« Magic Lantern », c’est le nom du firmware non-officiel des DSLR Canon. Son intérêt ? Étendre très largement les fonctionnalités des boîtiers (essentiellement en vidéo), voire, combler les grosses lacunes du microprogramme d’origine. Si les photographes peuvent s’en passer, les réalisateurs ont tout intérêt à l’utiliser pour éviter bien des galères de tournage.

sUn des menus de MagicLantern pour les reflex Canon

Ça sert à quoi ?

Les « hacks » (bidouillage  des micrologiciels) sont sortis très peu de temps après l’apparition de la « vraie » vidéo sur les DSLR. Les deux plus célèbres sont donc Magic Lantern pour Canon, et celui de Vitaly Kiselev pour les Panasonic GH2 . Mais alors, pourquoi s’ennuyer avec des Firmwares alternatifs ? Tout simplement parce qu’étant données les possibilités démentielles des couples optiques/capteurs des DSLR, il était dommageable d’être bridé par des lacunes par rapport à ce que l’on trouve sur les caméras : impossibilités au départ d’ajuster le gain manuellement, aucune assistance à la mise au point, pas de possibilités audio… Même si la donne a (un peu) changé côté constructeur avec le temps, l’utilisation d’un firmware alternatif est conseillée pour tirer le meilleur parti des boîtiers. Nous avons donc testé le plus célèbre d’entre eux : Magic Lantern, compatible avec la majorité des reflex Canon.

Citons en vrac ce qu’apporte l’utilisation d’un tel firmware : le peaking (mise en surbrillance des sujets nets), le gain audio manuel, le vumètre audio, le timelapse, l’histogramme, le moniteur d’ondes, l’ajout de guide à la prise de vue, le contrôle de la balance des blancs par pas de 100 K, le réenregistrement automatique une fois la limite des 4Go atteinte… Pour ne citer que les plus utiles !

Il est certain que si Magic Lantern ne transforme pas un DSLR en véritable caméra, il contribue en tout cas à avoir bien moins déchets lors de la prise de vue. Pour résumer, si une caméra propose l’ensemble des réglages indispensables (focus, autofocus, balance des blancs, gain…) et des assistances (zoom numérique de l’image, peaking, zébra…) avant et pendant la prise de vue.
Les DSLR quant à eux sont pour la plupart cantonnés au réglage des seuls points et zoom en enregistrement, et sans proposer « d’aide » au cadrage. À commencer par le vumètre qui permet visuellement de contrôler l’audio entrant dans le boitier tout en filmant. Si on se contente de tourner des plans fixes avec un monitoring et une prise de son externe, pourquoi pas. Dans tous les autres cas, l’utilisation de « hacks » est fortement conseillée, ceci d’autant que le fonctionnement de Magic Lantern ne « pirate » pas l’appareil à proprement parler, mais qu’il se comporte bien plus comme un « add-on » (un ajout) uniquement lié à la carte mémoire que vous chargez à l’intérieur : si elle embarque Magic Lantern, le add-on sera présent, si elle est vierge, votre EOS démarrera parfaitement normalement.

Ça s’installe comment ?

La procédure d’installation est très bien décrite sur le Wiki de Magic Lantern, mais pour schématiser, il suffit de mettre à jour son EOS avec le dernier Firmware officiel de Canon et de copier sur une carte vierge (et formatée depuis l’appareil), les fichiers de ML (Magic Lantern), l’appareil va tout simplement démarrer et se mettre à jour avec son « implant » sans que le reste soit modifié. Vous changez de carte ? Plus de ML. Autrement dit, répétez la procédure autant de fois que vous avez de cartes. Et lorsque vous voulez formater une carte après déchargement, l’appareil vous proposera de conserver ML ou de l’effacer complètement.

Magic Lantern installation

On s’en sert comment ?

Le principe est simple : on ouvre le menu Magic Lantern en appuyant la touche « Corbeille ». Il suffit ensuite de naviguer dans les différents onglets avec les flèches de direction. On change un réglage (ou on le fait défiler) en appuyant sur les touches SET/Play. Le reste de l’ergonomie de votre boîtier ne change pas si ce n’est que vous aurez des « ajouts » en appuyant sur la touche Display ou sur la touche Zoom par exemple (les touches changent d’un boîtier à l’autre). Il existe aussi de nombreux raccourcis possibles par la pression de deux touches simultanées. Cependant, même si tout fonctionne, nous avons constaté quelques ralentissement de l’interface ML : l’appareil n’est pas tout à fait aussi réactif qu’à l’origine. En revanche, pas de bug lors de tous nos tests.
Ce qu’il faut retenir des fonctions en vidéo

Pour le paramétrage de l’appareil

Toutes les fonctions ne sont pas utiles au quotidien. Cependant, nous en retenons pour cette section deux, accessibles via la rubrique Movie de ML. La première s’appelle « Movie restart ». Basculez-la sur « On ». Ceci signifie que dès que l’appareil atteint la limite des 4 Go par fichier, il relance automatiquement l’enregistrement plutôt que d’être cantonné à 12 minutes de films. Ensuite, nous vous recommandons d’activer la fonction « Shutter Lock ». En vidéo, on ne joue que très rarement sur le temps d’exposition sous peine de voire l’image scintiller : on la fixe en général à deux fois la cadence du film enregistré : 1/50 s de seconde pour une vidéo en 25P par exemple. On ne jouera plus alors que sur l’ouverture et sur le gain. Vous pouvez éventuellement augmenter le débit des données (Bit rate), mais le débit des Canon est pour nous déjà bien assez élevé pour éliminer les artefacts de compression.

Magic Lantern paramétrage du boitier

Pour l’assistance à la prise de vue

Ce menu est baptisé LiveV. Ici, mettre toujours « Global Draw » sur « On » (pour afficher tous les éléments supplémentaires que vous désirez (Zebra…). À propos du Zebras justement, sur le 600D, nous vous recommandons de ne pas l’activer, car il est trop présent (le Zebra strie les zones surexposées) et gêne la prise de vue. Préférez plutôt le « Spot Meter » qui indique un pourcentage d’expo au centre de l’image. Surtout, mettez en route le Focus Peak et l’Audio Meter: tous les contours nets seront mis en surbrillance pour l’aide au Focus et vous verrez en permanence les niveaux d’entrée audio. Le zoom numérique X5 et X10 s’active aussi dans une micro fenêtre lors de l’enregistrement avec une simple pression sur la touche dédiée : très pratique. De manière plus anecdotique, vous pouvez aussi vous servir de l’histogramme et du moniteur d’onde (pour analyser l’équilibre de l’image). Enfin, et c’est crucial, chargez aussi une Cropmark (un guide de cadre) de votre choix afin de visualiser un cadre 16/9ème par exemple et ainsi conserver vos sujets dans la zone qui sera diffusée après votre montage.

Magic Lantern assistance à la prise de vue

Pour l’exposition

ML permet ici de fixer très précisément toutes les valeurs de gain (par paliers bien plus fins que ceux de l’appareil à l’origine), d’ouverture, et de balance des blancs. Cette dernière peut être fixée par pas de 100K ce qui est particulièrement utile quand vous avez à faire à un éclairage mixte (lumière venant d’une fenêtre et éclairage artificiel tungstène par exemple). ML propose aussi de conserver vos Picture Style Canon ou perso. Notez enfin que pour chaque rubrique, une pression sur la Touche Q (ou Func. Sur les anciens modèles), bascule en mode automatique.

Magic Lantern : vectorscope, histogramme...

Pour le point

Les options les plus intéressantes concernent ici le « Focus End Point », « Rack Focus » et « Follow Focus » et si vous utilisez des optiques Canon, les informations de distance de mise au point et de profondeur de champ (Focus Dist. Et DOF). Grosso modo, on va d’abord mémoriser une position de point dans la rubrique « Focus End Point » en faisant le focus et en appuyant sur Set. Ensuite, quand on se rend dans Rack Focus, on paramètre la fonction qui va consister à retrouver ce point à partir d’une autre position. Faites donc le point ailleurs dans l’image. Quand vous appuierez sur la touche Q, l’appareil ira progressivement retrouve la position « End point » ce qui vous donnera une mise au point progressive parfaite. La vitesse de ce « mouvement » est paramétrable dans les rubriques « Focus Step Size » et « Focus Step Delay ». L’option « Follow Focus » quant à elle, permet de simuler un vrai Follow Focus à l’aide des flèches de direction pour un ajustement ultra fin du point, très utile quand on dispose d’optique dont la course est très courte.

L’audio

Notre 600D dispose dès l’origine d’un menu audio paramétrable. Mais pour tous les autres modèles, utilisez ML pour : désactiver le gain audio automatique (AGC), sélectionner l’entrée (mini-jack externe ou micro embarqué), choisir les niveaux d’entrée ou encore activer l’alimentation d’un micro externe (alimentation Phantom).

Et le reste

ML permet également d'utiliser des fonctionnalités plus anecdotiques comme le HDR ou en timelapse. Magic Lantern accroît également les possibilités en photographie avec les boîtiers APS-C et permet par exemple des temps de pose très longs, un bracketing d'exposition beaucoup plus évolué ou un détecteur de mouvement pour le déclenchement !
Le logiciel est en perpétuel développement et si vous utilisez régulièrement ce logiciel gratuit, n'hésitez pas à financer le projet en effectuant un don.

> Télécharger Magic Lantern
> Le site officiel de Magic Lantern


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