Avec beaucoup d'humour, Romain Mader a réalisé un documentaire sur une ville ukrainienne décidée à exploiter la grande beauté de ses femmes sur le marché du tourisme matrimonial international. Le photographe se crée lui-même un faux personnage (un roi suisse), qu'il met en scène dans son travail.

Romain Mader, Ekaterina, 2012

Romain Mader, Ekaterina, 2012

Romain Mader, Ekaterina, 2012
Ekaterina, 2012 © ECAL / Romain Mader

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Focus Numérique – Romain, peux-tu te présenter et nous expliquer en détail ton parcours ?

Romain Mader – Je suis un photographe suisse, je réside actuellement à Lausanne, mais je m'ennuie rapidement alors je me déplace beaucoup. J'ai étudié la photographie à l'ECAL [École cantonale d'art de Lausanne] et obtenu un bachelor en 2012. Depuis, je travaille en duo avec Nadja Kilchhofer sur plusieurs projets, tous liés aux pays de l'Est.

Romain Mader, Ekaterina, 2012
Ekaterina, 2012 © ECAL / Romain Mader

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Focus Numérique – Tu es l'un des 10 finalistes du Prix HSBC pour la Photographie 2014.
Pourquoi avoir participé à cette compétition ?


R.M. – Car c'est un prix réputé, mais aussi car le conseiller artistique de l'édition 2014, Simon Baker, est une personne que j'estime beaucoup et à qui je souhaitais montrer mon travail. Je suis ravi d'avoir été sélectionné et d'avoir pu partager mon histoire.

Romain Mader, Ekaterina, 2012
Ekaterina, 2012 © ECAL / Romain Mader

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Focus Numérique – Tu as présenté un projet intitulé Ekaterina. Peux-tu nous en parler ?

R.M. – Ce travail a été effectué dans une ville d’Ukraine fondée en 2007 par un groupe d’investisseurs allemands désireux de spéculer sur l’économie du tourisme sexuel. C’est un secteur en plein essor dans cette ancienne république soviétique, mondialement réputée pour la beauté exceptionnelle de ses femmes. Bienvenue donc dans la cité des femmes !

C’est dans ce microcosme strictement réservé à la femme et aux riches bachelors européens en quête de sensualité et de stabilité maritale que j’ai décidé – après de nombreux échecs en Suisse – d’aller chercher ma future femme. C’est ainsi que j’ai rencontré Ekaterina, Ekaterina et Ekaterina.

Ekaterina, c'est le nom de ma femme, une femme ukrainienne que j'ai rencontrée en Ukraine dans une ville peuplée que de belles femmes… toutes blondes, grandes et à la recherche d'un homme fortuné de l'Europe de l'Ouest. Étant Suisse, et donc riche, j'étais le candidat parfait pour séduire Ekaterina.

Romain Mader, Ekaterina, 2012

Romain Mader, Ekaterina, 2012

Romain Mader, Ekaterina, 2012
Ekaterina, 2012 © ECAL / Romain Mader

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Focus Numérique – Tu dis que ce projet un vrai-faux documentaire. Pourquoi ?
Dans la même veine, tu as décidé de mettre en scène ton propre personnage.
Peux-tu nous en dire plus sur cette démarche ?


R.M. – Je mets en général mon personnage en scène car je raconte ma propre histoire, donc cela ne ferait que peu de sens de la raconter avec un acteur.

Romain Mader, Ekaterina, 2012
Ekaterina, 2012 © ECAL / Romain Mader

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Focus Numérique – Parlons un peu matos. Quel matériel utilises-tu et pourquoi ?

R.M. – Je ne prête pas beaucoup d'intérêt au matériel ; j'utilise différents appareils photo (entre autres un moyen format Mamiya, un reflex numérique Nikon et des compacts argentiques Olympus), mais quand le temps me le permet, j'utilise des pellicules moyen format que je scanne ensuite.

Ce qui m'intéresse le plus c'est de pouvoir contrôler le processus du début à la fin et d'expérimenter de nouvelles techniques de réalisation et de production.

Romain Mader, Ekaterina, 2012

Romain Mader, Ekaterina, 2012
Ekaterina, 2012 © ECAL / Romain Mader

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Focus Numérique – Tu sembles beaucoup jouer, non sans humour, sur ton rapport avec les femmes dans ton travail. As-tu fini par trouver l'amour ? Si oui, quelle sera ton approche sur tes futurs projets ?

R.M. – Oui effectivement, tous les projets que j'ai réalisés jusqu'à maintenant sont liés aux problèmes que je rencontrais avec les femmes. Avec beaucoup d'efforts et en me servant de ce que j'ai appris au cours des différents projets photo (avant d'aller en Ukraine, j'ai réalisé un projet sur la drague pour lequel j'avais engagé un coach), j'y suis finalement arrivé et je suis heureux depuis. Cette étape étant terminée, je travaille actuellement sur des projets un peu différents mais toujours liés au développement personnel et à la recherche du bonheur.

Romain Mader, Ekaterina, 2012
Ekaterina, 2012 © ECAL / Romain Mader

> Prix HSBC pour la photographie 2014 : les lauréats !
> Stereotyp.es, le site de Romain Mader

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