Pour choisir un logiciel pour le traitement des images, il faut le considérer dans son ensemble et définir ses besoins pour le fameux flux de travail. Dans cet article, nous allons pourtant nous intéresser qu'à une seule partie, mais essentielle, le dématriçage et le rendu des images. Nous n'aborderons donc pas les parties d'importation de catalogage, d'impression ou de géolocalisation pour nous concentrer sur les images en comparant plusieurs logiciels sur le rendu des détails, la gestion du bruit électronique, la dynamique ou la correction des aberrations chromatiques.

Dématriçage: rendu par défaut & profils

Capture One Pro 7

Capture One Pro 7 ne reprend pas les profils des boîtiers au dématriçage. Il propose plusieurs scénarios, ou courbes, pour traiter les RAW qu'on lui soumet. Par défaut le logiciel tente de déterminer de quel boîtier provient le fichier, et applique le profil ICC correspondant. On pourra toujours, au besoin, forcer un profil ICC en en choisissant un parmi la bibliothèque de Capture One Pro 7. 


Une fois le profil déterminé on sélectionne une courbe:


Voici leurs effets, en images: 

Film standard Film contraste élevé
Portrait Film ombre supplémentaire
 
Réponse linéaire  

Adobe Lightroom 4:

Lightroom utilise les profils constructeur (si disponibles) dans son processus de dématriçage. Sur Canon, Sony ou Nikon on pourra choisir parmi tout un éventail de profils. Pour les autres on utilisera soit un profil incorporé (Leica ou Pentax par exemple), soit le profil Adobe Standard. 

Canon Nikon
Sony Pentax

Voici leurs effets illustrés, en partant d'un RAW Nikon (NEF):

Adobe Standard Camera Landscape
Camera Neutral Camera Portrait
Camera Standard Camera Vivid

Photo Ninja 1.0.5

Photo Ninja détermine le profil à appliquer depuis le RAW soumis. 


Mais les développeurs ont laissé une porte ouverte à la personnalisation des rendus et il est ainsi possible de créer ses propres profils, et de les partager si on le désire. On créera ses propres profils (capteur et source de lumière) en utilisant des mires ColorChecker. Photo Ninja dispose d'un tutoriel complet expliquant comment réaliser la chose. 
 
 

 Enfin le dématriçage reposera sur des profils, couleur et monochromes, intégrés:
 

Voici leurs effets en image:

Neutral
Portrait Portrait enhanced
Portrait vivid Scenic
Scenic enhanced Scenic Vivid

 Portrait Mono Low Portrait Mono Med
   
 Portrait Mono High  Scenic Mono Low
   
 Scenic Mono Med  Scenic Mono High

DxO Optics Pro 8

Optics Pro propose lui aussi plusieurs profils de dématriçage. Ici on parle d'autoréglages, et comme les profils optiques du logiciel, les autoréglages sont très nombreux. Bien plus que dans les autres solutions. 



Les autoréglages sont trop nombreux pour que nous les présentions tous. En voici toutefois quelques uns:

Aucune correction Carte postale
Couleurs neutres Couleurs vives
DxO Défaut HDR Single Shot réaliste
Negatif couleur Variations couleurs réalistes

Restitution et accentuation des détails

Restitution par défaut

Nous allons examiner plusieurs fichiers, aux difficultés diverses afin de voir quel niveau de précision chaque solution offre par défaut, et avec un peu d'aide. 

Le premier sujet sera cette poule, photographiée au RX1:



Voici les dématriçages par défaut proposés par les logiciels étudiés. Il s'agit d'un zoom à 100% des petites plumes situées près de l'oeil du volatile; aucune correction n'a été apportée. Le nom des profils est précisé pour chaque cas. 

Capture One Pro 7 (Film standard)


Lightroom 4 (Camera Standard)


Photo Ninja (Neutral)


DxO Optics Pro 8 (DxO par défaut)


DxO Optics Pro 8 (Accentuation des détails fins)



Sur notre poule le dématriçage le plus fin par défaut est livré par Capture One Pro 7 et par Photo Ninja. Ces deux solutions parviennent à parfaitement rendre les petits détails des plumes. DxO par défaut est un peu moins vif, et redresse la barre avec l'autoréglage de restitution des détails fins. Lightroom 4 enfin rend la copie la plus molle avec des détails fins assez décevants par rapport à la concurrence.

Renforcement des détails:

Le dématriçage par défaut diffère grandement d'une solution à l'autre. On a vu que Capture One ou Photo Ninja proposaient un excellent niveau de détail. Mais chaque outil permet de booster le niveau de détail. Voyons comment nos protagonistes s'en sortent sur une texture ne craignant pas grand chose: un billet de banque. Le grain du papier et les imperfections de l'impression rendent imperceptibles les artefacts et le bruit générés par une poussée trop radicale. 
L'accentuation est obtenue de manière purement empirique, et en utilisant au mieux les outils mis à disposition par les éditeurs. Chez DxO par exemple on joue sur le masque de netteté et sur le module "netteté de l'optique". Chez Adobe on utilise les curseurs de l'outil Détails, alors que Photo Ninja utilisera les presets, les profils et le sharpening. Enfin avec Phase One on associera les styles et préréglages (avec les options de pre-sharpening) au module accentuation. Bref, chacun ses outils... seul le résultat compte.

Lightroom 4:

Le résultat est fin et net. Si Lightroom dématrice assez grossièrement les détails fins, il permet de bien les restituer. Il faudra ensuite pousser le contraste pour redonner de la vigueur à l'ensemble, mais la finesse du détail est bien là. 

Capture One Pro 7:

Capture One dématrice très bien par défaut, et rend bien les petits détails. Toutefois ici nous avons un peu peiné à les rendre bien nets. Les petits "100USA" des 0 manquent un poil de netteté, mais sont très contrastés. 


DxO Optics Pro 8:

Les outils de DxO permettent de bien travailler son rendu. C'est pal mal, même si on sent le rendu à la limite de l'artefact.


Photo Ninja:

L'accentuation est fine. On retrouve presque la finesse de Lightroom et le contraste de Capture One... avec en prime un semblant de rendu sur la texture du papier. Pas mal !



Rendu des couleurs:

D'une solution à l'autre les photos ne sont pas dématricées de la même manière. Par défaut un préréglage est appliqué, et tous calibrent la balance des blancs sur une valeur très différente par défaut (la valeur en K est indiquée entre parenthèses):

Lightroom 4 (3600K):


DxO Optics Pro 8 (4361K):


Capture One Pro 7 (3979K):


Photo Ninja (3750K):


Si on passe tous les clichés sur 3600K, les différences restent très marquées d'une solution à l'autre:

LR4:


DxO Optics Pro 8:


Capture One Pro:


Photo Ninja:


Même si ces images sont petites, on voit d'emblée que certaines solutions ne sont pas très à l'aise avec notre NEF de D800. Photo Ninja livre un résultat très brut, presque rugueux et très rouge. Mais attention, juger sur un seul fichier serait trompeur et si on passe sur un autre capteur, Photo Ninja peut briller là où un bon élève sur NEF comme Capture One va flancher. Un exemple parlant vient du test du Leica M: voici le DNG une fois interprété par Photo Ninja:



Et le même DNG mouliné par Capture One Pro:


La justesse est cette fois à chercher chez Photo Ninja, Capture One n'aimant vraiment pas les DNG de notre Leica.

Les options d'ajustage colorimétriques:

Capture One Pro 7:

La morale de l'histoire est donc que le rendu par défaut peut varier, et de manière assez spectaculaire, d'une solution à l'autre. Il importe donc de trouver une bonne association capteur-RAW-dématriceur... et de pouvoir procéder aux ajustements requis au développement. Et à ce petit jeu, c'est sans aucun doute Capture One pro qui s'en sort le mieux, ayant fait de la gestion de la colorimétrie son fond de commerce.

Le dématriçage applique un profil ICC pendant le traitement. Capture One le sélectionne d'office, mais on peut en choisir d'autres si on le désire:


Les amateurs de portrait en studio apprécieront le réglage précis de la balance des blancs du ton chair qui est permis par l'outil. 



On trouvera en prime un réglage des couleurs précis, incluant en prime un réglage plus fin du ton chair: 


Pour une meilleure visibilité des zones affectées par la transformation, il est possible de cocher une case (Afficher la gamme de couleurs sélectionnées) qui va désaturer toutes les parties de l'image non concernées par la sélection. En mode avancé on pourra paramétrer le spectre choisi pour l'étendre ou le restreindre à volonté. Par exemple, le haut de la botte du jockey est violette, et j'ai sélectionné une dominante rouge. Pour inclure le haut de la botte dans la retouche, il suffit de tirer les points définissant le spectre choisi pour englober des teintes violettes sur la roue chromatique... facile. 


Enfin on pourra ajuster les niveaux d'entrée et les courbes... chacun étant utilisable en global ou canal par canal.
 

Lightroom 4:

Dans Lightroom 4 les couleurs se règlent en trois étapes: on choisit u profil et on règle les teintes primaires:


On ajuste le virage partiel:


on joue sur la courbe des tonalités, accessible canal par canal:


puis on joue sur la TSL pour régler la saturation, la luminance et le teinte de chaque dominante.


DxO Optics Pro 8:

Chez DxO, la colorimétrie passe, comme toujours, par les autoréglages. 



DxO Optics Pro 8 permet de choisir un profil ICC à appliquer lors du dématriçage. La liste des boîtiers supportés est assez longue:


On l'utilisera pour unifier un rendu, ou pour donner un rendu propre à une marque à un cliché pris avec un autre appareil: ci-dessous une image prise au D800

avec un profil ICC Nikon D800 (gauche) et Leica M9 (droite):


Enfin DxO propose un outil de protection des couleurs saturées, permettant de préserver de l'information dans les zones saturées proches de l'écrêtage.


La courbe des tons est accessible canal par canal:


Et le module TSL permet de régler chaque canal (rouge, jaune, vert, cyan, bleu et magenta):

Photo Ninja: 

A l'ouverture un profil ICC est appliqué:

 

Le menu Color correction propose des réglages classiques (balance des blancs, teinte, etc.), et aussi un curseur Color Recovery. Il permet de désaturer des zones traitées en restauration des zones claires par l'algorithme du dématriceur:


Enfin le module Color enhancement fonctionne à la manière des modules TSL des solutions concurrentes:


Débruitage:

Nous allons travailler sur la photo ci-dessous, prise au D800 à 8000 ISO. 



En zoomant on voit le bruit (luminance et chrominance), mais également les détails autour de l'oeil. Voyons comment nos logiciels éliminent le bruit et préservent les détails. Attention, comme toujours dans ce genre d'exercice une grande subjectivité doit être assumée. Le résultat peut ne pas plaire à tous. Certains détestent le moindre bruit et lisseront plus, d'autres s'accommoderont de plus de bruit... tout est donc une question de dosage, et de goût. Le tout étant de savoir qu'au final, le débruitage est une science bien maîtrisée par l'ensemble des protagonistes. Un exercice bien maîtrisé, conduit de manière à peu près similaire par tous, et débouchant à chaque fois sur des résultats plus qu'acceptables. 



Lightroom 4

La réduction du bruit de LR4 se fait au travers de l'outil ci-dessous:



On arrive assez simplement au résultat ci-dessous: le bruit est correctement estompé, et le lissage contenu: 



Photo Ninja:

Photo Ninja dispose d'un débruiteur déjà réputé, Noise Ninja 3. 



Le résultat est un peu meilleur, et on arrive facilement à préserver un peu plus de détail:


DxO Optics Pro 8



L'autoréglage par défaut de DxO débruite assez fort, et lisse copieusement. On peut reprendre la main sur le processus pour équilibrer à sa convenance, et parvenir là encore à un très bon résultat. 


Capture One Pro 7:



Là encore guère de surprise, le bruit est relativement facile à contenir pour ne pas masquer les détails. 




Débouchage des ombres

Pour examiner comment les différents concurrents traitent les zones sombres, nous allons commencer par le temple ci-dessous. Le but est de récupérer du détail juste sous le toit... une zone bien noire par défaut. 


Capture One Pro 7:

Commençons par Capture One Pro 7. La tâche est facilement accomplie en positionnant tout simplement la tirette "Ombre" de l'outil High Dynamic Range sur 55. On peut doser différemment en fonction de l'effet souhaité.


55 éclaircit beaucoup la zone sombre, mais nous voulions voir si l'opération s'accompagnait de génération de bruit... résultat: une zone parfaitement débouchée et absolument aucun bruit. On verra plus tard par comparaison avec les autres solutions que Capture One Pro 7 a peut-être même tendance à lisser un peu le résultat. Mais en tout cas le débouchage et d'une simplicité hors norme. 



un zoom à 100% permet de constater l'absence totale de bruit:
 
Oui mais... Ce n'est pas le seul moyen de déboucher une ombre sous Capture One... L'outil propose également une retouche localisée, très utile pour ne déboucher que là où on le souhaite. Or le réglage HDR utilisé plus haut n'est pas disponible dans la retouche localisée. Qu'à cela ne tienne, on pourra tout aussi bien jouer sur l'exposition, la luminosité et le contraste (proposés en retouche localisée) pour parvenir à un résultat similaire. 
La preuve en image (Exposition +1,33 / Contraste +3 / Luminosité +14 / Zone traitée: sous le toit et la façade): 



et avec un crop à 100%:

Lightroom 4:

Lightroom 4 offre à peu près la même approche que Capture One Pro 7. On pourra déboucher en utilisant l'outil "Tons foncés" des réglage de base, les tirettes "Tons foncés" et "Teintes sombres" de la courbe des tonalités. Enfin dans la retouche localisée on retrouvera les réglages "tons foncés" et "tons clairs" proposés dans les réglages de base.


En débouchant avec les tirettes de la courbe des tonalités (+55 sur les teintes sombres et +55 sur les tons foncés) on arrive à un bon résultat sur la zone souhaitée, mais l'action affecte l'ensemble de l'image et aplatit un peu la zone traitée... de sorte qu'on aura besoin de redonner un peu de contraste à l'ensemble. Mais concrètement, si on s'en tient au seul débouchage, le résultat est convainquant. 



Un zoom à 100% montre que l'opération ne génère quasiment pas de bruit:


L'autre approche consistant à utiliser l'outil "Tons foncés" des réglages de base est plus satisfaisante d'un point de vue global. Si le débouchage aboutit au même résultat, l'image dans son ensemble est moins impactée, moins écrasée... et nécessitera moins voire pas d'ajustement hors de la zone visée. 



Un zoom à 100% permet de constater que cette méthode préserve également mieux les détails des zones débouchées:


La troisième méthode, la retouche localisée, utilise les mêmes outils, et donc aboutit sur les mêmes résultats, avec en plus la souplesse du choix de l'endroit à travailler.

DxO Optics Pro 8:

Chez DxO aussi il existe plusieurs moyens d'arriver à déboucher des zones sombres. La première consiste à utiliser un autoréglage... comme le HDR single shot proposé par l'éditeur. Le résultat est conforme aux attentes et notre zone sombre sous la toiture est bien éclaircie: 




Un zoom à 100%:


La seconde option consiste à choisir un autoréglage autre que HDR, puis à utiliser le curseur "DxO smart lightning". En l'occurrence nous l'avons mis sur 115. Ce qui a parfaitement débouché la zone voulue:



Un zoom à 100% montre un bruit contenu et des détails assez bien préservés:


Photo Ninja 1.05:

Photo Ninja offre une approche un peu différente. En effet les trois autres solutions lient débruitage et débouchage. On l'a vu, éclaircir une zone ne produit aucun bruit ou presque, et lisse plus ou moins les parties éclaircies. Photo Ninja demande un peu plus de travail puisque le débruitage sera à opérer à part.
Dans un premier temps on débouche en utilisant les curseurs de "Exposure and details".



En jouant sur Exposure Offset et Shadows on arrive facilement à éclaircir la zone voulue:



Mais l'opération génère pas mal de bruit... et plus on éclaircit, plus le bruit s'amplifie:



Il faudra alors utiliser le débruiteur intégré, Noise Ninja 3.0, pour en venir à bout:



L'inconvénient est qu'une même opération prend plus de temps avec Photo Ninja. Mais l'avantage qui en découle est qu'on contrôle chaque étape avec précision. Et si Photo Ninja sur cet exercice précis permet de préserver plus de détails dans les zones débouchées, c'est parce qu'on contrôle le débruitage. Ici on travaille sur une structure en bois. On peut donc parfaitement s'accommoder d'un peu plus de grain que sur d'autres textures. L'approche Photo Ninja permet de moduler ce lissage à souhait. C'est plus long, mais plus précis aussi. 

Récupération des zones claires

Pour examiner la façon dont les solutions récupèrent les zones claires nous allons utiliser le cliché ci-dessous, et tenter de récupérer de la matière dans la zone surexposée en haut à droite:


Capture One Pro 7:

Dans Capture One on jouera sur plusieurs leviers pour récupérer des zones claires. On pourra bien entendu commencer par ajuster exposition et luminosité, mais c'est dans la partie High Dynamic Range que l'on trouvera le curseur Hautes lumières qui, même poussé à fond, ne génère pas d'artefacts et propose une récupération fine. Si on veut pousser encore la récupération on pourra combiner cette action avec celle d'une retouche localisée. En appliquant le pinceau sur la zone trop claire uniquement on pourra en baisser l'exposition, par exemple. Bref, la solution est très souple, et permet d'arriver facilement à un très bon résultat. 


Un zoom à 100%: 

Photo Ninja

En fonction du preset choisi, Photo Ninja cherche à récupérer les zones claires dès le dématriçage (ici sur Scenic). Et le premier jet proposé par l'outil offre déjà un bon niveau de récupération des zones trop exposées. En jouant sur le curseur "Highlights" et sur "smart lightning" pour équilibrer, on parvient à récupérer encore un peu plus de matière. Et puisqu'il s'agit d'un ciel bleu et de nuages blancs, on pourra également abaisser la luminosité de la dominante bleue dans le menu Color Enhancement pour renforcer encore la récupération.  LA récupération est précise, et assez impressionnante... difficile de faire plus. 



Un zoom à 100% permet de voir que l'ensemble est bien récupéré, sans artefacts: 


DxO Optics Pro 8:


Optics Pro 8 dispose de plusieurs outils permettant de récupérer de la texture dans les zones trop claires. On ne jouera pas ici sur un seul curseur comme on pourrait l'envisager avec d'autres solutions (Capture One par exemple). Il faudra doser les actions... à commencer par choisir un autoréglage adapté. 



Ensuite on jouera sur les curseurs des Tonalités sélectives (et plus particulièrement Hautes lumières en l'occurrence). Pour accentuer la récupération on pourra jouer sur la luminosité de la dominante bleue, et en baisser la valeur dans le menu TSL. Enfin on pourra redonner un peu de luminosité à l'ensemble de l'image avec le Smart Lightning. Bref, on y arrive. Moins facilement qu'avec d'autres solutions dotées d'outils spécifique de récupération des zones claires et sombres. Et c'est peut-être ce qui rend le résultat un peu plus délicat à équilibrer. Une chose est certaine en tout cas: il manque vraiment un outil de retouche localisée à Optics Pro pour que ce genre de manoeuvre soit vraiment facilitée. 



Un zoom à 100% permet de voir une récupération sans trop d'artefacts, ni de perturbations:


Lightroom 4:


Lightroom 4 est d'une redoutable efficacité pour récupérer une zone trop claire. Le curseur "Tons clairs" des réglages de base fonctionne à merveille et en l'ajustant tout simplement on parvient à récupérer toute la matière du ciel. On pourra peaufiner le rendu en jouant sur la courbe des tonalités, et pousser le rendu en baissant la luminosité des bleus... mais ce ne sera pas toujours nécessaire. Attention toutefois à bien doser la récupération puisque ightroom laisse parfois apparaître quelques artefacts dans le processus et le bord des nuages peut parfois virer au gris massif. Un peu de finesse s'impose. Au pire on pourra toujours utiliser la retouche localisée pour contourner les zones problématiques, ou les ajuster différemment. 



Un zoom à 100%:

Traitement de l'aberration chromatique

Nous allons nous appuyer sur deux clichés pour analyser la manière dont se comportent nos quatre protagonistes. La première photo est celle d'un bâtiment en semi contre-jour, celui que nous avons utilisé pour la récupération des zones claires. Le coin supérieur droit de l'image est bourré d'aberrations violettes et vertes.



Les aberrations vertes sont sur le bord du bâtiment gauche, les violettes sur le bord de l'immeuble de droite (le zoom n'est pas à 100% et les aberrations paraissent plus petites qu'elles ne le sont vraiment). 


La seconde image est la photo de cette vieille Volkswagen (poussiéreuse): 


Les reflets sur la carrosserie et les bords des chromes sont de vrais nids à franges pourpres. Là encore, un bon exercice pour nos logiciels.




Capture One Pro 7:


Capture One analyse et traite assez bien les aberrations. Les réglages sont plus complets chez d'autres (Adobe principalement), mais Capture One rend une bonne copie.



Les aberrations des immeubles sont parfaitement gommées, en cochant simplement la case "Aberration chromatique":


Les perturbations de notre voiture sont bien contenues, bien qu'encore perceptibles là où elles étaient le plus marquées (autour du phare):


 

 

Lightroom 4:

Lightroom 4 est le champion de la correction des aberrations, des franges, quelles que soient leur couleur. L'outil dédié permet de régler avec précision le degré de correction à appliquer en fonction de la couleur de l'aberration. Le résultat est sans appel, sur la quasi totalité des perturbations, y compris de grande taille. 




Pour gommer les aberrations des immeubles, le simple fait de cocher la case "supprimer l'aberration chromatique" suffit:



Sur les franges violettes de la voiture, on parvient facilement à gommer toute imperfection en jouant sur le curseur violet. Un résultat impeccable, obtenu très facilement:


DxO Optics Pro 8

Le système proposé par DxO est assez similaire à celui d'Adobe, mais un peu moins précis. On jouera sur les tirettes d'intensité et de taille pour gommer les aberrations. Et la chose est très efficace.



Aucun souci pour DxO Optics Pro: la simple activation de la fonction suffit à gommer toute trace d'aberration:



Là encore, comme avec LR4, les franges sont balayées, sans le moindre soucis:


Photo Ninja:

Photo Ninja nous pose un certain problème car la version installée sur notre PC s'entête à créer des aberrations au lieu de les gommer. Et ce malgré les mises à jour; et le jeu sur les tirettes n'y change rien. Nous avons essayé plusieurs images, et toujours rencontré le même problème. Les zones claires sont visiblement un problème. 



Sur les immeubles on arrive à un résultat assez mitigé en utilisant le réglage "Analyze image" de l'outil ci-dessus. C'est celui qui donne les meilleurs résultats sur notre image. Il gomme parfaitement les aberrations vertes, mais peine à gommer complètement les pourpres.



Sur notre voiture, des perturbations roses sont apparues en plus des franges bien marquées... un problème propre à notre version et à notre installation ? Espérons-le. 


Conclusion

Choisir un logiciel de développement des RAW n'est pas chose aisée. Et après avoir brièvement pris en mains ces quatre solutions, le choix n'en est guère facilité. Paradoxal ? Pas vraiment. Chaque marque propose une approche assez différente; ce qui fait que chaque solution brille sur certains clichés, et peine un peu sur d'autres. Et quand on dispose des quatre solutions, on se rend compte qu'on attribue rapidement tel ou tel type de cliché à l'un plutôt qu'à l'autre. La répartition se fait selon le sujet, le besoin de netteté, la colorimétrie, etc. 

Lightroom 4.4 est un excellent généraliste qui mise autant sur le dématriçage que sur la gestion des catalogues. Nous n'avons pas pris cet aspect en compte pour ce dossier qui se voulait axé sur le seul dématriçage. Mais il ne faut pas perdre de vue que la gestion de centaines, de milliers de clichés vire souvent au cauchemar si on n'est pas d'une extrême rigueur. Et dans cet exercice précis Lightroom dispose de fonctions très poussées (bien plus que la concurrence) qui simplifieront grandement la vie de chacun. Côté dématriçage enfin LR4 propose une prise en mains intuitive et des résultats facilement bons. On lui reprochera peut-être un rendu un peu mou par défaut, rendant les détails fins moins nets que les autres logiciels. Mais il dispose d'une retouche localisée... la fonction vraiment indispensable une fois qu'on y a goûté. De même son module TSL est rapidement addictif tant il est facile à utiliser et efficace dans ses résultats. 

Capture One Pro 7 aussi, dispose d'un outil de retouche localisée. Et à vrai dire, c'est le dématriceur qui nous a le plus impressionné par son travail par défaut. Le rendu des détails est magistral, les photos dématricées avec une grande finesse. Et le gros plus de Capture One, c'est sa gestion des couleurs. Très poussée. Trop peut-être pour beaucoup d'utilisateurs. Mais dès que la précision est nécessaire, il devient rapidement incontournable. Sur des portraits il est fantastique. Sur des paysages il est tout aussi bon.

DxO Optics Pro 8
quant à lui est le pacha du profil. Il intègre un nombre incroyable de modules optiques qui lui permettent de corriger d'emblée la plupart des clichés qu'on lui soumet. Parfois d'ailleurs la correction est un peu trop  "mathématique", un peu trop froide... certains défauts optiques sont agréables et ajoutent du cachet un à une scène. DxO a trop souvent tendance à neutraliser les clichés. Mais on reprend facilement la main, et les algorithmes de l'outil brillent à peu près partout: détails, débruitage, récupération des zones sombres ou claires... même la colorimétrie par défaut est bonne (alors que nous avions toujours trouvé cette dernière un peu problématique dans les tons chair dans les éditions précédentes). Bref, l'outil est excellent et se bonifie à mesure que les versions s'enchaînent. Un regret ? Le fait que DxO n'aie pas encore de retouche localisée... croisons les doigts pour que ce soit comblé dans un version 9. 

Et Photo Ninja quant à lui brille par des algorithmes particulièrement affûtés. Lui aussi dématrice des fichiers avec une précision diabolique. Il peine encore quelques fois sur certains fichiers (les portraits au D800 n'ont pas un rendu mémorable... alors que les DNG des Leica M sont au contraire remarquablement rendus). Mais il récupère les zones claires avec brio, gère bien les détails... pour du paysage ou de l'architecture c'est vite enthousiasmant. Mais Photo Ninja est une solution encore jeune, et qui évolue très vite. La première version que nous avions utilisée gérait mal les ressources système et ne savait pas exporter plusieurs fichiers en une seule fois. C'est désormais le cas. Gageons que l'éditeur continuera à bonifier une solution qui est déjà bien armée (mais bien trop chère à notre goût). 

Bref, chacun a ses avantages et s'il devait y avoir une solution idéale, ce serait... de combiner plusieurs de ces outils. Notre préférence va tout de même à ceux qui proposent une retouche localisée, un argument massue selon nous.

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