Vous vous êtes déjà demandé comment ce type d'images étaient réalisées ? Si vous avez déjà essayé, vous vous êtes probablement confronté à de nombreux problèmes, qui pour certains d'entre eux, restent sans solution si vous ne disposez pas d'un matériel spécifique.

La photographie haute vitesse est passionnante, elle permet de voir ce qui est souvent invisible à l'oeil nu. Avec un peu d'imagination, les possibilités créatrices avec cette technique sont infinies.


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Tentez votre chance en lumière continue !

Si vous êtes patient, vous pouvez essayer, après de nombreuses tentatives, de synchroniser le moment où vous appuyez sur le déclencheur avec l'instant précis ou l'objet tombe dans le liquide.

La prise de vue se fait alors en lumière continue. Travaillez uniquement sur trépied en prenant soin de bien réaliser la mise au point en manuel en amont du déclenchement (afin d'éviter le temps que l'appareil réalise la mise au point). Prévoyez une profondeur de champ assez large pour être certains que le sujet soit net (jouez avec l'ouverture de votre objectif). Le temps de pose doit aussi être relativement rapide (1/500 ou 1/1000 de seconde par exemple). Les conditions ne sont pas idéales et vous serez probablement obligé de monter les ISO (et le bruit numérique qui va avec) afin d'exposer correctement votre image. Une solution serait d'utiliser un flash  pour illuminer votre sujet, mais nous verrons par la suite que cela entrainera d'autres problèmes.

Une fois tous les paramètres réglés, il ne vous reste plus qu'à réaliser des essais pour parvenir à déclencher au bon moment ! Pour vous aider, si votre appareil le permet, vous pouvez activer la prise de vue afin de maximiser vos chances.

Essayez avec un éclairage au flash ...

Pour résoudre les problèmes d'exposition (profondeur de champ, mise au point, haute sensibilité ISO), vous pourriez être tenté d'utiliser des flash pour éclairer votre sujet. C'est une fausse bonne idée !

Un coup de flash est un éclair lumineux plus ou moins puissant et bref. La durée de l'éclair d'un flash est de l'ordre de 1/1000 de seconde à pleine puissance. Cette durée n'est pas constante et est proportionnelle à la puissance du flash.

Cet éclair très bref doit être synchronisé avec le déclencheur et le temps de pose réglé sur l'appareil.
C'est un obturateur mécanique (le plus souvent) qui module le temps de pose. Un obturateur fonctionne en deux temps. Il commence par l'ouverture du premier rideau, ensuite il reste ouvert un certain temps, puis c'est la fermeture sur le second rideau.

Avec des temps de pose très courts (comme ceux qu'il faut utiliser dans notre cas de figure), cet enchainement de rideaux se fait tellement rapidement que le capteur n'est même plus découvert entièrement. À peine, le premier rideau est ouvert, que le second est déjà en train de se refermer.
Comme la durée de l'éclair est beaucoup plus courte que le temps de pose réglé sur l'appareil, il est impossible d'illuminer entièrement le capteur avec la lumière émise par le flash. Sur l'image, il en résulte une zone correctement exposée et une zone sombre franche délimitée par l'ombre du rideau qui se referme.

Il faut donc utiliser un temps de pose correspondant au maximum de la synchronisation flash de l'appareil (synchronisation X). Généralement, cette vitesse est de 1/200 ou 1/250 de seconde. Un temps de pose de 1/250 de seconde serait du coup beaucoup trop long pour figer l'entrée d'un objet dans un liquide avec précision.

Certains flashs cobra disposent d'une fonction synchronisation haute vitesse. Le flash émet à très haute fréquence une série d'éclairs pendant la durée du temps de pose afin de simuler une lumière continue. Cette fonction réduit considérablement la puissance du flash et est très énergivore. Cependant, il devient alors possible d'utiliser des temps de pose plus courts que la synchronisation X de l'appareil. Cette solution revient donc aux mêmes problématiques que celle de la lumière continue.

Pour tenter votre chance au flash il est préférable de disposer d'un ou plusieurs flashs cobra à utiliser en déporté. Il faut donc pouvoir les synchroniser depuis l'appareil grâce au flash d'appoint (si votre appareil en dispose d'un et qu'il propose cette fonction) ou via un système de synchronisation radio ou infrarouge.

Quoi qu'il en soit, il faudra toujours multiplier les essais avant de pouvoir faire concorder le déclenchement avec le moment précis ou l'objet tombe dans le liquide. Vous pouvez ici encore utiliser la rafle de votre appareil.

Lancez-vous dans l'open flash ?

Highspeed-PhotographyAfin de résoudre les problèmes d'exposition imposée par un éclairage en lumière continue et de synchronisation X de l'appareil au flash, il est possible d'opter pour une configuration en open flash.

Le principe est très simple. Pour être certains que le l'intégralité du capteur de votre appareil reçoive la lumière du flash à des temps de pose très courts (plus rapides que la synchronisation flash) il suffit de vous mettre dans le noir total. En effet, imaginons un studio de prise de vue plongé dans le noir total, un temps de pose de plusieurs secondes et un coup de flash d'une durée de 1/1000 de seconde qui vient éclairer votre sujet.

Avec cette technique c'est uniquement la lumière émise par le flash qui intervient dans l'exposition de l'image. Les problèmes de synchronisation d'obturateur sont définitivement réglés. Le flash peut être déclenché à la main, en déporté grâce au bouton test qui se trouve à l'arrière.

C'est un peu le même principe que le light-painting mais avec un seul éclair de flash !

Ici aussi il faudra toujours multiplier les essais avant de pouvoir faire concorder le déclenchement du flash avec le moment précis ou l'objet tombe dans le liquide. La rafale ne vous sera d'aucune aide, car le temps de recyclage du flash est beaucoup trop long !

Synchroniser le coup de flash avec le moment précis de l'action.

Les problèmes d'exposition et d'éclairage sont résolus. Il faut maintenant se pencher sur la synchronisation de l'éclair avec le moment précis de l'action que vous souhaitez photographier. Se lancer au petit bonheur la chance est très vite démoralisant.  Même s’il est possible d'y arriver avec l'entrée d'un objet dans un liquide, l'opération devient impossible pour pouvoir figer l'explosion d'un ballon par exemple.

Bruno Roublique a donc mis au point un boîtier de synchronisation haute vitesse : le Multi Pilot Pro.
Ce boîtier permet de synchroniser toute une panoplie de capteurs, qui réagiront avec un évènement précis, avec un jeu de flashs ou d'appareils photo numériques.

Il dispose de 2 entrées pour les capteurs et de 4 sorties. Les connexions se font en filaire avec de simples prises jack. Il est donc très simple de multiplier à l'infini les entrées et les sorties avec des doubleurs. Pour être donc précis, le contrôleur peut gérer 2 groupes en entrée et 4 groupes en sortie.

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Les différents réglages de synchronisation se font via un écran LCD rétro éclairé et d'une grosse mollette cliquable (séquences, déclenchements, précision, fréquences, etc.). L'interface est disponible en plusieurs langues et il est possible de mettre à jour le boîtier par USB pour la prise en compte des nouveaux capteurs qui sont développés au fur et à mesure. Le boîtier est proposé de 990 euros. Il est livré dans une belle valise de transport capable de transporter tous les accessoires. La qualité de finition est exemplaire, le boîtier est petit, léger et de très bonne facture.

À l'heure actuelle, il existe un capteur de son (utile pour synchroniser sur une explosion), un capteur de lumière associé à un émetteur infrarouge pour mettre en place une barrière infrarouge, un capteur de vibration (synchronisation sur un choc par exemple), un capteur d'ouverture, un émetteur laser et un capteur de gouttes. Les prix varient de 20 euros à 60 euros.

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Reprenons notre exemple de la photo d'un fruit qui tombe dans un liquide. Grâce au Multi Pilot Pro, la prise de vue est très simple à mettre en oeuvre.

En partant sur configuration au flash en mode open flash, il suffit d'installer une barrière infrarouge sur le trajet du fruit et de relier les sorties du boîtier au flash (installé en déporté). Après tous les réglages de base de l'appareil (cadrage, mise au point, sensibilité ISO, autofocus, profondeur de champ) et le flash (puissance pour gérer la bonne exposition), il suffit de sélectionner un temps de pose de plusieurs secondes et de plonger le studio dans le noir total.

On lâche le fruit au-dessus de la barrière et dès qu'elle est coupée, le flash se déclenche. Il ne reste plus qu'à paramétrer le boîtier en définissant le temps à attendre avant de déclencher le flash après que la barrière infrarouge ait été coupée par le fruit. La précision peut aller jusqu'à 1 micro seconde (soit 0,00001 seconde).

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Il est donc maintenant possible de déterminer l'instant précis de la chute du fruit que l'on souhaite immortaliser.

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Voici une vidéo permettant de comprendre comment est réalisé l'image d'un fruit qui tombe dans l'eau.


 

Nous avons réalisés également une photo d'un pétard qui explose et d'un ballon qui éclate avec le capteur sonore du Multi Pilot Pro.

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Bon il est vrai que nos images manquent cruellement d'intérêt esthétique et que l'éclairage n'est pas travaillé. Ces exercices étaient juste pour essayer le boîtier.

Par contre Jacques Honveaut, qui utilise le Multi Pilot Pro réalise des images surprenantes et étonnantes. Regardez son travail, c'est passionnant ! De plus il nous livre les secrets de réalisation de deux de ses photos avec le Multi Pilot Pro.

Jacques-Houvault



jacques honvault



Jacques Honveaut



Verdict

Nous avons rencontré Bruno à Bièvres cette année pendant la foire et nous avons découvert son boîtier. Immédiatement intéressés, nous avons pris rendez-vous pour une mise en oeuvre dans notre studio. Nos premières impressions étaient les bonnes, la technique de la photo high speed en open flash est passionnante. Le système est assez simple à mettre en place une fois que l'on sait où on veut aller.
Multi Pilot pro
Le boîtier Multi Pilot Pro ouvre la porte à une créativité sans limites. On réalise des images impressionnantes sur des sujets ou des phénomènes qu'il est difficile d'observer à l'oeil nu ! Nous avons travaillé principalement en open flash mail le système fonctionne aussi en lumière continue. À la place de connecter des flashs en sortie, on peut simplement connecter des appareils photo.

Il est vrai que la pratique de la photographie haute vitesse demande un petit investissement en matériel : boîtier de contrôle, un ou deux flashs cobra, plusieurs capteurs et des trépieds. Comptez environ 1300 euros pour un premier kit en open flash.

Nous recommandons vivement ce boîtier de contrôle.

> High Speed Photography et le système Multi Pilot Pro

> Tous nos tests de flashs cobra


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