Laetitia Casta, Charles Aznavour, Christophe Lambert, Jean-Claude Brialy, Jeanne Moreau, Nathalie Baye, Emmanuelle Béart, Charlotte Gainsbourg, Michel Blanc, Alain Chabat, Alain Souchon, Éric Cantona...
  • 2.  La Dolly est une lourde machine de cinéma sur rail et/ou sur roue permettant au chef opérateur d’être assis derrière la caméra tout en exécutant des mouvements fluides. Sur un plateau, elle est sous la responsabilité du chef machiniste.
  • 3.  Voir le portfolio sur le site du Festival du film francophone d'Angoulême.
  • 4.  Festival des jeunes réalisateurs de Saint-Jean-de-Luz.
  • 5.  Lire à ce sujet notre Rencontre avec Francis Vernhet, photographe de concert.

> Le Facebook d'Aurélie Coudière

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