Fort de son héritage photographique, bâti sur le succès de ses boîtiers dans les années 1970-1980, Olympus a su faire revivre "à la sauce numérique" ses OM et autres PEN et les rendre compétitifs, tout en les adaptant aux besoins d'un public toujours plus exigeant.

COI Olympus OM-D E-M10, test review, vue de face
Ainsi est né l'OM-D E-M10. Entrée de gamme de la prestigieuse série des OM, le nouveau venu se pose en outsider et entend en découdre avec la concurrence pour se faire une place sous le soleil des GFK.
S'il ne remplace pas l'E-M5 et n'entend pas jouer dans la même cour que le maître de la gamme, l'E-M1, l'OM-D E-M10 reprend à son compte une partie de l'électronique — dont le viseur — du dernier, le design et le processeur du second avec en bonus un flash intégré. Du coup, bien qu'entrée de gamme, l'E-M10 se retrouve équipé de solides arguments et de fonctionnalités intéressantes pour rivaliser avec les reflex.
C'est en tout cas ce qu'affirme le marketing et nous ne leur donnerons pas tort. Inutile de faire durer le suspense : la réponse est oui, E-M10 peut rivaliser avec un reflex !

Petit tour du propriétaire

Design

Penchons-nous sur l'aspect extérieur de ce boîtier. S'il reprend les codes stylistiques de l'E-M5, il apparaît pourtant que quelque chose a changé. L'OM-D E-M10 est plus petit (taille), plus léger, et surtout, plus agréable à l’œil, plus équilibré : en effet le (faux) prisme est mieux dessiné ! S'inspirant du bridge Stylus, il est légèrement plus ramassé, moins pointu, et la griffe flash est mieux intégrée.

Du coup, l'équilibre général du boîtier en profite et peu de choses viennent rompre la ligne avenante de l'E-M10. À la fois "vintage" et anguleuse, elle marie plutôt bien la disposition de ses molettes à double commande sur l'épaule droite, les différentes touches de raccourcis et la molette de sélection des modes. L'interrupteur se trouve au dos de l'appareil, tout en bas à droite, ce qui oblige une préhension à deux mains. C'est moins pratique que le positionnement en couronne que l'on retrouve sur les Nikon ou même le récent Samsung NX30 par exemple, mais cela limite les allumages accidentels.

COI Olympus OM-D E-M10, test review, dos

Au dos, l'écran LCD tactile de 7,5 cm et 1 037 000 points est monté sur charnière, permettant un basculement à 90° pour la visée poitrine et à 45° pour la visée à bout de bras. C'est toujours moins pratique qu'un écran monté sur rotule, mais mieux qu'un écran fixe !

En continuant notre tour d'inspection, nous découvrons un autre miracle des designers japonais : les touches FN1 et Lecture sont enfin à une place convenable. Sur l'E-M5, elles étaient situées juste au-dessus de l'écran, dans un léger renfoncement anguleux qui agaçait le pouce à l'usage. Ici, au contraire, les touches tombent bien sous le doigt et leur disposition permet une pression facile et rapide.
De même, les différentes touches de raccourcis offrent un accès direct à certaines fonctionnalités. Vous pourrez passer de (trop) longues heures à paramétrer votre boîtier comme bon vous semble.

D'un point de vue purement esthétique, l'OM-D E-M10 s'impose comme une réussite. Il est selon nous bien mieux dessiné que l'EM5 (ce dernier étant pourtant loin d'être raté) et impose une ligne à la fois rétro et moderne, dont le dynamisme donne "envie de faire des photos".

COI Olympus OMD EM-10, vue de dessus

En main

La prise en main est excellente. Le grip avant profite là aussi d'une meilleure intégration au châssis et le majeur glisse fermement le long du boîtier. Nous sommes évidemment loin des standards imposés par les poignées reflex, mais le galbe demeure de ce fait beaucoup plus épuré. Autre point intéressant : grâce au dessin de ce grip, et bien que la hauteur du boîtier ne soit que de 82,3 mm, l'auriculaire et l'annulaire ne restent pas coincés sous la semelle du boîtier. Enfin, le pouce se cale automatiquement sur le repose-pouce prévu à cet effet. La prise en main est donc ferme et rassurante. Même constat au niveau des finitions : pas de jeu dans les ajustages.

À l'œil

C'est tout naturellement que nous portons l'OM-D E-M10 à l’œil. Le viseur de 1 440 000 points hérité de l'E-M5 remplit bien son rôle — pas de bonne ou de mauvaise surprise. Nous sommes en territoire connu, même si nous ne pouvions qu'espérer un dégagement oculaire plus élevé pour un meilleur confort et un taux de rafraîchissement accru. Rien de catastrophique, mais en intérieur, quelques traînées de rémanence risquent de faire leur apparition sur les mouvements rapides ; de plus, sur des scènes à fort contraste (contre-jour par exemple), la visée électronique reste bien moins agréable que la visée optique.

Personnalisation

L'OM-D E-M10 offre un large choix de personnalisation à son utilisateur. Pour ce faire, vous devrez dans un premier temps vous plonger dans la longue, très longue liste des paramétrages. Malheureusement, la navigation est particulièrement alambiquée et l'interface manque de fluidité. En théorie, une fois certains paramètres ajustés, vous n'aurez plus à retourner dans le menu, mais s'y retrouver reste franchement très compliqué.
De plus, lorsque vous sortez du menu une fois l'option validée, il n'y a pas de retour prédictif. Et la navigation au doigt ne se fait pas dans les menus : il faudra utiliser les flèches du trèfle et les molettes. Olympus donne heureusement accès à un "menu rapide" (Quick Menu) dont les options défilent sur la droite. C'est évidemment plus rapide et vous pouvez visualiser l'effet en direct, mais l'interface nous paraît tout de même vieillotte et peu compréhensible pour le grand public.

Connectivité

La connectivité reste classique, offrant une compatibilité avec des cartes mémoires SD SDHC, SDXC et UHS‑I, une prise micro HDMI type D et USB 2.0. L'OM-D E-M10 intègre le Wi-Fi pour un contrôle total de l'appareil, notamment la mise au point, le déclenchement, le contrôle du zoom, le changement des paramètres d'exposition et bien sûr le partage d'images grâce à l'application "Olympus Image Share". La reconnaissance entre le mobile et le boîtier se fait par un QR code, ce qui simplifie la connexion.

COI Olympus OM-D E-M10, test review, connexions

Réactivité

À l'allumage, avec le zoom livré en kit, il faut 2 secondes pouvoir prendre la première photo. Ce délai médiocre n'est cependant imputable qu'à l'optique : elle doit se déplier avant de pouvoir photographier. En effet, l'E-M10 est proposé en kit avec le nouveau 14-42 mm f/3,5-5,6 et rétractable. Il est donc très compact, et motorisé pour faciliter le zooming en vidéo.

L'autofocus est très réactif et l'appareil se montre fort agréable à utiliser. Il n'y a pas de différence entre le déclenchement physique et le tapotement au doigt sur l'écran tactile. Il arrive que sur des scènes à faible contraste, un léger effet de pompage soit visible, mais globalement l'OM-D E-M10 s'en sort avec les honneurs. Il lui faut en effet environ 0,15 s pour faire le point en grand angle en plein jour, et 0,45 s dans l'obscurité. Des scores très honorables : le Nikon D5300 par exemple, réputé pour sa célérité, obtient respectivement 0,26 s et 0,33 s dans les mêmes conditions en visée optique (ses temps en live view sont rédhibitoires sur les scènes d'action). Une fois de plus, l'idée longtemps avancée selon laquelle les hybrides sont moins véloces que les reflex devient caduque.

COI Olympus OM-D E-M10, déploiement du zoom

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