Qu'ils soient géants ou plus modestes, les aquariums offrent toujours un spectacle fascinant. Couleurs, végétation, poissons et crustacés... tout est particulièrement photogénique. Mais attention, le fait de photographier de l'eau à travers une paroi vitré pose quelques problèmes. Les deux gros obstacles à surmonter ont pour nom "reflets" et "réfraction". Le premier polluera vos images si vous n'y prêtez pas attention. Le second est causé par la structure même du matériau à travers lequel on photographie et cause aberrations et grosse perte de définition. Bref, même si les sujets sont captivants, il faudra prêter attention à quelques détails pour réussir ses clichés en aquarium.

Le matériel

Pour réussir ses photos d'aquarium il faudra disposer d'un peu de matériel... mais rien de bien extraordinaire. Les aquariums sont souvent bien éclairés, mais les sujets sont mobiles et l'éclairage pas toujours homogène. On se rend vite compte dans la pratique qu'il faut pousser un peu la sensibilité pour figer le poisson... il faudra donc veiller à disposer d'un capteur capable d'encaisser les entre 800 et 3200 ISO sans trop perdre en détail. Les reflex récents en sont parfaitement capables, en théorie.
Côté optique, de nombreux aquariophiles préconisent les optiques à courte distance de mise au point. Les grand angles si les sujets sont gros et proches de la vitre. Et idéalement les macros de focale intermédiaire (50-60mm). 

L'autre point important est de disposer d'un appareil ou d'un objectif capable d'accueillir un pare soleil. Ce dernier sera d'un très grand secours... pour éviter les reflets. Nous le verrons plus loin. Et dans cette optique, l'idéal est d'avoir un pare soleil en caoutchouc. On en trouve pour quasiment tous les diamètres. Ils se vissent en bout d'optique et leur souplesse permet de les plaquer contre une paroi pour photographier au travers. 
Un pare soleil en plastique dur pourra également convenir, à condition qu'il soit bien plat et qu'il ne raye pas la paroi. Les modèles en fleur sont à éviter, car ils laisseront passer un peu de lumière et pourraient générer des reflets.



A défaut de pare soleil souple on pourra utiliser un dispositif de type Lenskirt, un cône sombre qui vient se fixer à la paroi via des ventouses et qui permet d'éliminer tout reflet. Toutefois, le pare soleil en caoutchouc a notre préférence pour deux raisons. Il est moins cher, et il permet de mieux contrôler la perpendicularité de l'optique par rapport à la paroi.

Le candidat idéal est donc un reflex ou un hybride doté d'une bonne montée en ISO et équipé d'une optique macro.

La prise de vue

Les poissons bougent... mais pas si vite que ça (quoi que). Des vitesses de l'ordre de 1/125s ou 1/200s seront parfaites. Pour se simplifier la tâche on pourra utiliser un paramétrage Auto ISO en limitant la montée au maximum gérable correctement par le boîtier (entre 800 et 6400 ISO selon les cas). 
L'ouverture sera à régler en fonction de la profondeur de champ voulue. Pour préparer sa prise de vue on pourra utiliser un outil de calcul de la profondeur de champ (facilement disponible sous forme d'application gratuite sur l'App Store ou le Playstore, ou sur de nombreux sites Internet). La photo se faisant de près, on aura vite une profondeur très réduite. Attention de bien fermer pour avoir plus de netteté... d'où une gestion assez pointilleuse du couple diaphragme-vitesse afin de rester dans les limites acceptables de la montée en ISO de chaque boîtier. Impossible de généraliser sur ce point précis: il faudra procéder de manière empirique jusqu'à trouver les meilleurs réglages, au cas par cas.

Et nous en arrivons au point primordial: pour éviter la réfraction (due à l'épaisseur et à la structure de la paroi), il faut impérativement photographier avec l'optique perpendiculaire à la vitre. La moindre inclinaison peut être fatale. S'il ne devait y avoir qu'un conseil à retenir, ce serait celui-ci.



La mise au point n'est pas toujours aisée. Pour bien la réussir il sera souvent utile de se plonger dans le manuel de son appareil photo pour savoir comment adapter l'AF à un sujet en mouvement. On utilisera de préférence un mode AF dynamique avec (si possible) suivi 3D.



Lors de la prise de vue on est souvent tentés d'utiliser un flash, pour figer le mouvement et pour assombrir. La chose est possible en utilisant une vitesse de synchronisation rapide, ce dont tous les reflex récents sont capables. Mais la méthode a ses détracteurs: le flash peut générer des reflets sur l'eau et le verre, mais également sur les écailles du poisson. De plus un flash mal dosé affectera sensiblement les couleurs du sujet. Enfin dans de nombreux cas, dans les aquariums publics, la photo au flash est tout simplement interdite... ce qui règle le problème. Enfin le décor des aquariums est souvent joli... et donne de jolis flous d'arrière plan. Si certains flashent, notre préférence va clairement au "sans flash". 



Pour les reflets, l'astuce consiste à utiliser un pare soleil en caoutchouc. On le plaquera sur la paroi de l'aquarium pour créer un cône sombre dépourvu de tout reflet. Le chose est vraie avec un pare soleil en plastique, ou avec une dispositif anti-reflets en tissu. 

Le traitement des images

Au développement, si la photo est bonne on n'aura pas grand chose à faire. Deux points seront à vérifier. Le premier concerne la balance des blancs, souvent à réchauffer au développement. L'eau, l'éclairage... les photos sont souvent trop froides, et on poussera un peu le curseur vers le haut pour rattraper la colorimétrie. 


L'autre point important découle de la paroi vitrée qui, selon l'épaisseur, peut altérer le dynamisme d'un cliché. On redonnera un peu de relief aux images en ajustant les contrastes. On pourra également pousser les micro-contrastes pour faire ressortir les détails des sujets. L'idéal en l'occurrence étant d'appliquer la retouche localement, avec un dématriceur disposant de ce type de réglage (comme Lightroom ou Capture One par exemple).

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