Cet article est tiré de l'ouvrage
Microcosmes
  de Denis Dubesset
paru aux éditions Pearson France.



La lumière en photographie rapprochée

La lumière naturelle
Exposition au flash
Osez les contre-jours

 



Microcosmes : lumière en macro

LA LUMIÈRE NATURELLE

Les différents types de lumière

En photographie, la seule source de lumière naturelle est le soleil. Son influence est soit directe, soit indirecte lorsqu’elle se reflète sur un objet. Plusieurs situations peuvent se présenter :

Ciel dégagé, lumière du soleil directe. Contrairement à ce que le commun des mortels pourrait penser, photographier lorsque le soleil est au zénith lors d’une journée d’été est loin d’être une situation idéale pour le photographe. Cela implique en effet une lumière très forte qualifiée de dure. La raison de ce manque d’enthousiasme est que ce type de conditions est assez extrême. Sur votre sujet, cela aura pour conséquence de donner des zones très fortement éclairées et des zones à l’ombre. Ainsi, si vous exposez correctement l’endroit où la luminosité est forte, le côté opposé sera trop sombre. Vice versa, si le côté à l’ombre est bien exposé, l’autre face apparaîtra surexposée (on parle de zone brûlée). Pour essayer d’atténuer cet effet, les photo- graphes ont souvent recours au flash ou au réflecteur (voir section suivante).

Ciel nuageux. Dans ce cas, si un nuage se trouve devant le soleil, il agit comme un immense diffuseur. La lumière sera assez forte, mais beaucoup moins dure que dans le cas précédent. Ainsi la prédiction d’un ciel nuageux n’est pas une mauvaise nouvelle pour un photographe, puisqu’il permet bien souvent d’obtenir un rendu plus homogène. Les orages et les tempêtes sont cependant des cas extrêmes ; intéressants pour le photographe de paysage, ils sont à éviter pour photographier les petits animaux.

Ombre. Voilà une situation que vous rencontrerez très souvent. Non seulement parce que les éléments autour de vous (arbres, maisons...) vous feront de l’ombre, mais également parce que vous serez confronté à votre propre silhouette en vous penchant pour photographier votre animal préféré. Cette situation n’est pas forcé- ment mauvaise en photographie rapprochée. Comme pour le cas précédent (les nuages), elle a l’intérêt d’atténuer les trop forts contrastes entre ombre et lumière. Le problème de ce type de lumière est le manque de contraste. En effet, la lumière est souvent trop homogénéisée, ce qui rend l’image un peu plate, sans modelé.

Soleil à l’horizon. Lorsque le soleil se trouve dans cette position, il produit une lumière rasante particulièrement harmonieuse. Pour tout vous dire, la plupart des photographes du monde entier recherchent ce type de lumière. C’est pourquoi, si vous voulez produire des images de qualité, il vous faudra souvent vous lever très tôt ou attendre le coucher du soleil. C’est en effet au petit matin ou au crépuscule que la lumière est la plus douce et rend les ombres moins marquées. Par chance, ces moments correspondent également aux situations pour lesquelles la photographie de petits animaux est plus simple (voir, au Chapitre 5, la section « Conseils préalables au terrain »).

Le réflecteur

Cet accessoire permet de corriger certains problèmes évoqués précédemment. Il faut sans doute privilégier son utilisation avant de recourir au flash. Il s’agit d’un accessoire assez peu coûteux (entre 30 et 60 euros), dont la fonction est de refléter la lumière grâce à une surface réfléchissante. On le place à l’opposé de la source lumineuse (le soleil) ; ainsi, lorsque la lumière ambiante est trop forte, il permet d’atténuer les contrastes. Dans certaines situations pour lesquelles la luminosité manque, cet instrument peut servir de seconde source de lumière. Le vrai inconvénient du réflecteur réside dans sa mise en place. Nous ne disposons que rarement (pour ne pas dire jamais) d’un assistant pour le tenir selon la bonne orientation. De plus, sa présence a tendance à effrayer les petites bestioles que vous voudrez immortaliser. Le plus souvent, j’utilise mon sac photo afin de le caler dans la position adéquate. Je vous conseille également d’être très délicat au moment de placer votre réflecteur, de peur que votre sujet préféré s’en aille voir un peu plus loin. Une solution consiste à repérer un endroit qui pourrait intéresser d’éventuels insectes, de placer le réflecteur et d’attendre, comme le ferait un chasseur (pacifiste dans notre cas), qu’un animal vienne baguenauder par là.

Microcosmes : lumière en macro

Par une belle journée de printemps, j’ai décidé d’attendre les insectes pollinisateurs intéressés par les fleurs de ce plant de thym. La lumière étant assez vive, j’ai placé mon réflecteur à l’opposé du soleil afin d’atténuer la présence de trop fortes zones d’ombre.

EXPOSITION AU FLASH

Quand et comment utiliser le flash

Le flash ne doit en aucun cas être utilisé systématiquement. La lumière naturelle est à mon sens à privilégier, car elle est à même de fournir les ambiances les plus fidèles de la scène que vous désirez photographier. Nous l’avons vu cependant, les fortes lumières directes produisent systématiquement de gros contrastes entre les zones éclairées et les zones d’ombres. Si notre œil (appareil optique très sophistiqué) corrige très bien ce phénomène, il n’en va pas de même des appareils photo, qui retranscrivent la scène de manière trop tranchée. L’utilisation du flash dans ce cadre peut être judicieuse afin de corriger ce problème et de rétablir partiellement l’équilibre. On appelle cela déboucher les ombres ; cette technique est aussi appelée fill-in.

Vous constaterez également que plus on veut obtenir des gros plans des animaux, moins il y a de lumière disponible. Régler la sensibilité de votre capteur au maximum peut être une solution, mais comme je l’ai déjà mentionné, cela n’est pas sans effet sur la qualité de l’image. Le flash représente donc une solution efficace pour résoudre ce problème qui vous donnera bien souvent mal à la tête.
 

Le flash intégré

La plupart des boîtiers amateurs et experts sont fournis avec un flash intégré. Il est situé au-dessus du viseur et il vous suffit d’une simple pression sur un bouton pour qu’il se déploie. Cette fois encore, l’évolution technique est passée par là et ces dernières années ont vu se démocratiser le système TTL (through the lens, comprenez « à travers l’objectif »). Il y a quelque temps, le calcul de l’exposition était en effet intégré au flash. Ce système était difficile à maîtriser et il fallait bien souvent recourir au mode manuel du système pour obtenir le résultat voulu. Avec le système TTL, le calcul se fait à travers l’objectif, c’est-à-dire que c’est votre boîtier qui va doser le bon éclair de flash nécessaire pour exposer convenablement la scène. Le procédé n’est pas infaillible, mais il constitue une évolution certaine.
Microcosmes : lumière en macro
Les défauts du flash intégré résident dans sa position frontale ainsi que dans le parallélisme du flash par rapport à l’objectif.

Le principal défaut du flash intégré réside dans sa position. En effet, l’éclair lumineux que vous provoquez en appuyant sur le déclencheur est globalement parallèle au fût de votre objectif. Ainsi, pour les sujets proches de la lentille frontale, il masque la lumière dont vous avez tant besoin et seul le haut de l’image sera convenablement exposé. Un autre problème lié à la position du système intégré est que l’éclair est systématiquement frontal. Il est donc difficile de modeler la lumière comme vous le désirez.

Ces problèmes peuvent être résolus dans une certaine limite en ajoutant un diffuseur entre le flash et la scène à photographier. Comme son nom l’indique, cet accessoire peu coûteux a pour but de diffuser la lumière produite et d’atténuer son caractère horizontal afin d’obtenir un meilleur rendu. Beaucoup de fabricants en proposent qui viennent se fixer directement contre la source lumineuse. Il ne s’agit cependant pas du meilleur système.


Microcosmes : lumière en macro

L’ajout d’un diffuseur au bout de l’objectif permet une meilleure répartition de la lumière du flash intégré.
Ce dispositif peut remplacer convenablement un flash cobra.

En effet, plus le diffuseur se situera loin de votre flash, plus il sera efficace ; c’est pourquoi le bout de l’objectif est sans doute idéal pour placer le dispositif. La lumière sera répartie sur l’ensemble de la scène et ne sera plus masquée par l’objectif. À ce titre, sachez qu’il est pos- sible de fabriquer un diffuseur vous- même. Il suffit de découper un rectangle dans une plaque de plastique blanc peu opaque (le plastique d’un bidon, par exemple). Le système sera efficace si la plaque arrive légèrement plus haut que le flash. Pour le fixer, découpez un rond d’un diamètre légèrement inférieur à celui de l’objectif afin que l’ensemble ne glisse pas. Vous pouvez également ajou-
ter un élastique ou une cordelette pour vous assurer de la stabilité de l’ensemble. Le dif- fuseur artisanal est très efficace (je l’ai utilisé très souvent et je l’utilise encore), mais ne permet pas de pallier le problème de la lumière frontale.

Le flash cobra

Ce système est à mon sens le plus polyvalent. Il s’agit d’un appareil qui se fixe sur votre boîtier (au-dessus du flash intégré). Outre sa puissance lumineuse plus élevée, deux grands avantages justifient l’utilisation d’un flash cobra :

La source lumineuse se situe bien plus haut que celle du flash intégré. La lumière ne se propagera donc plus de manière unilatérale. La scène sera en conséquence éclairée de manière plus homogène.

La tête du flash n’est pas fixe. Elle peut en effet être orientée en haut, à droite ou à gauche, selon le désir de l’opérateur. Cela résout donc le problème de lumière frontale inhérent au système intégré du boîtier. Il offre ainsi une plus grande créativité et permet par exemple d’éclairer la scène de manière indirecte en projetant l’éclair sur un objet ou sur un réflecteur.

On comprend donc aisément pourquoi ce système est le plus utilisé. D’autres aspects jouent également en sa faveur. Certains boîtiers permettent en effet de le piloter depuis le flash intégré. Ainsi, vous pouvez très bien déporter un flash cobra (ou plusieurs) pour éclairer le fond de l’image, par exemple. Vous bénéficierez dans ce cas de deux sources de lumière : l’une éclairant votre sujet et l’autre éclai- rant l’arrière-plan (qu’il faut toujours soi- gner, je le rappelle).
Microcosmes : lumière en macro

Le flash cobra permet une meilleure répartition de la lumière et offre une bonne polyvalence.

Le système flash dédié à la macrophotographie

Enfin, il existe des systèmes spécialement conçus pour la macro. Leur principe est que la source lumineuse est fixée directement sur l’extrémité de l’objectif par l’intermédiaire d’une bague. Selon les fabricants, il peut s’agir d’un anneau lumineux ou de plusieurs petits flashs. Pour celui qui ne souhaite réaliser que des très gros plans, ce dispositif est très intéressant puisqu’il permet d’éviter bon nombre de problèmes que nous avons évoqués précédemment. À l’usage, le tableau est cependant moins idyllique. Il s’agit en effet d’un poids important au bout de
votre optique. Il vient s’ajouter à celui de votre appareil (et à celui de l’optique, et du monopode ou du trépied) qui peut atteindre déjà plu- sieurs kilogrammes. Idéal en studio, il se révèle à mon sens moins souple d’utilisation sur le terrain. Il n’en demeure pas moins que de très nombreux macrophotographes utilisent ce système avec joie et produisent des résultats sensationnels.
Microcosmes : lumière en macro

Système flash dédié macro.

OSEZ LES CONTRE-JOURS

Une idée reçue consiste à penser que prendre une photo face au soleil est une très mauvaise initiative. Dans la grande majorité des cas, c’est vrai. La lumière est en effet beau- coup trop forte et domine complètement sur le cliché, ne laissant apparaître que la silhouette des objets. C’est la définition même d’un contre-jour. Il est cependant possible de faire preuve de créativité en produisant des images de cette manière. En photographie rapprochée, les petits animaux se prêtent particulièrement bien à l’exercice.

Deux cas de figures peuvent être distingués : la situation qui se présente d’elle-même et celle que vous provoquez.

Une situation que vous exploitez opportunément. Par exemple, vous vous trouverez probablement confronté parfois à une scène pour laquelle la lumière provenant de l’arrière-plan ne vous permet pas de mettre en évidence tous les détails de l’animal. Dans ce cas, ne rangez pas votre appareil ! La photographie est également l’art de retranscrire les ambiances auxquelles vous serez confronté. La silhouette d’un insecte, par exemple, peut être très expressive et le manque de détail ne signifie pas obligatoirement qu’un cliché est raté.

Microcosmes : lumière en macro

f/13, 1/500 s, 800 ISO
Cette libellule demoiselle (Lestes viridis), cachée derrière une graminée, ne m’a pas laissé le loisir de la contourner afin d’obtenir une bonne exposition (cela faisait quelques minutes que je lui courais après). Plutôt que de perdre l’occasion de réaliser une bonne photo, je l’ai photographiée en contre-jour. La situation fait agréablement ressortir la dentelle de ses ailes.

 

Microcosmes : lumière en macro

f/9, 1/640 s, 400 ISO
La mante religieuse (Ameles decolor) se prête particulièrement bien à l’exercice du contre-jour. Sa silhouette, reconnaissable entre toutes, peut donner de belles images. Lorsque j’ai rencontré ce spécimen, je l’ai immédiatement photographié de peur qu’il ne s’échappe (j’ai pu prendre des clichés de manière plus classique par la suite). J’ai ainsi tiré parti de la situation en faisant ressortir son aspect général.

Un contre-jour provoqué volontairement. Dans ce cas il est intéressant, à mon sens, d’inclure le soleil sur l’image. Cela permet au spectateur de se mettre à la place de l’animal et donne une idée de la vision du ciel qu’il peut avoir.

Microcosmes : lumière en macro

f/7,1, 1/8000 s, 200 ISO
J’ai passé un long moment à essayer de réaliser convenablement cette photo d’une sauterelle à la tombée du jour. Après plusieurs tentatives de composition, j’ai retenu celle-ci. En regardant le cliché, le spectateur a la sensation que l’orthoptère fait une dernière salutation au soleil avant qu’il ne disparaisse. Une tige devant l’astre ajoute un peu de matière et rappelle l’environnement dans lequel la sauterelle évolue.

Microcosmes : lumière en macro

f/7,1, 1/4000 s, 100 ISO correction d’exposition –1,7 IL
Photographier cet ascalaphe (Libelloide coccajus) en contre-jour m’a permis de faire ressortir la transparence de ses ailes.

Microcosmes : lumière en macro

f/9, 1/4000 s, 600 ISO
Pour photographier ce papillon argus (Polyommatus icarus), j’ai pris le parti de le placer devant le soleil. La taille disproportionnée de ce dernier nous donne l’impression d’observer les choses à la manière d’un lilliputien.


Cet article est tiré de l'ouvrage
Microcosmes
de Denis Dubesset
paru aux éditions Pearson France.

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L'auteur
 
Photographe curieux de tout, Denis Dubesset est plus particulièrement spécialisé dans le reportage et la macro. La photo est pour lui un formidable vecteur de découvertes lui permettant de retranscrire ses émotions. Ses clichés sont principalement distribués par l’agence Naturimages.


Microcosmes : lumière en macro

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Publié par Pearson France www.pearson.fr
Illustrations : Martine Poggioni Réalisation P.A.O. : Léa B.
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