Franck Roussel Rasmussen 
C'est lors d'une présentation aux professionnels des nouveaux dos moyens format que nous avons rencontré Franck Roussel Rasmussen, Business Development Manager Marketing et Communication, de chez Phase One. L'occasion idéale de faire le point avec lui sur ces nouveaux produits, sur le marché du moyen format et sur la stratégie de Phase One.

Phase One IQ280    Phase One IQ280

Phase One IQ280    Phase One IQ280

Pour rappel, Phase One a profité du salon de la photo anglais, le Focus On Imaging pour lancer ses nouveaux dos moyens formats IQ2. La star de la gamme est un dos de 80 millions de pixels avec un capteur CCD de 53,7 x 40,4 mm (5,2 micromètres de côté pour chaque pixel), capable de monter à 3200 ISO et d'enregistrer une dynamique de 13 IL. Particularité des dos Phase One, il sont 100% connectés et proposent un pilotage et un affichage distant via un réseau WiFi créé par l'appareil sur un iPhone ou un iPad.

> News d'annonce des nouveaux dos Phase One

Focus Numérique : Vous insistez sur la recherche d'une qualité d'image absolue, de toujours plus de netteté. Vous proposez un dos avec 80 millions de pixels. À quoi cela sert 80 millions de pixels lorsque l'on sait que plus de 85% des utilisations des images professionnelles sont exploités sur des médias de visualisation qui ne nécessite pas plus de 4 millions de pixels !

La qualité est extrêmement importante pour nous. La qualité est intimement liée au nombre de pixels de l'appareil, mais pas que. Ce n'est pas simplement plus il y en a mieux c'est, c'est aussi la qualité de chaque pixel. Grâce aux grandes tailles des capteurs moyens formats, nous pouvons implémenter beaucoup de pixels en maintenant une qualité optimale. C'est un ensemble entre la qualité du capteur, la taille du capteur et donc la taille des pixels, le traitement et l'objectif qui permettent de créer des images d'une qualité incomparable à ce que l'on peut trouver sur le marché.

Maintenant, est-ce que l'on a besoin de 80 millions de pixels ou pas ? Avec une aussi grande définition, même avec un recadrage, on maintient une qualité d'image optimale. À moins de parfaitement cadrer une composition au premier coup, la possibilité de recadrer sans perdre en qualité amène une flexibilité. Avec un 80 millions de pixels, il est possible d'exploiter une petite partie de l'image et de l'afficher sur de grands panneaux publicitaires.

Focus Numérique : Comment se porte le marché du moyen format ? Quels sont les photographes qui travaillent encore en moyen format ?

Pour Phase One, les 5 dernières années ont été les meilleures. Notre taux de croissance est de + 25% par an et on voit que les investissements que nous avons réalisés pour proposer des produits conçus pour différents usages (hors studio) sont une bonne stratégie. Le moyen format commence à sortir de son utilisation en studio pour de la mode ou du produit. Certains photographes commencent à l'utiliser sur le terrain pour, par exemple du portrait ou des sports automobiles. Pour ces photographes, c'est une manière de différencier leur offre à leurs clients. Ils sont capables de produire des images d'une qualité supérieure par rapport aux très nombreux photographes qui travaillent avec des appareils plus conventionnels.

Pour nous le futur du moyen format est très positif, nous pensons que ce marché va continuer à croître dans les prochaines années et nous avons confiance en nos produits. Par définition le moyen format est un marché de niche avec de petits volumes comparés à ce que peut être le marché du reflex et les ventes de canon ou Nikon. Ce pendant ce marché est en croissance et suffisamment en croissance pour que notre société soit capable d'investir en développement sur de nouveaux produits et de nouvelles technologies.

Focus Numérique : Quels sont vos clients ? Des photographes qui travaillent déjà en moyen format et qui changent de marque d'appareil ou des nouveaux utilisateurs de moyen format ?

Les deux. La compétition est très dure sur le marché du moyen format. On essaye au maximum d'attirer les clients de nos concurrents à passer sur des solutions Phase One. En parallèle, les photographes professionnels ont un réel besoin de différencier leur offre sur le marché et le moyen format est une manière de le faire. Donc beaucoup de photographes traditionnels reflex passent sur des solutions en moyen format.

Focus Numérique : Quel est l'avenir du moyen format face aux reflex professionnels ? Il est fort probable que les futurs reflex pros de Canon et Nikon disposeront de très grandes définitions.

Il n'y a pas de doute que les reflex sont et seront d'excellents produits. On sait que la majorité de nos clients les utilisent aussi dans leur travail. Cependant les reflex et les moyens formats ne sont pas utilisés pour les mêmes usages. De notre point de vue, nous sommes persuadés de proposer la meilleure qualité d'image. Nous allons continuer nos efforts pour améliorer cette qualité et ce sera au marché de décider. Quoi qu'il en soit, le moyen format propose des aspects uniques comme les très faibles profondeurs de champ ou la synchronisation flash haute vitesse avec des optiques à obturateur central.

Focus Numérique : Une des forces du moyen format, c'est la dynamique de capture. Elle est liée, entre autres, à la taille des pixels. Dans quelques années, si on suit la logique on pourrait imaginer des dos à 120 ou 150 millions de pixels et du coup se retrouver avec des tailles de pixels comparables à celle des reflex. Quelle va être la tendance dans les prochaines années pour le moyen format ?

Bien entendu, je ne peux pas parler des futurs produits. D'un certain point de vue, c'est très simple d'ajouter plus de pixels à un capteur. La difficulté est d'augmenter les définitions tout en augmentant la qualité des images. Il faut donc trouver un juste équilibre. Nous étudions différentes stratégies pour le futur avec un seul but : toujours améliorer la qualité des images.

Focus Numérique : Leica ou Pentax proposent des solutions monoblocs avec un poids, une ergonomie et un encombrement comparable à un "gros" reflex. Est-ce que cette stratégie vous intéresse ?

Pour nous, il est très important de laisser le choix à nos photographes d'utiliser les outils qu'ils veulent. Nous concevons notre système comme un Lego. On peut combiner le dos avec l'appareil, l'optique et le logiciel de son choix. Cette plateforme ouverte est notre philosophie de base. Bien entendu, la "portabilité" est extrêmement importante et nous travaillons à créer les solutions les plus compactes et les plus légères.

Focus Numérique : La partie connectée des dos IQ2 est très intéressante, mais, à notre sens, il manque une fonction primordiale : le liveview. Pourquoi déclencher depuis un iPad si on doit continuer à mettre l’œil dans le viseur ?

Nous voyons notre système comme une plateforme. Nous implémentons des fonctions qui changent la manière dont les photographes travaillent. L'interaction avec le modèle ou le client grâce à ces nouvelles fonctions permettent de développer encore plus la créativité et le travail d'équipe. Ces fonctions sont maintenant disponibles aussi bien en studio que sur le terrain.

Nous sommes simplement au début des fonctions connectées. Les fonctions actuelles sont un bon point de départ, mais nous sommes très l'écoute des photographes pour développer de nouvelles fonctions connectées. Le Live View est bien entendu l'une d'entre elles et ça arrive.

Focus Numérique : Les fonctions sans fil c'est très bien, mais qu'est-ce qu'il en est de la batterie et de l'autonomie de l'appareil sur le terrain ?

Pour l'instant je n'ai pas de donnée précise à communiquer, car nous sommes toujours sur des modèles de pré série. Nos ingénieurs travaillent sans relâche sur l'optimisation de la batterie. Quoi qu'il en soit, il y a évidemment un impact sur la longévité de la batterie : le WiFi demande de l'énergie. À l'heure actuelle, on estime une perte de 10% d'autonomie avec les fonctions WiFi. Le fait est que cela dépend aussi beaucoup de l'environnement d'utilisation : la distance, le nombre de réseaux sans fil actifs, etc. 

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