Introduction

 Cista Body Jacket II


Le monde de la photographie regorge, depuis ses débuts, d'accessoires fascinants. Dont un, tout particulièrement, qui a traversé les âges, les océans et les technologies : le demi-étui. Aussi appelé demi-pyjama. Ou simplement étui. Voire, parfois, "protège semelle."

Le marché regorge d'entreprises de diverses tailles qui se sont spécialisées dans la confection d'accessoires en cuir. C'est en Asie, du côté de la Corée du Sud et du Japon, qu'elles prolifèrent en plus grand nombre, avec une production régulièrement de haut niveau. La marque Ciesta est ainsi née en 2006, à Séoul. Elle est spécialisée dans la confection d'accessoires photographiques en cuir, découpés, assemblés et cousus à la main, allant du sac à la courroie, en passant par les dragonnes, sans oublier les poignées et, bien sûr les demi-étuis. Mais attention, chez Ciesta, on parle de "Body Jacket."

La marque propose d'habiller quasiment toutes les marques (Olympus, Nikon, Panasonic, Sony, Fujifilm, Leica, Canon et Ricoh), avec une nette préférence pour les modèles hybrides et les compacts, même s'il existe des étuis pour reflex. 36 modèles sont proposés, chacune avec plusieurs variations dans le choix de la couleur, ce qui fait donc un catalogue final de 241 références différentes. Quasiment toutes sont disponibles, en France, sur la boutique de Digixo, avec des tarifs débutant à 69,90€ et grimpant jusqu'à 199,90€. Le modèle faisant l'objet de ce test est le "Ciesta - Body Jacket II pour Sony Nex-7", en version noire, coutures rouges (puisque deux versions marron et marron foncé existent également), vendu 99,90 €.

Présentation du Body Jacket II

Dans "Body Jacket II", le plus important, c'est le "II". Puisque cela signifie qu'il y a une version I, qui s'appelle juste "Body Jacket." Lors de la commande, attention à ne pas confondre, surtout que les deux sont parfaitement identiques, à un détail près : pour la version II (actuellement en test), l'intérieur de l'étui est doublé de suède rouge pour le modèle noir, marron foncé pour le modèle marron foncé, et café/crème pour le marron clair. Ce petit détail fait toute la différence puisque, du coup, le Nex-7 est protégé des rayures que pourrait engendrer l'étui. Petit détail qui fait plaisir et qui prouve que nous sommes sur un produit haut de gamme, même l'intérieur des œillets (laitonnés et frappés du soleil de Ciesta) n'est pas laissé à nu mais recouvert d'une pastille de suède ton sur ton.

Cista Body Jacket II

Cista Body Jacket II

A cette différence près, les deux Body Jacket pour Nex-7 sont strictement identiques et offrent un très bon niveau de finition.

Cista Body Jacket II

Le cuir provient de Toscane, tanné artisanalement (dit la brochure), avec une odeur très caractéristique qui demande de longues semaines avant de se dissiper. Bien que d'une belle épaisseur (2,7mm en moyenne), il reste suffisamment souple pour faciliter la mise en place de l'étui autour de l'appareil. Le fil est d'origine allemande, de marque "Serafil", réalisé à partir de filaments continus de haute ténacité, spécialement développés pour les activités industrielles (textiles techniques, confections de cerfs-volants, pour cordonnerie et le travail du cuir, pour la confection des selleries automobiles, etc.). Le tout est assemblé en Corée du Sud. Les coutures, a priori réalisées à la main, sont parfaitement régulières, bien exécutées, malgré un petit souci de parallélisme sur la partie arrière de la housse. Les chants sont quant à eux traités à la gomme lissante, fournissant une finition parfaite.

Cista Body Jacket II

La semelle est doublée de caoutchouc, d'une épaisseur de 5mm, pour apporter rigidité et planéité à l'ensemble. Un orifice y est creusé afin de solidariser le "Body Jacket II" et le boîtier à l'aide d'une vis. Celle-ci dispose d'un filetage intérieur permettant d'installer l'ensemble sur un trépied sans avoir à retirer l'étui. Bien vu ! Parfaitement intégré à l'étui et ne dépassant pas, cette vis est cependant délicate à dévisser à la main et l'usage d'une pièce de monnaie sera bienvenu.

Cista Body Jacket II


Sur la gauche de la semelle, en dessous du logo Ciesta (simplement matte), se cache une trappe bien pratique qui permet d'accéder au compartiment batterie + carte SD sans avoir à retirer l'étui. Une fois de plus, c'est bien vu, et cela permet au modèle de se démarquer de la concurrence. Ce rabat se referme à l'aide d'un bouton pression laitonné, qui maintient solidement le tout et prévient des ouvertures intempestives.

Cista Body Jacket II

Cista Body Jacket II

Cista Body Jacket II

Le Sony Nex-7 étant un boîtier assez asymétrique, le "Body Jacket" en épouse donc la forme et ne se ferme que du côté droit, en s'enroulant autour de l'anneau d'attache de la courroie, une fois de plus à l'aide d'un bouton poussoir laitonné. La qualité de réalisation impressionne puisque la partie arrière ne bâille pas et reste parfaitement solidaire à l'appareil, contrairement à ce qui se rencontre souvent sur le marché. Le pouce peut ainsi circuler librement sans venir buter sur un obstacle en cuir, l'accès à l'enregistrement vidéo reste aisé.

Cista Body Jacket II

Néanmoins, ceux ayant remplacé la courroie d'origine du Nex-7 pour un modèle en cuir disposant d'une patte de protection (ici, il s'agit d'une courroie en cuir de marque Artisan & Artist, modèle Kobe Black) risquent de rencontrer quelques difficultés. Le cuir du Body Jacket est tellement épais que la boucle dépasse de peu, ce qui fait partir l'anneau d'attache en diagonale, et non à la verticale. Et en plus, ça complique l'installation. Deux petits détails, certes, mais qui pourra quelque peu décevoir ceux qui n'aiment pas sacrifier le fonctionnel sur l'autel du beau.

Le Body Jacket II en pratique

L'histoire de la boucle d'attache de la courroie résume assez bien l'esprit de l'étui de Ciesta : c'est beau, mais pas toujours pratique. Après quelques temps d'usage, certains petits détails deviennent de plus en plus sujets à critique. Par exemple, si le Body Jacket est taillé de sorte à pouvoir laisser l'écran arrière se déployer, la courbure du dessin n'est pas encore optimale puisqu'il est fréquent que l'écran vienne buter contre le cuir. Il faut donc faire preuve d'attention lors du déploiement de l'écran, et s'aider de sa deuxième main pour légèrement appuyer sur l'étui vers le bas afin de dégager complètement l'accès. L'affaire ne se joue qu'à un demi-millimètre, mais cela suffit.

Cista Body Jacket II

Cista Body Jacket II

L'étui remonte légèrement sur le côté gauche afin de mieux épouser les galbes de l'appareil. C'est bien. Du coup, il condamne l'accès à la prise micro. C'est moins bien. D'un autre côté, puisque l'usage du micro est assez minoritaire et que les connectiques USB et HDMI restent 100% accessibles, ce choix stylistique fait sens. C'est donc plutôt bien.

Cista Body Jacket II

À l'avant, autour de la poignée, la forte épaisseur du cuir fait de nouveau parler de lui. Puisque le Body Jacket englobe parfaitement le grip, il y ajoute du coup 6mm d'épaisseur. Du coup, les grandes mains (et/ou les gros doigts) viennent facilement buter contre l'objectif, ce qui est assez inconfortable. Pour palier à cela, il faut positionner sa main un peu différemment d'habitudes (c.-à-d. boîtier nu), un peu un biais, ce qui n'est pas plus confortable et génère surtout la sensation de tenir son appareil du bout des doigts. Les petites mains auront quant à elle encore plus de difficultés que d'habitude pour tenir l'appareil.

Cista Body Jacket II

Cista Body Jacket II

La courroie qui part en vrille, ça passe encore, et seuls les plus maniaques y accorderont de l'importance. La préhension, ça, à la limite, un peu d'entraînement et quelques semaines de shooting intensif permet de finir par trouver une position pas trop inconfortable. Mais il est très, très difficile (voire impossible) de passer outre le principal défaut de conception du Body Jacket, un défaut d'autant plus étonnant qu'il découle d'une très bonne idée : la trappe d'accès à la batterie.

Cista Body Jacket II

Comme déjà évoquée, cette trappe se referme avec un bouton pression. Comme déjà évoqué, le cuir est très épais. Donc quand le tout se cumule, c'est une excroissance d'environ 1 centimètre d'épaisseur sur 1 centimètre de diamètre qui vient directement se loger dans le creux de la main. Et là, ça dérange. Au choix, en fonction des personnes, ça peut chatouiller, ça peut rapper, ça peut électriser (si si, c'est arrivé), ou ça peut tout simplement constituer une pointe très froide (ou très chaude) qui contraste radicalement avec le cuir (plus inerte) environnant, façon minichoc thermique. Dans tous les cas, la paume de la main est l'une des zones les plus sensibles du corps humain et, manque de chance, c'est pile-poil à cet endroit que Ciesta a décidé de fixer son bouton poussoir. En langage 2013, ça s'appelle un "fail", qui ruine d'un seul coup tous les autres efforts de la marque et fait complètement passer à la trappe les pourtant nombreuses qualités du Body Jacket. Il faut avouer que c'est un peu bête.

Verdict

Cista Body Jacket IILe Body Jacket II est beau. Très beau même : cuir épais et odorant, coutures parfaites, patine agréable (avec le temps), doublure en suède pour protéger des rayures, boutons pressoir en laiton, la qualité d'exécution est de très haut niveau et justifie amplement le prix demandé (99,90€). Le Body Jacket II a de bonnes idées. De très bonnes idées, même, avec sa trappe d'accès à la batterie, son pas de vis intégré pour le montrer sur un trépied, sa large échancrure pour laisser l'écran se déployer, son dessin qui laisse les connectiques accessibles.
Mais voilà, le Ciesta Body Jacket II n'est pas pratique à utiliser, limite inconfortable. Et tout à cause d'un bouton poussoir mal placé et d'une poignée trop massive. Dommage.

En résumé, le Body Jacket II remplit tout à fait son rôle en tant qu'accessoire distinctif premium et est idéal pour habiller de la plus belle des manières un Sony Nex-7. Par contre, quand il faudra faire des photos, il vaudra mieux l'oublier à la maison.

Points forts

Points faibles

Cuir de toscane épais

Passage de courroie trop petit

Coutures

Possibilités de friction avec l'écran lors de son déploiement

Assemblage coréen luxueux

Contour de la poignée trop massif : les doigts buttent contre l'objectif

Doublure en suède

Bouton de fermeture de la trappe mal positionné

Usage de matériaux nobles

Préhension très inconfortable

Finitions parfaites

 

Ajustage presque parfait

 

Accès à la batterie sans avoir à retirer l'étui

 

Pas de vis intégré pour fixer l'appareil sur un trépied sans avoir à retirer l'étui

 

Accès aux prises HDMI et USB

 


PARTAGER
Contact Vie privée, Cookies Conditions Générales d'Utilisation