5 questions, un photographe.

Paul von Borax, est un photographe français autodidacte, d’un enthousiasme certain, à la curiosité innée, d’une grande spontanéité, au débit de parole très rapide ! Avec la complicité de ses déesses, muses, ou créatures, il restitue des ambiances et nous plonge ainsi dans des époques singulières.
Tour à tour passéiste, futuriste, il déambule autour de son sujet de prédilection : la femme. La femme, habillée, surtout déshabillée, mais regardée avec une très grande douceur. L’œil de Paul von Borax est un savant mélange d’érotisme, teinté de poésie, tout ceci sans aucune provocation.
Laissons nous envoûter par son univers et cette variation sur le même thème.


Rachel, série Sous-Marine

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Quand et comment a débuté ton intérêt pour la photographie?

Paul von Borax : J’ai 44 ans et quand j’ai commencé la photo, le numérique n’existait pas. Pour la petite anecdote je suis rentré dans le laboratoire dans lequel ma sœur développait des photographies et j’ai vu apparaître dans du révélateur une photo ! Pour moi c’était de la magie, or ce n’est que de la chimie ! Mais tout est parti de cette découverte.
Je suis complètement autodidacte, je me refuse à apprendre par des écoles, même si je ne connais pas tout et que j’ai encore beaucoup de choses à apprendre. Ça m’amuse énormément de trouver par moi-même. Donc, c’est très lent, je fais pas mal d’erreurs. C’est d’ailleurs de ces dernières, j’ai beaucoup appris. Des accidents découlent de belles choses et cela ne s’apprend pas.
D’un épisode de jeunesse où j’étais assistant monteur, j’ai appris à développer la couleur, en récupérant des chutes de films dédiés au cinéma au format 24 X 36, j’y laissais les trames, je les grattais. C’est pour cela que je continue la photo, pour ce genre d’aventures aléatoires.


Rachel au paravent

Rachel

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Quel matériel utilises-tu?

Paul von Borax : Je travaille avec un Mamiya RB. Là aussi, par le fruit du hasard, j’ai acheté sur le net un dos Polaroïd. En le recevant, ce n’était pas un dos normal, mais à double exposition. Cela permet de faire deux expositions sur le même Pola, un diptyque que j’utilise souvent en alternant un plan large et un plan serré.
J’utilise également un Hasselblad, pour la beauté de l’objet ! Voilà, ce que j’aime avec l’argentique, c’est que la prise de vue est réfléchie, plus lente, car cela coûte plus cher techniquement, entre autres. Je viens d’acquérir un Nikon FE2, mais j’ai aussi 3 chambres 4x5 inches, dont une avec laquelle je fais du collodion.
J’utilise deux vieux petits Canon 1000 que j’ai mis en barrette avec des déclencheurs radio pour faire de la stéréophotographie, mais également plein de vielles merveilles comme des Spoutnik, des appareils panoramiques...
Actuellement, je pratique un peu le numérique, beaucoup l’argentique, souvent le Polaroïd et depuis quelques mois je m’essaie au collodion humide, que je rate fantastiquement bien depuis 6 mois !!
Pas de montage, ni de retouche si ce n’est pour la série Light Painting.
S’il n’y avait plus que la photo numérique je ne crois pas que j’en ferais encore actuellement.


Adeline, série Tandoori


Kiki Beguin

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Qu'est ce qui t'intéresse dans l'acte photographique?

Paul von Borax : Au-delà du fait de découvrir et de faire par moi-même des « trucs », c’est surtout de raconter des histoires qui m’intéresse, j’y arrive avec plus ou moins de bonheur. Quand je trouve un fil conducteur, je ne le lâche pas afin d’en faire une série, qui me convient mieux que de faire, certes de belles photos, mais qui n’ont aucun lien entre elles.
Mon sujet de prédilection « assumé » est la femme, nue de préférence. Pourquoi ? Parce que je trouve cela beau tout simplement. Je ne nie pas qu’il y ait une grande part de fantasme dans ce choix.
Si j’avais su peindre, je pense que je peindrais au lieu de faire de la photo, mais comme je n’arrive déjà pas à écrire mon nom correctement !! Donc à partir du moment où j’ai souhaité raconter des histoires, je l’ai fait en photo, avec des images fixes.




Alexia, série Sauvages blanches

[4]

Si tu ne devais qu'en citer un, quel est pour toi le photographe incontournable ou ta source d'inspiration?

Paul von Borax : Aucun, suis super mauvais en nom ! Si je devais citer un artiste qui m’inspire, ce ne serait pas un photographe, mais un peintre : Jean-Léon Gérôme, ses femmes sont à tomber ! Mes inspirations me viennent plus de la peinture. Sinon un photographe : Newton, mais pas en tant que source d’inspiration. Donc non, pas de héros !

Ur Hair

Olivia

Julie Chloé

[5]

Quel est ton prochain projet?

Paul von Borax : Je viens de terminer une série qui s’appelle « Les fumeuses ». C’est l’histoire d’un club lesbien pendant la Seconde Guerre mondiale et de portraits érotiques de ces dames. De cette série, un livre en auto-édition est en préparation pour le Festival Européen de la photographie de Nu d’Arles auquel je suis invité.
Sinon, d’autres séries en cours, mais chut...

> Le site de Paul von Borax







Rachel et Lise, série Les fumeuses

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