Photo macro d'un Gerbera saumon
Photo prise au 50 mm inversé, f/4, 1/20 s et ISO 100 – comme quoi, même sans objectif macro, on peut faire de la macro.

Vous l’avez peut être noté, le printemps a montré le bout de son nez il y a peu. Vous avez remisé écharpe et bonnet dans une armoire de transition (on ne sait jamais, des fois qu’il se remette à neiger). C’est le moment de vous réjouir de l’air frais printanier, du rallongement des jours, des petits oiseaux et de tout ce qui va avec. C’est également le moment parfait pour une balade dans un champ de fleurs, ou pour un petit tour chez votre fleuriste...

Car oui, c’est le moment de vous lancer dans la photographie de fleurs.
La technique peut demander un peu de matériel et de temps, mais elle est assez simple à mettre en œuvre et donne des résultats plus que probants.

Matériel

Commençons par un petit tour d’horizon du matériel nécessaire.

Optiques

Tout d’abord, il vous faut une optique. Et là, nous vous mettons en garde ! On s’imagine bien souvent que pour faire des photos de plantes ou de fleurs, il faut impérativement s’équiper d’un objectif macro ou d’un téléobjectif. Ce n’est pas forcément juste.

Photographier les fleurs, optique, grand angleLe grand angle : sa focale est inférieure à 50 mm et contrairement à ce que l’on pourrait croire, c’est l’objectif idéal pour la photo de fleurs prises dans leur environnement. Si vous voulez de jolies photos avec un environnement flou tout autour, un grand angle sera parfait. Pour peu que l’on perçoive un peu de distorsion du grand angle, votre sujet de premier plan n’en paraîtra que plus imposant. Évidemment, si votre optique ouvre beaucoup, c'est d'autant mieux.


Photographier les fleurs, optique, macroL’objectif macro : un incontournable. Les focales de ce type d’objectifs sont généralement comprises entre 50 et 180 mm. Les focales fixes seront parfaites pour la photo ultra-rapprochées. De plus, elles ouvrent généralement beaucoup. L’avantage ? Une mise au point précise sur le sujet et un beau bokeh tout autour. À noter, plus votre focale est longue, moins vous aurez besoin d’être proche du sujet pour le prendre en photo.

         
Photographier les fleurs, optique, téléobjectifLe téléobjectif : grosso modo, on estime que la focale d’un téléobjectif est comprise entre 90 et 600 mm. Cet accessoire peut se révéler pratique dans plusieurs cas bien particuliers. Ce type d’objectif vous permettra notamment de prendre un cliché précis d’un objet éloigné (un insecte posé sur une fleur par exemple). Alors bien sûr, c’est une optique lourde et encombrante, et souvent moins lumineuse que ses collègues. Mais elle vous permettra d’effectuer des clichés lointains parfaitement nets et de ne pas déranger les potentiels butineurs.

Accessoires

Ajoutons à cette liste quelques accessoires bonus pouvant constituer d'excellentes solutions de secours.

Photographier les fleurs, accessoire, lentilles macro
Les lentilles macro. Elles présentent l’avantage de ne pas être chères et peuvent se superposer pour augmenter le grossissement. Par contre, gros inconvénient, si vous en superposez trop, votre vignetage sera important.


Photographier les fleurs, accessoire, bagues d'allongeLes bagues ou tubes d’allonge. Elles se fixent entre le boîtier et votre optique et permettent de diminuer la distance de mise au point en allongeant la focale. Comme les lentilles macro, vous pourrez les combiner. Point important à souligner : la bague d'allonge ne contient pas de lentille.


Photographier les fleurs, accessoire, multiplicateur de focale
Le multiplicateur de focale. Il ressemble fortement à la bague d’allonge ; pourtant, entre ces deux objets, il n’y a aucun lien. Là où la bague d’allonge diminue la distance de mise au point, le multiplicateur de focale n’a aucun effet dessus : il multiplie simplement la focale. Et contrairement à la bague qui ne possède aucun système optique, le multiplicateur de focale, lui, en a un.


Photographier les fleurs, accessoire, bonnetteLa bonnette. Elle se fixe à l’avant de l’objectif et possède un système d’une ou deux lentilles. Elle diminue la distance de mise au point entre l’objet et l’optique. Par contre, elle présente quelques désagréments, comme la disparition de la mise au point à l’infini et une perte de profondeur de champ.


Photographier les fleurs, accessoire, objectif inversé
Un objectif inversé. N’ouvrez pas des yeux ronds, c’est un excellent moyen d’obtenir un objectif macro conséquent et ce, à moindre coût. Certes, le montage peut se révéler aventureux, mais il donne des résultats acceptables pour peu que l'objectif soit fixé correctement. Pour cela, il vous suffit de lui ajouter une bague d’inversion. L’objectif ainsi monté aura augmentera le rapport de grandissement. Plus votre focale est courte, plus votre rapport de grandissement en inversant l’objectif sera important (on estime qu’un 50 mm inversé donne un rapport de 1:1).


Pour plus de détails techniques, vous pouvez vous reporter à notre précédent article "Lancez-vous dans la macro avec le bon matériel !", par Franck Petit.

Prise de vue

Maintenant que nous avons fait un petit tour d’horizon du matériel, il est temps de s'intéresser aux réglages à effectuer sur votre boîtier.

Mode : priorité au manuel

Dans la mesure du possible, optez pour le tout manuel, des réglages d’exposition à la mise au point. La zone de netteté à ces distances de mise au point est assez faible pour rendre votre autofocus fou. Ne prenez pas de risques inutiles.

Les paramètres à prendre en compte

Plusieurs facteurs peuvent également influencer la qualité de votre image.

La sensibilité du capteur. Vous vous en doutez, lorsque l’on prend des photos de près, tous les détails sont exacerbés. Il en va de même pour le bruit. De plus, les photos de fleurs étant généralement prises sous un éclairage relativement fort (rares sont ceux qui aiment les photos de fleurs de nuit), il n’est pas impératif de travailler à 25 800 ISO. Une sensibilité de 100 à 200 ISO sera amplement suffisante et ne provoquera pas de bruit visible sur votre cliché.

La balance des blancs. Réglez-la idéalement en « lumière du jour » ou « plein soleil ». Cela vous assurera une bonne luminosité.

L’ouverture. En macrophotographie, on privilégie souvent les grandes ouvertures (quand on le peut bien sûr) de manière à focaliser le regard sur un point précis de l’image. Cela dit, même une faible ouverture, si elle est compensée par un bon temps de pose, donnera de jolis résultats avec un beau bokeh.     

Les principaux écueils

Malgré toutes ces précautions, votre photo n’est pas encore à l’abri d’un mauvais coup. Il y a en effet quelques petits obstacles que le photographe, amateur ou professionnel, rencontre fréquemment.

Le flou de bougé. Avec une distance de mise au point relativement faible et une profondeur de champ réduite au strict minimum, le flou de bougé devient, à main levée, inévitable. Aussi, munissez vous d’un bon trépied, stable et précis dans son mouvement. Idéalement, utilisez également un retardateur ou une télécommande, car même l’appui sur le bouton de déclenchement est susceptible de faire bouger votre appareil.

La mise au point fastidieuse. Dans ce cas de figure, faites confiance à votre œil. Le viseur corrige les dioptries et s’adapte à la vue de chacun. Vous serez d’autant plus précis dans votre mise au point manuelle. Autre problème fréquent pour la mise au point : le mouvement naturel d’une fleur en plein air. Dans certains cas, il sera peut-être nécessaire d’utiliser un tuteur pour stabiliser la plante.

La gestion de la lumière. Tout dépend bien sûr de votre environnement. En intérieur, il vous sera assez facile de maitriser l’éclairage : en cas de trop faible luminosité, il vous suffit d’appuyer sur un interrupteur. En extérieur en revanche, s’il fait gris, nuit, ou que c’est l’apocalypse, vous ne pourrez pas y faire grand-chose. Vous pourrez par contre, à défaut de les modifier complètement, tenter d’améliorer les conditions lumineuses. Si la lumière est trop directe par exemple, vous pouvez utiliser un diffuseur. Si par contre votre fleur manque un peu de lumière, en plaçant astucieusement un réflecteur, l’éclairage global sera grandement amélioré.

Photo macro d'une rose jaune
Photographie prise avec l'Olympus PEN, objectif 12-50 mm f/6, 1/125 s, ISO 200, distance focale : 43 mm.

À ce stade des opérations, vos premiers essais devraient compter un pourcentage significatif de clichés réussis. Si toutefois vos prises de vues ne vous satisfont pas, vous pouvez toujours solliciter l’aide d’un logiciel de post-traitement comme Photoshop.

Les filtres et outils y sont nombreux et variés et vous permettront notamment de réduire le tremblement, d'accentuer la netteté, etc. Cela devrait suffire pour rattraper les éventuels petits défauts de prise de vue auxquels vous pourriez être confrontés.

Photo macro d'une marguerite jaune
Photo prise avec un Olympus M-12-50 mm, f/6, temps de pose : 1/6 s, ISO 200, distance focale : 0,2 m.

Photo macro d'un trèfle noir et blanc
Photo prise avec un Canon EOS550D, objectif canon 18-55 mm à 39 mm+ lentille macro + 14, f/5, 1/60 s, ISO 400.

Quelques photographes plus ou moins célèbres se sont eux aussi intéressés à la photographie de fleurs :
Et pour aller plus loin, n’hésitez pas à vous procurer l'excellent livre de Clément Wurmser, Photographier les fleurs, aux éditions Delachaux et Niestlé.

Clément Wurmser, Titre Livre, Editeur, parution Photographier les fleurs
Clément Wurmser
Delachaux et Niestlé, mars 2014.
Broché, 22,5 x 19,5 cm, 280 pages.
EAN-13 : 9782603019795
28 €

Voir des extraits sur le site de l'éditeur
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