Dernier volet de notre série consacrée au démarrage en macrophotographie : si les deux premiers articles avaient pour but de vous aider à découvrir la macro avec du matériel de transition ou avec un kit de base, dans ce nouvel article, nous allons nous lancer avec un véritable objectif macro et quelques accessoires complémentaires bien utiles.

Pas de test labo avec graphiques ni de chiffres à l'appui : ici encore, nous abordons le sujet de manière pratique, pour vous permettre de réussir vos premiers clichés et déjouer les pièges habituels.

Macro P3
M. Boutolleau, équipée de ses Nikon D90 et Nikkor AFD 105.

Pour les besoins de l'article, j'ai utilisé le matériel suivant :
  • - un Nikon D200 et un Nikon D7000 ;
  • - un objectif Tamron 90 Macro ;
  • - un réflecteur ;
  • - un flash cobra SB600.

> Tous les tests de flashs nomades

Macro P3
Papillon Argus D7000, Tamron 90 Macro, f/6,3, 1/250 s, ISO 250.

Avant de démarrer, prenons quelques instants pour détailler ce qu'est un objectif macro. Un objectif macro, c'est :
  • - une focale fixe allant de 40 mm pour les modèles les plus courts à 180 mm pour les plus longs ;
  • - un objectif lumineux avec une grande ouverture située entre f/2 et f/3,5 selon les modèles et focales ;
  • - un objectif qui permet d'atteindre le rapport de grandissement 1:1.

Connaître les pièges et savoir les éviter

1. Le flou de bougé

Problème récurent que l'on débute ou non, le flou de bougé est un défaut de netteté lié à une vitesse d'obturation mal adaptée. Lorsqu'on appuie sur le déclencheur de l'appareil, on bouge ou tremble légèrement. Si la vitesse de fermeture est trop basse, cela se traduit par un léger flou.

On dit communément qu'il faut une vitesse d'obturation au minimum égal à l'inverse de la focale de l'objectif. Par exemple, pour un objectif de type Canon 100 macro, il faudrait une vitesse de 1/100 s.

Or, lorsqu'on pratique la macro à main levée, il est préférable de revoir cette règle à la hausse et de choisir une vitesse au minimum 3 fois supérieure à la focale. En effet, le rapport de grandissement est tel que le phénomène de flou de bougé est amplifié.

Pour gagner de la vitesse en augmentant le débit de lumière vers votre capteur, deux solutions s'offrent à vous :
  • – vous pouvez ouvrir le diaphragme, mais cela aura pour conséquence de réduire la profondeur de champ ;
  • – ou vous pouvez augmenter la sensibilité ISO, avec pour résultat une apparition du bruit numérique si vous montez trop haut.

Macro P3
Papillon Argus, D7000, Tamron 90 Macro, f/9, 1/400 s, ISO 400.

2. Le défaut de mise au point

Une bonne mise au point est essentielle ; pour réussir un cliché macro, il faut qu'elle soit parfaite.
Et pour réussir un focus parfait, il faut désactiver la mise au point automatique et la faire manuellement. Même si les autofocus sont performants, ils n'ont pas la précision nécessaire pour la macro ou proxiphotographie.

Voici une petite technique bien connue pour réussir sa mise au point : réalisez au mieux la mise au point avec la bague de l'objectif puis, avec votre buste, déplacez-vous en avant ou en arrière pour l'affiner.

Attention : en macro comme pour un portrait, on réalise le point sur l'œil du sujet !

Macro P3
Bombylus Major, D7000, Tamron 90 Macro, f/8, 1/640 s, ISO 200.

3. Adapter la profondeur de champ

Avec d'importants rapports de grandissement, la profondeur de champ est extrêmement courte : de l'ordre de quelques dixièmes de millimètres seulement.

Lorsqu'on débute, on a tendance à ouvrir au maximum son diaphragme dans le but d'obtenir un beau flou artistique. Le résultat final est souvent décevant pour le photographe, car si le bokeh est réussi, le sujet est malheureusement partiellement net.

À moins que vous ne recherchiez un effet particulier (voir photo ci-dessous), essayez de fermer votre diaphragme pour agrandir votre zone de netteté. Certains reflex proposent un testeur de profondeur de champ : n'hésitez pas à vous en servir. Cela vous sera utile pour visualiser le résultat avant de déclencher.

Macro P3
Papillon Piéride, D200, Tamron 90 Macro, f/4,5, 1/1 000s, ISO 100.

4. Attention à la sensibilité

Les boîtiers récents permettent d'utiliser des sensibilités extrêmement élevées. Si les progrès sont réels dans ce domaine, il est préférable de rester au plus près de la sensibilité "native" de votre boîtier : ISO 100 ou 200 selon les marques ou modèles.

Une sensibilité importante provoquera une montée du bruit et une perte sensible des détails. Surveillez votre vitesse d'obturation afin d'adapter les ISO.

Dans le conseil n°1, j'évoquais une vitesse sous laquelle il ne fallait pas descendre. A contrario, il est inutile de shooter au 1/1 000 s. Plus la sensibilité sera basse, et plus vos photos gagneront en finesse. À vous de gérer et trouver le bon compromis.

Macro P3
Papillon Argus, D200, Tamron 90 Macro, f/9, 1/200 s, ISO 200.

5. Choisir le bon mode de votre appareil photo

Dans l'idéal, il est préférable d'être en mode manuel. Toutefois, afin de se simplifier l'existence, il me semble judicieux de choisir le mode priorité ouverture : A ou Av selon les constructeurs.

Contrairement au mode M, vous gagnerez du temps en ne vous focalisant que sur le choix du diaphragme pour le contrôle de la profondeur de champ, le reflex adaptant automatiquement la vitesse d'obturation pour une bonne exposition.

Macro P3
Empuse adulte, D200, Tamron 90 Macro, f/11, 1/2 500 s, ISO 100.

6. La mesure de l'exposition

À mes débuts, j'ai parcouru pas mal d'articles sur le sujet. Certains ne juraient que par la mesure pondérée centrale, d'autres vantaient les mérites de la mesure spot.

Les progrès en matière de mesure de lumière sont tels que la mesure matricielle est fiable dans 90 % des situations. Elle vous permettra de vous concentrer sur l'essentiel : la prise de vue et la composition de votre image. Et cela vous évitera de jongler avec le bouton de mesure d'exposition ou le choix de votre collimateur.

Si vous avez des doutes, vous pouvez appliquer une petite correction d'expo de -0,3 ou -0,7 IL.

La mesure spot, quant à elle, sera plus adaptée en cas de conditions de prise de vue particulière, comme pour la photo d'empuse ci-dessus : la mesure a été faite en mode spot sur le ciel afin d'obtenir une ombre chinoise.

Quel matériel choisir pour aller plus loin ?

Le trépied

C'est l'accessoire incontournable dans des conditions de très faible lumière ou lorsque les rapports de grandissement sont si importants qu'il est indispensable de stabiliser l'image.

C'est un investissement que vous ne regretterez pas tant il est utile dans tous les genres photographiques. N'hésitez pas à y mettre le prix, car si les boîtiers ne cessent de se succéder, un bon trépied restera et vous accompagnera longtemps.

Macro P3
Trepied Manfrotto 190DB + Rotule Manfrotto 141RC.

Avantages : il est parfait pour stabiliser votre prise de vue et très utile en condition de faible lumière avec la possibilité de déclencher à des vitesses d'obturations très faibles.

Inconvénients : il peut s'avérer encombrant et fatigant à transporter. Il n'est pas très adapté dans les situations qui demandent de la réactivité.

Plusieurs marques se partagent le marché : les plus connues sont Manfrotto, Hama, Vanguard, Benro....
Les tarifs varient énormément : de 100 à 400-500 € pour les modèles haut de gamme. Pour des raisons de confort, si votre budget le permet, orientez-vous vers un modèle léger type carbone.

> Tous les trépieds testés

Le flash

Il existe plusieurs types de flashs :
  • - les flashes cobras qui se montent sur la griffe de votre appareil ;
  • - les flashes annulaires qui sont fixés sur le filetage de l'objectif.

Macro P3
Libellule, D200, Tamron 90 Macro et flash cobra SB600, f/10, 1/250 s, ISO 250.

Bien que les flashs annulaires soient développés pour la macro, j'ai une nette préférence pour les flashs cobras. Je les trouve plus souples d'utilisation : ils peuvent être orientés de différentes façons, voire déportés grâce à la fonction de déclenchement à distance de certains boîtiers. Cela permet d'obtenir des éclairages nettement plus créatifs qu'avec les modèles annulaires.

Un flash cobra pourra vous être utile en dehors de la macrophotographie, un flash annulaire, non.

macro P3
Nikon D200, Tamron 90 Macro et flash Nikon SB600 avec un petit réflecteur artisanal.

Avantages : le flash apporte un surplus de lumière non négligeable.

Inconvénients : la maitrise est relativement difficile pour obtenir un éclairage naturel.

Les grands fabricants d'appareils photo numériques proposent leurs propres gammes, mais il existe quelques alternatives comme Metz. À l'image des trépieds, les écarts de prix sont importants et il y en a pour tous les budgets : entre 150 € et 600 €.

> Tous les tests de flashs nomades

Le réflecteur

Il s'agit d'un accessoire très intéressant, car en plus d'utiliser la lumière naturelle du soleil, il permet de jouer sur les teintes grâce aux différents revêtements qu'il propose (argent, or, blanc...).

Pour l'exemple ci-dessous, j'ai utilisé la face dorée pour donner une teinte chaude à la lumière.

Macro P3

Comme vous pouvez le constater ci-dessous, le résultat final parle de lui-même.
Les ombres sont débouchées de manière très douce et l'exposition de la photo est nettement meilleure grâce à la réduction du contraste liée aux conditions habituelles d'une prise de vue en contre-jour (à droite).

Macro P3

Avantages : comme le flash, le réflecteur procure un gain de lumière, mais avec un rendu plus naturel.

Inconvénients : on a besoin d'un minimum de lumière pour qu'il soit efficace et, surtout, il est difficile à utiliser. Tenir un réflecteur d'une main et faire la photo de l'autre est une vraie torture ! C'est peut-être l'occasion de mettre à contribution vos enfants et partager avec eux votre passion le temps d'une photo.

Niveau tarifs, c'est un accessoire très abordable, avec un prix inférieur à 50 €. Pour des raisons pratiques, attention à ne pas opter pour un modèle trop grand (60 cm maximum)

> La page Facebook de Franck Petit - Photographies

Voir aussi :
> Débuter en macro (1) : le bon matériel pour se lancer
> Débuter en macro (2) : que peut-on espérer obtenir avec un 18-55 mm ?

> Guide d'achat : bien choisir son matériel macro
> Dossier – Tout savoir, tout comprendre, tout faire en macrophotographie

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