Cinq questions, un photographe

Photographe suisse autodidacte et ancien professionnel du marketing, Yanidel s’est fait connaître par ses instantanés des rues de la capitale. Entre l’Argentine et la France, ce voyageur parcourt les rues des grandes métropoles à la recherche du cliché parfait.

À l’occasion du vernissage de son exposition dans le terminal 1 de l’aéroport Paris-Charles de Gaulle, nous lui avons posé quelques menues questions...

Portfolio, Yanidel

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Focus Numérique Comment êtes-vous entré dans la photographie ?

Yanidel – C’est venu tout à fait par hasard pour être honnête. Nous sommes venus habiter à Paris avec ma famille. Nous faisions beaucoup de balades dans la ville et en me promenant, je voyais de jolies scènes qui m’ont intéressé et que j’avais envie d’immortaliser. Et puis Paris est quand même, avec New York, l’une des villes phares de la photographie de rue. C’est un terrain extrêmement riche en situations cocasses et surprenantes. À chaque coin de rue, on voit Brassaï, Henri Cartier-Bresson, toutes ces situations qu’ils ont fixées sur leurs pellicules. J’ai eu envie de me lancer comme ça.

Mais attention, je n’ai suivi aucune formation professionnelle pour être photographe. J’ai tout appris sur le tas. Dans la vie, je suis dans le marketing. J’ai appris tout ce que sont ouverture, sensibilité, vitesse par moi-même. C’est suffisant pour la photo de rue. Le reste est essentiellement constitué de l’œil, de l’approche de la scène, sa composition, saisir l’instant… Évidemment, il faut aussi se faire discret, mais quand on est vu après la photo ce n’est pas trop grave.

Portfolio, Yanidel

Portfolio, Yanidel

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Focus Numérique Quel appareil utilisez-vous ?

Yanidel – J’utilise essentiellement un Leica M9, un très bel appareil, avec un jeu de deux optiques. J’ai un 35 mm f/1,4 et un 60 mm f/1,2. J’aime cet appareil. Je trouve que c’est une très bonne école. Il est complètement manuel, alors une fois que vous en maitrisez tous les réglages, généralement, vous vous en tirez sur n’importe quel autre appareil. Le Leica a un autre gros avantage, c’est qu’il est assez petit,  c’est très discret. On vous voit moins que si vous sortiez un reflex énorme avec une optique monstrueuse. J’aime aussi le fait qu'il ait un viseur optique.

Parallèlement, je travaille aussi avec mon Nokia Lumia 1020. J’ai commencé à l’utiliser essentiellement en Argentine. À cause des problèmes de sécurité, c’est plus facile de se déplacer avec un smartphone. Le Nokia, si on me le vole, ce n’est pas si grave. Le Leica en revanche, ça attire l’attention, on peut vous tuer pour vous le voler. Mais ce téléphone donne des images d'une qualité excellente. Il est très proche d’un très bon compact. Alors évidemment, il ne permet pas de tout faire. J’utilise beaucoup la profondeur de champ, et là c’est assez compliqué tout de même. C’est pour ça que le Leica, avec des optiques très lumineuses, est bien plus pratique.

Portfolio, Yanidel

Portfolio, Yanidel

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Focus Numérique Qu’est-ce qui vous intéresse dans l’acte photographique ?

Yanidel – Ah ça, c’est une bonne question. Je crois que, comme pour beaucoup, il y a avant tout une idée de partage qui est très importante. Beaucoup de gens habitent des petites villes, et leur seule façon de voyager, c’est la photographie. Et puis, c’est une discipline aussi. On marche énormément, la photo parfaite ne se présente pas tout de suite. Il faut aller la chercher. On compose ses photos dans sa tête, on réalise des cadres imaginaires, ça demande de l’observation et une bonne capacité de concentration mine de rien. C’est assez épuisant en fait.

Mais l’idée de partager, je pense que c’est le principal. Faire un peu voyager grâce à mes photos, ça me fait vraiment plaisir.

Portfolio, Yanidel

Portfolio, Yanidel

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Focus Numérique Si vous deviez nous présenter un photographe qui vous a inspiré, qui choisiriez-vous ?

Yanidel – Ce serait Saul Leiter. Ce n’est peut-être pas mon préféré, mais c’est celui qui m’a le plus inspiré. Il est mort récemment malheureusement, mais il a vécu vieux. J’aime beaucoup sa façon de jouer avec les couleurs, c’est tout simplement magnifique. C’est un photographe dont on n’a pas tant parlé de son vivant, en tout cas moins que d’autres, pourtant il était sûrement meilleur que beaucoup des plus connus. Il arrive vraiment à faire de la poésie avec presque tout, il compose avec les lumières comme personne. Il est capable de sublimer un moment avec énormément de poésie. Je trouve ça très impressionnant. Il était très polyvalent, il a fait un peu de tout ; du commercial, des portraits… C’est quelqu’un qui toute sa vie n’a pas du tout cherché à se mettre en avant. Il faisait beaucoup de photos pour lui.

Portfolio, Yanidel

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Focus Numérique Quel est votre prochain projet ?

Yanidel – Et bien déjà, il y a cette exposition qui va s’installer pour un minimum de trois ans, ce qui est pas mal. Ensuite, il y a peut être un autre projet, mais il est un peu incertain, je préfère ne pas trop en parler pour le moment. Il y a plusieurs facteurs qui réduisent un peu l’extension de mes projets. Je travaille toujours à côté, et puis avec ma femme et mon fils, nous venons de nous installer en Argentine, on est un peu plus dans une étape charnière de notre vie.

C’est vraiment une activité que je pratique pour le plaisir, alors les expos, les photos pour des magazines, c’est bien souvent les gens qui viennent vers moi, à l’inverse de la photo. Par exemple, je suis pas mal sollicité par des couples qui veulent qu’on les prenne en photo façon photographie de rue, ils veulent des clichés pas conventionnels, spontanés, des photos un peu authentiques, pas un portrait classique où on sourit devant un monument. Ce genre de photos, ce serait une piste à creuser, il y a vraiment de quoi faire.

Portfolio, Yanidel

Portfolio, Yanidel

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