Moï Ver (Moshe Raviv-Vorobeichic) © Archives Ann et Jürgen Wilde, Zülpich/ Cologne, 2012

Du 12 septembre au 23 décembre 2012, la Fondation Henri Cartier-Bresson invite sur ses cimaises, le travail du photographe Moses Vorobeichic dit Moï Ver, puis Moshe Raviv (1904-1995).

Artiste méconnu du grand public et exposé pour la première fois en France, c’est donc l’occasion unique d’apprécier les 110 tirages originaux du livre Ci-Contre, publié en 1931, œuvre à la croisée de la Nouvelle Vision et des recherches cinématographiques.



Moï Ver (Moshe Raviv-Vorobeichic) © Archives Ann et Jürgen Wilde, Zülpich/ Cologne, 2012

Né en 1904, à Vilnius en Lituanie, Moï Ver devient l’élève de Josef Albers à l’école d’art de Dessau et découvre ainsi les préceptes du Bauhaus. Eisenstein, El Lissitzky, Heartfield, Moholy-Naguy seront son panthéon artistique, qui le mènera à préférer la photographie plutôt que la peinture qu’il étudia avant 1927.

Il exploitera tous les procédés formels du Bauhaus. Le flou, le grain, les points de vue et surtout la superposition des images deviendront sa marque de fabrique, son œil singulier.


Moï Ver (Moshe Raviv-Vorobeichic) © Archives Ann et Jürgen Wilde, Zülpich/ Cologne, 2012

Vilnius, Paris, Ci-Contre, 3 livres. Trois grands projets photographiques réalisés de 1929 à 1931. Si pour le premier son regard se focalise sur le quartier juif de sa ville natale et dont 8 tirages sont présentés au 1er étage de l’exposition, pour le second projet il met en lumière, par sa vision avant-gardiste Paris, ville trépidante. Il dresse un portrait de la ville, moderne et d’une grande énergie. Pour Ci-Contre, il est question de nature, d’architecture et de personnages à travers 110 tirages en vis-à-vis, en dialogue les uns avec les autres.
Même si son approche diffère pour chaque ensemble, ses images dynamiques visuellement, son goût pour la mise en page, et le traitement quasi cinématographiques font de ce photographe oublié, une référence de l’histoire de la photographie.

Moï Ver (Moshe Raviv-Vorobeichic) © Archives Ann et Jürgen Wilde, Zülpich/ Cologne, 2012

En 1934, devient Moshe Raviv et part s’installer en Palestine où il travaille comme graphiste publicitaire.
En 1937, s’investit dans un travail qui le mène en Pologne afin de décrire le quotidien des communautés juives dans les fermes collectives, avant la guerre. En 1945, alors qu’il apprend le génocide commis par les nazis met en forme cette série « Le visage du peuple assassiné » resté en suspens jusqu’alors, mais qui malheureusement ne sera pas publié mais présentées, pour certaines dans l’exposition.

A partir de 1950, abandonne petit à petit, la photographie pour la peinture essentiellement religieuse.
C’est en 1968, qu’Ann et Jürgen Wilde, collectionneurs allemands, acquièrent la maquette originale de Ci-Contre qu’ils publient en 2004 en fac-similé.



L’éditeur Gerhard Steidl en 2002, a réédité le magnifique ouvrage consacré à Paris, qui fut publié en 1931 par Jeanne Walter, dans un tirage limité à 1 000 exemplaires numérotés, avec une introduction de Fernand Léger et 80 photomontages de Moï Ver. Un ouvrage exceptionnel.

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12 septembre → 23 décembre 2012

Fondation Henri Cartier-Bresson
2, impasse Lebouis 75014 Paris
01.56.80.27.00

www.henricartierbresson.org



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