Présentation

Photoflex TritonLe flash Triton de Photoflex se situe à la frontière entre le flash de studio et le flash de reportage. Nous le rentrons dans la catégorie des flashes de studio, dans la mesure où il n'est pas possible de le fixer directement à un appareil photo numérique via la griffe porte-accessoires (le flash est trop lourd, trop volumineux et ne dispose pas de sabot standard).

Cependant, ce type de flash a de quoi intéresser les amateurs de strobisme. La tête flash est compacte et légère. Il est autonome et peut aussi bien fonctionner sur batterie que sur secteur. Il dispose d'un mode cellule, d'une synchronisation classique filaire et d'une lampe pilote. Il intègre un mode rafle à 7 éclairs par secondes et est équivalent à un flash cobra avec un nombre guide de 185 ! La tête est bien entendu compatible avec nombre de modeleurs de lumière courants disponibles au catalogue Photoflex (bols réflecteurs, boîtes à lumière, OctoDomes, parapluies).

Le Triton de Photoflex est proposé en plusieurs formules (tarifs MMF-Pro mai 2014) :

- Double kit (2 têtes, deux bols standards et une batterie) pour 2 325 € ;
- Simple kit (1 tête, un bol standard et une batterie) : 1 188 €, avec option OctoDome ;
- La tête seule avec bol standard : 1 080 € ;
- Power pack (alimentation + batterie) : 720 €.

Caractéristiques

Les caractéristiques de la tête Triton sont assez intéressantes et n'ont pas grand-chose à envier aux solutions plus conventionnelles de flashes de studio sur batterie.

Dans la liste des doléances, on pourrait reprocher l'absence d'une fonction TTL avec un transmetteur radio adapté ou de l'intégration de la batterie directement dans le bloc de la tête. Les têtes B1 de chez Profoto sont pourvues de ces deux technologies. Photoflex a annoncé sur son site l'arrivée imminente du Triton 2 avec une puissance plus importante, un contrôle sans fil et un temps de recyclage plus court.

Puissance : NG 185 - 300 J
Temps de recyclage : 3 s (1:1) - 0,1 s (1:64)
Durée de l'éclair : 1/3200 s (1:1)
Synchronisation : Mode cellule - filaire (jack)
Lampe Pilote : Oui (10 s)
Gradation : Oui 1:1 / 1 : 64 (1/3 IL)
alimentation : Secteur - batterie externe
autres : Mode rafale (1:8) à 7 ips / rotule / baïonnette à vis.

Prise en main

Cette petite torche est vraiment une belle surprise. Son atout numéro 1 : sa compacité et son poids. En effet, on pourrait presque dire qu'elle tient dans la main. Nue, elle mesure environ 14 cm de long pour 9 cm de large et de haut. Son poids dépasse à peine les 900 g !

Avec de telles mensurations, on pourrait s'attendre à l'utilisation de matériaux bon marché en plastique. Il n'en est rien. Nous sommes en présence d'une construction 100 % métal qui assure confiance et longévité : c'est du costaud ! Question design et finition par contre, c'est basique. Par exemple la vis qui permet de fixer les accessoires sur la baïonnette est en plastique : dommage.

Photoflex Triton

À l'arrière de la tête, on retrouve le panneau de commande qui inclut un écran digital rétro-éclairé, un indicateur de charge, une molette de réglage cliquable (pour la puissance) et 3 boutons de commande (lampe pilote, test et mode cellule). C'est la base, mais en même temps on n'a pas besoin de plus. La tête permet un réglage de puissance au 1/3 IL de la pleine puissance au 1:64. Malheureusement, les paliers sont exprimés sur l'écran en + et en -.

Photoflex Triton

Sur le côté se trouve la prise pour l'alimentation. C'est un connecteur 3 broches à fixation automatique : bon point. La tête Triton doit impérativement être reliée à l'alimentation clipsée à la batterie pour pouvoir fonctionner sur secteur.

Photoflex Triton

Le bloc batterie est assez compact et se divise en deux parties séparables. La première partie constitue l'alimentation qui dispose de deux sorties, d'un interrupteur et d'un indicateur de charge. La seconde est la batterie en elle-même. Le chargeur dispose par défaut d'une prise au format américain avec un adaptateur pour la France. Bon point, il est donc compatible 100 - 240 V.

L'ensemble pèse un peu plus de 800 g et se présente dans un étui simili-cuir avec une dragonne d'épaule. Comme le flash sera principalement utilisé sur trépied d'éclairage, il aurait été intéressant de prévoir un système d'accroche à clips.

Photoflex Triton

La tête Triton est livrée avec une rotule pour être montée sur un pied d'éclairage muni d'un spigot. Cette rotule tout en métal permet d'accueillir un parapluie et dispose d'une confortable poignée de réglage. La tête elle-même est dépourvue d'un quelconque système de fixation. Prévoir un simple pas de vis standard n'aurait pas été du luxe...

Photoflex Triton

Test labo

Les tests labo visent à vérifier les caractéristiques techniques annoncées par le constructeur et la qualité de la lumière produite par le système. Nous allons donc nous attarder sur la distribution spectrale (peu intéressante pour un flash mais pleine de sens pour des éclairages continus LED), la température de couleur, l'indice de rendu des couleurs, le nombre guide (puissance maximum et gradation), la durée de l'éclair et le temps de recyclage à pleine puissance.

Température de couleur, indice de rendu des couleurs et distribution spectrale

L'indice de rendu des couleurs et la température de couleur sont calculés à partir de l'analyse spectrale (irradiance du flash) à différents niveaux de puissance. L'analyse spectrale est effectuée à l'aide d'un spectrophotomètre (X-Rite Colormunki associée à Argyll CMS).

photoflex triton : distribution spectrale

L'indice de rendu des couleurs ou IRC est un chiffre normalisé, compris entre 1 et 100, indiquant la fidélité des couleurs restituées par une source de lumière. Plus l'IRC est élevé, plus la source de lumière est susceptible de restituer des couleurs aux teintes fidèles. Par exemple, une ampoule à incandescence (ampoule standard) aura un IRC proche de 100. Une lampe au sodium basse pression, comme celle utilisée pour l'éclairage urbain de nuit, aura un IRC très faible (20-25).

photoflex triton : température de couleur

On attend généralement d'un flash que sa température de couleur soit comprise entre 5 000 et 6 000 degrés Kelvin. C'est le cas pour le Triton, mais seulement de 1:8 à 1:1. Aux plus faibles puissances, la température de couleur est plus élevée pour atteindre, au 1:64, plus de 7 000 degrés Kelvin : trop froid !

Puissance et gradation

Le nombre guide est une méthode de calcul d'exposition au flash simplifiée pour les photographes.
C'est le produit du réglage de diaphragme et de la distance flash-sujet pour une sensibilité ISO donnée :

Nombre guide (pour une sensibilité ISO donnée) = Diaphragme x Distance flash-sujet

Contrairement aux photos prises en lumière continue, le temps d'exposition n'intervient pas. En effet, le temps du flash (de 1/1000 s au 1/30000 s) est toujours bien plus court que la vitesse de synchronisation permise par l'appareil photo.

Le nombre guide d'un flash est donné dans des conditions données. Par exemple pour un flash cobra : 105 mm (zoom du flash), pleine puissance, à 1 mètre et à 100 ISO. Pour un flash de studio, il est généralement donné avec l'utilisation d'un bol réflecteur standard.

Photoflex Triton
NG annoncé
NG mesuré
 
185
(200 ISO)

144
(200 ISO) 

99 
(100 ISO)
 

Nous mesurons le nombre guide du flash à l'aide d'un posemètre étalonné, photo à l'appui. La courbe de gradation est obtenue à partir des données spectrales de l'éclair, mesurées à tous les paliers. Nous prenons en compte comme composante Y du système CIE XYZ, proportionnelle à la luminance.

Photoflex Triton

Dans notre cas, nous avons mesuré le nombre guide à l'aide d'un flash-mètre Gossen Starlite 2 avec le bol livré en kit à 3 mètres et à pleine puissance. Nous obtenons un NG de 144 (pour 200 ISO) alors que le constructeur annonce un nombre guide 185 (pour 200 ISO). Il y a donc environ 2/3 IL de différence.

photoflex triton : gradation

Temps de recyclage / Autonomie

Le temps de recyclage est un paramètre très important dans le choix d'un flash. Dans certaines situations, il sera nécessaire de pouvoir réaliser une série rapide de photos tout en conservant l'usage du flash. Les personnes qui se sont essayées à la photo de mariage sont bien conscientes de ce problème.
Plusieurs paramètres entrent en compte : qualité des composants (par exemple les condensateurs), qualité des piles ou batteries utilisées, usure des piles, température. De plus, le temps de recyclage d'un flash n'est pas constant selon la manière dont il est utilisé. Plus la puissance est faible, plus le temps de recyclage est court.

Comme souvent, le temps de recyclage à pleine puissance est assez long et ce, sur la batterie ou sur secteur : plusieurs secondes. Il faut utiliser une puissance au minimum à 1:8 pour avoir un temps de recyclage qui passe sous la seconde. On n'observe aucune différence entre les utilisations sur batterie ou sur secteur.
1 : 1 1 : 2 1 : 4
3,5 s 2,3 s 1,5 s

Le Triton annonce clairement un mode rafale à 7 images par secondes à 1:8 de puissance. Ces performances, assez hors norme pour un flash de ce type, ont été testées et on est très loin du compte. En effet nous avons mesuré au maximum 3 éclairs par seconde sur une séquence de plusieurs secondes de prises de vues. Il est vrai que les deux premiers éclairs sont très rapprochés. Nous mesurons, simplement en photographiant un chronomètre, 2 éclairs en environ 3/10e de seconde. Donc il est vrai que le système peut photographier à près de 7 images par seconde, mais sur 3/10e de seconde uniquement !

Enfin, le gros avantage du Triton est qu'il fonctionne de manière autonome sur une batterie portable et compacte. Photoflex annonce 750 éclairs à pleine puissance avec une pleine charge de batterie.

Verdict

Flash Triton Recommandé FocusAu final, ce flash de studio compact et autonome est plutôt une bonne surprise, même si certains détails sont encore à améliorer, tant d'un point de vue ergonomique que technique.
On apprécie particulièrement le poids et l'encombrement réduit de la tête ainsi que son interface. Le fonctionnement sur batterie est un réel plus. Question puissance, ce flash pulvérise la majorité des flashes cobra du marché et se rapproche des performances de monoblocs studio.
Pour aller plus loin, on pourrait imaginer un récepteur radio intégré, un bloc batterie solidaire de la tête, une conception tout temps (humidité, petite pluie) et pourquoi pas un peu de TTL ! L'utilisation d'une LED comme lampe pilote pourrait aussi être une piste à creuser, afin de rendre la torche hybride pour la vidéo. Quoi qu'il en soit, nous la recommandons sans trop d'hésitations.

Points forts

Points faibles

Poids et compacité de la tête

Mode rafale trompeur

Puissance élevée

Système de fixation de la tête

Fonctionnement sur batterie compacte

Système de verrouillage des accessoires

Autonomie de la batterie

Pas de radio intégrée



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