La plupart des reflex modernes proposent de nombreux collimateurs. Ces derniers permettent de ne pas trop se soucier du cadrage du sujet. À la prise de vue, on commence par placer son sujet convenablement, puis on sélectionne le collimateur le plus approprié pour faire la mise au point.

Sur le papier, c'est facile. Un peu trop à vrai dire. Car, primo, si les collimateurs sont nombreux, ils ne sont jamais répartis sur l'intégralité de la surface couverte par la zone d'image, et bien souvent le cadrage voulu positionne le sujet hors de la zone couverte par les collimateurs. Et deusio, il arrive souvent que ces très nombreux collimateurs ne soient pas égaux devant la mise au point, les centraux étant habituellement bien plus justes que les latéraux.


Résultat de test fait avec Reikan FoCal Pro mettant en évidence les problèmes potentiels de mise au point rencontrés sur certains collimateurs (source: Fredmiranda.com/forum)

Deux problèmes rencontrés au quotidien par les possesseurs d'appareils photo numériques, qu'il est facile de contourner grâce à une petite technique toute simple: le "focus-recompose", ou en français de "la mise au point - recadrage". 

Bref, le nombre ne fait pas tout et il faudra parfois (souvent) contourner les limitations techniques pour atteindre une plus grande liberté de cadrage et de composition. 

Dans cette technique on ne va utiliser qu'un collimateur (souvent central, qui est le plus précis et le plus fiable), bloquer la mise au point, et recadrer immédiatement le cliché avant de déclencher.

On fait la mise au point sur le collimateur central (surligné en rouge, sur l'oeil de la dame), puis on bloque la mise au point... 

... on déplace ensuite légèrement le cadre pour placer le sujet comme on le souhaite dans la composition, puis on déclenche. Le collimateur sur lequel on a fait la mise au point n'a pas bougé dans l'opération. On a fait le point sur l'oeil de la dame... et c'est toujours lui qui doit être net à la fin de l'opération. 


Rien de bien complexe dans tout ceci... il s'agira principalement de bien utiliser les commandes de son boîtier. 
Et la première chose à faire est de travailler sur un seul collimateur... il faudra donc choisir le mode de mise au point approprié dans le menu de son boîtier. 

Avec quel appareil photo la méthode fonctionne-t-elle ?

Cette technique fonctionne avec à peu près n'importe quel type d'appareil photo, pour peu qu'il puisse faire la mise au point sur un seul point, et qu'il sache bloquer la mise au point avant que l'on déclenche.


Pour ceci on dispose de trois techniques, que l'on utilisera en fonction des capacités de son appareil:

- La première consiste à utiliser le mode AF-S
- La seconde d'utiliser le bouton AE-L / AF-L
- La troisième d'utiliser le bouton AF-ON.


Le dos du D800 avec les boutons AE-L/AF-L et AF-ON
 

Les reflex haut de gamme disposent tous de l'ensemble de ces capacités... on choisira donc la méthode que l'on préfère en fonction de ses préférences. Les reflex moins haut de gamme n'ont pas tous ces modes. L'AF-ON  par exemple est plus rare sur les modèles amateurs, mais on peut parfois programmer le bouton AE-L/AF-L pour qu'il remplisse la même fonction. 

Mais les reflex ne sont pas les seuls candidats potentiels. Les hybrides disposent de ces fonctions, ainsi que certains compacts, souvent experts.    


Le bouton AE-L/AF-L au dos su Fuji X20


Mise en garde: des avantages... et des inconvénients !

La méthode est assez ancienne, et utilisée par de nombreux photographes. Vous verrez souvent des pros faire leurs clichés en deux temps, faisant la mise au point puis déplaçant rapidement l'objectif avant de déclencher. Le premier avantage de la technique est d'utiliser le meilleur collimateur et ainsi de s'assurer une mise au point parfaite. On l'a vu, certains collimateurs ne sont pas aussi fiables que d'autres, et le focus-recompose permettra de contourner l'obstacle assez facilement. 

L'autre gros avantage est de considérablement gagner en vitesse de réalisation... on sait parfaitement où est le collimateur, et le geste de recomposition est très rapide. Bien plus rapide que de bouger un collimateur au curseur ou à la molette.  Ceux qui utilisent des NEX ou des RX1 de Sony savent bien à quel point la gymnastique imposée par le constructeur pour y parvenir est douloureuse ! Avec de tels boîtiers le focus-recompose est une méthode à explorer en urgence. 

Mais si elle est infiniment pratique, la méthode n'est pas infaillible. Et au lieu de recomposer en se contentant de déplacer la zone de netteté dans le champ, on risque tout bonnement de perdre toute netteté. 
Si on recompose trop agressivement, comprenez si on déplace le sujet trop loin du point de focus initial, si on utilise une ouverture trop grande (et donc une faible profondeur de champ)... on perdra la netteté à la recomposition. Il faudra veiller à modérer son recadrage, à l'ajuster à son ouverture.

Si on ne devait trouver qu'un exemple dans lequel cette technique est à proscrire, ce serait celle du portrait fait de près et à très grande ouverture... la profondeur de champ est tellement courte que la moindre bascule de l'optique risque de faire perdre toute netteté au sujet. 
À l'inverse si vous faites de la photo de rue, voilà une technique qui vous fera gagner un temps précieux. Dans ce cas, le sujet, ou ce qui fait l'intérêt de la photo est très éphémère et il est difficile de demander à un inconnu de prendre la pose... et choisir le bon collimateur prend souvent trop de temps. Avec le focus-recompose et un peu d'habitude, on peut déclencher en un temps record.

Le seul impératif pour mettre en oeuvre cette méthode est de bien connaître son boîtier.
Enfin une dernière précision: le collimateur central n'est pas forcément le seul approprié. À l'époque où les reflex se voient dotés d'un nombre toujours croissant de collimateurs, dont de très nombreux en croix, on pourra facilement en choisir un plus excentré pour recomposer plus facilement.  

Méthode 1: AF-S (single servo) + demi pression


La première méthode consiste à placer son autofocus en mode AF-S, afin qu'il ne fasse la mise au point qu'une fois, sans chercher à la rectifier automatiquement lorsqu'on bouge la visée (le mode AF-C). Une fois sur un seul collimateur et en mode AF-S, on va faire la mise au point à l'endroit désiré, presser le déclencheur à mi-distance, attendre la confirmation de la mise au point... maintenir la pression, recomposer (déplacer le sujet dans le champ), puis déclencher sans avoir relâché la pression. La méthode est simple et fonctionne sur la plupart des boîtiers, pour peu qu'ils disposent du mode AF-S.

Méthode 2: verrouillage de l'AF 


La seconde méthode consiste à utiliser le bouton de verrouillage de la mise au point que l'on trouve sur certains appareils. Souvent la touche est estampillée AE-L / AF-L ou AEL. Elle peut servir à verrouiller l'exposition, la mise au point... ou les deux en même temps. Relisez le manuel de votre boîtier pour savoir comment se comporte la touche dans votre cas. 

Ici on travaillera en mode AF-S (mise au point simple) ou AF-C (mise au point continue), sans que cela ait de l'importance puisque le bouton empêchera le boîtier de refaire la mise au point automatiquement lorsque l'on recomposera. On vise le point voulu, on presse le déclencheur jusqu'à confirmation de la mise au point, puis sans relâcher le déclencheur on appuie sur le bouton de verrouillage, on déplace le cadre pour recomposer, puis sans rien relâcher, on appuie à fond sur le déclencheur pour prendre la photo. 

Méthode 3: AF-S + bouton AF-ON 


La dernière méthode consiste à utiliser le bouton AF-ON présent sur certains boîtiers. À la base il sert à découpler la mise au point du déclencheur. Dans notre cas son usage est un peu différent. On vise le sujet, on appuie sur le bouton AF-ON, on recompose, puis on déclenche. Attention, il faudra avoir au préalable passé son sélecteur d'AF sur AF-S afin que l'appareil ne cherche pas à ajuster le point lorsqu'on va recomposer.

L'avantage est de ne pas avoir à appuyer à moitié sur le déclencheur... méthode parfois complexe selon la position des boutons (déclencheur et bouton AF-L / AE-L) et de la taille de vos mains. Certains boîtiers n'ont pas ce bouton AF-ON. Mais ils disposent parfois d'autres boutons programmables auxquels on peut attribuer la même fonction. C'est parfois le bouton AE-L / AF-L, parfois un autre puisque les constructeurs mettent de plus en plus volontiers des touches programmables sur leurs boîtiers. 

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