Emmener une caméra à des dizaines de mètres et tourner des plans aériens, voilà le rêve de beaucoup de fanas d’images. Problème, avant d’arriver à piloter un drone, il faut en avoir cassé un certain nombre. L’idée du Phantom, c’est de pouvoir être pris en main par un débutant et d’être prêt à voler dès la sortie du carton. À quelques détails près, le pari est tenu. De quoi devenir accro.

DJI Phantom

Dans le domaine des drones autrement appelés multicoptères (car ils embarquent plusieurs rotors), il y avait deux mondes. Celui des jouets comme le fameux AR. Drone de Parrot que l’on pilote avec son iPhone, et celui des pros du modélisme et autres paparazzi. Autrement dit, des machines capables d’embarquer des appareils de prise de vues plus ou moins lourds, histoire de voir ce que font les starlettes de la Croisette depuis le ciel. Et si vous décidiez d’entrer dans ce deuxième monde qui permet de jouer les Yann Artus-Bertrand sans hélico, vous deviez vous armer d’un bon budget de départ, d’un fer à souder, d’un atelier de pièces de rechange, puis passer par les phases de montage, de réglage, de maîtrise de l’électronique avant de vous planter de nombreuses fois pour apprendre à voler. Certes, à la fin, ça marche, mais après de nombreuses galères.

Et c’est alors que DJI Innovations, fabricant de systèmes de navigation pour appareils volants, a l’idée géniale de proposer un drone capable à la fois d’être prêt à voler à la sortie du carton (ou presque) et en plus d’embarquer environ 250 grammes de matériel, c'est-à-dire une GoPro et sa nacelle. Aussitôt l’annonce faite par le fabricant, je me suis empressé de demander un modèle de test à FPV4EVER, qui distribue l’appareil en France. Il était facile de vérifier la facilité d’utilisation de l’engin puisque je n’ai strictement aucune expérience de pilotage.

Mise en route

Au déballage, première surprise puisqu’il faut tout de même s’armer d’un tournevis pour fixer le train d’atterrissage (dans le bon sens et en scotchant le compas) et d’une clé pour monter les quatre hélices. Attention d’ailleurs, car il y a un sens de rotation propre à chacune des quatre branches qui constitue le corps de l’engin. Ensuite, je vous recommande fortement d’aller sur la toile pour lire le manuel et surtout pour regarder les différentes vidéos d’apprentissage : le Phantom n’est pas un jouet et l’écraser sur les foules est un risque qu’il vaut mieux éviter. Certes, le Phantom n’est donc pas tout à fait prêt à voler, mais il vous faudra à peine une heure pour connaitre les principales fonctionnalités . Car comme pour les vrais avions, il faut réaliser une check-list avant de décoller. En effet, le Phantom embarque un GPS, une boussole, un gyroscope qui vont lui permettre de se distinguer d’autres multicoptères ludiques. Il est par exemple capable de rester en vol stationnaire ou de rentrer se poser à vos pieds en cas de problème.


drone DJI Phantom

Loin d’être un jouet

Avant de décoller, il faut tout d’abord toujours penser à allumer la radio avant la machine sous peine que le Phantom se croit perdu et tente de rejoindre tout seul la dernière position connue. Ensuite, il est nécessaire de calibrer le compas en effectuant une procédure qui consiste à tourner sur soi-même en tenant la machine à bout de bras. Enfin, il faut apprendre à décoder les signaux de la grosse diode de couleur qui va communiquer avec nous dans une sorte de morse. Celle-ci indique les phases d’initialisation ou de mémorisation de la position « Home » (le point de décollage vers lequel il reviendra en cas de pépin). Elle indique aussi combien de satellites sont captés. L’idée du premier vol consiste à se placer en terrain découvert et une fois l’appareil prêt à décoller, à pousser simplement les gaz pour faire une première ascension en mode GPS (l’appareil reste au même endroit dès que l’on ne touche plus les commandes et il compense même les coups de vent !). Pour mon premier vol, je n’ai pas pu utiliser le GPS, car coincé dans une cour d’immeuble de moins de 6 mètres de large, la précision ne me semblait pas optimale. J’ai donc utilisé le deuxième mode baptisé ATTI. Dans ce mode, le Phantom se contente de maintenir sa stabilité horizontale et c’est à vous de compenser les coups de vent qui peuvent le faire glisser.

Drone DJI Phantom télécommande

Je n’avais pas prévu un détail. Un quadricoptère comme celui-ci est parfaitement symétrique ce qui empêche de distinguer son avant de son arrière (des autocollants sont prévus à cet effet, mais je les croyais uniquement décoratifs…). Du coup, perdu, je l’ai fait tombé plusieurs fois sur le macadam à 10 mètres d’altitude. Il a aussi percuté les murs de l’immeuble. Ce qui m’a permis de constater la solidité de l’engin. À l’heure de cet article, je n’ai pas encore changé les hélices, bien que deux paires supplémentaires soient fournies. Cette mésaventure passée, force est de reconnaitre que le pilotage est extrêmement amusant. Avec son bruit de tondeuse à gazon, ces lumières et son étonnante stabilité, le Phantom se mène facilement au bout de quelques minutes à peine. J’ai donc fixé une GoPro, puis une Drift HD entre ses « pattes », car pour moi, tout l’intérêt de ce genre d’appareil est de ramener des plans impossibles à faire autrement.

Je suis allé aussi plus loin dans les fonctions en mettant à jour son Firmware. Le drone se connecte à un PC et l’assistant logiciel permet d’enclencher différentes fonctions, de recalibrer les commandes, d’affecter des actions aux boutons de la radiocommande. Avec cette mise à jour (3.12), le décollage est encore plus facile : il suffit de mettre les gaz à 50 % pour que l’appareil décolle doucement et automatiquement. Ce qui m’a permis de voler en intérieur sans casse. J’ai aussi enclenché la fonction Home Lock, particulièrement utile. Quand elle est active, vous devenez le seul point de référence, ceci, quelle que soit l’orientation du drone. Il suffit de tirer le stick de droite pour que le Phantom revienne vers vous et de le pousser pour qu’il s’éloigne. Une autre fonction Course Lock, permet de définir un cap comme référence en vol, ce qui permet à la machine de suivre une ligne imaginaire. Bref, sans être le moins du monde modéliste, on se prend très vite au jeu au point de parcourir les forums afin d’en apprendre plus, mais aussi pour pallier les quelques défaillances de l’appareil.

Quelques défauts

Il existe par exemple des nacelles qui réduisent les vibrations de la machine pour éviter l’effet Jelly de l’image des GoPro et autres caméras sportives. Je regrette par contre que l’appareil ne soit pas doté d’un switch ON/OFF qui éviterait ainsi de déconnecter/reconnecter la batterie systématiquement pour la mise sous tension. L’appareil est si facile que l’on se prend aussi à rêver de pouvoir connecter facilement un module de FPV (First Person View, vol en immersion). L’idée serait ainsi de récupérer l’image de la caméra embarquée et de chausser des lunettes afin de « voir » d’en haut et de piloter depuis ce point de vue. On rêve encore, soyons fous, de pouvoir programmer un parcours via des waypoints ce qui permettrait de tourner des plans parfaits autour d’un monument par exemple. Étant donné le succès immédiat rencontré par l’appareil dès sa sortie, on peut facilement imaginer que le constructeur sorte assez vite un autre drone encore plus élaboré. Quant aux 569 euros qu’il faut débourser, il faut bien comprendre que le tarif est en fait extrêmement bien positionné : quand on calcule le prix de tout ce qui est fourni (Radiocommande, GPS, système de navigation, batterie Li-po, chargeur….), on se rend compte qu’en assemblant soi-même un drone équivalent, on dépasse largement ce budget.

Drone DJI Phantom

Côté image cependant, il ne faut tout de même pas espérer lui faire porter autre chose qu’une GoPro car la faible charge utile oblige à faire des choix drastiques en termes de matériel. Il faut donc trancher entre modules FPV bricolés, et nacelles pilotées à distance. Suivant nos tests, le Phantom arrive à porter environ 100 grammes de plus que prévu (soit 300 grammes de charge utile), mais il devient plus instable et l’autonomie d’une dizaine de minutes, chute sous ce seuil. Malgré tout, avec une GoPro Black Edition paramétrée en enregistrement à 2,7K, on obtient une image très facile à stabiliser en post-production (car plus grande que la HD) et donc des plans parfaitement étonnants. Et pour être honnête, au bout d’un mois de « vols » divers et variés, j’ai presque envie de passer à « plus gros » sans pour autant perdre la facilité de ce Phantom, juste histoire de pouvoir tourner des plans plus parfaits. Voilà tout ce qui manque à ce drone, une charge utile plus importante afin de pouvoir réellement monter une nacelle orientable à distance, un système de FPV « facile » et une caméra. Pour le reste, les promesses sont tenues et le Phantom inaugure à n’en pas douter une nouvelle race de machines.


Drone DJI Phantom recommandé

Caractéristiques :

Envergure : 350mm
Vitesse d’ascension maximale : 6 m/s
Charge totale au décollage : 1Kg max, soit 200 grammes de charge utile
Mode de vol : manuel, GPS, ATTI, Home Lock, Course Lock
Précision du GPS : environ 2,5 m
Autonomie : environ 10 mn par batterie (une batterie fournie)
Prix : 569 euros en package complet.
Distributeur France : FPV4Ever

Notre avis

Le Phantom n’est pas un jouet et permet de faire facilement des images vues du ciel. Surtout, il est parfaitement accessible aux novices moyennant quelques précautions et l’assimilation des vidéos de formation : c’est une première pour ce type d’appareil. Certes le prix n’est pas anodin, mais le plaisir, l’équipement compris et les possibilités offertes justifient largement ce tarif. Il reçoit donc un recommandé.

Test Drone DJI Phantom from Focus Numerique on Vimeo.



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