Situé à deux pas de la Maison européenne de la Photographie, au 5 rue des Écouffes, l'Atelier de la Photo propose un concept qui retrouve les fondamentaux du portrait sur papier : la possibilité de venir se faire photographier sans se voir imposer d'acheter le portrait. Grégory Machet, photographe professionnel, accueille avec bienveillance le visiteur curieux qui souhaiterait obtenir un portrait de qualité imprimé sur papier photo.

Curieux comme nous sommes, nous sommes donc partis à sa rencontre...

Focus Numérique : Pourquoi avoir créé l'Atelier de la Photo ?

G.M. : Eh bien pour une très bonne raison. Cela fait 15 ans que je fais du portrait, et j'ai beaucoup voyagé. J'avais déjà monté quelques studios mobiles, notamment au Maroc, au Brésil ou encore au Portugal. J'y faisais du portrait en noir et blanc. Ça m'est resté. J'ai une sensibilité pour les visages et puis j'aime le portrait. J'ai toujours eu envie de monter un vrai studio dans une grande ville, et Paris est une ville qui aime la photo. Cela me semblait presque une évidence de monter ce studio ici.

Focus Numérique : Quel en est le concept ?

G.M. : L'idée est vraiment de permettre au public de s'initier au portrait studio, de se faire prendre en photo par un professionnel, sans pour autant acheter. Chacun est libre de choisir s'il veut repartir avec son portrait ou pas. Les gens sont sensibles à la photo noir et blanc, en studio. C'est un bon moyen d'y donner accès.

Focus Numérique : Croise-t-on beaucoup de ces studios en France, ailleurs ?

G.M. : Je n'en ai honnêtement pas vu beaucoup. Vous savez, aujourd'hui, peu de photographes peuvent se permettre de donner le choix aux gens de repartir ou non avec leur tirage. Mais heureusement, globalement, les gens jouent le jeu. Quand ils se font prendre en photo, le résultat leur plaît assez pour ne pas laisser un tirage se perdre. Et puis, dans le principe, c'est quelque chose qui pour moi rapproche vraiment les gens de la photo studio. Je pense que c'est important.

Focus Numérique : Avec quel matériel travaillez-vous ?

G.M. : En ce qui concerne le matériel photo, je travaille sur Nikon. J'utilise le D3 ou le D700. Mon objectif est un AF-S Nikkor 24-70 mm f/2,8 G ED. J'utilise peu les logiciels de retouche, mais préférentiellement Lightroom, et un peu Photoshop. Pour les éclairages, je travaille avec les lampes Elinchrom.
Mais le matériel ne fait pas tout. L'impression a son importance aussi. Pour mes tirages papier, j'utilise une grande imprimante Epson 3800. C'est une très bonne imprimante qui me permet de faire mes préréglages pour la mise en noir et blanc. Je peux choisir la saturation, le contraste, la luminosité, etc., bref, presque tous les réglages dont vous disposeriez sur un logiciel de retouche.
Le papier est important, lui aussi. Quand j'ai commencé, j'utilisais des Ilford – ça, c'était à l'époque du développement argentique. Et puis j'ai changé pour du papier Epson. Je lui suis resté fidèle assez longtemps, j'étais vraiment fan de ce papier, et récemment j'ai changé pour du Canson, car le grammage est un peu plus lourd, et puis j'aime la densité, le rendu... Bon par contre évidemment, les encres, c'est Epson.



Focus Numérique : Combien de portraits faites-vous par mois à peu près ?

G.M. : Ça dépend vraiment. Vous savez, je viens de commencer, mais pour vous donner une fourchette, par mois, je suis à peu près à 80-150 tirages vendus. Je suis assez agréablement surpris. Les gens se laissent prendre au jeu. Ils viennent en famille, ou à plusieurs parfois, et généralement ne repartent pas qu'avec un seul tirage. Soit ils n'arrivent pas à choisir, soit il en faut pour chaque personne sur la photo. Parfois ils veulent le tirage de groupe, et les individuels... Cela dit, la quantité de travail est aléatoire. Il m'arrive d'avoir certaines semaines de travail intense et d'autres un peu moins chargées. Mais je ne vis pas que de ce studio. J'organise aussi un studio ambulant pour les événements commerciaux. Mais ceci est une autre histoire. En tout cas, le studio ne demande qu'à se développer et à trouver son public, qui j'en suis sûr, sera au rendez-vous.



On ne peut que souhaiter un bel avenir à ce projet un peu unique qui permettra à chacun de redécouvrir la photographie portrait de façon très abordable, puisque le premier prix est de 35 euros pour un portrait de 30 x 20 cm.




> Le site de l'Atelier de la Photo, de Grégory Machet

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