Zeiss Touit Planar 32 mm f/1,8 : les meilleures offres

Le laboratoire, les courbes, les photographies de mire ont chacun leur intérêt et permettent d'évaluer le potentiel brut d'un objectif dans un environnement standardisé et... aseptisé. Mais que vaut le Zeiss Touit Planar 32mm f/1,8 sur le terrain ? Pour répondre à cette question, nous l'avons emmené dans les rues de Tokyo, accompagné d'un Sony Nex 7. Au-delà des performances brutes (et objectives), ce petit exercice permet de mettre en évidence l'efficacité et la praticité, en conditions réelles et pas toujours conciliantes, de l'objectif.


Plus court que le Zeis Touit Distagon 12mm, mais quasiment aussi large, le Zeis Touit Planar 32mm paraît un peu plus trapu. Ce qui surprendra le plus est la taille de son parasoleil qui allonge considérablement l'objectif une fois en place, augmentant dramatiquement l'encombrement. Côté discrétion, pour ceux qui pensaient qu'une focale fixe permet d'être plus discret qu'un zoom, c'est raté. Ils se consoleront avec la légèreté de l'objectif, qui n'épuise à aucun moment l'épaule.
 
Cette conception a cependant de nombreux avantages. La forme choisie permet, par exemple, d'obtenir une rigidité très supérieure à celle du parasoleil du Zeiss Touit 12mm, tout en utilisant un plastique (légèrement granulé) identique. Sa longueur protège à la fois efficacement du soleil, des chocs, de la pluie et des coups de vent latéraux (vecteurs de poussières et particules pouvant agresser la lentille frontale). Soulignons également le maintien très ferme.

En toute logique, le design du fût reprend le même principe que celui du 12mm, très lisse avec une large bague en caoutchouc détachable (même si, dans l'absolu, il faut s'amuser à le faire le moins souvent possible). Les bouchons arrière sont trop fragiles. Le bouchon avant, lui, est bien maintenu et bénéficie d'un plastique plus rigide, ce qui est bienvenu pour ce genre d'accessoire destiné à être chahuté dans un sac photo, entre des clés, des cartes mémoires, des stylos et des carnets pour prendre ses notes.
 


 

Visée et prise en main

Le doigt viendra volontiers stabiliser l'objectif en se plaçant sous le parasoleil, s'il est en place. Le petit décrochage en arrondi permet de parfaitement se caler, puisque le 32 mm ne bénéficie pas de l'évasement présent sur le 12mm. Le Nex 7 bénéficiant d'un écran orientable (ce qui n'est pas le cas, chez Fujifilm, que du X-M1), la légèreté de l'objectif et son équilibre des masses sont parfaits pour un maintien du bout des doigts, sans fatigue.
 

Sur le capteur d'un Nex 7, au format APS-C avec un facteur multiplicateur de 1,5x, le 32mm devient un 48mm, qui est la focale standard en 24x36. Très prisée par des générations de photographes de rue, elle permet une visée sans déformation, correspondant au regard humain. Pas besoin, donc, de gymnastique compliquée, pas besoin de faire attention à ses cadres qui pourraient rentrer dans le champ, pas besoin de porter autant d'attention à la justesse de son horizon qu'avec le 12mm même si, esthétiquement, un horizon bien droit est toujours plus agréable qu'un horizon bancal, le niveau électronique étant de toute manière là en cas de besoin.

Les habitués du 50mm apprécieront donc ce Planar. Très rapidement, ils retrouveront leurs positionnements, sauront se placer du premier coup au bon endroit pour obtenir exactement le cadre qu'ils ont en tête. Un petit plaisir certes un peu égoïste, mais tellement jubilatoire qu'il faut en abuser sans modération. Sur un Nex 7, avec son viseur électronique, on se prend même parfois à s'imaginer aux commandes d'un petit Leica M (en deux fois plus léger et trois fois moins cher) à la différence notable que la mise au point minimale est ici de 30 cm seulement (contre 70 cm sur un Summilux-M ou un Summicron-M). Il ne manque plus qu'une vraie bague de diaphragme pour faire illusion, mais pour cela, il faudra opter pour la version en monture X pour appareils Fuji.

Mise au point (manuelle et automatique)

Une fois encore la logique de famille prévaut. Carl Zeiss ayant développé simultanément les Distagon 12mm et Planar 32mm pour initier sa série Touit, tous deux bénéficient des mêmes qualités et... des mêmes défauts. De fait, sur le Zeiss Touit 32mm, les griefs sont aussi nombreux que sur son frère grand-angle. Pour éviter les doublons avec ceux évoqués dans le test dédié au 12mm, résumons-les ainsi :

- bague de mise au point tournant à l'infini, sans butée ;
- mise au point par fil électrique, dont peu de sensations physiques ;
- pas de graduation de distance ;
- pas de communication de la distance de mise au point entre l'objectif et le boîtier ;
- perte de la mise au point lors de la mise en veille de l'appareil ;
- recherche du point même lorsque le déclencheur n'est pas sollicité ;
- mise au point pas à pas trop lente.

Par rapport au 12mm, le Zeiss Touit 32mm f/1,8 a un handicap supplémentaire : sa focale plus longue et son ouverture plus large induisent une profondeur de champ plus faible, qui impose donc une très grande précision de mise au point, qu'elle soit faite manuellement ou automatiquement par l'appareil.

Si les défauts physiques sont inhérents aux choix de conception, nous pouvons quand même faire preuve d'indulgence avec l'autofocus. La plupart des griefs reportés peuvent être corrigés par une mise à jour firmware. Mais pour l'heure, c'est surtout un sentiment de déception et de gâchis qui prévaut.

Focale et angle de champ

Une focale correspond à un angle de champ ou angle de vision couvert par l'appareil équipé de l'objectif. Plus la focale est importante, plus l'angle de champ est réduit : on parle de longue focale. À l'inverse, plus la focale est courte, plus l'angle de champ est large : on parle de grand-angle. Lorsque la focale de l'objectif correspond exactement à la diagonale du capteur, on parle alors de focale normale. Enfin, une focale commerciale (donc focale pratique) qui se rapproche de la focale normale (focale théorique), est considérée comme une focale standard.

En photographie 24x36, il est communément admis que le 50 mm est la focale standard. Par tradition, tout objectif "équivalent" à un 50mm, quelle que soit la taille du capteur, est considéré comme un "standard." En développant un 32 mm (qui équivaut à un 48mm sur un Nex 7), Carl Zeiss est donc entré dans cette logique. Au-delà de simple "focale standard", le 50 mm est surtout considéré comme un objectif à tout faire : photo de rue, portrait, architecture, paysage, de jour ou de nuit, en intérieur à à l'extérieur. Peu de sujets lui résistent. En voici quelques exemples :
 






 

Bokeh et vignettage

Outre ses capacités en faible luminosité, un objectif à forte ouverture permet de créer et de jouer avec la profondeur de champ. En la réduisant au maximum, cela permet d'isoler le sujet et de fondre l'arrière-plan. Bien que le Zeiss Touit Planar 32/1.8 soit destiné aux "petits" capteurs APS-C, sa grande ouverture de f/1.8 lui permet de bien s'en sortir dans cet exercice sans avoir besoin de se rapprocher exagérément du sujet.


F/1.8, sujet à environ 3 mètres


F/2.5, sujet à environ 1,5 mètre


F/1.8, sujet à 30cm (distance de mise au point minimale)

Développé par Zeiss mais fabriqué par des Japonais, le bokeh a une signature mêlant ses deux origines. De ses parents allemands, il tire une certaine progressivité dans sa transition net/flou. De ses parents japonais, il tire un flou un peu plus tranché et moins moelleux que les objectifs allemands. C'est une affaire de goût.

Par contre, avec d'aussi piètres capacités en autofocus, jouer avec la grande ouverture est un exercice acrobatique. Avec un diaphragme trop ouvert et un sujet trop proche, la mise au point se fait difficilement au bon endroit et les déchets sont fréquents. Lorsque l'occasion s'y prête, il ne faut pas hésiter à basculer en mise au point manuelle et avoir recours au focus peaking (aidé de la loupe)  pour bien ajuster son tir.

Le vignettage, enfin, est visible entre F/1.8 et F/2.8, mais, dans la pratique, ce n'est pas lui le plus gênant. Souvent, en photo de rue, un peu de vignettage est apprécié afin de concentrer le regard sur le sujet central.

Distorsion et perspective

L'avantage d'un équivalent 50mm, c'est qu'il permet de retomber sur une perspective très proche de l'œil humain. Parmi les plus faciles à fabriquer, ces objectifs sont, généralement, exempts de déformation. Pourtant, avec le Zeiss Touit Planar 32/1.8 ce n'est pas le cas puisqu'une distorsion barillet, certes légère, est visible dans certaines conditions. Rien de dramatique, mais, encore une fois, nous étions en droit d'attendre mieux de Zeiss.

Sur l'exemple ci-dessous, le sujet est à moins de deux mètres. La rambarde en arrière-plan est, dans la vraie vie, strictement droite. Pourtant, ici, nous pouvons constater qu'elle est franchement courbée de part et d'autre du poteau central. 


Ce défaut sera la plupart du temps imperceptible, mais, en zone urbaine, là où les lignes droites et orthogonales foisonnent, la déformation sautera aux yeux. 

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