Un moniteur de plus sur le marché très convoité des accessoires des DSLR. Et pour le coup le petit nouveau nous vient d'un outsider puisqu'il s'agit de Limelite. Cette société était avant tout connue pour ses projecteurs (à LED notamment) et voilà qu’elle se lance dans les moniteurs. Alors coup dans l’eau ou coup de maître ? Nous allons le voir tout de suite.
Limelite écran retour vidéo
Pour juger d’un moniteur, il faut le comparer. Et quoi de mieux pour le comparer que le leader actuel des moniteurs de cette gamme à savoir le Marshall M-LCD7-HDMI-CE6 ? En effet tous deux avoisinent les 400 euros, ils ont tous deux un écran de 7'' et les deux utilisent les batteries LPE6.

Marshall M-LCD7-HDMI-CE6 Lime Lite HD Field M7
450 euros 410 euros


Alors qu’en ressort-il ?

Tout d’abord, commençons par la résolution de l’image : d’un côté le Marshall à 800x480 et de l’autre le M7 possède une résolution de 1024x600 pouvant aller jusqu’à 1920x1080 ! Faisant de lui le seul moniteur actuel permettant une telle résolution ! C’est-à-dire que d’entrée de jeu Lime Lite frappe très fort.

Autre point intéressant : le support des batteries. Le Marshall 7’’ fonctionne avec des batteries LPE6. Ce qui était très pratique au moment de sa sortie. Mais voilà le M7 le propose aussi, mais ne s’arrête pas là, il propose en effet la possibilité de mettre également des batteries Sony NP-QM et les célèbres batteries V-Lock. Donc là aussi le M7 l’emporte haut la main.

Donc meilleure résolution, plus polyvalent, un meilleur contraste (700 : 1 là où le Marshall était à 500 : 1) le M7 est 40 euros moins cher que le Marshall. Le calcul est vite fait. Du moins sur le papier ! Reste encore à passer le test du terrain pour savoir si oui ou non, ce moniteur tient toutes ses promesses. C’est ce qu’on va voir tout de suite.



Au déballage, outre le moniteur en lui même, nous trouvons deux supports. Un connecteur griffe (Hotshoe) pour les DSLR, un petit trépied, deux montures (dont une V-Lock) et deux adaptateurs se fixant sur l’autre monture permettant de mettre soit une batterie LPE6 soit une batterie Sony. Il y a également une alimentation secteur, et enfin un câble HDMI, une clef Allen, une vis et une notice.
À noter d’ailleurs qu’aucune batterie n’est fournie, ce qui peut paraître normal, mais Marshall eux en fournissait une.

Ce qui interpelle tout de suite quand on regarde le M7 c’est qu’on ne voit pas immédiatement l’écran.
En effet, il est protégé par une sorte de cache qui, une fois ouvert, s’avère être un pare-soleil. Très pratique. Un petit interrupteur sous le pare-soleil permet rapidement de le dé-clipser. C'est bien d’avoir le choix. Attention toutefois, ce pare-soleil est un peu fragile et nous sommes assez dubitatif sur la tenue de l'ensemble dans le temps.



L’interface sous l’écran est très simple, un bouton pour chaque signal, à savoir : Vidéo (AV) YPbPr (composite) HDMI et SDI. 4 boutons supplémentaires intitulés F1, F2, F3 et F4 et enfin quatre molettes permettant d’ajuster la brillance, la saturation, le Tint et le contrast. Soit en tout 12 éléments accessibles sans rentré dans le menu.
Au dos du moniteur se trouve les diverses sorties de signal déjà cité plus haut avec une précision. Le signal HDMI possède une entrée et une sortie, ce qui peut être très pratique.

Il y a également une prise XLR, la prise pour le secteur, et bien sûr la base d’alimentation qui servira à y fixer les divers supports de batterie. Il y a trois montures principales, la monture V Lock, la monture Anton Bauer (non fournie) et la monture pour les batteries LPE6 et Sony. Pour ces dernières un second adaptateur vient se greffer dessus en fonction de l’une ou l’autre batterie.



Tout ceci est bien beau, mais qu’est ce que ça donne en pratique ?
Tout d’abord, il faut s’armer d’un tournevis, problème, il n’est pas fourni. Il y en a bien un, mais qui n’est pas adapté… Bon, pas grave, je cherche dans mon stock et je parviens à dévisser la monture. Derrière cette dernière un câble d’alimentation noir et rouge avec à son extrémité un domino liant la monture au moniteur. Il faut alors dé-clipser  le domino du moniteur.




La manipulation est délicate, il est facile d’anticiper qu’à force de monter et démonter la monture des problèmes pourraient apparaître, comme un faux contact. D’autre part les vis étant très petites, une perte est fort possible si l’on est un tant soit peu pressé. Autant dire que mieux vaut prévoir à l’avance la monture que vous souhaitez et éviter tout changement. Si par malheur vous êtes à court de batterie LPE 6 et que vous souhaitiez les batteries (V-Lock) de votre RED,  je vous souhaite bon courage ! Vous allez mettre du temps à l’enlever, mais surtout vous allez en mettre à la remettre ! L’idée est donc bonne, mais n’est pas pratique.

À noter que la monture V Lock est bien plus difficile à mettre que la monture LPE6.



Une fois la monture placée, nous allumons notre moniteur, et ce qui saute immédiatement aux yeux c'est la résolution exceptionnelle du M7. L'écran est également très brillant, un vrai miroir et le pare-soleil s'avère indispensable pour éviter les reflets.

Les commandes quant à elles sont très utiles, il est possible d'assigner des fonctions aux boutons F1, F2, F3, F4, R1 et R2. Au menu vous pourrez entre autres choisir la température de couleur (6500K, 7500K, 9300K, etc.) vous pourrez changer le format de l'image (16/9, 4/3 et en plein écran), il sera également possible de placer des screen marker (de 80% à 95%) ou encore d'afficher une croix centrale. Il y a aussi un H/V delay ainsi qu'un underscan. Pour ce qui est du langage du menu, malheureusement le français n'est pas disponible, seuls l'anglais et le chinois le sont. Cependant rien de pénalisant, tout est compréhensible (en anglais du moins) et il y a un choix d'options amplement suffisant. 

Il n'a pas été possible de vérifier la justesse colorimétrique à l'aide notre sonde, les résultats obtenus s'avérant totalement déconnectés de toute réalité. Toutefois, nous regrettons que l'écran utilise une dalle TN avec des angles de vision étroits vers le haut ou le bas. De fait, selon comment vous vous placez devant l'écran, le rendu des couleurs change. Impossible donc de se fier à cet écran pour vérifier la colorimétrie ou une balance des blancs ce qui est franchement dommage.





Pour les accessoires, le petit trépied est vraiment cheap et ne suffit pas à maintenir le moniteur bien longtemps debout. De plus le peu de temps où il tient debout, il n’est pas à niveau, on a beau essayer de le remettre droit, il penche inévitablement d’un côté… Enfin la molette de serrage semble bien faible et l’on a peur de trop forcer (parce que le moniteur ne tient pas en place) et de finir par la déboiter définitivement.
Par contre le pare-soleil est très pratique et protège bien le cadreur d’éventuel rayon du soleil qui pourrait troubler sa concentration.

Au final

Ce petit moniteur Lime Lite M7 est fort sympathique. Il a de grandes qualités, mais également des défauts. D’autant que les points négatifs partent tous d’une bonne intention, à savoir le petit trépied pour poser confortablement son moniteur sur une table, bonne idée ! Mais le trépied est léger est n’est pas conçu pour une utilisation de terrain, il finira à la poubelle en moins de temps qu’il ne faudra pour le dire ou alors ne sera jamais utilisé parce qu’il fait plus gadget sympa qu’un véritable accessoire pratique.

Les différentes montures batteries, bonne idée ! Cependant mieux vaut ne pas l’utiliser souvent. Pour plusieurs raisons : d’abord parce que ça prend du temps, et qu’il n’y a rien de plus stressant que de vouloir rentrer une mini vis dans un filetage pas droit. On passe ses nerfs dessus, ce qui peut être problématique sur un tournage, où il y a déjà assez de stress comme ça. D’autant que les vis étant petites, elles peuvent facilement se perdre. D’où s’y prendre à l’avance, chez soi, au calme, avant le tournage. Oui, mais ce n’est pas tout, la manipulation en elle-même est délicate et est susceptible d’endommager votre alimentation à force de tirer et de plier le câble de la monture. Ce qui au final reviendra à mettre une monture et ne jamais plus la changer. Ce qui est dommage pour un produit qui propose plusieurs formats de batterie… Une bonne idée donc, mais pas pratique.
Par contre l’adaptateur LPE6 et celui des batteries Sony qui se clipse et se déclipse très facilement sont efficaces et sont un vrai argument de vente. Dans les points positifs, on peut parler du pare-soleil, pratique, rapide à déployer et à ranger et la griffe (HotShoe) pour les DSLR est très utile.

Le gros avantage du moniteur reste sa définition HDTV 1080 (1920 xs 1080 pixels) supérieure à la plupart des moniteurs concurrents dans cette gamme de prix. Une définition record qui fait encore plus regretter l'adoption d'une dalle TN avec des angles de vision trop étroits.

Le moniteur Limelite M7 est distribué en France par TCP.

Points forts

Points faibles

La résolution exceptionnelle de 1920x1080

Le mini trépied très cheap

Paresoleil très pratique, mais attention très fragile

Le changement de monture délicat

Polyvalence des batteries

Dalle TN avec angles de vision haut / bas étroits

Le connecteur de griffe (Hot Shoe)

Pas de peaking

Très bon contraste 700 : 1

Fabrication globalement assez légère : il faudra être précautionneux

Le rapport qualité prix

 


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