5 questions, un photographe

Benoit Courti est un photographe français, qui après une dizaine d’années passées dans le milieu de la musique, a troqué ses instruments pour un appareil photo. Changement de cap, changement d’expression. Benoit Courti se voit plutôt comme un faiseur d’images et non comme un photographe. Son mode opératoire est celui de l’échange, de la rencontre et de la proximité qui fait les belles choses.

Dans ses clichés en noir & blanc pour la plupart, il capte l’imprévu dans les visages, les postures pour explorer et décliner l’autre, tout ceci par une atmosphère photographique poétique et contrastée.




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Focus numérique : Quand et comment a débuté ton intérêt pour la photographie?

Benoit Courti : J’ai commencé à faire des photos à l’âge de 20 ans, puis je suis parti dans la musique, donc pause photographique, jusqu’à il y a 3 ans. Suis entré dans une période, comme une fin de cycle où je quittais la musique, je rentrais d’Allemagne où j’avais vécu quelques années, et je me suis mis naturellement au portrait. C’est l’encouragement des proches qui m’a poussé à approfondir, à creuser dans cette voie.
L’idée de pouvoir faire réellement de la photo, quand tu es spectateur et admirateur de grands noms, il faut intimement se dire je vais combattre un truc ! Donc cela a mis du temps. Quand je faisais de la musique, je me nourrissais de beaucoup d’images très inspirantes. Maintenant c’est presque l’inverse, j’écoute beaucoup plus de musique. Quand l’un prend tout le temps, l’autre est en veille d’une certaine manière, mais laisse sa trace en filigrane.
Par contre, je n’ai pas appris la photographie, ni la technique. Pas d’école, rien, juste des yeux, les miens !





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Focus numérique : Quel matériel utilises-tu?

Benoit Courti : J’utilise un Canon 5D Mark II, d’ailleurs je m’en fiche, je n’entretiens aucune relation particulière avec l’appareil si ce n’est le choix des optiques. Ma préférence pour le portrait va pour un 85 mm qui laisse une distance avec le modèle lors de la prise de vue.
J’avoue qu’étant autodidacte, cet appareil répond à mes attentes. N’y « connaissant pas grand chose », et avançant de manière intuitive, j’ai envie d’essayer. J’ai un projet de poser mes valises durant 15 jours dans un village de la Manche, village où un ami connaît tout le monde, du pêcheur au maire ! J’ai envie de tirer le portrait de ces personnes mais pas avec un 5D Mark II, alors j’appelle quelques marques afin qu’elles me prêtent du matos, par exemple Leica.







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Focus numérique : Qu'est ce qui t’intéresse dans l'acte photographique?

Benoit Courti : C’est le résultat et le moment présent. Je veux voir, découvrir la photo avec cette part de surprise importante, inhérente au médium photographique. Le portrait contrairement à la mise en scène, c’est la personne photographiée qui fait la photo. Au début d’une prise de vue, je ne sais pas forcement ce que je veux, où je veux aller. C’est la rencontre qui va laisser venir l’instant, cet instant furtif où l’essentiel est là. Parfois, cela arrive très rapidement, au bout de la 3ème photo. Quand je sais que je l’ai ? Quand j’appuie et que c'est la bonne prise, je le sais, je le sens, même pas besoin de la voir, ça traverse l’air !





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Focus numérique : Si tu ne devais qu'en citer un, quel est pour toi le photographe incontournable ou ta source d'inspiration?

Benoit Courti : Les grands noms changent en fonction de l’âge que tu as. Les goûts évoluent avec ce que l’on recherche. En portrait, bien évidemment Richard Avedon et Paolo Roversi pour sa texture.







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Focus numérique : Quel est ton prochain projet?

Benoit Courti : Plein de pistes lancées. J’ai beaucoup travaillé avec des fonds noirs, j’aimerais aller maintenant au blanc, peut être en passant par une série « grise ».

www.benoitcourti.4ormat.com









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