Sony NEX-VG900

Prise en main

Déballage

Sony NEX-VG900 test terrain
Déballage du NEX-VG900.

Au déballage, la caméra Sony NEX-VG900, une télécommande, un câble composante, un câble composite, un œilleton, un câble USB 2.0, une batterie longue durée, une « grille batterie », un adaptateur (LA EA3), une bonnette et un ensemble de notices (qui pèse plus lourd que la caméra elle-même).

Première constatation : il n’y a pas de chargeur ni d’objectif fourni. Pour l’objectif, disons que ce n’est pas choquant, le Canon 5D Mark III est vendu nu également ; par contre, pour le chargeur, c’est autre chose, on aura l’occasion d’en reparler plus loin.

Connectique, monture, adaptateur

Une fois la caméra en main, outre le fait qu’elle est effectivement très légère (plus légère que le Canon 5D !), on repère que la caméra ne possède pas de prise XLR. « Comme le Canon 5D », me direz-vous, certes, sauf que le Canon est un appareil photo et que là… eh bien c’est une caméra, le son n’est donc pas une option.
Il y a bien le son « témoin » 5.1, mais quand on souhaite faire du travail propre, on utilise des prises XLR et le problème, c’est qu’ici elles sont absentes.

« Pas de problème », nous dit Sony, « il suffit d’acheter un bloc XLR qui se fixe sur notre VG900.
— Cool, merci Sony, et pour combien ?
— 700 euros.
— Ah... »

Sony NEX-VG900 et son capteur 24x36
Le capteur 24x36 de la VG900 et la monture E.

Autre point visible, la monture de la caméra : monture E. Pour les tests, on nous aura fourni le 18-200 mm de chez Sony qui ouvre à 3,5-6,3.

Et si on veut mettre autre chose que la dizaine d’optiques existant en monture E ? Eh bien Sony, une fois de plus, nous propose (gracieusement cette fois) un adaptateur LAEA 3 afin de mettre les optiques en monture Alpha (Zeiss, Nikon, Leica).

Je m’empresse d’utiliser l’optique 18-200 mm en monture E pour commencer.
Tiens, tiens, l’optique n’est pas compatible en plein format. Il n’est possible d’utiliser que l’APS-C, soit une perte de 1,5x au niveau de la focale.

Test Sony Nex-VG900 : adaptateur LAEA 3 pour optiques 24x36
Adaptateur pour optique 24x36 (Alpha).

Car dans les faits, il est possible de forcer le plein format, mais voilà, un vignetage apparaît, rendant l’image inutilisable !

Test Sony Nex-VG900 : image avec 18-200 mm
Image réalisée avec le 18-200 mm (APS-C) en forçant le mode 24x36 : le vignetage est évident.

Pas de panique : Sony nous a fourni l’adaptateur LAEA3 pour monture Alpha. Monture Alpha qui permet le plein format, elle. Tant mieux.

Une fois la monture placée et notre objectif clipsé, voyons ce qui se passe. D’abord, un véritable déséquilibre de l’appareil. En effet, l'appareil étant léger, l’adaptateur avec l’objectif alourdit la masse globale d’autant à l’avant. Visiblement, les techniciens de chez Sony ne savent pas ce que sont les barycentres et encore moins le point d’équilibre. Bon, disons que c’est un coup à prendre. Et notre objectif dans tout ça ? Il est bien en plein format, ce qui tombe bien, cependant un événement inattendu se produit : plus d’autofocus... Eh oui, le LAEA3 ne permet pas l’AF alors que LAEA2 le permettait... !

« Pas de problème », nous dit Sony, « il suffit d’acheter le LAEA2.
— À combien ?
— 300 euros.
— Ah... »

Alors une question : pourquoi ne pas avoir fait une caméra plein format avec une monture Alpha d’origine (permettant donc d’utiliser le plein format) et avoir adapté l’appareil pour qu’il puisse utiliser l’AF ?
Nous vous laissons méditer sur la réponse.

Batterie

Passons au test pratique. Nous souhaitons charger les batteries. Problème : pas de chargeur. Ah oui, c’est vrai. Ceci implique que lorsque vous rechargez votre batterie, votre caméra est mobilisée. C'est d’autant plus rageant c'est que la batterie met 3 heures à charger ! C’est long, pour une si petite batterie. Mais voilà, elle permet de filmer pendant 6 heures 30.

Il est bien sûr possible d’acheter un chargeur en plus, de même qu’il est possible d’acheter un LAEA2 en plus, de même qu’il est possible d’acheter un bloc de prise XLR en plus, de même qu’avec de l’argent en plus on peut tout acheter chez Sony… Mais voilà, c’est la crise et on aimerait qu’au moins le minimum soit fourni. Ce n’est tout de même pas compliqué de fournir un chargeur, surtout pour une caméra à 3 000 € !
test Sony VG900 : chargeur...en option
Une fois la batterie chargée (à peu près 3 heures plus tard, donc…), la clipser et la déclipser n’est pas ce qu’il y a de plus simple : les concepteurs de chez Sony (encore eux) ont trouvé drôle de créer un petit couloir au fond duquel il faut aller clipser notre fameuse batterie. Mieux vaut ne pas avoir de gros doigts – on est loin du système rapide V Lock.
Par contre ils ont pensé au petit cache qui permet de fermer le couloir. À quoi cela peut-il bien servir ? Ventilation ? Mystère, mais c’est design.



Test Sony Nex-VG900 : batterie
Une batterie qui se cache au fond d'un tunnel... pas très pratique d'accès.

Interface et menus

En options de prise de vue, nous sommes gâtés, il y a de quoi faire. Un menu pléthorique d’options, assez disproportionné d’ailleurs. Il y a un menu pour le type de prise de vue : photo ou vidéo. Deux choix donc. Puis vient le menu Caméra / Micro : 30 choix ! Une liste interminable que vous êtes contraint parcourir au doigt sur le petit écran tactile (7,5 cm, c’est finalement trop petit, surtout pour du tactile).

Test Sony Nex-VG900 : écran tactile et menus
Un écran tactile finalement bien petit.

Petit aparté sur l’écran : si vous tournez en extérieur, il y a un choix (parmi les 30) qui permet de booster la luminosité de l’écran. Il est crucial de le faire, sinon au moindre rayon de lumière, vous ne verrez rien – l’écran est trop réfléchissant. Et comme les choix sont tous tassés les uns sous les autres sur le petit écran, vous risquez de peiner.

Voilà pour l’écran, revenons-en à notre menu. De manière assez étonnante, la caméra NEX-VG900 reprend en partie les menus des appareils photo NEX, avant tout destinés au grand public.

Test Sony Nex-VG900 : écran détail

Vous retrouverez donc des effets de rendus automatique (miniature, pop, noir & blanc...), sympathiques pour le grand public, mais pas très utile pour une utilisation semi-pro voire pro.




En extérieur

Son

Commençons par le son pour changer. Il est de bonne facture et permet un son surround 5.1 qui complète l’audio 2 voies. Le 5.1 est possible grâce à l’utilisation de 4 capsules positionnées en croix. Même si ce système ne remplacera jamais le vrai 5.1 avec 5 sources différentes, il constitue un bon palliatif et offre un son témoin de grande qualité. Il est possible de placer la bonnette (fournie, elle ! alors que le chargeur, non...) sur le micro. Il est d'ailleurs recommandé de préférer ce dernier au mode “coupe-vent”, qui dégrade le son.

Test Sony Nex-VG900 : micro 5.1
Le micro 5.1 de la NEX-VG900.

Précisons qu'il est possible d'accrocher un micro HF, un micro ou une torche sur l'une des deux griffes présentes sur la caméra. En effet, derrière un cache assez "cheap" se cachent deux griffes, l’une dite "active" et l’autre, "passive" – comprenez par là que la griffe "active" n’accepte que des accessoires Sony, l’autre, tout le reste.

Test Sony Nex-VG900 : griffe active et griffe passive
Deux griffes porte-accessoires : l'une permet de connecter le fameux bloc XLR à 700 €.

Image

Passons maintenant à l’image . Ce qui est saisissant – et pour tout dire, ce qui est l'atout majeur de l'image de la Sony NEX-VG900 –, c'est l'effet bokeh. Il donne tout de suite un cachet plus professionnel à la moindre vidéo tournée, mais finalement ni plus ni moins qu'un Canon 5D Mark III ou que tout autre appareil ayant un gros capteur.

La caméra est très sensible et à tendance, en mode auto, à surexposer légèrement l'image. De plus, comme il n'y a pas de filtre neutre, l'utilisation du zébra (de 70 % à 100 %) est cruciale et plutôt bien faite pour le coup.

En intérieur, la caméra se comporte très bien et le bruit reste tolérable même si vous poussez le gain. Ce n'est pas le cas des aliasings et autres moirages particulièrement disgracieux, fréquents dès que vous filmez des lignes verticales ou horizontales un peu proches.


Passer de 24 Mpx à 2 Mpx est parfois compliqué et crée certains artefacts comme de l'aliasing et du moirage.

Qualité des images

Lorsque l'image ne comporte pas d'artefacts, sa qualité est dans les normes, ni plus, ni moins. Heureusement que l'effet bokeh rehausse l'ensemble.
On regrettera par ailleurs de ne pas pouvoir filmer en 4K : avec un si gros capteur, la caméra s'y serait bien prêtée et c'est nous semble-t-il une erreur que de ne pas l'avoir prévu.





Le capteur 24x36 et les longues focales permettent un beau flou arrière.

En studio

Précision de l'image

Retour au studio pour filmer notre mire dans de bonnes conditions lumineuses (1 000 lux). La Nex-VG900 est équipée d'une optique Leica 50 mm f/1,4 fermée à f/5,6. La caméra est positionnée en mode qualité maximale à 25p.



À vrai dire, la qualité d'image de la NEX-VG900 sur notre mire déçoit : les artéfacts sont nombreux et globalement, les images ne sont pas vraiment séduisantes. Un Canon 5D Mark III, même s'il n'est pas parfait, délivre des images plus agréables.

Canon 5D Mark III

Gestion du bruit électronique

Sur ce plan, la VG900 est une excellente caméra. Le grand capteur permet de travailler avec de grands photosites qui captent mieux la lumière. Le résultat est impressionnant et il est possible de pousser le gain jusqu'à 21/24 sans trop de problèmes. Même au maximum de 30 dB les images sont utilisables.

Pour notre test, la VG900 est équipée d'une optique Leica 50 mm f/1,4 en mode obturation automatique. Nous faisons varier l'ouverture de l'optique pour conserver une exposition constante.

Sony NEX-VG900 sensibilité dB

Vous pouvez également télécharger le fichier natif de cette montée en sensibilité : fichier vidéo .MTS (350 Mo).



Dérushage et enregistrement



Pour le dérushage, aucune difficulté : les rushs sortent facilement et sont facilement exploitables. Nous avons utilisé un déchargeur de carte sur un PC avec Adobe Premiere Pro CS4. Le chemin des rushs est aisé, il suffit d'aller Private / AVCHD / BDMV / STREAM. Tous vos vidéos se trouvent stockées ici.

Sony Nex-VG900, test review, dérushage avec Adobe Premiere Pro CS4

Le caméscope offre une panoplie d'enregistrement classique : HDTV 1080 progressif à 50 / 25 / 24 ips. Un mode 50i est également disponible. Sachez que le mode 24p nécessite de redémarrer l'appareil.

Les fichiers MTS sont encodés en AVCHD (profil High 4.0 avec 2 images de référence, l'option CABAC étant disponible). En mode 25p, le débit moyen est d'environ 22 Mbits/s. L'échantillonnage des couleurs se fait en 4:2:0 (8 bits).

Premières conclusions

Ergonomie, zoom, mise au point

La caméra est légèrement décentrée vers l’avant, ce qui fait penser au Canon 5D Mark III une fois équipé. Mais là où le Canon 5D est un appareil photo que l’on « déguise » en caméra, là, c’est une caméra qui devrait donc pouvoir s’utiliser comme telle et non comme un DSLR.

En effet, la VG900 est trop petite pour être portée à l’épaule comme une caméra, et trop déséquilibrée pour être tenue comme un caméscope. Elle a en fait les mêmes problèmes qu’un DSLR : elle nécessiterait une épaulière pour bien faire. Il y a certes la poignée, particulièrement pratique, mais en dehors des contre-plongées, elle ne vous sera d'aucune aide pour le cadrage.

Au niveau des boutons disponibles sur l’appareil, on retrouve les grands classiques comme l’iris, l’autofocus (excepté avec LAEA3), l'ISO, etc. Mais voilà, la plupart des boutons sont proches et il n’est pas rare de se tromper en actionnant une fonction que l’on ne souhaitait pas.


test Sony VG900 : powerzoom motorisé

Power zoom motorisé pour des mouvements fluides.

Côté optique, l’objectif (monture E) est parfaitement connecté à la caméra, on sent qu’il en est le prolongement naturel.

Une fois l'objectif connecté, on peut utiliser l’autofocus, le diaphragme et la stabilisation. Le zoom est pris en charge par une fonction qui le rend régulier, reste à choisir sa vitesse. Vous avez le choix entre trois vitesses : L, M et H (Low, Medium et High) – comprenez par là lent, moyen lent, et lent rapide. En fait, il n’y a pas de mode vraiment rapide. Même le mode High met 8 secondes à passer de la focale courte à longue !

On notera qu’en mode manuel, la touche « Manual » est un peu raide et que le fait que la bague de zoom soit verticale n’est pas très naturel et la rend source de tremblement. D’autre part, lorsque vous effectuez un zoom arrière en mode H (lent rapide), il y a du bruit et une perte de point.

Un bon point cependant : la mémoire de focale – lorsque que l’on éteint la caméra, elle reste dans la focale où vous l’avez laissée.

test review sony NEX-VG900 : vue d'ensemble

Pour la mise au point, il suffit d’appuyer sur « Focus » et d’ajuster la bague de mise au point. Petite précision : la bague est « sans fin ».
L’autofocus est une option que personnellement, je n’apprécie pas, mais elle a le mérite d’être pratique à défaut d’être précise. On remarquera à ce propos que les concepteurs ont fait des progrès : l’AF est bien plus rapide que sur la précédente NEX-VG20. D’autre part, lors des tests, il était globalement assez fiable (pour une fois).

test review sony NEX-VG900 : commandes
La VG900 dispose d'une molette de réglage : pratique, mais un peu petite.

Lorsque l’on souhaite faire une mise au point manuelle, il faut presser la touche « Focus » et affiner la mise au point avec la bague. Oui mais voilà, le bouton est petit et, étant placé en bas de la caméra, il est du coup difficilement accessible si vous mettez une épaulière ou un trépied. Il en va d’ailleurs de même pour le bouton « Manual » : trop bas et trop petit... mais design.




Puisque nous parlons de mise au point, il est intéressant d'évoquer les aides à la mise au point disponibles. Deux vous sont proposées : le spotfocus et l’expand focus.

Le spotfocus permet, à l’instar des iPhone, de focaliser la mise au point à l’endroit « précis » où vous posez votre doigt sur l’écran.

L’expandfocus, lui, détoure les sujets nets avec un liseré de couleur : lorsqu’il n’y a pas de couleur, le sujet est flou. Rien de révolutionnaire, ce système existait déjà sur d’autres caméras auparavant. Cependant il possible de pouvoir agrandir l’image par 2 afin de saisir les détails du sujet et d'affiner la mise au point. C’est l’équivalent de la loupe du Canon EOS.
À noter : il est possible de l’utiliser pendant l’enregistrement, ce qui est utile si vous avez monté votre caméra sur un trépied (lors d’une interview par exemple).

Commandes affleurantes.

À noter également : Sony a conservé le programme AE proposé sur les précédentes versions de la caméra. Ce mode a pour fonction de vous sauver la vie (et votre image par la même occasion) en cas d’urgence. En effet si, pour une raison quelconque vous perdez le contrôle de l’image, vous actionnez ce bouton pour que tout bascule en automatique (diaphragme, vitesse d'obturation…)

L'Eye Sensor

Vous vous dites peut-être : « Mais comment pourrais-je me retrouver en difficulté avec une caméra telle que la VG900 ? » Voici un élément de réponse. Comme avec la plupart des caméras, il y a un choix crucial à faire avant tout cadrage : viseur ou écran ?



Car il n’est pas possible de faire les deux. Et il est donc impossible de cadrer avec l’œilleton et que le réalisateur ou l’assistant opérateur contrôle ce qui est filmé. C’est gênant, certes, mais c'est malheureusement le cas sur la plupart des caméras ; ce n’est pas un problème spécifique à la Nex-VG900. Il suffit donc, lorsque vous voulez passer de l’écran au viseur, de rabattre l’écran.

Oui mais voilà : tout ceci est un peu daté, et nos concepteurs de chez Sony ont voulu donner un coup de modernité à la NEX-VG900. Ils ont eu une idée brillante, une idée moderne, une idée révolutionnaire. Imaginez que la machine « sente » que vous voulez utiliser le viseur plutôt que l’écran, et qu’elle commute immédiatement sur le viseur quand vous le souhaitez. Ce serait formidable, non ? Eh bien Sony l’a fait. Ils ont appelé cette fonction : « Eye Sensor ». Un nom qui a du style.

Sauf que... il est fortement déconseillé de l’utiliser. L’Eye Sensor peut vite devenir votre pire ennemi.
Ce mode fonctionne en fait avec un capteur de mouvement, ce qui fait que dès que vous vous rapprochez du viseur, la VG900 s’en rend compte et bascule immédiatement en mode viseur.
Le problème, c’est que du coup, le capteur s’affole dès que vous vous approchez de la caméra ! Au total : une perte de signal de l’écran au profit du viseur, alors que vous êtes en train de cadrer avec l’écran. Donc vous vous jetez le plus vite possible sur le bouton du programme AE pour vous sauver la mise. Tout s’explique. Tout prend sens. Merci Sony.
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